‹ Intoxication arsenicale par le vinChapitre 28 sur 39 · D'OU VIENT L’ARSENIC TROUVE DANS LE VIN · texte numérisé non relu

D'OU VIENT L’ARSENIC TROUVE DANS LE VIN

En présence de tels faits, nous avons cherché à savoir d’où pouvait provenir l’arsenic trouvé dans le vin et, en premier lieu, si le traitement de la vigne par les arsenicaux pouvait jouer un-rôle prépondérant.

Si les sels d’arsenic sont inefficaces, il n’y a pas à hésiter, il faut les abandonner; si, dans une exploitation bien faite, ils sont dangereux, il faut les prohiber.

L'utilité des sels d’arsenic en viticulture.

Le rôle des composés arsenicaux dans la destruction des insectes ravageurs de la vigne a suscité depuis longtemps d’âpres polémiques entre ses partisans et ses détracteurs.

Parmi ceux-ci, le Professeur Cazeneuve (de Lyon), membre de l’Académie de médecine, ancien sénateur du Rhône, fit une campagne « énergique et tenace » dès 1911. De nombreux échanges de lettres eurent lieu entre ce Professeur, des viticulteurs ayant utilisé l’arséniate de plomb (1), Armand Gautier @), M. Rœhler-Schlæsing, de Marseille..…., d’une part, et le Président du Conseil des ministres, M. Malvy, sous-secrétaire d'Etat au ministère de l'Intérieur G), M. A. Teurrel,

(1) Lettre de M. Fleury de Saint-Charles, à Saïint-Etienne-la-Varenne (Rhône), S0Muin AOTES

(2) Juill. 1911-28 juin 1915.

(3) Revue de viticulture, n° 928, Paris, le 18 sept. 191.

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ancien ministre, président d'honneur de la Société des viticulteurs de France (®... d'autre part.….; des articles parurent dans les journaux, dans la Revue de viticulture, les uns contre leur emploi ®), les autres en faveur de leur emploi (6), des vœux furent adoptés par l’Académie de médecine (28 juin 1910, 11 juillet 4914. Nous y reviendrons plus loin lorsque nous parlerons de la législation de ces produits).

Malgré tout, l'emploi de ces produits en viticulture s’est largement répandu et a donné d'excellents résultats. Dans les cas d’insuccès, l'enquête a démontré que la cause de ces échecs venait d’une application mal faile, à un moment inopportun. Tous ceux-qui, dès le début des travaux de délense contre les insectes n’ont pas suivi la méthode opératoire indiquée comme la seule efficace, c’est-à-dire la recherche de l'apparition des premiers papillons et l’aspersion ont échoué. Il en est de même, d’ailleurs, de tous les traitements : nicotine, savon pyrèthre, chaux, eau chaude à

* (2) Revue de viticulture, n° 1051, Paris, le 5 février 1914. .

(5) Sur l’inefficacité de l'arséniate de plomb et des composés arsenicaux contre la cochylis et l’eudémis, Revue de viticulture, n° 928, Paris, 18 sept. 1911, p. 349. Un dernier mot contre l’arséniate de plomb, Revue de viti culture, n° 959, Paris, 2 mai 1912, p. 603; articles de M. le Professeur Cazeneuve, 1911, p. 349; Les traitements arsenicaux, Revue de viticulture, no M7; Paris, le 13 juillet 11, p. 46 (Cazeneuve).

(6) MM. Moreau, Vinet, Maisonneuve, Lutte contre la cochylis, Revue de viticulture, n° 891, Paris, 12 janv. 1914, p. 43. MM. Moreau et Vinet, La pratique des traitements insecticides contre la cochylis, Revue de viticulture, n° 89%, Paris, 2 févr, 1911, p. 122; MM. J. Capus et Docteur Feytaut, Recherches sur l’altise de la vigne, Revue de viticulture, n° 902, Paris, 30 mars 1911, p. 355-359.

MM. H. Astruc, H. Convague, J. Mahoux, Sur l’adhérence des bouillies insecticides à l’arséniate de plomb, Revue de viticulture, n° 918, Paris, 20 “juul. 14944, D, 73. 2

J. Capus, À propos des œuis d’eudémis et de cochylis, Revue de viticulture, n° 927, Paris, 21 sept. 1911, p. 927.

M. Lucien Semichon, directeur de la Station œnologique de l'Aude, Les arséniates contre la pyrale, la cochylis et l’eudémis, Revue de viticulture, n° 1076, 30 juill. 1914, p. 114.

Docteur Maisonneuve, Un nouveau procédé de destruction de la cochylis, Revue de viticulture, n° 959, 2 avril 1912, p. 601, où « l'efficacité de l’arséniate de plomb est reconnue de l’avis de l’immense majorité des personnes compétentes en viticulture ».

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65 degrés, baryum. Mais là où l’épandage fut fait au moment opportun et avec soin sur les pampres, le résultat fut bien différent. Témoins les expériences organisées à l'Ecole d'agriculture de Montpellier, par MM. Trofimenko et Obiedeff, et la belle communication faite, le 44 décembre 1927, par M. le Professeur Viala, dont nous reproduisons ci-dessous le vœu : Considérant l'efficacité qu'ont les traitements insecticides, et plus spécialement les traitements arsenicaux, pour lutter contre divers parasites, l’Académie d'agriculture :

« Emet le vœu que comme aux Etats-Unis et contrairement aux décrets actuels qui régissent la question en France, leur emploi, à défaut d’autres procédés, soit autorisé pour la vigne jusqu’à la véraison et pour les arbres fruitiers jusqu'au moment où les fruits ont acquis les deux tiers de leur gros- SeUur. » é

Ces dernières années, à la Station viticole et pomologique de Villefranche (Rhône), sous la direction de M. Chasset, des travaux de laboratoire et des champs d'expérience ont confirmé ces idées sur l’utilité des arsenicaux (1). :

De nouvelles recherches se poursuivent dans cette même station, et nous ne pouvons douter qu'elles ne soient conduites avec un véritable esprit scientifique.

Pour compléter ces renseignements puisés dans Les lee.

revues de viticulture, nous sommes allé trouver les personna-

lités les plus compétentes de notre région :

M. l'abbé Dubacquié, directeur de la Station œnologique de Bordeaux;

M. le Professeur Lafforgue, directeur des Services agricoles de la Gironde, ingénieur agronome;

M. Marcard, docteur ès sciences, secrétaire de la Commission permanente internationale de viticulture.

Nous avons écrit à M. Carcassonne, * Perpignan, vice-président de la Confédération générale des viticulteurs, etc.

(7) Revue de la Station viticole et pomologique de Villefranche, 1928-1929- 1930. 3

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