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DIAGNOSTIC CLINIQUE

Nb —

différentiel classique des comas. La distinction des comas organiques dûs à une hémorragie, une tumeur ou une syphilis cérébrale est, le plus souvent facile ; elle repose sur, l'examen neurologique qui met en PA une More ou une paralysie (1).

Le coma barbiturique, par contre, simule d'assez près le coma urémique. Répétons incidemment, que celte ressemblance comporte une explication théorique : ces hypnagogues renferment tous, dans leur architecture, le groupement urée combiné à un plus ou moins grand nombre de groupes alcool. Dans certains cas, la ressemblance clinique est des plus frappante : dans notre observation V nous avons mème trouvé l’azotémie légère et transitoire. Cependant, la recherche minutieuse des antécédents de néphrite chronique, l’albuminurie ancienne ; les manifestations cérébrales : délirantes, hallucinatoires ou convulsives, prémonitoires du coma urémique ; l'hypothermie — très rare au cours du barbiturisme — le rythme de Cheyne- Stokes que l’on ne constate que dans les cas très graves de coma barbiturique ; les æœdèmes et souvent l’anasarque, constituent un ensemble de signes qui permet d'établir, dans la grande majorité des cas, le diagnostie de coma urémique.

Le coma diabétique se iraduit pas quelques signes révélateurs tels que l'odeur de pomme de reinette ou de chloroforme exhalée par le malade. De plus, il est très rare que le sujet n’ait pas consulté avant la phase du coma. Dans ce cas les signes prémonitoires, d'ordre respiratoire et notamment la dyspnée de Kussmaul, sont décisifs. Insisions sur ce fait qu'il ne faut pas tenir un irop grand compte de la glycosurie qui, d’une part, est susceptible de disparaître pendant le coma diabétique et d'autre part, peut apparaître dans le coma barbiturique. Ce fait réellement paradoxal méritait d'être mentionné.

Lorsque l'on a éliminé les comas organiques et que l'on se

1. Rappelons cependant que Stewart Mc Naughton a observé l’hémiplégie brusque et transitoire dans 2 cas d'intoxication par le véronal.

La äysarthrie serait capable d’égarer le diagnostic dans le sens d’une paralysie générale. Cependant, la recherche des signes de la série neurologique et surtout le psycho-diagnostic tel qu’il a été formulé par Dupré et Logtre permettent d'éviter la confusion.

n est possible de poser le diagnostic de coma barbiturique que par élimination. La diplopie peut faciliter la confusion entre les

comas alcoolique et barbiturique ; la dilatation des pupilles se ie retrouve dans les deux affections ; un seul signe peut orienter

le diagnostic : l'odeur d’alcool ou d’aldéhyde de l'haleine. Enfin, les troubles mentaux sont parfois semblables dans les deux cas

ainsi que Hans Laehr l’a observé dans un exemple très complet

de psychose véronalique.

trouve incohtestablement dun un coma do origine attiel il à

Les signes vraiment caractéristiques de l’intoxication par la

belladone ou l’hyosciamine, quand ils existent au complet, suf-

fisent à éviter l'erreur ; l'empoisonnement par les opiacés a des

caractères assez constants et typiques permettant de l'identifier. Enfin, il faut se rappeler que les autres hypnagogues qui ne sont pas de la série du véronal, réalisent le même tableau d’em-

poisonnement En présence d’un coma dû à un hypnagogue et avant de s'adresser à la caractérisation chimique, est-il possible d'établir, sur les seules données fournies par la clinique, un diagnostic différentiel ? Oui, pour certains d’entre eux. L'étude des quelques observations publiées jusqu'ici permet d’assigner à l’intoxication par les hypnotiques de la série cétonique, par exemple, des caractères assez constants et assez précis pour qu'on leur attribue un sens diagnostique. Ce sont, en dehors du coma et des troubles mentaux, les signes urinaires:l’hématurie et l'hématoporphyrinurie ainsi que les symptômes sanguins (altérations globulaires) qui n’existent que rarement dans le barbiturisme. J.S. Mackintosh, en 1910, publie 2cas d'intoxication aiguë par le trional dans lesquels il n’a relevé aucun des caractères sévères du véronalisme. Il n’a pas noté de manifestations pupillaires, ni respiratoires ; mais, par contre, il a constaté l'hématoporphyrinurie que Salkowski avait décrite dans le sulfonalisme (1).

1. A. Bonnani, dans une série de communications (cf. Bull. d.r. Acad. Med. di Roma, 1908, p. 421-430 et p. 539-588) a précisé les altérations sanguines portant sur les globules rouges ainsi que l’hématoporphyrinurie observée au cours de l’intoxication chronique par le sulfonal,

Il semble bien d’autre part, si l’on en croit de Fuentes (Archi. de la Soc. estud: cliniq. de la Habana, 1908, p. 145-148) que le sulfonalisme aigu entraîne

A; Tardieu 4

Né

jé ARR USE ARE

L’intoxication par les uréides du second groupe (adaline ou

nyctal et bromural), au contraire, ne se révèle par aucun carac-

tère spécifique. Hueber, en 1911;rapporte un cas d'intoxication aiguë par l’ingestion de 9 grammes d’adaline (bromodiéthylacétylurée) chez une femme de 32 ans. La symptomatologie fut banale, composée presque exclusivement de la léthargie ; aucun signe pathognomonique ne permettait le diagnostic clinique de cet empoisonnement dont la nature étiologique fut établie par

une enquête facile ; il ne fut trouvé ni albuminurie, ni glyco-

surie.

Quant aux troubles mentaux du barbiturisme, il ne comportent vraiment aucune signification diagnostique certaine ; c’est ainsi — pour ne citer qu'un exemple — que l'ivresse alcoolique, l'ivresse chloralique ou l'ivresse sulfonalique sont tout à fait semblables à l'ivresse barbiturique.

Et nous devons conclure que du point de vue diagnostique, l'étude clinique ne peut qu'orienter les recherches décisives, d'ordre chimique, qui permettront d'afjirmer, avec une certitude absolue, l'existence d’une intoxication aiguë par les dérivés de la malonylurée. us

des troubles convulsifs, gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhée) ainsi que l’anurie par « inhibition rénale ». Enfin aucun auteur n’a mentionné les exanthèmes dans le sulfonalisme. :

ÉTIOLOGIE DU BARBITURISME Nu

Certains auteurs, avec Hans Laehr, constatant que tous les toxicomanes en général, et les cocaïnomanes en particulier,

absorbent volontiers des doses élevées de véronal pensent, à tort croÿons-nous, que le véronalisme et le diallisme constituent une nouvelle toxicomanie. Nous ne pensons pas que du fait que les toxicomanes insomniques recherchent les hypnagogues, nous soyons en droit de tirer de telles conclusions. S’il existe, incontestablement, des cas de véronalisme, intoxication

au même titre que le cocaïnisme ou le morphinisme, il ne s’en

suit pas qu’il y ait une toxicomanie au véronal, analogue à la morphinomanie, par exemple.

Les sujets qui ingèrent du véronal ne présentent pas cette disposition native qui spécifie la constitution, d'ailleurs complexe, dite toxicomaniaque. La recherche du sommeil chez les agrypniques, n’est pas une tendance morbide ; c'est au contraire l'appétit légitime d’une satisfaction, d'un instinct naturels. Il est physiologique de rechercher le sommeil alors qu’il est nettement pathologique de se procurer des jouissances voluptueuses par l'emploi d'un stupéfianti.

D'ailleurs si nous nous reportons aux descriptions des toxicomanies (1), nous constatons aisément que le véronalisme ne présente jamais les phénomènes, si caractéristiques, connus sous les noms d’accoutumance, d'état de besoin, etc.

De nos observations personnelles au contraire, se dégage clairement que l’intoxication aiguë par les uréides est due, presque toujours, à une tentative d’empoisonnement-suicide.

1. Cf. Dupré et Logre, article Toxicomanies. Dans le Traité de Médecine des

professeurs Roger, Widal et Teissier et B.-J. Logre, Toxicomanies,chez Stock, Paris, 1924.

( Nous 1 n'avons pu relever, dans 1 Bhérature médicale, Pur ca: s

cas, très rares, d’ intoxication accidentelle.

Le grand public a souvent l'occasion de connaître, à la lecture des faits divers de la presse d'information, des cas d'empoi$onnement par le véronal. C'est ainsi qu’on pouvait récem-

ment lire, dans les grands quotidiens, qu’en Autriche, un artiste

français très connu et sa femme, ont été trouvés, dans une

chambre d’hôtel, plongés dans un profond coma. Souffrant d’insomnie, ce ménage qui avait contracté des habitudes alcoo- liques, avait mélangé au coquetel (1) quotidien, une dose indé-

terminée de véronal, que l’on a pu identifier ultérieurement. La guérison de ce cas de véronalisme à deux, accidentel, fut obtenu en quelques jours.

En décembre 1921, Mme Thérèse Balmacéda, femme de lettres chilienne, au cours d’une phase de dépression anxieuse, absorba, d’un coup, les doses de véronal prévues pour une semaine. Elle succomba dans le coma quarante-huit heures après.

En mai 1923, une femme d'une quarantaine d'années, inculpée pour rapt d'enfant, psychopathe avérée, tenta, d’ailleurs sans succès, de se détruire, pour échapper à la justice, en ingérant une dose considérable de véronal.

Il serait aisé, en feuilletant les journaux, de NE abondamment cette énumération. Ces considérations ne sont pas inutiles, elles méritent de figurer dans l'étude étiologique et

médicc-légale de l’intoxication aiguë par le véronal ; elles.

affirment la fréquence croissante de ce mode de suicide et leur connaissance approfondie par le grand public.

Il est intéressant de constater que les sujets qui essayaient ce genre de suicide, il y a seulement quelques années, étaient des gens cultivés connaissant les vertus hypnogènes et les doses réputées toxiques de ce somnifère ; l'empoisonnement par le véronal était alors, presque toujours, le fail des gens du monde. Présentement, au contraire, grâce aux bons soins de notre

1. La boisson stimulante et capiteuse, que les Américains ont dénommée « cocktail », provient de la Gascogne où l’on préparait couramment autrefois le « coquetel » (boisson de composition analogue).

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