QUE
thèses de toxicité propre, puis d’avitaminose aient
été défendues pour l’une et pour l’autre. Les troubles digestifs, les érythèmes, les taches pigmentaires,
. l’atrophie cutanée du dos de la main, les crampes, la
tétanie, les troubles psychiques, donnent à la pel-
lagre son visage bien particulier et ne permettent pas l'erreur. EE
Traitement et prophylaxie.
Inconnu en période normale, le lathyrisme peut apparaître en temps de disette. Il faut alors insister sur les dangers d’une alimentation dont les gesses, ou la farine, de gesses formeraient la base.
Peut-être pourrait-on, grâce à une macération de 12 à 24 heures, en diminuer la toxicité, mais s’il s’agit d’une avitaminose, le. danger Mt le même. ;
En cas d'apparition des symptômes, l’arrêt de cette alimentation déficitaire et son remplacement lorsque
cela serait possible, par une nourriture mieux équi-
librée est la première décision thérapeutique.
L'hydrothérapie tiède à 36-370, les iodures en
petites doses, antiscléreuses, les bromures contre l’ex-
citabilité médullaire, la révulsion de la colonne vertébrale pourront être employés.
La diathermie donnera de bons résultats. Les méthodes thérapeutiques susceptibles d’accroître la contracture (massage, électricité) seront évitées.
Dès que possible, on fera pratiquer une gymnas-
2e 207 tique de rééducation passive, puis active, très prudemment sans Jamais arriver à la fatigue.
Mais il n’est pas interdit de penser qu’un traitement vitaminique pourrait un jour remplacer ces te purement symptomatiques.
LE FAVISME
Les fèves sont des papillonacées de la tribu des viciées. Elles sont cultivées sur toute la périphérie du Dassin méditerranéen. On en connaît deux espèces principales :
La fève des marais (vicia faba major L.) dont le domaine géographique est étendu à la partie orientale du bassin méditerranéen, l'Italie méridionale. On la cultive aussi dans certaines régions de France, en particulier en Vendée et Médoc, c'est une graine volumineuse, aplatie; de couleur marron clair, à
ombilic allongé.
La fève des champs (vicia faba minor L.) est cultivée
en France, plus particulièrement en Picardie, Lor-
raine, Bourgogne. Plus petite que la fève des marais, la fève des champs ou féverolles est de couleur jaune, marron ou noirâtre.
Ces légumineuses — la première espèce plus spécialement — sont considérées en général, comme d’excellents aliments. Brillat-Savarin lui-même qualifie la fève des marais de «manger des Dieux» quant à la féverolle, habituellement réservée au bétail, elle est connue de toute antiquité pour sa valeur nutritive
M. Marquet. 2
et le prophète Etzéchiel reçut du Seigneur l’ordre de la faire entrer dans la composition de son pain quotidien. La purée de féverolles constitue actuellement sous le nom de taamya une base importante de l’alimentation des ouvriers et paysans égyptiens.
En France, le mélange de farine de féverolles à la farine de froment fut légalement approuvé. Cette incorporation donnerait des « qualités plastiques à certaines farines de mouture récente » (Bruère et Chevalier). ne | à Ë
Ce sont cependant ces mêmes fèves qui, dans des pays voisins causent des intoxications nombreuses, graves, parfois mortelles.
Historique.
Les intoxications par les fèves semblent avoir été connues, comme leur valeur nutritive, de toute antiquité.
Hérodote en fait mention. Pythagore recommande à ses disciples de n’en point manger. Les Romains qui en faisaient du pain considéraient cependant les fèves noires comme des signes de mauvais présage et s’en servaient pour conjurer les sorts. Le Moyen Age et la Renaissance virent les fèves utilisées comme remède ou accusées des pires effets. Mais il faut arriver à la moitié du siècle dernier pour que le favisme soit nettement individualisé. Le mérite en revient aux auteurs italiens Messina (1851), La Grega (1856), Di Pietra (1858). C’est Montano qui en 1894 délimite le cadre
MEN à:
clinique de la formeictéro-hémoglobinurique. A dater de ce travail, les observations se succèdent : Pucci, Cipriani, Grande, Zangri, Girotti, Piga, de Camillis, Vercelli, Stevani, précisent les formes cliniques. Fermi en 1905 établit l’étiologie toxique des phé-
nomènes pathologiques observés.
Fronja (Sardaigne) 1907, puis de Luca (Caiabre), apportent leur contribution importante à cette étude. Zoja en 1914, s'attache à en préciser l'hématologie.
Gasparini en 1915 fait un travail d'ensemble sur la
question.
En 1926 (Macciota), étudie spécialement des formes infantiles. |
En 1927, Varangoulis en observe un cas en Grèce.
Puis le favismé semble sortir de son cadre habi- . tuel méditerranéen, et, en 1933, Th. Mac Gral et
J. C. Ullery en relatent un cas aux U. S. A.
En 1943, l'observation de MM. Brülé, Pestel et Brugeat, signale l’apparition du favisme en France et note l'existence d’une azotémie considérable au cours de la crise toxique.
Derobert, P. Dupont et Lebel, précisent l’ana-
tomie pathologique.
Symptomatologie. |
L’intoxication dans sa forme moyenne habituelle se présente ainsi :
11 s’agit d’un enfant, plus rarement d’un adulte,
qui 24 à 36 heures après l'ingestion de fèves se sent
pag ie
soudain extrêmement fatigué. Des troubles gastro-— intestinaux apparaissent, vomissements, diarrhée, puis des frissons. La température s’élève à 38,5-390. Le pouls, la respiration sont accélérés. |
La pâleur, déjà caractéristique à cette période, frappe l'entourage. L’intoxiqué accuse de violentes douleurs lombaires et abdominales, prédominant souvent du côté gauche, et le signe majeur du syndrome : l’hémoglobinurie, s’installe. La pâleurs’accentue, puis laisse progressivement place à un ictère jaune paille.
Les urines sont abondantes, très colorées.
La langue est sèche. Parfois surviennent des vomissements bilieux. Les selles sont diarrhéiques chez l'enfant. La constipation, au contraire, se rencontre chez l'adulte. Le foie est légèrement augmenté de volume, sensible à la pression. |
La rate est palpable.
L’auscultation du cœur peut déceler des souffles anémiques.
Les poumons sont normaux.
On peut observer, dans certains cas, de la céphalée, de l’insomnie, des sueurs profuses, du délire.
Deux examens sont importants, celui des urines, celui du sang.
Examen des urines : Dans les premières heures de lintoxication, avant l'apparition de l’'hémoglobinurie, on peut mettre en évidence, l’urobilinurie, puis les urines deviennent rouge foncé.
L'examen microscopique ne montre pas d’hématies ; ce n’est pas une hématurie.
TO
L’examen spectroscopique fait la preuve de la présence de l’hémoglobine.
Cette hémoglobinurie est plus ou moins intense. Elle dure deux à trois jours, s’accompagnant d’urobilinurie, d'indicanurie. On a observé de l’albuminu-
rie avec cylindrurie et de la glycosurie. Gasbarrini a
montré que ces urines ne présentaient pas de pou-
voir hémolytique spécial. Leur volume, important au
début, peut diminuer, allant jusqu’à l’anurie. L'élude hémalologique du favisme fut faite de façon
précise pour la première fois par Zoja en 1914.
. On observe quelques heures après le début des symptômes une chute rapide du nombre des hématies, parfois jusque vers 1.000.000. En outre, les hématies présentent les formes de dégénérescence habituelles : l'anisocytose, la poïkilocytose, les hématies granulo-filamenteuses, la polychromatophilie, l’érythroblastose.
La résistance globulaire est normale ou augmentée.
On n'’observe pas d’auto-agglutination des hématies.
Le taux de l’hémoglobine peut descendre à 20 %.
Du côté de la série blanche, on observe une leucopénie initiale, puis une leucocyÿtose, intéressant surtout les polynucléaires neutrophiles jusqu à 30.000. Les auteurs américains ont noté une éosinophilie que Zoja n’avait pas indiquée (Mac Grae et Ullery).
Les plaquettes suivent la même courbe que les leucocytes : après une diminution dans les premières
heures leur nombre peut s'élever jusqu’à 900.000.
DT. Vie
L'étude sérologique va donner des indications très importantes et affirmer le diagnostic :
L'épreuve de Donath-Landsteiner est négative.
Différents auteurs italiens ont étudié le pouvoir hémolytique du sérum ou de l'extrait globulaire. Ce caractère n’a pu être observé in vitro (Gasbarrini
Fermi).
Par contre, Solinaset Troujia pensent que les hématies d’un sujet atteint de favisme sont plus sensibles à l’hémolyse par l’extrait aqueux de fèves que celles d’un sujet sain.
Biddau a noté lors de l’apparition de l’hémoglobinurie un certain degré d’hémoglobinémie.
MM. Brûlé, Pestel, Brugeat ont insisté sur l’élévation de l’urée sanguine pendant la crise. IL semble que l’on puisse en déduire les indications pronostiques.
Les réactions de Bordet-Wasserman, Hecht, Kahn sont négatives.
Le rapport-sérine globuline est inversé, on note de l’hyperglycémie.
Le magnésium est diminué, le calcium et le phosphore sont normaux. L'évolution est assez rapide. La crise dure deux à quatre jours, puis les symptômes s’atténuent progressivement. Les urines s’éclaircissent. Toutefois, l’urobilinurie persiste après la disparition de l’hémoglobinurie.: La fièvre tombe. Le foie et la rate diminuent de volume. Les douleurs lombaires et abdominales s’effacent. La formule sanguine revient à la normale.
C’est la forme moyenne que l’on rencontre en Sar-