‹ Intervention Ou Non Intervention Immédiate Dans L'Hémothorax Consécutif Aux Plaies Pénétrantes De PoitrineChapitre 5 sur 18 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Considérations générales sur.les plaies pénétrantes de poitrine.

ErioLogie. — Les causes sont dues aux traumatismes faits par un instrument piquant ou par une balle : Armes blanches, armes à feu, exceptionnellement cornes de bêtes,

pieux: etc..., sont les principaux agents de ces bles-

De là, leur fréquence en temps de guerre, sur les champs de bataille et dans les ambulances : on les rencontre chez un tiers des morts et elles fournissent aux ambulances le dixième de leurs blessés.

ANATOMIE, PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES. — Ce qui caractérise la plaie pénétrante de poitrine c'est la /ésion de la plèvre, de cette lésion résulte toute une série d'accidents : Hémothorax provenant des vaisseaux pariétaux ou du poumon, pneumothorax partiel ou total, présence de corps étrangers dans la plèvre.

Normalement, la cavité pleurale est une cavité virtuelle et ses deux feuillets accolés sont une faible protection pour le poumon. Aussi, celui-ei est-il le plus souvent atteint. Le résultat immédiat en est une hémorragie plus ou moins abondante dans la plèvre (hémothorax) et dans les bronches (hémoptysie).

Donc, lésions successives de la paroi de la plèvre, du poumon et formation d'un hématome intra-pleural avec

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pneumothorax, telles sont en général les caractéristiques des plaies pénétrantes de poitrine, au point de vue de l'anatomie et de la physiologie-pathologiques.

SYMPTOMATOLOGIE. — De ces faits découle une symptomatologie simple.

Les signes extérieurs du côté de la plaie n'ont pas une grande signification, du moins quand cette plaie estétroite ; il n’en est pas de même quand elle est large, car on peut y constater de la traumalopnée : à chaque mouvement respiratoire il y a sortie d'air et de sang.

La hernie du poumon est rare.

Les signes fonctionnels ont plus d'importance. L'hémoplysie indique que le poumon est lésé; la pâleur, l'angoisse, la rapidité du pouls que le traumatisme est grave ; la dyspnée, qu'il y a une gêne respiratoire. Cette gêne respiratoire, la percussion, la palpation et l’auscultation permettent d'en confirmer la cause. En effet, la matité, l'abolition des vibrations, la suppression du murmure vésiculaire, l'égophonie et la pectoriloquie aphone dénotent la présence d'un épanchement pleural, tandis qu'au-dessus on peut trouver les signes d'un pneumothorax.

DiaGNosric. — La question du diagnostic constitue peutêtre, pour l'hémothorax, la partie la plus importante : c'est du diagnostic bien posé que dépendent les indications thérapeutiques opportunes. Les questions que le chirurgien se pose sont les suivantes : Y a-t:il hémothorax? Quelle est son abondance? Quelle est la source ? D'autres lésions d'organes ne viennent-elles pas doubler cette complcation? La première question sera résolue par l'examen physique du poumon; la deuxième d’après les données suivantes : « Quand [a matité et l'abolition de la respira-

hion et des vibrations ne dépasseront pas 4 ou 5 travers de

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doigt au-dessus de la base, quand le pouls ne dépassera pas 105 ou 110, que le maximum respiratoire sera de 25 à 30, que le facies ne sera pas fortement décoloré, on peut affirmer que l'hémothorax est restreint, que la source de l'hémorragie est probablement un petit vaisseau. Au contraire, quand la respiration sera muette en arrière et latéralement jusqu'à une ligne passant par l'angle inférieur de l’omoplate, quand au sommet on entendra une sonorité skodique et même tympanique avec tintement métallique, que la plaie extérieure saignera assez, que le pouls sera vers 120, qu'une sueur glaciale s'emparera du blessé qui est haletant, nul doute que le liquide contenu dans la cavité pleurale atteint au moins sept ou huit cents grammes, qu’un vaisseau important et une bronche d’un certain calibre ont dû être lésés. Quand, enfin, la matité occupera toute la hauteur en arrière jusqu'à l’épine de l'omoplate, envahira latéralement le creux axillaire... quand le pouls, rapide, dépressible, montera aux hauteurs de 140 à la minute, que même des syncopes auront troublé l'existence du blessé, qu'une dyspnée intense, avec des sueurs froides, agitera le malade, nul doute encore que la gravité de l'épanchement est extrême et que, si la mort ne survient pas par syncope, elle pourra arriver par asphyxie » (Bartholi, Thèse de Paris, 1900).

Il est un fait que nous n'avons pas trouvé signalé dans les ouvrages antérieurs et qui cependant parait avoir une grande importance. C’est la valeur de l'examen radioscopique au point de vue du diagnostic de l'hémothorax et de son importance. La chirurgie a trouvé, depuis quelque temps, dans la radioscopie, un moyen d'investigation des plus efficaces. Dans les cas de plaies pénétrantes de poitrine, on aura d'autant plus raison d’y avoir recours qu’un

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