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CHAPITRE I

Le kyste hydatique et les différentes méthodes de diagnostic biologique

Avant même d'étudier les différentes méthodes de diagnostic, il nous paraît utile de rappeler, en une courte vue d'ensemble, ce qu'est l’échinococcose et sa marche clinique.

Celle affection est exceptionnelle en France, sauf en Normandie et dans les Landes. Par contre, elle est fréquente dans les pays d'élevage tels que lArgentine, l'Australie, l'Irlande, à cause de la promiscuité de l’homme et du chien. Elle l’est à un degré moindre en Algérie.

L'échinococcose, maladie aux localisations multiples, représente en réalité la phase larvaire du « tœnia echinococcus », très petit cestode, qui vit dans l'intestin du chien et du loup à Pétat adulte, De nombreux

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organes peuvent êlre alleints : foie, poumon, rein, rerveau, muscles ou os.

Long de quelques millimètres, il ne se compose que de trois ou quatre anneaux. Ses œufs, que l’on rencontre en nombre important dans les matières fécales de ces animaux, peuvent passer dans les eaux potables ou parvenir au contact de plantes potagères, et de cette façon être ingérés par l’homme.

Pénétrant dans l'estomac, le suc gastrique attaque la coque de l'œuf et l'embryon hexacanthe, mis en liberté, émigre hors du tube digestif et gagne ainsi la région de l'organisme où il ira se fixer définitivement.

C’est de cette façon qu'il atteint le plus souvent le foie, par la veine porte, ou plus directement par le duodénum. Dans une statistique se basant sur plus de deux mille localisations diverses, LEMAIRE a trouvé que le foie y figure pour 60 % des cas, et le poumon 11 %.

Le parasite ne tarde pas à se greffer dans un milieu favorable, grâce à ses ventouses, son rostre et ses crochets. Bientôt il perd ses moyens de fixation, et une vésicule séreuse se forme aux dépens de sa partie postérieure : il s’y invagine et le kyste est ainsi créé. Son enveloppe est constituée de deux membranes : une cuticulaire et une germinative. Cette dernière va proliférer et donner des vésicules proligères.

Le contenu du kyste est un liquide eau de roche ; il contient en suspension des crochets et des vésiceules. I] est normalement aseptique, vu l’imperméabiltié abso- Jue de la membrane hydatique. Les kystes peuvent être multiples, uni ou multiloculaires.

Il peut se former aussi des kystes secondaires aux

dépens des têtes : d’où le danger de la rupture d'un kyste dans la cavité abdominale, et la possibilité de formation de nouveaux Kystes.

Il peut s’accroître dans des proportions énormes, déformer le foie, comprimer les organes abdominaux ou thoraciques. Son développement est insidieux et lent, bien toléré pendant longtemps : le malade, le plus souvent, n'en prend conscience que le jour où une tumeur est devenue objectivement constatable, ou subjectivement gênante par son poids. Le diagnostic est donc, avant tout et surtout, basé sur la constatation « d’une tumeur dont le siège variable peut être la cause de nombreuses erreurs ».

L’urlicaire, le dégoût des matières grasses, linappétence, les nausées, les vomissements, les diarrhées survenant après les repas, capables d’en imposer pour un cancer primilif ou secondaire ainsi que la douleur dans la région d2 l'épaule droite et la pleurésie droite, avec ou sans épanchement, sont des signes prémonitoires.

Quant aux signes physiques, ils se résument à une voussure généralisée de la moitié droite du thorax, ou à une saillie dans l’abdomen suivant la direction. On peut, dans ce dernier cas, percevoir le frémissement hydatique.

Le kyste évolue sans douleur, sans température, sauf s'il y a périhépatite ou suppuration. On note souvent une sensation de tiraillement dans l’hypocondre droit; quant à l’ascite et à l’ictère, ils sont exceptionnels.

Il existe une cachexie hydatique, attribuée par QuEnu et DUvaL à la dialyse des toxalbumines contenues dans le liquide hydatique ou à un état de cholémie

chronique accompagnant le kyste; cachexie grave avec perles de forces, amaigrissement progressif, anémie, pigmentation et sécheresse de la peau.

L'examen radioscopique montre parfois une saillie arrondie, aux contours nettement limités, tranchant avee la clarté du poumon ou de l'estomac, mais suffisamment rare pour donner une certitude sur la nature du processus.

Après plusieurs mois d'évolution, le kyste hydatique se termine par la guérison spontanée (mort de l'hydatide) par la suppuration ou louverture dans la plèvre, les bronches, l'estomac ou lintestin.

Le pronostic toujours sévère s'aggrave du fait de l'ouverture spontanée. Le diagnostic différentiel doit être fait avec les maladies qui s’accompagnent d'une hypertrophie hépatique : cancer, cirrhose hypertrophique, paludisme, leucémies.

Quant au diagnostic clinique, il se fait par l’appariüon d’une tumeur lisse, arrondie, rénitente, généralement indolore, à évolution lente et apyrétique.

Le diagnostic de laboratoire se fait par de nombrenses réactions que nous allons étudier maintenant,

Les examens de laboratoire dans le diagnostic du kyste hydatique

Par le rapide aperçu que nous venons de faire de l’échinocaccose, on voit qu'il est rare qu'un clinicien, même averti, puisse affirmer l'existence d’un kyste

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hydatique. Ces, le plus souvent, un diagnostic de probabilité. 11 hésite même dans la localisation la plus fréquente : le foie. A plus forte raison dans ses autres localisations.

Le microscope permettra parfois de déceler lexistence du parasite sous forme de fragments de membranes culiculaires ou de scolex, ou de crochets tout aussi caractéristiques. Parfois, ce sera À la suite d’une vomique ou d’une ouverture spontanée, et il s’agit alors de complications qu'il ne faut point attendre.

Autrefois, la ponction exploratrice permellait de re-ürer un liquide caractéristique, mais cette méthode est actuellement unanimement condamnée. Comme l'a dit DEVÉ : « La ponction exploratrice devra être soigneusement évitée, toutes les fois qu’un kyste hydatique pourra être soupçonné ». [I nous faut done envisager des examens de laboratoire qui permettent actuellement d'arriver à un diagnostic exact, dans la majorité des cas.

La première en date, est la recherche de l’éosinophilie sanguine hydatique.

L'EOSINOPHILIE SANGUINE

Elle fut étudiée principalement par SABRAZES (1899), ACHARD et CLERG (1900), Turrier et Mirax (1901) et MEMMI.

Elle a pour but l'étude de la variation dans la formule leucocytaire du nombre des éosinophiles. Normalement au nombre de 2 %, il s’élève à 5 à 6 % pour atteindre des taux élevés de 15, 20 et 30 %, parfois même au delà.

Re CPS

Cette réaction hémo-leucocytaire est passible de deux critiques.

Tout d'abord elle est très inconstante, souvent même elle est infime, 2 à 3 %, parfois nulle. De ce fait sa valeur diagnostique est sans effet et pour WEïnBER«G elle ferait défaut dans la moitié des cas.

Ensuite, elle n’est pas spécifique, car pour conclure au kyste hydatique en se basant sur elle, il faut au préalable éliminer toutes les causes susceptibles d'une élévation leucocytlaire telles que certaines tumeurs, ou collections sanguines, ou même ingestion de certains médicaments et surtout les infections parasitaires telles que la ladrerie et les vers intestinaux.

Pour CHAUFFARD, BorpiN et Noël FIESSINGER, il y aurait là un témoignage d’une réaction toxique locale, ne s’effectuant au voisinage des parois du kyste, que si le liquide est loxique et la membrane perméable. C’est là une opinion discutable, car comme on l'a vu, l’éosinophilie n’a rien de spécifique. On la rencontre dans de multiples affections el sans raison appréciable.

Pour Mile CorriN et SAaLoz, l’éosinophilie est variable, .inconstante, absente assez fréquemment, et lorsqu'elle existe est peu importante, car elle n'alteint en général que 10 %, pour passer dans des cas exceptionnels à 38 % (BoIDIN et CHAUFFARD) et même à 57,5 % (AUGIÉ et CHOQUET).

Faible parfois avant l'opéralion, elle devient norcable aussitôt après, mais cesse le plus souvent dès l’ouverture du kyste, de même s’il suppure ou s’il meurt.

Certains auteurs, tels que DEuscH, BoTTERI, BAcIGA- LUPO el GROSSO, remarquant le rapport qui existe entre

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