‹ Intoxication arsenicale par le vinChapitre 27 sur 39 · ARE · texte numérisé non relu

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l’exanthème. Cependant, nous commençons le traitement par rayons faradiques, des extrémités inférieures. Amélioration notoire, disparition des indurations, augmentation du poids. Cependant, disparition lente de l’hypersensibilité et de l’exanthème aigu. »

Les trois autres cas sont à peu près semblables aux précédents et n’apportent aucune autre documentation intéressante. *

« D'après les déclarations de nos malades, les autres matelots qui, quotidiennement, buvaient leur part de vin avaient été atteints d’une mélanodermie et d’une hyperkératose identiques: Cependant, à la place de l’altération mélanique, une dépigmentation plus claire était visible. à

» L'un de nous (Docteur Tropp) put, dans les cheveux et dans les écailles de la paume des mains et du talon, déceler d’importantes quantités d’arsenic (recherche de l’arsenic par la méthode Marsch). D'autre part, le Professeur Schwarz et le Docteur Deckert, à l’Institut d'hygiène d'Hambourg, qui s’occupent spécialement du dosage quantitatif de petites quantités d’arsenic, furent informés des dosages quantitatifs effectués par nous. Nous leur avons remis, pour les soumettre à l’analyse : poils de la peau, poils du cou, poils du pubis, ongles des mains, des pieds, indurations cornées. Le Docteur Schwarz objecte avec juste raison que le dosage d’arsenic dans les annexes de la peau ne peut avoir de valeur absolue que comparativement à un dosage préalable, minutieusement mené, des quantités normales d’arsenic contenues dans

ces annexes... )

La multiplicité des formes apparaît nettement dans les cas que nous avons relatés. Cependant, dans tous les cas, les délais d'apparition des premiers symptômes ont été de quatre semaines environ; un peu plus ou un peu moins, suivant la dose du toxique absorbé.

Il s’agit, dans ces vins, de quantités d’arsenic variables : 4, 20 milligrammes, 8 centigrammes par litre.

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Mais, on peut dire, comme nous l’a confirmé M. le Professeur Kohn-Abrest 20), que les doses de 3 à 4 milligrammes sont suffisantes pour déterminer à la longue, chez les consommateurs habituels de ces vins, des troubles et même une intoxication de forme assez grave.

Les embarras gastro-intestinaux (douleurs stomacales et diarrhées profuses surtout), qui, en général, sont les symptômes caractéristiques d’un -empoisonnement par l’arsenie, n'apparurent pas chez tous les malades. Chez certains, une éruption très prurigineuse, précédée d’un exanthème, prenait “la première place. Cette éruption était, d’ailleurs, variable

suivant les cas. Chez l’un, elle avait le caractère scarlatini-

forme, était généralisée sur tout le corps et disparaissait bientôt sans laisser de traces. Chez d’autres, l’exanthème montrait dès le début, une teinte mélanique, brun foncé, caractéristique, généralisée également et renforcée dans les replis de la peau; chez d’autres enfin, des boutons apparaissaient d'abord, puis un exanthème acnéo-pustuleux qui faisait place, par la suite, à la mélanose.

Les hyperkératoses des pieds et des mains ont été souvent relatées.

Les œdèmes sont à peu près constants.

L'examen du système nerveux a dénoncé une abolition des sensations de contact et de température aux endroits indurés. Certains malades se sont plaints d’hyperesthésie et de paresthésie dans la région des pieds. A cela se rattache

aussi la vraie douleur pendant la marche, ainsi que la sensi-

bilité à la pression du gros orteil. D’autres malades avaient franchement un syndrome complet de polynévrite.

Les yeux larmoyants apparaissent comme l’un des symptômes primitifs. Cette sécrétion lacrymale exagérée ne dure pas. L'impossibilité de lire,ou de fixer longuement un objet s'explique pas ce fait que la nappe de larmes s’étale d’une manière constante devant les yeux, à la façon d’un voile.

(20) Lettre de M. Kohn-Abrest, 5 déc. 4932, reçue par le bienveillant intermédiaire de notre professeur d'école, M. le Docteur Le Bourgo.

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Les malades maigrissent, éprouvent quelque lassitude et sont incapables d'accomplir leur besogne coutumière.

Le pronostic ne devient fâcheux que si la cause du mal n’est pas trouvée et supprimée, ou si l'absorption de vin est

vraiment excessive.

Le traitement électrique donne de bons résultats, mais la guérison complète semble devoir n'arriver qu'à longue échéance.

En somme, ces observations concordent avec la description que nous avons faite précédemment @1) de la forme d’arsenicisme après absorption plus où moins prolongée de produits toxiques et confirment bien les différences déjà marquées (22) avec les formes d'intoxication des personnes travaillant dans les produits arsenicaux. (vert de Schweinfurt).

Là n’est pas notre sujet; ce qui nous intéresse, ce ne sont pas tant les formes d'intoxication par l’arsenic, qui ont été décrites depuis longtemps, mais bien comment l’arsenic peut se trouver dans le vin. Dans un pays aussi viticole que le nôtre et réputé par ses crus excellents, cette question doit attirer l’attention de tous les viticulteurs (3).

(21) Voir p. 17.

(23) Héfaut remarquer ici que nous n'avons jamais eu connaissance et nous n’avons:jamais observé d'intoxication arsenicale par le vin de la Gironde. [l est vrai que, dans cette région, l’usage des bouillies arsenicales n’est pas souvent nécessaire.

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