‹ Intervention Ou Non Intervention Immédiate Dans L'Hémothorax Consécutif Aux Plaies Pénétrantes De PoitrineChapitre 8 sur 18 · CHAPITRE HI · texte numérisé non relu

CHAPITRE HI

Intervention immédiate.

C'est en 1884 qu'Omboni de Crémone eût le premier l'idée d'intervenir directement chez un blessé qui s'était fait une plaie pulmonaire par coup de feu. Son malade mourut mais l'exemple était donné et l'idée devait faire son chemin.

Au début, les cas d'intervention immédiate demeurent rares et les opérations demeurées célèbres de Delorme en 1893, de Michaux en 1895, sont d'abord considérées comme des exceptions. Depuis, peu à peu, elles se sont mullipliées et, dès 1907, Thierry de Martel dans sa thèse

pouvait en réunir quarante-deux cas.

A. Intervention dans le cas d’hémorragie pariétale.

Sur ce point l'accord est fait : si on abandonne le malade à lui-même, l'hémorragie ne s'arrêtera pas spontanément et, de plus en plus abondante, elle compromettra l’existence du blessé. Celui-ci aura d'autant plus de chances d'êlre sauvé que l'intervention sera Immédiate et rapide.

Les vaisseaux pariélaux lésés peuvent être les intercostales ou la mammaire interne : Ceux-là seuls sont assez importants pour donner une hémorragie dangereuse.

Donc, il faut agir vite et très vite ; tout pansement serait

insuffisant, car il serait vite imprégné.

A titre provisoire, pour permettre de transporter le blessé, on peut faire, après avoir préalablement badigeonné la plaie à la teinture d'iode afin de la désinfecter, le {lamponnement à la facon de Desault : « On taille une compresse aseplique carrée et, avec une pince, on la déprime à son centre et on la fait pénétrer à travers la plaie jusque dans le thorax. Dans le sac ainsi constitué, on tasse une série de lainelles qui le distendent et le renflent en bouchon dans sa portion intra-pleurale. En tirant alors sur la compresse enveloppante, on applique fortement ce bouchon à la face interne de la paroi et, en tamponnant la plaie extérieure, on réalise la compression intus et extra ». C'est la poupée de Desault; c'est aussi le tamponnement à la Michkuhez (Lejars, Traité de chirurgie d'urgence).

Le plus souvent, ce tamponnement sera vite traversé et restera insuffisant.

Ce qu'il faut faire, ce qui sera un moyen d'hémostase définitif, c'est ouvrir largement la plaie et aller chercher le point qui saigne.

La mammaire interne descend verticalement entre les cartilages costaux et la plèvre, à un doigt du bord sternal. Elle est assez facile à découvrir. On fait une ligature en amont et en aval du point lésé : les anastomoses de l'artère avec les intercostales et les diaphragmatiques font une nécessité de cette double ligature.

Les intercostales sont plus difficiles à trouver et surtout à saisir à cause de leur situation dans une gouttière, sous la côte. On peut les pincer avec une pince de Kocher, mais celle-ci ne peut être laissée longtemps à demeure et ce moyen n’est qu'un pis-aller. Le mieux est de lier. Pour

cela, Lejars conseille de décoller le périoste de la côte.

DS

« Les vaisseaux deviennent libres avec ce lambeau de périoste et il est dès lors facile de glisser un fil autour d'eux, avec une aiguille courbe, en dehors du point où la pince est appliquée ».

Si l'intervention est opportune, le blessé guérira sûrement, à moins que des complications d'autre nature ne viennent assombrir le pronostic.

Bartholi, dans sa thèse (1900), cite huit cas d'hémothorax d’origine pariétale. Les résultats se répartissent ainsi : guérison, trois cas, dont un cas d'intervention avec résection coslale et tamponnement; mort, cinq cas : trois fois, l'intervention ne fut pas pratiquée; dans les deux autres, elle fut faite trop tard. De plus en plus, on a reconnu que la mortalité était bien plus grande dans l’abstention et, aujourd’hui, c'est une notion admise par tous que dans l'hémothorax d'origine pariétale, il faut

intervenir immédiatement.

OBSERVATION (inédite).

Due à l’obligeance de M. le professeur agrégé BéRaRD.

Coup de couteau dans la région précordiale. Plaie pénétrante du thorax. Pas d'intervention. Ponction aspiratrice au quatrième jour pour évacuer l’hématome. Guérison.

Joseph M..., 35 ans, manœuvre. Entré le 31 janvier 1910.

Le malade, qui s'est volontairement frappé d'un coup de couteau dans la région précordiale, est amené à l'Hôtel-Dieu, le 31 janvier 1910, à 9 heures du soir. À son entrée et pendant Ja nuit, on ne constate aucun signe d'hémothorax : pas de crachats hémoptoïques, pas de dyspnée, pas de pâleur. Le pouls est à peu près normal.

Le malade est revu le lendemain matin à l'infirmerie de porte, On ne constate aucun sigae alarmant.

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