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LES FUNÉRAILLES DE L'AUTOMNE

A Georges Marte,

L'Automne roux, le riche et merveilleux Automne Meurt, baigné dans la mort splendide du soleil. Un fleuve rouge coule à l'Occident vermeil Et semble une vendange écumant dans la tonne.

Le bois, sonore d'or et de pourpre, est pareil Aux magiques palais qu'une flamme environne... De même qu'un héros se pare et se couronne, Avant de s'endormir du suprême sommeil,

Pour composer son deuil et ses fastes funèbres, L'Automne mêle l'or aux sanglantes ténèbres, Incendiant le ciel, la futaie et la mer.

Regarde. Les forêts ont des manteaux de gloire. Le sang d'un grand carnage a teint l'immense éthef* Le ciel est éclatant comme un cri de victoire*

Voici que brillent dans le sdif Les étoiles silencieuses Et s'effeuillent dans l'azur, noir De douces, douces scabieuses.

Et le crépuscule profond S'illumine de leur jonchée.

Tout est calme et pur. Le cœur fond Sous tant de douceur épanchée.

Pourtant en mon âme sourd Comme une tristesse navrée.

Je sens mon cœur coupable et lourd, Oublieux de douleurs sacrées.

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