ANT
tiers de notre examen, ne ue heures après la prise du
| toxique, il se plaint d’un abattement général très marqué, d’asthénie pre mais il ne souffre pas. Il dit avoir un voile devant les yeux, mais il lit cependant très correctement. Les pupilles sont légèrement rétractées et les réflexes iriens d'accommodation à la lumière et à la distance sont paresseux.
Nous notons une inégalité dans l’altération des réflexes tendineux rotuliens, celui de gauche étant à peine perceptible et celui de droite affaibli seulement.
Cette altération des réflexes tendineux n’est pas à mettre sur le compte de l’intoxication actuelle. Notre sujet avoue spontanément avoir eu un chancre syphilitique en 1896. Cette spécificité ancienne se traduit présentement chez lui, par la triade symptomatique suivante, très caractéristique : AR
1° Inégalité dans l’altération des réflexes tendineux rotuliens : ;
20 Ulcérations tibiales latérales, symétriques. étendues, arrondies, gaufrées, friables et pigmentées, reliquats indiscutables d'anciennes gommes syphilitiques, secondairement infectées.
30 Lésions de l’orifice aortique se traduisant par un soufile systolique de la base sans propagation.
Sa tension artérielle à l'appareilde Vaquez-Laubry, se chiffre à 15 1/2-8.
‘ Le foie déborde de quatre travers de doigts le rebord des fausses côtes ; le bord inférieur est sensible à la manœuvre de F. Glénard. Splénomégalie, d’ailleurs ancienne et déjà constatée à l'hôpital CUS Bernard lors d’une hospitalisation antérieure pour érysipèle. À
Pouls 84.
L'enquête neuro-psychiâtrique nous éclaire sur les mobiles de sa tentative d’empoisonnement. C'est dans une phase de dépression psychique, de nature afllictive, que ce sujet, ancien sous-officier de la Légion étrangère, né à Hohendolsben, dans le Hanovre, a décidé de se détruire.
« Je ne suis pas neurasthénique, nous dit-il très justement ; je ne pense pas constamment à la mort, mais frappé moralement du fait qu'on ne peut pas recevoir à l'hôpital et soigner, un vieux militaire, sans resscurces, chargé de famille; n'étant plus dans la possibilité de régler ma note d'hôtel, dans un état de profond découragement, je pensai au véronal. »
Questionné sur les motifs de ce choix et sur les raisons qui l'ont déterminé à prendre 4 grammes de ce toxique, il nous déclare : « Etant collectionneur de papillons et de coléoptères, durant un séjour comme légionnaire, à Madagascar, j'avais toujours sur moi quelques plaques de cyanure de potassium. J’utilisais parfois cette drogue pour empoisonner les chiens sauvages qui rôdaient autour de nos baraques. J'ai eu l’occasion d'observer alors qu’une forte dose ne faisait pas tomber la bête mais déterminait seulement des convulsions et des souffrances. De moindres doses, au contraire, faisaient tomber la bête foudroyée. J'incorporais le poison à des RC de viande et je me rendais soigneusement compte de l'effet produit. »
Ainsi ce sujet, lat et qui ne manque pas d’un certain don d'obser-