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OBSERVATION II

Pseudo-encéphalite léthargique. — Intoxication par le véronal chez une pithiatique

(Mlle Sentis et Rimbaud.)

En raison de l'intérêt clinique que présente ce document et de la discussion qu'il justifie, nous reproduisons ici intégralement, la communication faite par les auteurs de Montpellier, en 1920.

«L'un de nous est appelé d'urgence, le 10 Inars 1920, ie d'une malade qu'il ne connaît pas et qui dort depuis le matin, sans qu'on puisse la réveiller. À

« La malade, âgée de 55 ans, est une femme obèse; elle est étendue sur le dos, les yeux fermés. Lorsqu'on lui parle, elle sort de sa torpeur, dit quelques mots lentement et avec peine et retombe dans sa somnolence.

«Ses yeux restent fermés par un spasme plutôt que par du ptosis. Déviation du regard à droite, avec strabisme interne, l'œil gauche étant complètement dévié à droite tandis que le droit l'est Bonbon Le malade accuse de la diplopie. Le réflexe pupillaire à Ja lumière persiste; on ne peut obtenir le réflexe à l’accommodation, le sujet ne faisant aucun effort pour accommoder.

À. Tardieu

4 Pas d’autres Wotblés so HO teh ER. Réflekés A oHRAEE Auct

signe méningé. Langue très saburrhale. Appétit consérvé. Respiration normale. Pouls à 82; au cœur, deuxièmé bruit claqté au foyer aortique.

Apyrexie complète.

« En recherchant ses añtécédents, nous apprenons que cette malade à

été traitée, par M. Grasset, pour une forte hypertension artérielle ; qu’elle

. absorbe un grand nombre de drogues ; jusqu'ici elle buvaït chaque jour

du sirop de chloral,qu’elle a remplacé ily a quelques jours par du véronal; dans les dernières vingt-quatre heures, elle én a absorbé 14 cachets dont on ne sait pas la teneur. La malade aurait eu, en janvier 1920, il y a deux mois, une paralysie faciale qui aurait disparu en quelques jours et que le médecin traitant aurait dit être d’origine pithiatique.

« La coïncidence d’une symptomatologie rappelant, à s'y méprendre, celle de l’encéphalite léthargique, avec des antécédents de pithiatisme et d'intoxication, nous fait réserver notre diagnostic.

«Le lendemain, la somnolence continue, interrompue par le délire oni-

rique tranquille. Les paupières sont fermées par un spasme ; les yeux

ont récupéré leur mobilité dans le Sens horizontal, non dans le sens vertical, le strabisme a disparu. Les mouvements extrêmes du regard, sont accompagnés de petites secousses analogues à du nystagmus, mais moins régülières. Le réflexe pupillaire à la lumière est conservé ; les pupilles

se dilatent quänd on rapproche un objet dés yëux, mais la malade ne le:

regarde pas.

«Même état que la veille : une selle abondante dans la nuit.

« Ponction lombaire, liquide hypertendu (40 eme. d’egu, dans la position assise); normal pour le reste (un élément par mmc.), albumine, 0,25 ; chlorures, 7,2 ; sucre, 0,69 ; B. W. négatif. 3

« Le 12 mars, la malade bien éveillée, ne délire plus ; “tout est revenu à la normale, excepté les pupilles qui sont légèrement inégales, et les mouvements extrêmes du et actompâgnés de quelques secousses nystagmoides .

-« Le lendemain, la pression artérielle à l'appareil de Pachon, est de

25 maxima, 13 minima. Langue très saburrhale, vomissements; la malade

réclame impérieusement un stupéfiant. Uné purgation fait disparaître les troubles digestifs et quelques jours après, la malade, guérie, lévéé, né se plaint plus que de diplopie ; mais, d’une diplopie spéciale, en miroir : uñ passant sur up trottoir est accompagné de son image sur lé trottoir d'en face ; il se rapproche de son sosie quand il marche vers la malade et finalement vient se confondre avec lui. Le 28 mars, tous ces troubles avaient disparu. ne

« Depuis, nous avons appris plusieurs détails sur les atitécédents de notre malade. D'abord, c'est il y a dix ans qu’elle a eu une paralysie faciale à frigore et non pithiatique. Ce qu’elle a eu au mois de janvier, c'est une première crise de sommeil, analogue à celle qui vient de se terminer. » ,

Voici les réflexions formulées par les auteurs, à la’ suite de la lecture de leur observation :

d’apyrexie complète et un état absolument normal du liquide céphalo-rachidien. Enfin, l'évolution dé la maladie en deux}; jours, permet d'éliminer absolument ce diagnostic. »

Nous avons vu que la fièvre, qui figure datis l'observation précédente, n’est pas un signe, sur l'absence duquel, on puisse étayer un diagnostic différentiel entre l’encéphalo-névraxite épidémique et la léthargie véronalique. N’existe-t-il pas, d’ailleurs, comme les auteurs l’ont signalé eux-mêmes, des cas de nona dans lesquels on ne mesure aucune élévation de la température normale ?

Sur la pathogénie des troubles moteurs oculaires, si minutieusement notés dans leur observation, ils s'expriment ainsi :

A notre avis on peut les expliquer par des contractures.

L’inégalité pupillaire, passagère du reste, est seule d’une inter- -

prétation difficile.

« Nous avons su depuis que les cachets contenaient o gr. 25 de véronal. C’est donc 3 gr.5o de véronal que la malade a absorbé en vingt-quatre heures. C’est un remède dont elle n'avait pas l'habitude ; il y avait de quoi la faire dormir. C’est du reste une grande pithiatique. Il est probable que les deux facteurs : intoxication et hystérie, interviennent dans là genèse des accidents auxquels nous avons assisté. »

Il est bien évident que les auteurs n’ont pas osé formuler caté-

goriquement leur opinion sur la nature des troubles oculaires, présentés par leur intoxiquée.Ils hésitent entre lé pithiatisme et le véronalisme. Nous ne nions pas la constitution mythoplastique de cette femme, très bien établie dans l'observation ; et cette prédisposition psychopathique à l’exagération et à la simulation, qui a pu d’ailleurs intervenir dans les derniers jours, explique bien les caractères singuliers et tardifs de cette diplopie. Cependant, nous pensons avoir établi que l’imprégnation véronalique des centres nerveux est suffisante à conditionner lophtalmoplégie externe. Et cetteobserväation ést un argument qui s'ajoute

NET € C fnrfient ineptéter 6e ndttdénts 2 Malgré la HAN À Le tologie, ilne s’agit évidémment pas d’une encéphalite léthar-. | gique, quoique nous ayons observé une évolution presque Pi apyrétique de l’encéphalite léthargique et que le liquide céphalo- de rachidien soit peu modifié dans cette maladie, on n’ y trouve pas | F

à celui de Hassin et Wien et au nôtre, établissant, sur une base solide l’origine barbiturique de la diplopie.

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