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tirages réglementaires furent analysés par M.-C.-F. Muttelet, docteur ès sciences, chimiste au Laboratoire central de la répression des fraudes. De ces analyses répétées dans tout le vignoble, il ressortait « que l’arsenic pas plus que le plomb, ni le cuivre, ne se retrouvent dans les vins même les plus acides, provenant de vignes traitées très tardivement aux bouillies arsenicales, jusqu’à la véraison et même un peu avant la vendange » (16),
Les lies et les marcs seuls contenaient des doses appréciables des deux premiers produits (500 milligrammes de Pb, 10 milligrammes d’As par kilo dans les grosses lies, 20 milligrammes de Pb et pas d’As par kilo dans les marcs), et des traces de cuivre.
Voici, d'autre part, ce qu'écrit une Revue anglaise d’entomologie appliquée UD : « Après les recherches préalables (R. A. E. A., XVII, 575) sur la quantité d’arsenic décelable, dans les raisins et le moût à la suite de l’emploi de l’arséniate de Pb, il a été démontré qu’il n’y a aucun danger dans le moût et le vin, mais que les grappes peuvent contenir une quantité considérable de ce poison au moment de la vendange, de telle façon que leur lavage complet est nécessaire avant qu'elles soient livrées à la consommation. »
Il est même avéré que les ouvriers manipulant ce produit n’ont jamais eu d'accidents ni d’inconvénients, pas plus en France qu'aux Etats-Unis (où aucune restriction n’est imposée légalement à l'emploi des arsenicaux), si certaines précautions hygiéniques et élémentaires sont prises lors des sulfatages (8), '
M. le Professeur Kohn-Abrest, directeur du Laboratoire de toxicologie à la Préfecture de police, a bien voulu nous don-
(46) Voir communication du 1# décembre 1927 à l’Académie d'agricul-
ture.
(7) The reviev of applied entomology, série A, agriculture, mai 1931, London. Le document : « L’arsenie et le Pb sur les grappes, le moût et le
vin, d’après les mesures de contrôle », viendrait d'Allemagne, Gartenbauwiss, n° À, p. 38-51, Berlin, 1930, MM. Heugle, Reckendorfer et Bérau F. (48) Voir communication de M. Viala à l’Académie d'agriculture.
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ner lui-même son opinion très autorisée, et voici ce qu'il nous écrit (Lettre du 5 décembre 1932) : « On met en cause (arsenic dans le vin) l'emploi des bouillies arsenicales pour les vignes et'aussi celui de l’arséniate de plomb. Nous avons fait à cé sujet quelques recherches, et je ne pense pas qu8 cette influence soit bien élucidée. »
En résumé, ces divers auteurs, et tous les professeurs d'agriculture, ou viticulteurs girondins que nous avons interrogés (9), sont de cet avis : Le vin normal, bien décanté, provenant de vignes trailées aux sels arsenicaux, n'offre aucun danger à la consommation.
Cependant, les analyses du vin suspecté dans nos observations sont formelles sur la présence de doses toxiques d’arsenic, et nous ne pouvons pas douter qu'il y ait un autre poison à incriminer. Il s’agit d'expliquer cette présence
anormale.
D'où provient l’arsenic trouvé dans les vins responsables des intoxications que nous avons étudiées ?
Le plus souvent, une cause accidentelle est à l’origine de ces empoisonnements. L'histoire de l'épidémie d'Hyères en est un exemple éclatant (introduction fortuite d'acide arsénieux dans le vin au lieu de plâtre). L’épidémie de Paris en 4828 doit avoir la même explication, suppose M. le Professeur Dubreuilh @0), Les récents cas d'intoxication du Gers 21) n’ont pas d’autres raisons. Icis c’est le pyralion @2), au lieu d’acide arsénieux, comme l’a relaté M. le Docteur
(19) Voir les noms déjà cités, p. 58. ARE.
(20) Loc. cit.
(21) Voir observations.
(22) Liquide contenant 250 grammes d’As. métalloïdique pur par litre, correspondant à 640 grammes d’arséniate de soude. Il s'emploie dans les proportions de 5 litres pour 100 d’eau, pour arroser les ceps de vigne avant la pousse des feuilles et pour détruire la pyrale dont les chenilles détruisent la vigne (d’où son nom).
Léger dans la Médecine générale française (oct. 1932, n° 6, p. 164), et comme nous l’a complaisamment confirmé la lettre de Mme Pape-Grellier, pharmacienne à N... (Gers), dont nous reproduisons un passage (3) : « Le propriétaire, qui est instituteur à À..., et à qui appartient le pressoir, s’est souvenu qu'il avait laissé pendant assez longtemps un bidon de pyraon sur le bord du pressoir et qu'un jour il s'était aperçu que le robinet de ce bidon laissait échapper des gouttes qui, sans doute, sont tombées dans le pressoir. Ce produit pénètre très profondément le bois, donc le pressoir en a été fortement imprégné. De plus, cet instituteur avait constaté qu’il lui manquait une certaine quantité de pyralion dans le bidon. Ceci se passait avant les vendanges de l’année dernière. »
. Sur l’affaire du Havre et les observations qui s’y rapportent, nous ne pouvons malheureusement donner aucune précision. Aux lettres que nous avons renvoyées, il nous fut répondu une fois par le Service de l’Intendance maritime du Havre (4) que cette affaire « fait l’objet d’une instruction pénale qui ne pourra être close avant deux mois, des commissions rogatoires ayant été envoyées en Espagne ».
M. le Docteur de Léobardy voulut bien nous donner connaissance des résultats de l’enquête officielle et de son enquête personnelle au sujet des vins de l’Aude et sur l’intoxication massive qu'il a observée à O0... (5) : « M. D..., le marchand de vin inculpé, déclara que la présence d’arsenic était due à des manipulations faites chez son-entrepositaire en gros à Narbonne. Mais ül fut facile à celui-ci de montrer à la justice que, le même vin que celui vendu à M. D... avait été vendu à des centaines d’autres marchands de vin, et que les échantillons pris à la source et chez les autres marchands se montraient exempts d’arsenic.
» L'enquête judiciaire semble bien montrer que c’est à O...,
(23) Lettre du 44 novembre 1932.
(2%) Lettre du 22 novembre 1932.
(25) Voir observations.