Q. — Quelle nouvelle lumière se ré
pand sur toutes les histoires de la. Bible lorsqu’elles sont lues avec la clef ésotérique qui otivre tous les secrets ! Mais encore une fois, pourquoi cette clef a-t-elle été cachée si longtemps, et pourquoi est-elle maintenant donnée librement à tous ceux qui la désirent ?
R. — Vous avez raison de dire qu’elle est maintenant « donnée jibrernent », et d’ajouter « à tous ceux qui la désirent » car ce sont ceuxlà seuls qui veulent la recevoir qui sont de fait capables de la recevoir|; en effet il serait inutile de mettre les mets les plus succulents .devant ceux qui n’ont pas faim? Si cette clef, depuis si longtemps perdue, n’a pas été rendue plus tôt, c’est parce que le monde n’était pas encore prêt pour la recevoir. Mais il nous est dit maintenant que le temps de faire connaitre est venu; le soir est passé et l’obscurité de la nuit commence à faire place àV Aurore du Jour nouveau qui apparaît déjà aux yeux de ceux qui veillent sur les tours élevées, car la nouvelle dispensation a déjà commencé pour ceux qui habitent le sommet des montagnes, de leur nature spirituelle; et voici, avec le soir, et le matin qui apparaît, un nouveau jour débute. Mais vous avez tort de penser que cette
précieuse clef a été complètement perdue. Dans la nuit même du passé il y a toujours eu des esprits avancés qui ont désiré cette clef, et à ceux-là elle a toujours été donnée, mais sous le sceau du secret des anciens mystères, car ce n’est pas en vain qu’a été faite cette promesse : « Cherchez et vous trouverez : Frappez et on vous ouvrira : Demantlez et on vous donnera une bonne mesure pressée, secouée et qui se répandra pardessus. » Telles sont les expériences que nous avons nousmêmes faites depuis de longues années au mi. lieu d’études persévérantes et d’aspirations ardentes, en ayant toujours devant nos yeux les paroles de notre Seigneur, et frère aîné, que nous venons de citer.
30. Q. — Oui je vois maintenant tout ce que nous devons à cette nouvelle Dispensation qui nous fournit la clef des vérités ésotériques enseignées dans les mystères sacrés sous forme de hiéroglyphes, cV emblèmes et d’allégories; de môme ciue Jésus le faisait plus tard, car il ne donnait la vérité qu'à un petit nombre de ses disciples, seulement à ceux qui étaient suffisamment développés au
point de vue spirituel pour ia comprendre. Mais permettez-moi de vous demander si cette clef peut nous fournir quelque lumière au sujet de la question si embarrassante du Déluge qui a toujours été une pierre d' achoppement pour plusieurs \ car ils prétendent calculer si V arche pouvait contenir tous les animaux du globe paire par paire ; et ils se demandent comment le loup vivait a côté de i agneau, et si les animaux carnivores ne dévoraient pas les autres; car comment aurait-il été possible d'entasser assez de provisions pour les nourrir pendant quarante jours.
R. — Vous rempliriez, en elïet, un volume avec les inconséquences qui découlent de ce récit lorsqu’il est pris à la lettre. Vous pourriez demander aussi si Noé connaissait tous les animaux, car aujourd’hui il en existe beaucoup que nos naturalistes n’ont pas encore classés. Vous avez aussi le droit de vous enquérir du temps qui fut nécessaire pour rassembler cette compagnie hétérogène et des moyens employés pour se procurer des provisions suffisantes afin de nourrir cette troupe immense
de bêtes voraces, et de les empêcher de se dévorer les unes les autres. Mais si vous prenez le sens ésotérique, voyez la race humaine engloutie dans une mer de passions orageuses et ballottée par les vagues incessantes de ses mauvais désirs! Un seul individu a préservé son cœur de la corruption. Ce cœur, la demeure de sentiments qui seuls sont dignes d’être acceptés par Dieu, est l’Arche; les animaux représen- ' tent les affections qui trouvent là un refuge. Ne
disons-nous pas encore aujourd’hui que l’agneau est l’emblêine de l'innocence et la colombe de la pureté? Les affections dont ces animaux sont les symboles lurent les hôtes de l’homme de Dieu dans l’Arche 1
31. Q. — Oui je comprends tout maintenant^ je vois que vous avez raison, ou plutôt que l’explication ésotérique est la seule qui puisse réellement satisfaire l’intelligence. Il semble résulter de ce que vous venez de dire que les animaux dont la création est racontée au premier chapitre de la Genèse étaient aussi des types des affections ?
R. — Sans aucun doute. Le commencement de la vie morale chez l’homme est représenté
par les végétaux puisque ceux-ci sont placés sur le degré le plus bas de l’échelle de la vie. Lorsque la foi commence à éclairer l’homme les productions de sa pensée sont comparées au poisson dans la mer, et lorsqu’il devient encore plus spiritualisé aux oiseaux ailés des airs. A la fin, lorsqu’il est éveillé à la vie véritable, ses affections sont symbolisées par les bêtes de la terre qui ont tant de sentiments en commun avec l’homme.
32. Q. — Mais dites-moi comment se faitil que Vhornme ne fut créé qu'après tout cela? Cette question m'embarrasse beaucoup.
R. — Elle est toute simple. Jusqu’alors l’homme n’avait été éclairé par Dieu que dans les degrés qui ont pour emblème des figures d’animaux. Lorsque I homme devint plus spiritualisé, Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, ceci signifie de la manière la plus exacte que cela ne peut être qu’au moment où l’homme réfléchit son créateur en lui-même qu’il devient un homme véritable, qu’il est réellement créé à l’image divine. En un mot, tant que la génération n’est pas complète chez l’homme il ne porte’pas l’estampille de son créateur.
Ceci est trop évident pour avoir besoin d’être expliqué davantage. Mais cela nous ramène au point d’où nous sommes partis, 1’ Ame humaine que nous avons perdue de vue un instant par notre digression sur l’explication ésotérique des Ecritures.
Vous vous souvenez que nous n’avons encore parlé que de l’àme animale, « Yanima hruta » et que nous avons à peine fait allusion à l’âme supérieure qui descend d’en haut et qui est née d’en haut, ou de la vie de l’esprit. Mais nous réserverons ce sujet pour notre prochaine causerie.
33. Q. — Vous avez terminé notre dernière conversation par la promesse d’expliquer la différence qui existe entre V Anima Bruta, ou l'âme inférieure, et l’ Anima Divina, ou l'âme supérieure. Avons-nous donc deux âmes? L’ Église ne parle que d’une seule, et affirme que la Trinité dans l'homme est composée du Corps, de l’Ame et de l'Esprit R. — Et l’Église a raison de parler ainsi à un point de vue général ; mais vous savez que
ses enseignements ne sont point ésotériques, et ne donnent pas J’explication complète des mystères, qui sont aujourd’hui seulement révélés au monde dans la mesure où celui-ci est capable de les comprendre. Il va sans dire qu’avant de les accepter, vous devez pouvoir les bien comprendre, car la foi la plus parfaite est celle qui est basée sur la connaissance, et vous ne pouvez accepter et vous approprier que ce que vous recevez avec la conviction que c’est la vérité. Que penserezvous donc lorsque nous vous dirons que la Théosophie, ou la science de la Sagesse Divine, qui révèle aujourd’hui ces vérités si longtemps cachées, parle non seulement de deux, mais de trois âmes dans l’économie de l’homme , parfait ou divin?
34. Q. — Trois âmes! En vérité vous me surprenez, et je vous prie de vous expliquer.
R. — L’explication est très simple ; mais la connaissance qu’elle vous donnera est très importante, parce qu’elle vous permettra d’accomplir votre propre évolution, ou votre montée vers la vie supérieure. La Théosophie prétend que l’homme est constitué, ou composé,
de sept principes, dont trois appartiennent à la terre, qui sont le corps, la vitalité et la forme astrale sur laquelle le corps physique est construit.
Vous connaissez sans doute déjà le signe mystique du triangle et du double triangle? Cet alphabet imagé vous aidera à comprendre nos définitions.
Le triangle noir dont la pointe est en bas doit être lu ainsi : le corps astral, le corps physique et la vitalité, qui continue d’adhérer au corps même après sa mort, et qui est la raison pour laquelle on peut dire qu’il n’y a pas de matière morte, car, par ce principe vital inhérent, tous les atômes tendent à former de nouveaux corps lorsqu’ils ne sont plus unis à l’âme qui les a construits en forme liumaine avec l’aide du corps astral ou spirituel.