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La thèse de Sapelier est surtout une thèse de chimie et d’expérimentation.
A. Frostfait paraître dansla Lancette de Londres unenote sur l'influence du bisulfure de carbone et du chlorure de soufre sur la vue et la santé générale. Get auteur attache une grande importance aux troubles de la vue qu’il a dit-il, observés vingt-quatre fois dans trente trois cas d'intoxication.
Hadden rapporte dansla Lancettede Londresen janvier 1886 un autre cas d’empoisonnement par le sulfure de carbone.
Brissaud, dans sa thèse d’agrégation de 1886 sur les paralysies toxiques, consacre un chapitre spécial aux paralysies sulfo carbonées; il les attribue à des névrites périphériques en gé-néral.
Bryce publie dans le Médical Journal d’Edimbourg, 1886 un cas d’empoisonnement par le bisulfure de carbone.
Kiener et Engel, la même année, dans les comptes rendus des séances de l'académie des sciences, donnent le résultat de leurs expériences sur les altérations d'ordre hématique produites par l’action du suljure de carbone sur l'économie.
En 1888, M. Marie, dans sa Communication à la Société médicale des hopilaux, envisage surtout l’intoxication au point de vue de son action hystèrogène; il reprend les anciennes observations et fait voir qu’un grand nombre des symptômes décrits sont purement hystériques.
. M. le professeur Charcot, fait le 6 novembre 1888 une leçon
sur l’intoxication par le sulfure de carbone au sujet du malade de l’observation II de M. Marie.
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En 1889. G. Guinon fait sathèse sur les agents provocateurs de Phystérie. Dans le chapitre qu’il consacre au sulfure de carbone, il montre par l’examen minutieux de ses observations que beaucoup de symptômes regardés comme appartenant en propre à l’intoxication sulfo-carbonée, ne sont que des symptômes hystériques développés sous l'influence provocatrice de l’intoxication, influence pouvant leur imprimer un cachet spécial.
Soutoul, dans sa thèse de la même année, sur les hystéries toxiques, classe les; accidents nerveux en trois groupes: dans lepremier se trouvent les accidents nerveux disparaissant avec intoxication etlui appartenant en propre; dansle second, les accidents nerveux relevant des névrites toxiques; dans le 4 troisième, les accidents nerveux caractérisant l'hystérie.
M. Rendu publie dans le Bulletin de la société médicale des hopîtaux de 1891 l'observation d’une jeune fille de 15 ans, ouvriére en caoutchouc vulcanisé, avant-présenté une contracturé générale d'intensité variable suivant les régions. mais plus accentuée à la machoire. Pour cet auteur les allures de cette contracture, la recherche négative de tous les symptômes hystériques, doivent faire rejeter toute intervention de l’'hystérie dans les accidents observés.
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ÉTIOLOGIE
Le sulfure de carbone sert à la fabrication des objets en caoutchouc vulcanisé et en gutta-percha; on l’emploie dans les fabriques de caoutchouc soufflé mélangé à du chlorure de soufre dans les proportions suivantes :
Sulfure de carbone, 100 grammes.
Chlorure de soufre 1 —
Les ouvriers vulcanisent le caoutchouc dans cette solution après quoi ils le soufflent pour obtenir des ballons.— Le sulfure de carbone dissout le caoutchouc, le ramollit pour permettre l’insufflation et recevoir dans ses mailles le soufre que le chlorure abandonne. Ce produit sert encore à l’extraction des parfums des fleurs, à l'extraction des huiles et des graisses de différents corps tels que : mares d'olives, tourteaux de graines oléagineuses, os,chiffons gras et déchets de laines; il rentre dans la fabrication des gommes à effacer et des préservatifs. Enfin, il a été abondamment employé dans le traitement des vignes phylloxérées.
En considérant le grand nombre d'ouvriers employés dans les diverses manufactures où le sulfure de carbone est manié, on peut se demander pourquoi le nombre des intoxica-
tions est relativement restreint. On voit en effet, dans une même usine, des ouvriers placés dans des conditions absolument identiqnes, travaillant côte à côte, faisant les mêmes manipulations pendant un même nombre d'heures ; les uns ne présentent aucun trouble, tandis que les autres éprouvent les symptômes les plus graves. On est bien alors obligé de supposer que le sulfure de carbone frappe spécialement certains sujets entachés de tares névropathiques personnelles ou héréditaires.
Dans la plupart des observations nous trouverons des symptômes qu'on est en droit de considérer aujourd’hui comme hystériques, et prouvant bien l’existence decette grande névrose chez le sujet intoxiqué. Nous ne voulons pas dire que tous les symptômes observés soient hystériques, mais pour cette catégorie d'ouvriers, l’hystérie a éclaté sous l’influence de lintoxication comme elle éclate à la suite d’un traumatisme, d’une maladie infectieuse, de l'alcoolisme, de l’hydrargyrisme, du saturnisme.
Cette intoxication frappe également les vieillards et les enfants ;les femmes seblentmêmey être plus facilement exposées.
-« Les femmes sont peut-être plus promptement atteintes que les hommes. J’ai rencontré les phénomènes en question chez des femmes d'ouvriers travaillant en chambre, lesquelles par conséquent, avaient été soumises aux inconvénients du sulfure decarbone sans participer au travail ducaoutchouc(1)».
(1) Decpecx, mémoire de 1863.
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« L’ivrognerie, un mauvais régime, des excès prédisposent plus puissamment à une invasion rapide et à une viOlence plus grande des symptômes (1). »
Il y à aussi une prédisposition particulière résultant d’une première atteinte et facilitant les récidives. Témoin ce malade qui, « complètement guéri après être sorti du service de Delpech, ne reprit pas ses occupations : mais il habita quelques jours avec un de ses camarades qui exerçait la même profession que lui, et il lui suffit de respirer les vapeurs de sulfure de carbone dont étaient imprégnés les vêtements de ce camarade pour être repris de nouveaux accidents (2). »
(1) BeauGr2 ND, Gazette des hôpitaux de Paris 1856, page 332. (2) ALLARD, Union médicale, 1866.