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PRIMA LUCE

En sa robe crépusculaire Couleur de jacinthe fanée, Ses beaux yeux clairs d'azur stellaire Pleins d'une douceur étonnée,

En silence, l'aube est venue ; Son sourire a traversé l'ombre...

La nuit s'émeut ; le ciel remue ; La feuille frissonne au bois sombre.

L'heure brève et délicieuse, Froide comme l'eau de montagne!

Des champs mauves de scabieuse Fleurissent au loin la campagne.

Dans le pré d'émeraude pâle Foisonnent des floraisons blanches.

Des taillis jeunes il s'exhale Une odeur de sève et de branches.

L'herbe ploie au courant limpide D'une eau qui fuit lente et sans moires.

Dans le ciel d'un beau vert livide Un if trempe ses tiges noires...

Oh ! l'heure furtive, inquiète, Et sa grâce cruelle et tendre, L'heure couleur de violette Où la nature a l'air d'attendre!

La source où se mirait l'étoile S'afflige à voir la vierge amie Agoniser au ciel sans voile, Mortellement pâle et blêmie.

Cette étoile était la dernière.

Elle meurt désolée, il semble :

i8 SOUS LA LUNE D'AUTOMNE

Ce n'est plus qu'un fil de lumière, Un regard de perle qui tremble.

Perle, azur ! nul rayon ne dore La pure splendeur argentine, C'est l'aube, ce n'est pas l'aurore., L'aube en sa blancheur d'églantine.

Tout frémit sous la clarté chaste Pour une joie encor lointaine, Et seule, dans le matin vaste, Chante une invisible fontaine...

Chanson plus tendre qu'une plainte Cachant mal une amère ivresse, Et comme d'une âme ayant crainte Qu'on ne devine sa détresse.

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