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Tous nous ont répondu que la meilleure façon d'agir contre ces insectes est Le traitement aux arsenicaux.
C'est aussi l’avis de nombreux viticulteurs de Bordeaux et de Libourne que nous avons interwiévés, en particulier M. le Docteur Barde, de Vayres.
Enfin, nous savons que les arsenicaux sont largement employés actuellement en Champagne, dans l'Aude, l'Hérault,
le Gard, les Pyrénées-Orientales et l'Algérie, et qu'ils don-
nent entière satisfaction aux viticulteurs.
Les sels d’arsenic utilisés en viticulture peuvent-ils passer dans le vin ?
Il faut discuter maintenant si ces sels d’arsenic ne risquant pas de passer dans le vin et de provoquer Îles intocations que nous étudions.
L'ensemble des données que nous nous proposons d’exposer résulte de renseignements recueillis chez les auteurs nombreux qui ont déjà traité la question, et de notre enquête personnelle faite auprès des producteurs, des expertschimistes et de professeurs qualifiés.
L'arsenic se trouve normalement dans le vin, et la dose varie entre 1/50 et 1/100 de milligramme par litre (®).
Or, il a été démontré que « les quantités d'arséniate de plomb apportées par les vendanges provenant de vignes traitées avant la fleur et étant donné par ailleurs la très forte élimination du produit pendant les opérations de pressurage et de la vinification, on ne doit normalement retrouver dans les vins provenant de ces vendanges, que tout au plus de faibles traces d’arséniate de plomb. Dans la pratique, ces traces, lorsqu'elles existent sont le plus souvent de l’ordre de celles que l’on trouve dans les vins provenant de vignes qui n'ont jamais reçu le traitement arsenical.
(8) Kohn-Abrest, Traité de chimie toxicologique, Paris, Doïin, édit., 192%, p. 604. ; }
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» Dans ces conditions, les vins de vignes traitées avant la fleur, semblent pouvoir être consommés sans danger » ().
Bréteau avait, le premier, en 1908, recherché l’arsenic sur les vins et avait trouvé 1/100 de milligramme par litre.
L'expérience de Moreau et Vinet en 1911 (0) sur des raisins traités avec intention au mois d'août el abondamment à la bouillie arsenicale, a montré pour un hectolitre de vin après le deuxième soutirage :
Quantité RaiSths re et 1HSR ATP EE 1 gr. 165 d’arséniate de plomb. Marc. frais." SN LT RS DO on 6 gr. 117 »
BOurDes Er n RSA 24 ne 2 0 gr. 582 »
95,5 p. 100 d'humidité après fermentation.
Lies de premier soutirage.,... RENE MEET 0 gr. 115 »
92,4 p. 100 d'humidité.
Lies de deuxième soutirage..... ARE Pere 0 gr. 015 »
#5,6 p. 100 d'humidité.
Vin après le 2e soutirage ..... 4 hectolitre..,... traces.
La proportion 85,3 p. 100 d’arséniate de plomb retenue par les marcs est donc considérable. Le produit y adhère fortement. Au décuvage après dix jours de fermentation, la boisson obtenue ne contenait que 8,4 p. 100 de l’arséniate apporté; par suite, les marcs en avaient retenu 91,6 p. 100. Le cuvage n'avait donc introduit dans la boisson qu'une quantité relativement faible d’arséniate de plomb. D'un autre côté, la dose d’acidité du milieu, dans les limites où elle peut varier, pour les vins, influe très peu sur la solubilité de l’arséniate de plomb. Pour ces raisons, on comprend pourquoi les vins rouges cuvés, lesquels, après décuvage, sont conduits comme les vins blancs, ne renferment pas dans
(9) Moreau et Vinet, Comment s’élimine l’arsenic de plomb apporté par les vendanges, Revue de viticulture, n° 907, Paris, # mai 1911, p. 524. (10) L’arséniate de plomb en viticulture, G. R. à l’Académie des sciences,
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la pratique d'arséniate de plomb, où en renferment des traces indosables par nos méthodes.
Les bourbes retiennent de leur côté une assez forte proportion 55,5 p. 100 de l’arséniate de plomb passé dans les moûts pendant le pressurage. Le débourdage est donc une opéralion recommandable. L'arséniate de plomb resté dans le moût débourdé s’élimine encore en partie dans les lies.
La petite proportion qui est restée dans le vin s’y trouve dissoute à la faveur des acides du vin.
M. Griffon (1) à, en 1909 et en 1910, utilisé les composés arsenicaux, surtout de plomb, incorporés à la bouillie bordelaise. Les résultats ont été excellents au point de vue de la lutte contre les insectes. Les quantités d’arsenic, déterminées à la maturité par M. Brioux, directeur de la Station agronomique de Rouen, se sont montrées, suivant les cas, nulles ou infinitésimales, et le plomb n'était plus décelable.
Le rapport (2) de MM. Muttelet, docteur ès sciences, et F. Toupain, chimiste, sur la recherche du Pb et As dans les raisins, les marcs, les vins et les lies, concluait dans le même sens. En ce qui concernait le Pb, les lies, dans certains ‘cas, en renfermaient une proportion notable, et la consommation du vin et de la piquete avant le dépôt des lies devaient présenter un certain danger. L’arsenic était recherché avec l’appareil de Marsch, perfectionné.
M. Mathieu (B), agrégé des sciences physiques et naturelles, directeur de l’Institut technique de France, correspondant à l’Académie d'agriculture de France, dans son travail sur la recherche de l’As sur les raisins et dans les vins, concluait :
1° Les raisins n'ayant reçu aucun traitement arsenical et ‘les vins en provenant présentent des traces d’arsenic;
2° Le vin rouge provenant de raisins ayant réçu un traitement arsenical avant floraison et malgré les pluies abon-
(11) Revue de viticulture, n° 922, Paris, 17 août 1911, p. 200. (12) Annales de falsifications, janv. 1912.
(13) Revue de viticulture, n° 951, 7 mars 1912, p. 321.
dantes comme en 1909 présente un peu plus d’arsenic que le vin de raisins sans traitement, mais la dose, par litre, dE inférieure à 0 mmg. 06;
3° Le traitement arsenical, dans les conditions les plus favorables à la disparition de l’arsenic a donc une légère influence sur la dose d’arsenic dans le vin qui a été ana- Iysé deux ans après sa préparation;
4° Le traitement arsenical avant la floraison, dans les conditions qui peuvent le plus laisser d’As (sècheresse 1914), ne donne pas plus de 0 mmg. 05 par kilo de raisins frais;
5° Une partie de l’As reste sur le marc dans la cuvaison
des vins rouges.
Par suite, en admettant le chiffre maxima relevé sur ces : raisins, il résulte que le vin en provenant ne contiendrait
pas plus de 0 mmg. 05 d’arsenic par litre.
L’arsenic a été séparé par l’appareil de Marsh avec les perfectionnements à la méthode indiquée par M. Gabriel Bertrand et après s'être assuré que les réactifs ne contenaient pas d’arsenic.
D'après MM. Trofimenko et Obiedeff, les doses allaient jusqu’à 2/10 de milligramme par litre (®.
En 1917, M. le Professeur Kohn-Abrest (5) constatait lui-
même « que des vins qui provenaient de vignes traitées par des bouillies arsenicales ne contenaient pas en général des traces excessives d’arsenic au point de vue de l'hygiène ».
Plus récemment, MM. Viala et Marsais montraient que le vin provenant de raisins traités après la floraison et même avant les vendanges n’était pas toxique.
À. Courmonterral (Hérault) dans les vignobles du Clos des Pins, M. P. Viala fit exécuter sept traitements à la bouillie arsenicale depuis le débourrement jusqu'à la véraison dont le sixième lorsque les raisins avaient atteint la véraison. Les vins des vignes ainsi traitées après les deux sou-
(14) Kohn-Abrest. Traité de «chimie toxicologique, Paris, 1924, Doin, éd. p. 604. É (15) Ibid.