‹ Intervention Ou Non Intervention Immédiate Dans L'Hémothorax Consécutif Aux Plaies Pénétrantes De PoitrineChapitre 13 sur 18 · MIT · texte numérisé non relu

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avec le Polain environ 10 centimètres cubes d'un liquide hématique épais et noirâtre, contenant de petits caillots.

Pendant les jours qui suivent, le malade va de mieux en mieux, et le 41 mai la lempérature est redescendue à la normale. L'oppression et la dyspnée ont à peu près complètement disparu. Le pouls bat à 80. L'état général est satisfaisant.

Toutefois on trouve toujours de la matité, de l'abolition des vibrations et du murmure vésiculaire remontant jusqu’à la pointe de l'omoplate.

Le malade sort, guéri, le 18 mai 1909.

OBSERVATION (inédite).

Due à l'obligeance de M. le professeur agrégé BérARD.

Plaie pénétrante du thorax par balle de revolver. Hé noptysie. Epanchement intra-pleural. Pas d'intervention. Guérison.

G... Charles, 19 ans, manœuvre. Salle Saint-Louis, n. 55.

Entré le 21 février 1908.

Le blessé est amené parce qu'il s'est tiré un coup de revolver dans le côté gauche du thorax, à peu près à la partie moyenne, au-dessous du mamelon.

Il n'a pas perdu connaissance.

Presque aussitôt après il a craché le sang et a commencé à avoir de la dyspnée.

Au. moment de l'examen, le 3 février 1908, le malade paraît très essoufflé. La dyspnée estallée en augmentant depuis hier : on compte 60 respiralions par minule.

Le faciès est pâle et angoissé.

Le pouls bat à 120.

La température est à 39°2.

On constate la présence de crachats rouges peu adhérents.

A l'examen physique, on trouve de la matité, de l'obscurité respiratoire et de labolition des vibrations à la base gauche, jusqu'à mi-hauteur de l’'omoplate.

En avant, à la partie moyenne de l’hémithorax gauche, on

voit l'orifice d'entrée de la balle. La plaie ne saigne pas extérieurement. L

Le malade est laissé dans l’immobilisalion la plus complète, à demi-assis sur son lit, le buste appuyé sur des coussins. Un bandage de corps comprime le thorax, après qu'on a fait le pansement de la plaie.

Le 28 février 1908, les crachats hémoploïques ont disparu et sont remplacés par des crachals muqueux de bronchite. En effet, on trouve dans le poumon sain des râles et des sibilances.

Il y a de l'emphysème sous-cutané empêchant l'exploralion au niveau de l'épanchement.

La Lempérature est encore assez élevée.

Le 2 mars 1908, les signes précédents n’ont pas sensiblement changé.

Le 20 mars 1908, on constate toujours de l'obscurité respiraloire aux bases avec quelques râles fins. L'emphysème souscutané a notablement diminué.

Il y à encore un peu de température. Néanmoins l'état général s'est considérablement amélioré. Le malade sort le 1% mai à peu près guéri.

Le 4 mai 1908, il revient dans le service parce qu'il souffre du côté gauche et qu'il a de la dyspnée. On trouve de la matité à la base gauche. Les vibrations sont diminuées. Le murmure vésiculaire s'entend faiblement. On perçoit des râles fins souscrépitants.

Mais cet élat s'améliore rapidement et le {1 mai le malade quitte l'hôpital.

OBSERVATION (inédite).

Due à l'obligeance de M. le professeur agrégé BéRarD. N... (Michel), 24 ans. Entré le 29 juin 1909. Le malade s’est Liré uu coup de revolver, du calibre 8, dans

la région du cœur.

A l'examen, on trouve une plaie arrondie de 1 centimètre de

diamètre située dans le quatrième espace intercostal gauche, à deux travers de doigt du sternum.

On constate du tympanisme dans les deux tiers supérieurs de l'hémithorax gauche, mais le tiers inférieur présente de la malité, de l'abolition des vibrations et de l'obscurité respira- Loire.

Pas d'hémoptysie.

L'état général paraît grave. La lempéralure est à 3927, La dyspnée considérable (60 par minute). Le pouls est à 110, petit.

Au bout de quatre jours ces signes de gravité disparaissent. L'élat général se relève. La température revient à 37°5.

La radioscopie montre une balle située sous les côtes (6° et 7°) sur la partie latérale du thorax.

Le 27 juillet 1909, le malade présente depuis deux jours déjà une ascension de sa courbe thermique.

L'auscultation montre que l'épanchement remonte à deux travers de doigt au-dessous de l’épine de l'omoplate.

On fait une ponction aspiralrice et on retire 200 grammes d'un liquide hémorragique un peu noir.

Après cela, l'épanchement se résorbe peu à peu et le malade sort guéri.)

OBsERvATION (inédite).

Dne à l'obligeance de M. le professeur agrégé Béranp.

Plaie pénétrante de poitrine par balle de revolver ayant intéressé la languette inférieure du poumon gauche. Pas d'intervention. Guérison.

G..., 50 ans, habitant à Lyon.

Antécédents psychiques assez chargés avec obsession de suicide ancienne.

Le 11 février 1908, à cinq heures du soir, il se tire un coup de revolver à broche du calibre 7 millimètres, dans la région du cœur alors qu'il était assis dans un fauteuil.

La plaie est à 3 centimètres au-dessous et un peu en dehors

Galey 4

du mamelon. A cause de la position du blessé au moment de sa tentative, la balle file en bas et en dehors, On ne constate pas d'orifice de sortie, On ne sent pas la balle sous les téguments.

Le blessé a été vu deux heures après ; à ce moment, il n'y a aucun signe de plaie du poumon où du péricarde. Pas d'hémoptysie, pas de tendance au collapsus, pas d'épanchement péricardique, pas d'emphysème sous cutané.

Pas d’épanchement pleural appréciable.

Pourtant, le pouls est à 120, un peu faible, la respiration à 30.

Le malade est immobilisé immédiatement.

La plaie est désinfectée à la teinture d'iode, on applique un pansement sec et on fait une piqüre de morphine.

Dans la nuit apparaissent des crachals hémoptoïques qui se continuent cinq jours, avec une température oscillante de 317°5 à 38°7 et 38°9 les 2° et 3° jours.

A l'auscultation, on trouve nne légère zone de matité à la base gauche, avec au-dessus un pelil foyer de souffle entouré de râles fins.

La respiration est à 30.

Le malade est peu anxieux.

On fait de la révulsion locale et on donne une dose minime

d'ipéca. Au bout de 3 ou 4 jours, la dyspnée diminue ; il y a encore quelques crachats teintés de noir. Mais les crachats n’ont plus présenté de sang rouge dès le lendemain de la blessure.

La zone de légère matilé de la base gauche et le foyer de congestion avec souffle persiste pendant une dizaine de jours.

Puis tout disparait.

La plaie s'oblitère sans accidents. La température redevient normale.

Le malade sort guéri au bout d'un mois, sans dyspnée, ni douleur et reprend ses occupations.

Deux mois plus tard, il se Lire de nouveau une balle de revolver, mais celle fois dans la région temporale droite et avec un revolver de gros calibre. Il en résulte un véritable éclatement du crâne et la mort du sujet.

OBS&RVATION (inédite).

Due à l'obligeance de M. le professeur agrégé Béranrn.

Plaie pénétrante de la plèvre et du poumon par balle de revolver. Plaie pulmonaire probablement petite. Lésion des vaisseaux pariétaux probable. Ponction aspiratrice retardée. Guérison.

J. E..., 23 ans, habitant Lyon.

En novembre 1909, ce jeune homme se tire un coup de revolver sous le mamelon gauche, dans le 5° espace intercostal, à 8 centimètres du bord gauche du sternum.

Ainsi qu'il arrive en pareil cas, le coup porte heureusement trop bas et trop en dehors. Néanmoins, le blessé présente immédiatement après la tentative une syncope. On le transporte sur son lit. |

Cette syncope ne dure que quelques minutes.

Le malade revient à lui de lui-même.

Il est vu demi-heure après. On le trouve assis sur son lit, pâle, anhélant. La respiration est à 40. Le pouls à 120, assez petit.

On ne constate pas de signe de plaie du cœur ou du péricarde.

L'emphysème sous-culané est modéré. Il y a une immobilité relalive de l'hémithorax gauche.

Au bout de demi-heure, les signes d'épanchement remontaient déjà à mi-distance entre la limite inférieure de la plèvre et la pointe de l'omoplate.

Sous nos yeux, le malade, asphyxiant, à une nouvelle tendance à la syncope.

Il rejette quelques crachats hémoptoïques et a même une véritable hémoptysie de la valeur de deux à trois cuillerées à soupe.

Les caractères de cette évacuation sanguine semblèrent témoigner qu'il s’agit d'une plaie du poumon assez petite.

On immobilisa le malade. Pansement iodé sur la plaie. Bandage de corps autour du thorax. Le malade est assis dans son

lit, le dos appuyé par des oreillers. On lui fait une piqüre de morphine et des inbalations d'oxygène.

L'épanchement progresse pendant trois jours; pourtant, il est assez bien toléré. La dyspnée est à 30, 32 et même 34. La tempéralure ne dépasse pas 38,5 le soir.

L'épanchement arrive jusqu'a deux travers de doigt au-dessus de l’épine de l'omoplate.

Il y à un peu de déviation du cœur dont la pointe est près du bord gauche du sternum.

Pas d’hématome pariétal, bien que l'hémorragie semble provenir surtout d’un vaisseau de la plaie pariélale, élant donné le peu de signes pulmonaires.

Au dixième jour, l'épanchement est stationnaire et la d'yspnée devient un peu plus gènante pour le malade. On fait une ponction prudente avec l'aspirateur de Potain et on évacue plus d'un demi-litre de sang laqué. ;

A partir de ce moment la résorplion de l'épanchement se poursuit plus rapide.

La température après oscillations entre 38°2 et 38°3 redevient normale.

Au bout d'un mois et demi, le malade sort complètement guéri.

OBSERVATION

Due à l’obligeance de M. Core (service de M. le professeur Poxcer).

Balle de revolver. Hémothorax. Pas d’intervention immédiate. Large thoracotomie secondaire. Guérison.

Etienne L...,28 ans, pâtissier, salle Saint-Philippe, n° 6. Entré le 17 décembre 1907. Sorti le 12 mars 4908.

Le blessé à recu un coup de revolver tiré, hier soir,avec une arme probablement de petit calibre, à deux mètres environ et directement en face du blessé.

La balle à pénétré du côté droit, au niveau du 5° espace intercostal, à deux travers de doigt à droite du sternum,

Le blessé était habillé au moment de l'attentat. Il est amené

dans un état de torpeur assez accusé. Cet élat persiste encore au moment de l'examen. Cependant le malade répond assez facilement aux questions. Le facies est pâle.

La respiration est à 39 par minute. Le pouls à 100. La température n’est pas très élevée.

A l'inspection, on ne conslate pas d'immobilisation sensible de la paroi thoracique du côté droit pendant les mouvements respiratoires.

La plaie siège au niveau du 5° intercoslal droit. Elle est pelite, avec des bords assez nets. Il n’y a pas eu hémorragie extérieure à son niveau. On ne constate pas de traumatopnée. Il n’y a pas d'ouverture de sortie.

À la percussion on trouve une matilé très nette dans le tiers inférieur de l'hémithorax droit. A la palpation, il y a de l'aboli- Lion des vibrations à ce niveau.

L'auscultation décèle l'abolition du murmure vésiculaire à la base droite. En même temps on constate de l’'égophonie et de la pectoriloquie aphone.

Enfin une ponction exploratrice, pratiquée au niveau de la base droite, amène quelques gouttes de sang.

Il faut signaler que le malade a eu une légère hémoptysie.

Le blessé est laissé dans le repos le plus absolu, le thorax immobilisé par un gros pansement et par un bandage de corps, à demi-assis dans son lit.

Le 18 décembre, l’état est à peu près stationnaire. On fait au blessé une piqüre de morphine afin que son immobilisation soit plus complète.

La température est à 39°4.

Le pouls à 30.

La respiration à 39.

Le 25 décembre l’état général est bon. La température se maintient aux environs de 39. Il y a encore un peu de dyspnée et l'auscultation révèle toujours des signes nets d’épanchement : souffle, pectoriloquie aphone, abolition des vibrations, matilé..

Le 30 décembre, les signes d'épanchement tendent à disparaitre. La température est Loujours aux environs de 39°. L'état général est bon.

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