‹ Interprétation ésotérique des livres sacrésChapitre 15 sur 27 · Q. — Mais cette crucifixion conduit à la mort · texte numérisé non relu

Q. — Mais cette crucifixion conduit à la mort

R. — Vous trouverez dans la Voie Parfaite la véritable signification de cette Passion et de cette Crucifixion dont, comme vous le dites, la conséquence immédiate est la Mort et I’En- SEVELISSEMENT du Moi, OU de l’homme charnel qui a été immolé. Mais ceci est suivi par la Résurrection et 1’ Ascension du véritable Moi immortel, ou du nouvel Adam spirituel, qui, par sa résurrection, prouve qu’il est

comme le Christ, le Fils de Dieu ; qu’il n’est plus le rejeton de l’âme et de sa relation avec la matière et les sens, mais le rejeton de cette âme devenue immaculée par son union avec le Saint-Esprit. L’Ascension qui termine ce drame divin est celle de l’homme tout entier^ maintenant régénéré, à son propre royaume spirituel qui est au dedans de lui. Devenu un avec l’Esprit il prend sa place pour toujours (( à la droite du Père. »

■95. Q. — Fous dites avec raison que nous aurions dû commencer par la naissance du Sauveur et suivre depuis là. ses q)as sur la route qiCil est venu nous montrer, mais ne pouvons-nous joas revenir en arrière pour parler de cet événement important ?

R. — Commençons alors par l’Immaculée- Conception, ou par le moment où l’enfant divin est premièrement conçu dans le sein de la Vierge Marie qui représente l’âme supérieure ou spirituelle dans l’homme; cette âme qui est descendue comme Eve dans la matière et la génération matérielle, mais qui, avec le temps et les expériences s-est assez purifiée pour concevoir spirituellement la Vie divine et pour

être finalement enlevée dans le ciel. C’est ce dernier acte de Thistoire de Tàme qui est appelé dans les dogmes de FEglise TAssomption de la Sainte Vierge.

Voici ce que nous lisons dans la Voie parfaite :

« L’histoire de la Vierge Marie et de ses fonctions par rapport à son fils, telle qu’elle est présentée dans les Evangiles ainsi que dans la tradition et le rituel catholiques est, dans tous ses détails, l’histoire de l’àme à qui il est donné d’être « la mère de Dieu » dans l’homme. Ses actes et ses grâces, aussi bien que sa vie et sa passion appartiennent à l’expérience de chaque homme racheté. De même que le Christ en lui le délivre de la malédiction d’Adam, ainsi la Vierge Marie, en lui le délivre de la malédiction d’Éve, et assure Taccomplissement de la promesse de la victoire sur le serpent de la matière. Et de même que, comme pécheur, il a vu s’accomplir dans sa propre expérience intérieure le drame de la chute, ainsi, comme Saint il traverse les mystères représentés dans le Rosaire de la Vierge; son âme passant tour à tour à travers chaque étape de ses joies, de ses douleurs, de ses

gloires. Par conséquent le rôle assigné à Marie dans l’Evangile chrétien est celui que l’àme subit dans toute expérience mystique. Le Christ ne peut être conçu que par une âme immaculée et vierge par rapport à la matière, et apte à devenir l’Epouse de l’Esprit Divin. Par conséquent, comme l’âme en tant qu’Eve donne son consentement â l’Annonciation du serpent, lequel avec ses replis brillants et ses yeux pleins de fascination représente le monde illusoire des sens, ainsi en tant que Marie, ou râmespirituellequiaété purifiée conrtmeVierge, elle donne son consentement â l’Annonciation de l’Ange, et elle comprend le mystère de la Maternité de l’homme régénéré. Aucun de ses actes ne lui est propre ; tous les actes de son Fils sont aussi les siens. Lui-même est le don qu’elle fait au monde. Mais c’est toujours lui, le Christ en nous, qui agit ; elle qui demande, qui aquiesce, qui consent, qui répond. A travers elle il pénètre dans l’intellect et l’homme extérieur, et de lâdans la vie et la conduite.

96. Q. — En expliquant la signification ésotérique de l’Immaculée-Conception, nous voyons que vous faites exclusivement allu-’

sion à celle de la Vierge Marie, la Mère du Christ, mais l’Eglise catholique enseigne que la Vierge Marie elle-même fut aussi conçue, d'une manière immaculée. Ceci nous paraît, être un autre mystère qui u besoin d'être interprété ésotériquement.

R. — Vous dites que lEglise catholique enseigne que la Vierge Marie, a été elle-même conçue d’une manière immaculée et l’Eglise a parfaitement raison. Vous le comprendrez vous-mêmes si vqus voulez bien vous souvenir de ce qu’est le principe divin dans l’homme qui est représenté sous la ligure de la Sainte Vierge. Nous ne pouvons pas mieux faire que de vous prier de vous en référer à la réponse que nous avons foite à voti-e 35' question et que nous avons illus'rée par un petit diagramme du double triangle. Vous y verrez que : la ligne qui forme la base du triangle supérieur peut représenter l’àme dans son état primitif et inférieur, c’est-à-dire Éve, et tant que celte âme ne s’est pas développée par les deux lignes ascendantes qui représentent successivement l’àme intellectuelle et l’âme spirituelle, l’homme ne possède pas son immortalité, car il n’est que fils d’Adam, ou de l’homme de la

terre; et c’est seulement quand l’âme spirituelle a pris naissance, ou plutôt a été développée en lui. qu’il devient fils de Dieu, car c’est précisément cette âme spirituelle qui seule peut concevoir le Christ ou qui est le fils de Dieu.

Donc, cette âme spirituelle est représentée par la Sainte Vierge Marie, la mère de Dieu {en nous bien entendu). Vous comprenez bien que ce n’est pas cette âme qui est née avec nous au moment de notre naissance terrestre, puisque nous naissons fils de l’homme, et que c’est seulement avec le temps et les longues expériences, que l’âme spirituelle peut se développer en nous. C’est pour cette raison que, tout en faisant de la Sainte Vierge Marie la mère de Dieu dans l’homme, le dogme et la tradition catholiques la représentent comme étant née de Anna Purana ou des années roulantes-, en d’autres mots elle est née du « Temps », et elle a pour père Johachim ou lacchos, qui est la Planète-Dieu. Cette interprétation ésotérique vous donnera au moins une idée de la vérité du grand mystère de rimmaculée-Conception ; en premier lieu de la nature de la Sainte Vierge (ou âme spirituelle), puis de la conception immaculée du Divin

Enfant engendré d’elle qui a pour père le Saint Esprit — la Vie. Et c’est cet enfant divin conçu par notre propre âme vierge, spirituelle et pure, qui est le Sauveur qui naît en nous.

Il est dit que le Christ est né dans une étable parce qu’il est emprisonné dans les éléments du corps, qui est bien, en vérité, la demeure des passions animales tant que le Christ n’est pas venu les dominer. Saint Paul avec sa claire vue de ces choses étonnantes, nous dit : « Le premier homme est de la terre terrestre; le second homme est du ciel; » il appartient à la sphère de l’esprit, il est l’homme céleste.

Ceci est bien l’exposé exact de l’ordre naturel du progrès de l’homme. Dans cet ordre l’homme est d’abord un animal, puis il se développe tout en conservant de fortes affinités terrestres. Mais Jésus est le symbole glorieux et la promesse de sa résurrection, c’est-à-dire de cet état dans lequel son Moi le plus profond appartient au royaume le plus intime de l'Etre. Telle est bien l’exacte signification d’une autre parole de saint Paul ; « Mais ce qui est spirituel n’est pas le premier ; c’est ce qui est animal ; et ce qui est spirituel vient après. Et comme nous avons porté l’image de celui qui

est terrestre, nous porterons aussi Timage du céleste. » En d’autres mots nous passons au degré supérieur, au plan supérieur ; et chaque pas que nous faisons est une progression suivie, de l’animal au spirituel, du terrestre au céleste, de la tombe à Dieu. « Car comme tous meurent par Adam, de même tous revivront par Christ. » « Le premier homme Adam a été fait avec une àme vivante ; mais le dernier Adam est un esprit vivifiant. »

95. Q. — A'ceZ’-voiis Vintention de nous laisser sous V impression qu’il n’y a jamais eu de Jésus historique, ni de Vierge Marie, etque tousdeuxne sontque des mythes etdes allégories inventées pour représenter le lever et le progrès de l’âme vers son apothéose ?

R. — Non, mon ami, certainement pas..

Vous avez désiré connaître finterprétation ésotérique des histoires racontées par la lettre des livres sacres, et c’est cette interprétation ésotérique que nous vous donnons ici. Mais croyezmoi, je ne vous enlève pas plus l’image bienaimée de Jésus et de sa douce mère, que saint

Paul ne vous a enlevé les histoires bibliques de Sarah et Abraham, d’Agar et de son fils Ishmaël, lorsqu’il vous a dit que ces choses sont allégoriques, etquela première signifie laJéru- Salem d’en haut qui est libre, et la seconde — Agar, — la Jérusalem de la chair qui enfante pour la servitude (Galates. IV, 22-26). Toutes les Ecritures sont des annales de ce qui se passe dans la vie humaine. Dans ces temps antiques les hommes écrivaient sous l’inspiration du Saint-Esprit, de même, qu’aujourd’hui, les meilleurs parmi nos médiums modernes sont inspirés pour nous donner la signification intérieure de ce que leurs prédécesseurs disaient sous forme d’allégorie. L’inspiration n’a jamais cessé de visiter la terre ; si elle s’arrêtait, il n’y aurait plus de communication avec les sphères spiritùelles, ou avec le ciel qui est notre demeure. Représentez-vous dans quel état serait le monde matériel si le soleil cessait de briller, et alors vous aurez une faible idée du vide qui existerait dans les esprits des hommes s’ils n’étaient plus alimentés par la source spirituelle qui seule répand la lumière et la vie dans l’Univers.

Jusqu’à aujourd’hui on a considéré les his-

toires bibliques comme des faits du passé, et on a cru que les personnages qui y figurent sont des héros morts et enterrés, dont les vertus doivent nous servir d’exemple et les vices d’avertissement. Mais l’Evangile de l’interprétation est venu, et à sa lumière la lettre prendra une nouvelle force en nous montrant combien nous sommes intimement liés à toutes ces histoires du passé ; car la lettre n’est qu’un véhicule qui a servi à transporter jusqu’à nos jours la vérité vivante. Elle nous montre que les Ecritures ont vraiment été écrites pour notre enseignement, qu’elles contiennent une histoire qui est incessamment en train de s’accomplir, car la nature humaine est toujours la même. Le passé, le présent et l’avenir ne sont que des modes de l’éternel Maintenant, et Dieu la Vérité éternelle est le grand Je suis, le même hier, aujourd’hui et demain, celui qui

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