TROUBLES NERVEUX ESSENTIELS
Nous classerons dans ce chapitre les troubles nerveux sulfocarbonés, troubles appartenant en propre à l’intoxi cation et relevant de lésions du cerveau, de la moelle ou des nerfs périphériques. Nous nous attacherons à distinguer ces affections des symptômes hystériques qui se développent dans des circonstances analogues et qui peuvent souvent leur être associées.
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Les troubles sensitifs sont presque exclusivement hystériques. Les hypéresthésies, les anesthésies observées sont bien hystériques puis qu’elles occupent des zônes n'ayant aucun rapport avec la distribution nerveuse de la région. Cependant nous pouvons placer ici des anesthésies locales dues à l’évaporation rapide du sulfure de carbone en contact prolongé avec les mains, et disparaissant avec la cause qui les a produites. Quelquefois, et lorsque ce contact dure troplongtemps, lorsqu'il se répète tous les jours, la sensibilité reste émoussée et les ouvriers se plaignent de ne plus sentir les reliefs desobjets avec l'extrémité de leurs doigts. Sil’anesthésie progresse encore, on peut assister àdes accidents plus graves; tels ceux signalés dans l'observation V de la thèse de Huguir.
B... éprouvait une sensation de froid dans les jambes avec engourdissement et fourmillements. Les jambes perdirent la sensibilité au point
qu'un jour, B... se brûla à trois places différentes, sans rien sentir, et
* cependant les brulûres étaient grandes : elles siègeaient au pied, au
genou et à la cuisse gauche.
Il est impossible de ne pas attribuer cette anesthésie à des névrites périphériques.
Comme troubles des sens, ceux qui sont le plus souvent signalés sont les troubles de la vue. Ces troubles ont une grande analogie avec coux produits par Pintoxications tabagique ; quelquefois même les deux intoxications se trouvant réunies, il est difficile de dire ce qui appartient à chacune
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elles. Telle est l'observation de Thomas Bryce, dont nous traduisons le passage suivant : (1)
.. En pleine lumière tont lui apparait dans un brouillard ; il ne peut distinguer les traits d’une personne à quelque pas Autant qu'il voit, il peut voir un peu mieux dans l'ombre. Les verres sont d’une médiocre assistance pour lui. Le Dr Areyl Robertson, qui eut la bonté de l’examiner, pense que le cas peut être compliqué d’amblyopie tabagique. Le malade éprouve de l’insensibilité au vert et au rouge.
Les paralysies produites par unenévrite périphérique ou par une lésion centrale se limitent à quelques groupes de muscles et toujours à des muscles des membres.Ces paralysies s’installent dansun délaidehuit à dix jours et frappent de préférence es extenseurs ; elles causent quelquefois des attitudes vicieuses permanentes par l’antagonisme des muscles actifs. Si leur durée dépasse deux ou trois semaines, on constate une certaine atrophie. 274)
L'observation V de la thèse de Noël Bonnet offre un bel exemple de cetteparalysie parlésiènsnerveuses périphériques.
Clémentine... ?0 ans, ouvrière en caoutchouc, entre le 27 novembre 4880 à l'hôpital Tenon et en sort le 98 février 1881.
I] y a quinze jours, sans cause appréciable, est prise de malaises avec céphalalgie frontale et occipitale. La veille de son entrée à l'hôpital, elle avait constaté un affaiblissement notable de la jambe et du bras gauche.
Elat actuel. — Douleur vive dans la fosse iliaque droite sans’gargouillement. Douleur au genou et à la partie postérieure de la jambe gauche sans rougeur ni chaleur, ne s'exaspérant pas à la pression et ne s’irra-
(1) Thomas BRycR. medical journal d'Edimbourg 1886. page 140.