NE AE
de graines dans le cas du haricot du Cap ou de Madagascar ! Mais 20 gr. ‘seulement de haricots de Java pourraient produire cette dose.
Comme conclusions pratiques : :
— Les haricots de l’espèce dite haricot de Java doivent être proscrits absolument de l'alimentation humaine et ne doivent pas entrer dans la nourriture du bétail.
— Les haricots blancs du Capet la variété cultivée à Madagascar peuvent être admis dans l’alimentation
humaine sous un contrôle sévère.
— Les haricots de Birmanie dont la teneur en phaséolunatine est comprise entre celle des deux espèces précédentes, doivent être considérés comme toxiques. Toutefois, après une préparation destinée à leur faire perdre une grande partie de leur acide cyanhydrique, ces graines pourraient être utilisées dans la nourriture du bétail. |
— La plus simple de ces préparations a été décrite par Rothéa. Cet auteur conseille la macération des graines pendant 24 heures puis un lavage abondant, ensuite l’ébullition prolongée pendant 3 heures dans -une grande quantité d’eau. |
— La macération éliminerait la moitié ou les trois quarts de l’acide cyanhydrique. L’ébullition permettrait d'éliminer une partie du reste et de neutraliser la diastase.
— Cette méthode mérite d’être employée, même
2 M lorsqu'il s’agit d'espèces peu toxiques, mais il s’agit là d’un procédé peu sûr. |
La base de la véritable prophylaxie des intoxications par les haricots cyanogénétiques est le contrôle des
£ importations pour éviter la vente officielle ou la fraude.
On peut employer un test rapide pour examiner les échantillons de haricots : il fut mis au point par Guignard, et bien qu'il ne permette pas de dosage quantitatif, pourrait rendre service.
Les haricots crus sont concassés, réduits en bouillie épaisse, à l’aide d’un peu d’eau et placés dans un ballon ordinaire jusqu’à la mi-hauteur. Au-dessus de cette bouillie est fixé un’ papier picro-sodé qui vire au rouge orangé si un dégagement d’acide cyanhydrique se produit.
Traitement.
Le traitement des intoxications par l'acide cyanhydrique dégagé par les haricots cyanogénétiques est un traitement d'urgence. L’acide cyanhydrique, poison tissulaire, bloque les oxydations cellulaires. Il est toxique avant même de former un composé avec l’hémoglobine : la cyanhémoglobine. Celle-ci se forme in vitro, avec de très fortes concentrations. Il ne s’agit donc pas, comme dans l’intoxication oxycarbonée, d’une combinaison avec l’hémoglobine, mais d’une inhibition du ferment respiratoire «qui tout en restant capable de capter et d’activer l'oxygène n'est plus à même de céder cet oxygène actif aux éléments tissulaires. »
ee
Les tissus ne réduisant plus l’hémoglobine oxygénée, les téguments sont rosés, le sang est rutilant comme dans l'intoxication par l'éxyde de carbone.
On devra donc :
19 Eliminer tout le loxique se trouvant encore dans l'estomac :
On emploiera pour cela l’'apomorphine, puis les
lavages d'estomac en utilisant comme liquide: de lavage des solutions de contre-poison : l’hydrate d'oxyde de fer donnera avec l'acide cyanhydrique du bleu de Prusse non toxique. La solution de permanganate de potasse à 3 % aura les mêmes effets en donnant du cyanate de potasse.
Enfin, sachant que le milieu acide ralentit ou arrête le dédoublement de la phaséolunatine, on pourra faire absorber une solution d'acide lactique ou chlorhydrique à 1 ou 2 %.
L’eau oxygénée et le bleu de méthylène peuvent
être aussi employés ;
20 Transformer l'acide cyanhydrique déjà absorbé en corps non loxique ou moins loxique :
a) on pourra le transformer en sulfocyanures ou en <yanhydrines. (
La cystine, la glutathion, le Étrathonaie de soude, le soufre colloïdal et l'hyposulfite de soude donneont des sulfocyanures.
Les aldéhydes et les cétones, le glucose donneront des cyanhydrines. Dans ce groupe, la dioxyacétone (Forst) agirait encore plus favorablement en préve-
LS
ot 1 VAnon
nant une syncope respiratoire. On l'utilise en solution à 25 % par voie intraveineuse. Le glucose peut être utilisé en solution à POV OE de:
b) On pourra utiliser les poisons méthémoglobinisants ; le nitrite de soude, le bleu de méthylène qui donneront une combinaison de cyanéméthémoglobine et neutraliseront ainsi l'acide cyanhydrique passant dans le sang. Mais cette méthode pourrait être dangereuse si une proportion trop forte d’hémoglobine était bloquée : le taux de 66 % est mortel. Ceci revient à dire qu’une trop grosse dose d’acidè cyanhydrique ne peut être neutralisée par ce moyen.
Pratiquement, c’est la méthode préconisée par Hug qui semble la plus logique :
« Aussitôt que possible, car le succès dépend de la rapidité du traitement, faire inhaler le contenu d’une ou deux ampoules de nitrite d’amyle si le malade respire encore, bien entendu.
Puis injectet par voie intraveineuse 5 à 10 cm fe une solution de nitrite de soude à 2 %,, soit o gr. 10 à 0 gr. 20 pour un adulte. Continuer par une injection intraveineuse de 20 cm° d’hyposulfite de soude à 30 %, soit 6 gr. Ces injections successives peuvent être répétées plusieurs fois si l'état du malade l'exige. » é
Les produits injectés ?
seront très purs, préparés immédiatement avant l'injection. L’injection intra veineuse de nitrite de soude précédera de 20 secondes celle d’hyposulfite de soude. Les doses employées
varieront suivant l’âge, le poids du sujet.