‹ Intradermo-Réaction: et en particulier Réaction de CasoniChapitre 11 sur 28 · PRES · texte numérisé non relu

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que et, d’après la technique même de Bazy, sa positivilé ou sa négalivité est toute relative. Aussi paraît-il très difficile de se reporter cliniquement à l’action produite par cette intradermo-réaction.

INFECTIONS TYPHO-PARATYPHIQUES

C’est peu de temps après la découverte de la cuti-réaction tuberculinique par VON PIRQUETT,que commençaient de semblables recherches vis-à-vis de la fièvre {yphoïde. Cette année-là même, CHANTEMESSE publiait les résultats de son ophlalmo-diagnostie avec. des extrails de bacille d’EBERTEH.

Dès ce moment de nombreux travaux virent le jour, mais leurs résultats furent peu probants.

En 1909, CHAUrFFARD el TROISIER s’altachaient à reproduire expérimentalement les taches rosées. Ils concluaient d'après leurs recherches que « le procédé intra- ‘dermique leur paraît trop sensible pour pouvoir donner des résultats pratiques utiles ».

Les Américains Gay et FORGE, en 1943, appliquant une technique nouvelle, apportaïent des résultats très controversés qui faisaient dire à KoLMER, BERGE el NICHOLS que la réaction à la typhoïdine indique une sensibilisation à la protéine du bacille d'EBERT, sans que pour cela elle ait une valeur au point de vue immunité.

ACHARD et BLOCH, cherchant à mettre en évidence, par Pintradermo-réaction, l’immunisation antityphique au moyen de l’entéro-vaccin, concluent que, comme indice d’immunité, « l’intradermo-réaction ne donne pas des résultats très sûrs et qu’elle nécessite, pour cel usage,

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des précautions qu'il conviendrait de définir avec plus ‘le précision ».

D’après les récents travaux de GERNEZ, en 1924, obtenus avec une préparalion de bacilles tués par la chaleur, il résulte que la réaction peut ne devenir nettement apparente chez les {yphiques et paratyphiques qu'après la defervescence, « à cause de l’anergie‘plus ou moins marquée que présentent vis-à-vis des germes infeclants, les malades au cours dé leur pyrexie ». De plus, « Phyperinmunisalion (vaccination antiltyphique intensive) peut inhiber parlellement la réaction eulanée chez des sujets antérieurement vaceinés », Enfin, cette réaction ne semble pas étroitement spécifique, car le bactérium-coli se comporte très souvent, en injections intradermiques, comme les germes du groupe EBERTH-paras.

Il paraît donc impossible, même avec celle technique, de reconnaître à l’intradermo-réaclion une valeur diagnostique réelle.

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D'autres intradermo-réactions ont été Lentées dans de multiples affections, qui paraissent avoir pour nous un intérêt moindre, el que nous passerons rapidement en revue.

C’est ainsi qu'on les tenta dans le diagnostic des mycoses. L'intradermo-réaction à la favine a donné des réactions variables et sans grande valeur. Quant à l'intradermo-réaction sporotrichosique, elle permettrait, tout au plus, d’après BRUYANT, d'éliminer la sporotrichose et non pas les autres mycoses lorsqu'elle est négative.

En ce qui concerne l’intradermo-réaction au bacille de

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BorDET-GENGOU, les différents auteurs, surtout les Américains, ne paraissent pas obtenir de réaction spécifique. Hüzz et Nauss, après de patientes recherches, semblent admettre que la réaction « est due à une idiosynérasie de l'individu vis-à-vis des substances bactériennes en général ». L'interprétation des réactions paraît donc délicate et fort complexe.

Dans la fièvre de Malte, BüurNeT, en 1922, énonce son procédé de diagnostic par intradermo-réaction de culture filtrée de micrococcus mélitensis. De récents travaux semblent confirmer la valeur de cette méthode.

On pratiqua même une intradermo-réaction dans le diagnostic du chancre mou, en se servant d’une émulsion de bacilles de Ducreyx tués par la chaleur (Iro, 1913). Tout récemment, REINSTIERNA a repris la question et, d’après ses expériences, il résulte que l'intradermo-réaction constitue une importante méthode de diagnostic. La réaction positive indiquerait que l’individu est porteur d’une infection strepto-bacillaire, ou qu’il a présenté antérieurement semblable infection.

A toutes les réactions d’hypersensibilité d'infection que nous venons d'envisager, il nous paraît ulile de ralttacher celles visant l’hypersensibilité anaphylactique.

Au premier plan de ces dernières, se place l'intradermo-réaction dâns l’hydatidose à laquelle demeure attaché désormais le nom de Casonr. Nous n'insisterons pas ici sur cette épreuve qui doit faire l'objet d'une étude particulière au cours d’un prochain chapitre.

Des recherches furent entreprises dans le diagnostic de parasilisme vermineux : les résultats sont des plus divergents. WEINTER& et JULIEN, après de nombreux tra-

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vaux concernant l’ophtalmo-réaction au liquide périentéritique d’ascaris mégalocéphala, concluent, d’après leurs études sur le cheval, « qu’il n’y aurait rien d’absolu dans le déterminisme de ces réactions ». SPARAPANI a obtenu chez le porc, dans le diagnostic de la bronchopneumonie vermineuse par l'intradermo-réaction, de bons résultals qui démontreraient qu’en cas de positivité il y aurait certitude de parasitisme vermineux. En 1924, ISBECQUE aurait obtenu, dans le diagnostic de l’ascaridose, par l’intradermo-réaclion, des résultats probants puisque, d’après la méthode qu'il emploie, il y aurait, dans 83,3 % des cas, concordance entre le test cutané et la clinique.

Dans cet ordre d’idées on devait étudier la possibilité de diagnostiquer l’état anaphylactique d’un sujet. On sait déjà que BLAGKLEY, en 1873, publia la première observation d’'hypersensibilité cutanée sur la fièvre des foins. Depuis, de nombreux auteurs américains ont repris celte question et semblent y attacher une importance de tout premier ordre. Ils considèrent, BRowN en particulier, que l’intradermo-réaction est la méthode de choix, car elle donne des réactions plus rapides que la cuti-réaction. Pour lui, l’intradermo-réaclion serait positive, environ sept minutes après l'injection de la protéine spécifique alors que dans le cas de cuti-réaction ce ne serait qu’au bout de onze minutes qu'elle serait nettement perceptible.

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Réactions toxiniennes

Alors que toutes les réactions que nous venons de signaler apparaissent à la suite d’une infection, d’une sensibilisation anaphylactique ou d’un phénomène d’idiosyncrasie, celles que nous allons étudier sont de nature toxiniennes. Les premières, lorsqu'elles sont positives, favorisent le diagnostic d’une infection antérieure ou d’une infection en cours. Là s'arrête léur rôle. On ne peut obtenir d'elles aucun autre renseignement, surtout celui visant l’immunité.

Les secondes, lorsqu'elles sont positives, témoignent d’une insuffisance de l'organisme dans ses moyens de défense face à une infection. Négatives, elles laissent entendre qu'il existe une barrière antitoxique qui pourra protéger, le cas échéant, l’organisme. Elles sont spécifiques, ont une valeur pronostique et une importance considérable dans la prophylaxie de certaines maladies. Le type de ces dernières est lintradermo-réaclion de SCHICK à la toxine diphtérique.

RÉACTION DE SCHICK

Elle fut l’objet de nombreux travaux tant en France qu’à l'étranger. Scxick, en 1908, publia ses premiers travaux sur la cuti-réaction au moyen d’une {oxine diphtérique concentrée dans le vide. Elle démontrait, lorsqu’elle était positive, qu'il y avait réaction entre Ja toxine et l’antitoxine, et chez l'individu aptitude à contracter la maladie.

Micniezs et Scxicxk publièrent, en 1912, de nouvelles

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recherches, véritable perfectionnement de Ja méthode utilisée, dès 1909, par RogMer et SAMES dans le titrage de la toxine et de l’antitoxine diphtériques par la voie intradermique.

Cette réaction a une réelle valeur dans la prophyrisie de la diphtérie. Park et ZINGHER, Se basant sur la réaction de Scaicx, ont organisé, en Amérique, des méthodes de prophylaxie antidiphtérique d’une indiscutable valeur : si une épidémie se déclare dans une collectivité, la réaction de Scxrcx montre rapidement les sujets susceptibles de contracter la diphtérie. Aussitôt, et les seuls is seront immunisés. Il en résulte une économie de sérum et une rareté d'accidents anaphylactiques survenant à la suite de la vaccination. |

Cette réaction est inutilisable dans le diagnostic rétrospectif de la diphtérie, car cette maladie immunise pour longtemps, el les sujels vierges peuvent avoir aussi l’immunité vis-à-vis d'elle.

RÉACTION DE Dick

Après de nombreuses recherches, en 1914, 1916 el 1923, les frères Dick publièrent les résultats qu'ils avaient obtenus en pratiquant une intradermo-réaction avec un filtrat de culture de streptocoque hémolytique isolé d’un scarlatineux. Les résultats permirent de conclure que la réaction était spécifique el de nature toxinienne.

De nombreux travaux affirmèrent ces premières données, et actuellement la réaction de Dick constitue un moyen de diagnostic sûr de la scarlatine. De plus, elle a l'avantage de faire connaître les sujets réceptifs, permet

\ une sélection et favorise ainsi la pratique sur une grande échelle de Pimmunisation, soil passive par le sérum anti-streptococcique, soit active par la toxine de Dick. En outre, elle évite les confusions entre la scarlatine et les éruptions streptococciques

Pour: intéressantes et parfois même importantes, au point de vue pratique, que soient toutes les intradermoréactions dont nous venons de parler, il faut néanmoins reconnaître certaines causes d'erreurs qu'il nous paraît utile dénoncer.

Avant tout, c’est une réaction inflammatoire : aussi la vaso-dilatation est-elle un phénomène de tout premier crdre. On sait même que la simple injection d’eau physiologique crée une « réaction traumatique » sans valeur. Un trouble vaso-moteur sympathique peut intervenir pour une grande part dans l’apparilion de ces phénomènes.

Dans un travail important, HoKke a observé que « pour un même anligène la réaction varie d’un sujet à l’autre. Elle est plus forte chez les leucémiques, plus faible chez les pigmentés, les cachectiques, er au voisinage d’une inflammation cutanée ou dermique ». Enfin, cet auteur semble attacher une grosse importance à appréciation des résultats et déclare qu'il y a lieu de tenir compte :

« 4° De la réaction spécifique ;

«2° De la réaction « différente » due à une albumine non spécifique, mais biolôgiquement active (sérum de la culture par exemple) ;

« 3° De la réaction « indifférente » ou traumatique

\ qui accompagne nécessairement les deux autres,

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La pratique de l’intradermo-réaction est donc toujours délicate, et son application demande une certaine habitude et un doigté particulier. Aussi paraît-il utile et nécessaire de faire une réaction de contrôle sur le même sujet en variant l’antigène, et si l’on peut, une réaction de contrôle avec le même antigène sur d’autres sujets.

En outre, nous avons insisté, déjà, sur la limitation de l'emploi des réactions loxiniennes, où il est nécessaire que l’antitoxine soit évaluée pour mesurer le degré de l’immunité de lPindividu. »

En ce qui concerne les réactions d'infection, il importe avant tout de contrôler les réactifs microbiens afin d'éviter les réactions banales. De plus, certaines de ces réactions manquent de spécificité absolue à cause des réactions de groupe, et en limite ainsi l'emploi.

Dans les phénomènes d’idiosyncrasie, l’intradermoréaction, tout en étant une méthode de premier plan, nécessite pour son emploi une technique spéciale ; mais il est évident qu'elle est nettement préférable à la cutiréaction, et que les résultats sont satisfaisants.

En ce qui concerne l'hypersensibilité anaphylactique, la réaction est strictement spécifique. Quant à son apparition, elle donne lieu à des variations qui pourraient s'expliquer si l’on envisage les conceptions différentes que l’on à du choc anaphylactique local. L'interprétation de la réaction de CAsoNI change suivant que l’on lient compte des travaux des auteurs italiens ou argentins.

Enfin, signalons comme dernière cause d'erreur des réactions culanées, l'existence d’une anergie à l’antigène employé, faussant l'interprétation de la réaction.

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