‹ InterrogationChapitre 2 sur 18 · L^ANNONCIATION DE LA MORT · texte numérisé non relu

L^ANNONCIATION DE LA MORT

0 mort, ton appel trouble comme celui de la volupté. Aux jours du prologue, quand le guerrier avant de partir composa une, pensée décisive, je me donnai tout entier à ton exigence fatale.

En cet août rempli des pompes de la gloire ressuscitée, parmi la splendeur sonore de la foule, j'écoutai la voix muette de ta révélation.

Parmi ces prestiges de la force militaire dont s'enivre un adolescent, tu m'es apparue, ô mort : bouche sombre d'où s'épanouit le cri lumineux de la trompette. Dès lors, j'ai été celui qui sait.

J'ai marché ignoré parmi les hommes. J'ai mesuré la faiblesse de tout amour car nul ne m'a deviné et ils s'étonneront quand tout sera consommé.

INTERROGATION Solitude préalable de l'homme marqué, qui se tient entre les hommes vivants, j épuiserai donc, puisque Theure tarde, ton orgueilleuse désolation. Quand je passe dans la ville je goûte amèrement le rire des femmes qui ne songent jamais à la mort. Appel du royaume lointain où sont d'autres joies. Je m'enfoncerai vers les provinces dévorées par les horreurs du feu.

Pourtant ces femmes qui me regardent curieusement, tendrement ! Mais aucune ne souflre de ne pas comprendre ma secrète destinée.

Leur sourire me serait très cruel si j'étais encore de ce monde.

Mais mes tendresses sont ailleurs, hors de toute vue, où sont mes amis.

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