‹ Intervention chirurgicale dans les ruptures de la vessie et de l'urètreChapitre 22 sur 26 · ÉD · texte numérisé non relu

ÉD

L'hémorragie uréthrale s'arrête quelquefois spontanément ; mais, à la suite d’un cathétérisme ou des efforts faits pour uriner, elle apparaît et on doit alors avoir recours aux réfrigérants appliqués sur le périnée et à la compression soutenue pendant quelque temps. Quand ces moyens sont insuffisants, il faut inciser Je périnée et aller à la recherche des artères qui dorment. En second lieu, il faut à tout prix débarrasser la vessie de l'urine qu'elle contient, et on a alors à choisir entre trois méthodes distinctes : le cathétérisme, la ponction vésicale, l'incision périnéale.

Le cathétérisme est un procédé bien infidèle ; il peut, non seulement réveiller l'hémorragie, mais encore, dans les cas où l'on a pu pénétrer jusque dans la vessie, il ne met pas sûrement à l'abri de l’infiltration de l'urine ou de la suppuration, à.cause du relâchement possible du sphincter vésical et de l'urine qui s’insinue entre la sonde et le canal, et se déverse sur la plaie. |

La ponction vésicale elle-même, qu’elle soit faite par la voie hypogastrique (procédé habituel) ou par la voie rectale, est pälliative, et pare à l’infiltration d'urine seulement pour un temps limité, mais soulage immédiatement le malade quand il y a rétention.

Le procédé de choix doit être l'incision périnéale, accompagnée de la mise à demeure d’une sonde passant d’un bout à l’autre de l’'urèthre. Le choix de la sonde n’est pas indiftérent. Celle de Nélaton offre quelques avantages ; elle est très flexible, et se prête bien par conséquent aux courbures du canal, mais cette flexibilité même l’expose à être chassée par des contractions vésicales un peu fortes ; pour parer à cet inconvénient, on enduit de collodion la partie de la sonde correspondant à la portion pénienne sans dépasser l'angle périnéo-scrotal. M. le professeur Tédenat dans son service donne actuellement la préférence à la sonde de Malécot, qui lui paraît

TO ve oftrir le plus dé garanties. Cette sonde à demeure est laissée par M. Tédenat seulement de quatre à cinq jours au plus, après quoi les béniqués sont employés immédiatement. Dans ce laps de temps, la sonde à demeurene peut produire les accidents qui ont été signalés (ulcération et perforation de la vessie, cystite, etc.).

Dans trois cas de ruptures de l’urèthre consécutives à une fracture du bassin, M. le professeur Tédenat, dans son service, a pratiqué l’uréthrotomie externe séance tenante, et a fait la suture de l’urèthre dans deux de ces cas. Dans le troisième cas, la suture n’a pas été faite et une sonde à demeure a été laissée trois ou quatre jours, suivant la pratique indiquée dans la thèse de M. le docteur Vieu. Dans les deux cas où la suture uréthrale a été pratiquée, une légère fistule s’est établie, qui a duré sept ou huit jours, malgré la réunion qui avait paru totale. M. le professeur Tédenat est d'avis que cette suture uréthrale doit être faite toutes les fois que les tissus péri-uréthraux ne sont pas trop meurtris ou sphacélés.

MANUEL OPÉRATOIRE. — Pour faire l’incision périnéale, on endort le malade et on le place dans la position de la taille. Le périnée étant rasé et l'asepsie rigoureusement faite, on pratique une longue incision sur la ligne médiane à égale distance des ischions, depuis le scrotum jusque un peu audevant de l'anus. Après la division des couches sous-cutanées, on voit l'aponévrose périnéale inférieure légèrement déchirée ; on achève sa section avec des ciseaux. On enlève les caillots sanguins à l’aide d’une irrigation antiseptique, qui est suffisante pour arrêter le sang, ou bien, dans le cas contraire, on fait un peu de compression. La recherche du bout postérieur de l’urèthre est parfois pénible. On introduit d’abord un cathéter qui vient buter sur la paroi postérieure de la poche, et sur laquelle se trouve l’orifice à découvrir. Comme

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