‹ Intervention chirurgicale dans les ruptures de la vessie et de l'urètreChapitre 20 sur 26 · T.: matin, 375 ; soir, 37°8. Le malade est bien · texte numérisé non relu

T.: matin, 375 ; soir, 37°8. Le malade est bien

9. — On pratique le cathétérisme; on passe des béniqués 46, 48, 50, 52. Le passage est très facile, sans hémorragie.

10.— T.: matin, 373; soir, 37°6. Presque toute l’urine sort par le méat, claire. Miction facile toutes les trois ou quatre heures.

14. — Béniqué 50, 52. Toute l'urine sort parle méat. Plaie opératoire complètement cicatrisée. État général excellent.

Le malade est complètement guéri et sort de l'hôpital le 1RIévriEer.

Cette observation nous montre l’innocuité de l’uréthrotomie externe, même dans la rupture de l’urèthre compliquée de fracture du pubis, lorsqu'elle est pratiquée suivant les préceptes antiseptiques.

Au bout de quinze jours, la plaie opératoire s’est complètementi cicatrisée, et le malade est sorti de l'hôpital, urinant par son canal qui a récupéré ses dimensions normales.

La sonde à demeure, dans ce cas, n’est restée que pendant quarante-huit heures.

Observation XVIII (OBSERVATION PERSONNELLE)

Service de M. le professeur agrégé Lapeyre. Salle Broussais, n° 8. Payants.

Le 11 novembre 1894, à quatre heures du soir, entre dans le service un jeune homme âgé de dix-huit ans, le nommé Édouard S..., d'Aimargues. La veille, en voulant décharger un fusil de chasse, il avait mis la, culasse dans un feu de forge et le coup était parti. Grâce à son imprudence, il avait reçu la charge à bout portant dans la région pubienne gauche.

ÉTAT ACTUEL.— A l’examen, fait le 19 novembre, on trouve, au-dessous de l’arcade crurale et immédiatement en dedans des vaisseaux fémoraux, une plaie circulaire, large de 1 centitimètre environ, et d'où s’écoulent, à la pression, des caillots mélangés à un liquide sanguinolent. Le doigt introduit dans cette ouverture pénètre dans une cavité spacieuse où l’on perçoit des débris osseux. La branche horizontale du pubis est détruite, et le doigt vient presser sur la membrane obturatrice. L’épine pubienne et la plus grande partie du corps du pubis n’existent plus.

Par le toucher rectal, on constate que la branche descendante est intacte. Le malade n'a pas uriné depuis l'accident, et le cathétérisme que l’on pratique avec une extrême facilité ne donne issue à aucun écoulement d'urine.

Il n’y a pas eu d’uréthrorragie. L'exploration de l’urèthre par le périnée et le toucher rectal ne détermine aucune douleur. On pose le diagnostic de fracture du pubis, compliquée de rupture vésicale. T.: le 11, jour de l'entrée, 37°6; P.: 80.

OPÉRATION. — Séance tenante, on intervient chirurgicalement (le 12 novembre, à neuf heures du matin). On pratique une

pe

incision horizontale sur la paroi abdominale à un travers de doigt au-dessus de l’arcade pubienne; celle-ci divise les deux muscles droits et s'étend vers la gauche jusqu'à 3 centimétres de l'épine iliaque antéro-supérieure, Ensuite on fait une incision verticale de 6 centimètres de hauteur, aboutissant à là plaie produite par la brèche. Sur ces deux incisions, toutes les parties molles sont divisées jusqu'au foyer, En relevant les deux lambeaux triangulaires ainsi formés, nous tombons dans une vaste cavité, du volume du poing ouvert, pleine de caillots noirâtres.

En explorant cette cavité avec le doigt, nous trouvons cinq esquilles osseuses. Trois d’entre elles, très grandes, avaient pénétré dans la vessie, d’où nous avons dû les retirer. La plaie de ce viscère, largement béante, mesurait 8 centimètres de hauteur sur 5 de largeur; sa forme était celle d’une ellipse à grand axe vertical; ses bords étaient effilochés, mâchés et noirâitres. Ils n'avaient aucune tendance à se rapprocher spontanément et restaient au contraire fortement écartés. Cette déchirure occupait toute la face latérale gauche de la vessie, dépourvue de péritoine. Cette séreuse n'avait pas été ouverte. Aucun autre viscère intra-pelvien n'avait été blessé. Nous n'avons pas cru devoir tenter la suture de la vessie et nous nous sommes contenté de fixer dans la cavité les tubes de Perrier et de remplir la cavité abdominaçe avec un tampon à la Mickulitz. T. le jour de Popération: 39°4; P. : 90.

RÉSULTAT. — Les suites ont été très simples. Aucune complication n’est survenue, grâce aux précautions antiseptiques qui ont été minutieusement prises.

La température n’a jamais dépassé 38° le soir et s'est toujours maintenue entre 37°? et 37°5 jusqu’à la sortie du malade.

Enfin, la guérison complète à eu lieu au bout de deux mois

et demi.

Re

A la sortie du blessé, la fistule abdominale était complètement fermée et la miction se faisait régulièrement par l’urèthre.

Nous avons eu la curiosité de connaître l’état actuel du malade, et, à la date du 29 mars 1895, il nous écrit que sa guérison ne fait que se consolider, qu'il urine facilement et sans douleur, et qu’il ne souffre plus de sa blessure.

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