‹ Intoxications Alimentaires Par Certaines LégumineusesChapitre 10 sur 19 · ESP, VARIE · texte numérisé non relu

ESP, VARIE

Puis apparaissent des douleurs abdominales en ceinture, des fourmillements, des brulûres localisées aux membres et à la paroi abdominale. Ces signes, ne dépassent pas en hauteur une ligne transversale, ombilicale. Les douleurs abdominales prédominent à gauche. L'intoxiqué présente une incontinence passagère d’urines, pas de troubles sphinctériens anaux. ve | ;

Puis la paraplégie spasmodique s’installe, la démarche devient difficile. On note de la raideur musculaire avec exagération des réflexes et trépidation épileptoïde.

Au repos, les muscles des membres inférieurs sont animés de fibrillation. Toute tentative de mouvement s'accompagne de violentes secousses. La contractilité est diminuée, la sensibilité affaiblie, il n’existe aucune amyotrophie.

Le lathyrisme syrien, au contraire de la forme précédente, a un début lent. Les premiers signes de l’intoxication apparaissent 4 à 25 jours après l’ingestion des gesses. | |

C’est tout d’abord un fourmillement non douloureux des orteils qui peu à peu, va faire place à de la raideur. Le pied, la jambe, puis tout le membre inférieur sont progressivement envahis.

La marche devient difficile. La démarche prend le type digitigrade ou pendulaire. :

IL s’agit là d’une paraplégie spasmodique pure. La force musculaire est à peine diminuée. Il n’existe pas

d’amyotrophie. Les réflexes tendineux sont exagérés.

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La trépidation épileptoïde du pied est intense, inépuisable. Le signe de Babinski existe. Le réflexe cutané abdominal est normal. Le crémastérien est conservé. 1 m’existe aucun trouble sphinctérien, génital, trophique, aucun trouble de la coordination.

La sensibilité est normale. | “ae Les membres supérieurs sont indemnes. Les nerfs

de craniens sont normaux. La ponction lombaire ne

" montre aucune modification du liquide céphalo-rachi-

dien, mais les rares examens pratiqués l’ont été tar-

divement, plusieurs années après l'apparition des

troubles.

- En résumé : le lathyrisme indo-africain se présente 4 comme une radiculo-névrite. En même temps, qu’une atteinte élective de la voie pyramidale, on note en effet des symptômes douloureux du type radiculaire ; douleurs en ceinture, fourmillements, brûlures.

Le lathyrisme syrien donne le tableau d’une paraplégie spasmodique à l’état presque pur, traduisant une atteinte des faisceaux pyramidaux.

Dans les deux cas, les phénomènes observés ne dépassent pas la région ombilicale : on peut en déduire que la région médullaire atteinte est la région lombo-sacrée. Le tronc, les membres supérieurs demeurent toujours indemnes. Cette limitation en hauteur des troubles douloureux est un des caractères les plus curieux du lathyrisme. D'autre part, les faisceaux médullaires, moteurs, sensitifs peuvent être atteints, les faisceaux latéraux de même. Les

œrms

fibres nerveuses périépendymaires : au contraire, ne sont jamais touchées, on n’observe jamais de disso— ciation thermo-analgésique.

Le lathyrisme animal présente une toute autre symptomatologie. Ed. Maleval rapporte les observa- . tions qu’il en fit en 1919 sur le cheval et le mulet à Montpellier. Les symptômes de l’intoxication n'apparaissent qu'après l’absorption d’une quantité importante de gesses que Maleval évalue de 30 à 5o kgr. : il s’agit au début d’une aspiration un peu bruyante, puis une véritable dyspnée s’installe intense s’accompagnant de cornage. Les animaux (mulets et chevaux) trachéotomisés survivent. On observe parfois une certaine parésie du train posté-

rieur de l’animal.

Pathogénie.

Le lathyrisme fut tout d’abord considéré comme étant provoqué par un corps toxique contenu dans la gesse. Le nom même de laithyrisme donné par similitude avec ergotisme montre que cette idée prévalait en 1873. |

Toutefois, les expériences faites par Cottereau, Caignon, Teilleux, Brunelli (1881), Bouiller, puis Astier en 1883 sont peu concluantes, bien que ce dernier ait pu obtenir par injection d’un extrait. hydro-alcoolique de gesse une paraplégie chez le chien. L’alcaloïde isolé par P. Marie et Astier (Lathyrine) aurait donné expérimentalement les symptômes du lathyrisme. Les différentes espèces de lathyrus en

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