‹ InterruptaChapitre 9 sur 34 · SOIRS D'OCTOBRE · texte numérisé non relu

SOIRS D'OCTOBRE

La paix monotone

Des beaux soirs d'automne Est cruelle aux cœurs malades et fous.

D'une âme meurtrie

La plaie est aigrie Par les soirs si beaux, si tristes, si doux.

Comme une musique Tendre et nostalgique Ils pleurent avec de poignantes voix.

Voix, soupirs de femmes, Gémissements d'âmes, Que ce soir est doux et triste à la fois !

Voici que s'allume Un feu dans la brume,

Sur la haute tour s'allume un flambeau.

Et la flamme haute,

Là-bas, sur la côte, Monte dans le soir si triste et si beau.

O vaines envies!

Solitaires vies !

Comme je comprends votre obscur émoi,

Vos tristesses lentes,

Ames chancelantes, Pauvres cœurs fervents sans amour ni foi!

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Pour l'âme qui rêve, émue, et s'étonne, La plante des champs fauchée en sa fleur, La branche effeuillée au vent de l'automne Ont panois un geste humain de douleur.

Comme lorsqu'on jette un adieu suprême Aux vœux, aux amours, aux cœurs en allés, La branche frissonne en la forêt blême, La plante en fleurs clôt ses yeux désolés.

La même agonie étreint toutes choses En cet univers si mystérieux, Les feuilles, les cœurs, les âmes, les roses ; Et le vent de mort monte jusqu'aux cieux.

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La rumeur haute et cadencée, Et longue, et triste, d'un grand fleuve, Bercerait bien une âme veuve, Veuve aussitôt que fiancée.

Un fleuve, où mon âme s'abreuve De rêve et de douceur lassée, Tel est le vœu de ma pensée, Au sortir de la dure épreuve.

Le. ciel serait comme une vie Toute de plainte et sans envie, Grise, très lente et tourmentée

Ce seraient de doux paysages, Dont la grâce n'est pas chantée, Et des nuages, des nuages...

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