OBSERVATIONS
OBSERVATION I Un cas d'empoisonnement aigu par le véronal simulant l'encéphalite léthargique et épidèmique (Hassin M. D. et M. S. Wien. Chicago, 1919.) Il s’agit d’une femme blanche, âgée de 33 ans, qui fut admise dans le
service du D: Tice (à Chicago) dans un état comateux. Au dire de son entourage et, plus tard, de sa propre confession, il fut
| avéré que toutes les fois qu’elle se sentait déprimée, elle prenait des doses
importantes de véronal. En temps normal, elle n’absorbaït aucun hypnotique mais fumait de nombreuses cigarettes.
En janvier 1919, elle absorba une forte dose de véronal qui n’a pu être précisée. Elle fut dans un état comateux, pendant une dizaine de jours. Pendant le mois d'avril de la même année, elle eut un autre accident semblable, dû également au véronal. e
Le 27 novembre 1919, elle prit 12 tablettes de 5 grains de véronal et tomba, peu après, dans le coma. Elle fut transportée d'urgence à l'hôpital.
A son entrée, elle était plongée dans un profond somméil dont on ne pouvait la tirer qu'avec de grosses difficultés. Sortie de sa léthargie, elle fit des réponses intelligentes; ses propos étaient cohérents, elle s’exprimait avec lenteur mais se rendormit bientôt au milieu de la conversation.
Pas de modification de la coloration de la peau et des muqueuses ; pas . de cyanose.
À l'œil droit, léger ptosis et parésie du muscle droit externe, avec. diplopie.
Cette diplopie, au dire de la malade, a existé d’une façon passagère, au cours de chacune des intoxications précédentes, par le même hypuotique.
Respiration 24; pouls 84; température 08 degrés F. Réflexes tendineux, cornéen et pharyngien normaux. Les réflexes abdominaux ne sont pas nets, les signes de Babinski et d'Oppenheim sont négatifs. La réaction de Wassermann dans le sang est négative.
Le lendemain, respiration 20, pouls 88, température 100°F.
Les jours suivants la respiration, le pouls et la température redeviennent normaux. Le coma se dissipe lentement ; il fut d’une durée de treize jours ; il évolua du 27 novembre au 9 décembre 1919. La dose absorbée était de 60 grains (3 gr. 60). :
Le 27 mars 1920, elle rentre à l'hôpital ; après avoir absorbé de nouveau
du véronal (10 tablettes de 5 grains), elle s'était jetée sur le gaz avec l'intention de se détruire. :
Elle présente alors les mêmes symptômes décrits ci-dessus, sauf toutefois, les signes oculaires. Elle n’eut pas cette fois de diplopie et put quitter l'hôpital au bout de deux jours de traitement. |
Cette observation, infiniment insiructive, suggéra aux auteurs quelques conclusions fort intéressantes, sur le diagnostic différentiel de quelques maladies qui réalisent toutes le syndrome suivant : coma, ophtalmoplégie, asthénie, fièvre. Ce sont, outre le véronalisme, l’encéphalite épidémique, les tumeurs et hémorragies cérébrales (troisième ventricule), la méningite syphilitique de la base, les comas paroxystiques, succédant aux crises épileptiques ou hystériques.
Il convient toutefois de remarquer que tous ces signes, que l'on constate à l'état aigu dans l’intoxication véronalique, ne se présentent pas, avec la mème acuité, au cours de l’encéphalite épidémique. En conséquence, évitons de poser un diagnostic trop précoce d’encéphalite épidémique.