PAR RAPPORT A L’AU-DELA
Lorsque, à la mort, un homme se sépare de son corps matériel, ce qui survit de lui peut se diviser en trois parties ; Vanima divina appelée en hébreu Neshamah ; Vanima hruta, ou Ruach qui est la persona de l’homme ; et l’ombre, ou Nephesh, qui est le mode le plus inférieur de la substance âmé* Chez la plus grande majorité des gens la conscience est recueillie et centralisée dans Vanima bruta ou Ruach ; chez le petit nombre des sages elle est polarisée dans Vanima divina. Or cette partie de l’homme qui passe à travers ou transmigre, —
processus appelé par les Hébreux Gilgal Ncshamoth, — est l’anima divina, qui est le réceptacle immédiat de l’Esprit Divin. Et puisqu’il n’y a rien autre en ce monde que l’humain, actuel ou potentiel, le Neshamah existe aussi dans les animaux, quoique comme une simple étincelle, en sorte que leur conscience n’est que rudimentaire et diffuse. C’est le Neshamah qui finalement s’échappe du monde et est racheté pour la vie éternelle. L'awimo brûla, ou l’intellect terrestre est cette partie de l’homme qui retient toute la mémoire terrestre et locale, le souvenir des affections, des soucis et des personnalités' du monde, ou de la sphère planétaire, et qui porte son nom de famille, ou nom terrestre. Après la mor cette anima brûla, ou Ruach, reste dans « l’Eden » inférieur, à portée de la vue et de l’appel de la sphère terrestre magnétique. Mais l’anima divina, le Neshamah, — dont le nom est connu de Dieu seul, — passe en haut et continue son évolution, en n’emportant avec lui qu’une petite partie, et la plus pure de l’âme extérieure ou de l’intellect. Cette anima divina est le véritable homme. Elle n’est pas à la portée de l’atmosphère magnétique ; et c’est seulement dans les occasions les plus rares et les plus solennelles qu’elle revient, non vêtue, à la planète. L’ombre astrale, le Nephesh, est muette; l’âme terrestre 1 anima brufa ou Ruach, parle et se souvient; l’âme divine, le Neshamah, qui contient la lumière divine, ne revient ni ne se communique, du moins de la manière ordinaire. L’anima bruta ne peut se souvenir que de l’histoire d’une seule incarnation parce qu’elle est une partie de l’homme astral, et l’homme astral est renouvelé à chaque incarnaion du Neshamah.
Les hommes très avancés ne sont pas ré-incarnés sur cette planète, mais sur quelque autre plus près du Soleil,
Uamma bnica n’a vécu qu’une seule lois et ne sera jamais réincarnée. Elle continue à exister dans « l'Edcu intérieur » comme une personnalité en relation avec la terre et qui conserve les souvenirs bons et mauvais de son unique vie passée. Si elle a fait le mal elle souffre, il est vrai, mais elle n’est pas condamnée; si elle a fait le bien elle est heureuse mais n'e<t pas béatifiée. Elle continue en pensée ses occupations favoi'iles de la terre et se crée jiour elle-même, an moyen de la lumière astrale, des maisons, des jardins, des fleurs, des livres, etc. Elle demeure dans cet état d’une façon plus ou moins définie selon le dei^ré de personnalité qu’elle a acquis, et jusqu’à ce que Vanima divina, dont elle a été un des temples, ait accompli tous ses Avatars. Alors, avec toutes les autres âmes terrestres ({ui appartiennent à cette âme Divine, elle est entraînée dans l'Eden céleste, ou le ciel supérieur, et retourne dans l’essence du Neshamah. Mais tout ce qui leur appartient n’y rentre pas ; les bons souvenirs seuls d'=‘meurent ; les mauvais tombent dans les couches les plus basses de la lumière astrale où ils se dissipent. Car si, dans son état de perfection, fâme divine devait constamment garder le souvenir de tout ce qu’elle a fait de mal, de ses malheurs, de ses chagrins terrestres, de ses amours terrestres, elle ne serait pa.s parfaitement heureuse.
Par conséquent ce ne sont que les souvenirs et les amours qui ont pénétré assez profondément dans l’ame terre.stre pour atteindre l’âme divine et pour devenir partie de l’homme, qui retournent au Neshamah. On dit que tous les Mariages sont faits dans le 'Ciel. Gela signifie que toutes les véritables unions d’amour s’accomplissent dans la sphère céleste qui est au dedans de l’homme. Les affections de Vanima hriita sont fugitives et ne relèvent
ijuo d’elle. Lorsqu’on interroge celle-ci ; — le Ruach — elle ne peut parler que d'une vie, car elle n’a vécu qu’une fois. Elle retient tous les souvenirs et toutes les alfections de cette vie là. Si ces dernières ont été fortCg Vc%mma briifa restera près des personnes qu’elle a aimées spécialement et les adombrera Un seul Ncshamah peut avoir, dans la lumière astrale, autant de ces anciens moj qu'un homme })eut avoir cljïingé de fois de vêtements . Mais lorsque Vàme divine est arrivée à la pei’iection et (ju’elle est près d être re<;ue dans « le Soleil » ou le Nir~ vàuii^ elle attire en elle tous les moi passés et entre en possession de la partie de leurs souvenirs qui sont dignes d’être conservés, c’est-à-dire de ceux qui ne sont pas de nature à troubler son calme éter nel. Dans les « planètes », Tàme oublie ; dans « les Soleils », elle se souvient. Car in memorni ættrnâ erit justus (1). L’homme ne peut pas posséder ces souvenii's de ses vies passées avant d’avoir accompli sa régénération et d’être devenu un Fils de Dieu, un Christ. Ce n’est que par réflexion que l’homme, qui est sur sa voie ascendante, peut trouver le souvenir de ses incarnations passées ; et ces souvenirs ne sont pas ceux d'événements usuels, mais de principes, de vérités et d’habitudes antérieurement acquises.
Lorsque ces souvenirs se rapportent à des événements ils sont vagues et viennent par soubresauts parce qu'ils sont des réflexions’de ses pi écédents moi qui l’adombrent du fond de la lumière astrale. Car ces anciens moi. les temples abandonnés de Y anima divina^ fréquentent sa sphère, et sont attirés vers elle surtout dans certaines conditions. C’est d’eux qu’elle apprend, par l’intermédiaire du génie, ou de la « Lune », qui éclaire la chamb^^e obscure du mental, et réfléchit sur ses tablettes les sou-
(1) Ps. A. V. CXII, D. V, CXI, 6.
venirs projetés par le passé adombrant. L'anima hruta croit, qu’elle progresse, parce qu’elle a un vague sentiment que, plus tôt ou plus taid, elle sera élevée jusqu’à des sphères supérieures. Mais elle ignore de quelle façon cela se produira, car elle ne peut connaître le céleste qu en s’unissant à lui. La connaissance qui lui fait croire qu’elle progresse est acquise au moyen de la réflexion des rayons d’àme qui viennent du terrestre. Les hommes avancés sur la terre aident et instruisent l’àme aslrale et c est pour cela qu’elle aime 1-ur sphère. Elle s’instruit par des images intellectuelles ou dc.s pensées réfléchies. Le Ruach a raison de dire qu’il est immortel ; car la meilleure partie de lui finira par être absorbée dans le Neshamah. Mais si on interroge un Ruach qui a même deux ou trois cents ans, il en sait rarement davantage que lors de sa vie terrestre, à moins cependant, qu’il n’obtienne de nouvelles connaissances de celui qui l’inlerroge. La raison pour laquelle ceitaines communir.;.tions sont astrales et d’autres célestes est simplement (jue quelques personnes — le plus grand nombre — communiquent par le moyen de leur anima hruta et d’autres le petit nombre qui sont purifiées — par le moyen de leur anima clivma. Car les semblables s’attirent. Les âmes terrestres des animaux se rencontrent rarement ; elles entrent en 4:ommunion avec les anim?.ux plutôt qu’avec l'homme, à moins qu’une 'affection très forte n’ait existé entre un homme et un animal.
Si un homme veut rencontrer et reconnnaître sa bienaimée dans le Nirvana, il faut qu’il l’aime de telle sorte que son affection soit une avec le Neshamah et non pas avec le Ruach. Il y a beaucoup de degrés dans l’Amour. Le véritable amour est plus fort que mille morts. Car bien qu’on meure des milliers de fois, un seul amour
peut cependant se perpétuer au-delà de chaque mort, de naissance en naissance, et croître toujours en intensité et en puissance.
Le Nephesh, le Ruach et le Neshamah sont tous les trois des modes distincts d’un seul et même Etre universel qui est à la fois Vie et Substance, et qui est l’instinct avec la Conscience puisqu’il est, sous n’ mporte quel mode, le Saint-Esprit. Par conséquent, dans tous les trois se trouve une potentialité Divine inhérente. L’Evolution, qui est la manifestation de ce qui est inhérent, ou iavohié, est donc la manifestation de cette potentialité. La première formulation de cette inhérence, au-dessus du plan matériel, est le Nephesh ou Pâme qui donne l’impulsion aux formes de vie inférieures et primitives. C’est l’âme mouvante » qui respire et s’éveille. Celle qui vient après — le Ruach — est le cc vent » qui se précipite pour vivifier l’intellect. Plus haut, parce qu’il est plus intérieur et plus central, se trouve le Neshamah qui, porté sur le sein du Ruach, est le réceptacle immédiat de l’Etincelle Divine, et sans lequel celle-ci ne peut pas être individuéç et devenir une personnalité indiffusïhle. Le « Vent » et la « Flamme » sont Esprit; mais le Vent est général, la Flamme est spéciale; le Vent remplit la maison; la Flamme désigne la personne. Le Vent est la Voix Divine qui résonne à l’oreille de l’Apôtre et qui passe là où il s’engage; la Flamme est la Langue Divine qui s’exprime dans la parole de l’Apôtre. Ainsi, donc, dans l’Ame impersonnelle, le souffle et l’inspiration de Dieu sont perçus; mais dans l’Ame personnelle le langage expresse de Dieu est formulé. Or, ce qui est recueilli de Nephesh et du Ruach et qui dure, est le Neshamah.