Q. — Et maintenant
souvenez-vous
que nous sommes imjoatienls que vous nous disiez quelque chose au sujet de in Nouvelle Dispensation, celle du Divin Féminin qui, comme cela vo'us a été prophétisé, doit commencer sous le Pontificat de Léon XIII, et au sujet de la seconde venue du Christ ou L avènement de UEsprilde Vérité.
R. — Bien que nous devions commencer par vous rappeler que nous ne pouvons rien vous dire de certain, sauf sur Tautorité des révélations que nous avons reçues d’en haut, nous avons lieu de croire que les six étapes de la Nouvelle Dispensation qui vient, peuvent être classées comme suit : celle qui est très proche, celle qui de fait est déjàici^ est l’étape de la Connaissance que l’humanité est près d’avoir acquise, grâce à ses luttes et à ses études dans le passé, la connaissance non pas seulement de l’Univers physique mais de sa contre-partie spirituelle. La connaissance non seulement de l’homme physique et extérieur, le temple de l’àme, mais de l’esprit qui y demeure. Cette étape de la dispensation humaine, qui élargira les esprits et mettra l’homme en rapport avec ce qui l’emtoure, amènera la seconde étape qui sera celle de la Vérité. Non pas cette vérité
qui demande à être reconnue comme une étape de la dispensation humaine, mais la compréhension de la Vérité en tant qu’élablie dans l’Univers par l’intellect humain. L’homme, s’étant développé dans la connai.ssance, sera capable de percevoir, de saisir, de comprendre la vérité sous ses aspects variés, dans ses parties les plus délicates. Cette véiité lui donnera une compréhension plus élevée de luimême, de l’Univers, de la Divinité, de la Vie Eternelle. Ce progrès dans la compréhension de la vérité amènera la troisième étape.
La troisième étape sera sans aucun doute celle de la Justice ; alors que l’homme profitant de ses expériences passées et des leçons qu’il a apprises reconnaîtra les droits de ses frères, sera prêt à accorder à ceux qui l’entourent le mérite et la jusiice, et à vivre en paix avec eux.
V De l’étape de la justice on passe à une autre phis élevée qui est la quatrième, ou l’axe sur leqi^'xlout s’appuie et fait sa révolution. C’est I’Amoür, l’amour universel. Non pas cet amour qui est, dans une certaine mesure, égoïste, qui ne reconnaît que le frère et la sœur, les parents et les enfants, le mari et la femme, mais celui qui reconnaît un lien de parenté
entre toute la race humaine ; celui qui élargit et approfondit i’àme qui remplit jusqu’à ce que ses flots débordent sur toute l’humanité, et qu’elle soit prête à attirer au dedans d’elle et à embrasser chaque enfant de Dieu. Lorsque cette étape du progrès humain est acquise on peut certainement arriver à la cinquième.
La cinquième étape sera, nous le croyons, l’étape de la Paix qui permettra aux hommes de vivre fraternellement et en harmonie entre eux ; alors qu’il n’y aura plus de luttes, de guerres d’envie et de jalousie ; alors que le bruit des armes et les batailles cruelles de la langue cesseront, et que les voix ne s’élèveront que pour exprimer lamour et la bonne volonté des uns pour les autres.
Telles sont, ainsi qu’elles nous apparaissent, les étapes variées de la Nouvelle Dispensation qui s’approche. Et pour les couronner toutes, dépassant les étapes de la Connaissance, de la VÉRITÉ, de la Justice, de I’Amour et de la Paix nous entrevoyons l’étape de la Sagesse. Lorsque l’homme sera devenu sage par la connaissance, et qu’il sera en parfaite sympathie avec ses frères, il atteindra un degré de croissance qui lui permeltra d’appliquer tous les
principes de sa vie à un grand développement de son âme intéjieure. A cette étape nous pouvons considérer Thomme comme ayant acquis tout ce que la discipline et Texpérience de la terre peuvent lui donner. Il est prêt à s’avancer vers la septième étape, celle de la perfection U est alors un ange parmi les anges, presque un Dieu, étant en possession d’une béatitude que les êtres divins seuls peuvent connaître.
123. Q. — Vhomme est-il en vérité des-tiné à atteindre une pareille altitude et à devenir un Ange?
R. — Pouvez-vous en douter, si vous vous souvenez de ces paroles du Christ : Il est écrit ; « Vous êtes des Dieux », et de cette injonction : « Soyez parfaits comme votre père qui est aux cieux est parfait. » Aurait-il jamais dit cela si les üls de l’homme étaient dans l’impossibilité d’arriver à ce point ? Mais souvenez-vous que le fils de l’homme doit être crucifié en nous, afin que le fils de Dieu puisse sortir de la tombe où il a été enseveli en nous. Nous ne comprenons pas encore une pareille perfection, c’est à peine si nous pouvons nous figurer
qu’elle puisse exister pour nous. Et puisque, en suivant l’ancien commandement, nous n’avons accompli aucun progrès dans le sens de Cette perfection, lïi individuellement ni pour le monde qui nous entoure, ne serait-il pas plus saqe de suivre le nouveau commandement du Christ, et de voir ce qu’il produira, — le commandement de l’amour et de la vérité divine. Car il n’a pas seulement dit aux hommes de croire en lui mais aussi de croire en La Vérité en disant : « la vérité vous affranchira. » Mais ses disciples eux-mêmes n’ont pas compris sa doctrine, ils ne se rendaient, pas compte que I’Amour est la Grande Vérité, l’accomplissement de la loi, le grand mystère de Dieu, que l’amour produit la foi qui transporte les montagnes, les montagnes de la haine et du mal ; et que l’amour pouvait les rendre parfaits, de la perfection du père, qui est l’amour lui-même. Lorsque tous seront animés de cet amour le monde sera un paradis et les hommes deviendront des anges.
124. Q. -- Le Nirvana des Bouddhistes correspond-il à ce que nous entendons par le rorjaume du ciel?
R. — GaïUama Bouddha n’a pas prononcé de vaines paroles en disant comment on arrive au Nirvana, ou au royaume du ciel, car c’est à la lettre par la mort du moi terrestre, Vanima bruta, que le moi-Dieu, ou Vanima divina est rené, et ainsi on peut obtenir le Nirvana ou le royaume du ciel déjà sur la terre.
125. Q. — Est-ce que vous comprenez l'anima bruta autrement que M. Maitland, un des auteurs de la Voie Parfaite?
R. — Je ne crois pas ; il me semble que nous l’entendons tous les deux de la même ma- 'nière, bien que nous en parlions peut-être en d’autres termes. En traitant ce sujet dans ces conversations j’aurais pu citer tout au long des passages de la « Voie Parfaite » car j’approuve cet ouvrage entièrement ; mais puisqu’il se publiait en même temps dans Y Aurore j'aurais fait une répétition inutile. J’ai donc préféré traiter le sujet à ma manière, celle qui me vient de mes premières études sur les anciens mystères, et spécialement de Jacob Boehme, qui comme les Bouddhistes tient pour la doctrine de la septuple nature de toutes choses
résultant dô la septuple nature de l’Essence divine qu’ils expliquent ainsi :
1 Astringence
2 Mobilité
( 3 Angoisse IV Feu
il 5 Lumière Amour 6 Son
7 Substantialité (spirituel)
Le premier principe (astringence) est le principe de toute force contractive ; c’est le désir et il attire. Les rochers sont durs parce que cette première qualité est dominante en eux.
Le second (mobilité) ; cette douce qualité est le principe de l’expression et du mouvement ; les formes souples des plantes, des fluides, etc.
Le troisième (angoisse); cette qualité amère est générée par le conflit des deux premiers principes ; elle se manifeste dans l’angoisse et la lutte des êtres ; elle peut devenir une volupté céleste ou un tourment de l’enfer ; son influence est dominante dans le soufre.
Le Quatrième principe, le Feu, est la transition ou la qualité intermédiaire. Dans le feu la lumière et l’obscurité se rencontrent. C’est la racine de l’àmede l’homme, la source du ciel
ou de l’enfer entre lesquels notre nature se trouve placée. Le feu-esprit est Tâme inférieure dans l’homme, ou l’anima brûla que, les animaux possèdent aussi bien que les hommes. Avec .ses quatre formes elle possède le centre de la nature et le pouvoir ardent. Elle frappe le Feu lui-même, et elle forme l’axe ou « la roue de l’essence. »
Les trois premières qualités appartiennent plus spécialement à la nature du Père, ou Dieu dans sa colère, lorsqu’il est décrit dans l’Ecriture comme un « Feu consumant. » Séparés du second ternaire, ils sont l’occasion de la mort spirituelle, c’est-à-dire de la colère, des luttes, des jalousies, en d’autres mots du mal. Les trois dernières qualités appartiennent à la nature de la mère (ou nature féminine) lorsque le feu dévorant qui couve, l'enconire la douceur de la qualité de l’Amour, et. éclate en la brillante et joyeuse flamme, la source de la Lumière et de l’Amour, de la Sagesse et de la Gloire, en d’autres mots du bien produit par l’union des qualités mâles et femelles dont la séparation est la cause et l’origine du mal.