Première partie : i
A : 1 12-18. Le premier moyen dont Kohéleth a fait Fessai, c'est la sagesse, la science : il a beaucoup étudié et observé et, tout bien considéré, il a vu que tout est vanité et poursuite de vent^
B : 2 1-11. Il s'est tourné d'un autre côté : il a recherché la jouissance. Son faste et son opulence ont été sans bornes, il ne s'est rien refusé ; mais, quoiqu'il avoue avoir pris un certain plaisir à tout cela (10), il n'en arrive pas moins, en dernière analyse, à redire: Vanité et poursuite de vent! point de «yitron> sous le soleil.
C : 2 12-23. Rapprochant l'une de l'autre la sagesse et la folie, qu'il connaît toutes deux pour s'y être adonné tour à tour, Kohéleth les compare entre elles et pèse leurs avantages respectifs. A certains égards le sage semble l'emporter sur l'insensé, mais en fait < ils ont l'un et l'autre un même sort » (14). « Le sage meurt aussi bien que l'insensé » (16), tout est vanité et poursuite de vent (i7). Passe encore si le sage était sûr d'avoir un héritier digne de lui ; mais le contraire arrive souvent. Les jours de l'homme ne sont que douleur (23) : Vanité, vanité !
D : 2 24-3 8. En résumé, Kohéleth en vient à déclarer qu'il n'y a qu'à manger, à boire et à jouir. « Cela aussi, dit-il> vient de la main de Dieu. > L'homme agréable à Dieu l'emporte sur le pécheur ; mais cela encore est vanité et poursuite de vent. Cette conclusion peut paraître ici surprenante et immotivée, mais Kohéleth la justifie à sa manière en affirmant qu'il y a un temps pour tout et en développant ce thème au moyen de nombreux exemples. La conclusion à tirer de ce morceau, c'est que rien n'a une valeur absolue et permanente ; suivant les circonstances les choses les plus désagréables, les plus pénibles même ont leur raison d'être.
E : 3 9-22. Kohéleth pose de nouveau sa question fondamentale: Quel bénéfice y a-t-il pour celui qui travaille? Pour
' Cette locution € poursuite de vent » se trouve 7 fois associée à * vanité » (1 14, 2 H, 17, 26, 4 4, 16, 6 9) et 2 fois seule (1 17, 4 6).
y répondre il fait intervenir Dieu. Si Thomme a quelques jouissances ici-bas, c'est un don de Dieu (l3). Kohéleth s'incline devant la puissance divine (14-15). Même en présence des injustices, il proclame que Dieu jugera le juste et le méchant (17). Mais, aussitôt après cette déclaration, il est entraîné à assimiler Phomme à la béte : ils ont même souffle et même sort, Tavantaje de l'homme sur la bête est nul, car tout est vanité (18-19). 11 semble qu'au temps de Kohéleth on pensait que «le souffle des fils de l'homme monte en haut > et que <Ie souffle de la bête descend en bas dans la terre»; mais Kohéleth déclare qu'on n'en sait rien (21). Tout va dans un même lieu, tout retourne à la poussière (20).
Seconde partie : 4-6.
Jusqu'ici, c'est-à-dire dans les ch. 1-3, on peut discerner un certain ordre, un enchaînement des idées, un thème principal autour duquel se groupent d'une façon plus ou moins rigoureuse les réflexions de l'auteur. Les ch. 4-6 n'offrent même plus l'apparence d'un plan et d'un groupement quelconques. Il faut donc les traiter comme une succession de maschals détachés, indépendants les uns des autres, à la façon de Prov. 10 ss., avec cette différence toutefois que la forme poétique du distique rythmé fait défaut.
Kohéleth commence par plaindre les opprimés; plus heureux, dit-il, sont les morts que les vivants, plus heureux encore ceux qui ne sont jamais nés (i-3). Il déplore la jalousie des hommes entre eux (4), blâme à la fois l'oisiveté complète et le travail excessif (5-6), et s'étonne de voir un homme peiner sans trêve alors qu'il n'a aucun proche parent (7-8).
Dans la péricope 9-12, il fait valoir la supériorité de l'association à deux sur l'isolement. Dans la suivante (i3-i6) il énonce sa préférence pour un jeune homme pauvre et sage comparé à un roi vieux et imbécile ; toutefois il met en garde contre toute prévision trop optimiste à propos des monarques futurs.
Abordant les relations de l'homme avec Dieu, il pose certaines règles concernant la fréquentation du temple (i7), la
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prière (5 i-2) et les vœux (3-6). Sur tous ces points, il recommande de faire plutôt moins que plus ; avant tout il ne feut pas faire de zèle.
Kohéleth ne s'étonne point en voyant régner l'injustice ; elle lui paraît inévitable (7-8). Il constate aussi que l'abondance des richesses ne rassasie pas leur possesseur (9-ii). Parfois il arrive qu'une fortune se perde et que l'héritier présumé se trouve frustré de tout (ia-i6). Il revient ensuite (i7- 49) à une pensée déjà énoncée plus haut (3 ls-13): il faut jouir, dit-il, c'est là un don de Dieu. Mais il se peut que la mort intervienne soudain et alors c'est un étranger qui profite des biens du défunt (6 i-a). L'important, c'est de jouir de ce qui est bon; la vie d'un homme n'a aucune valeur s'il ne se rassasie de bonheur ; sans cela mieux vaudrait n'être pas né (3-6; comp. 4 3). Malheureusement l'homme est insatiable ; ce qu'il possède ne le satisfait jamais, il désire autre chose, et nul ne connaît l'avenir. En somme, vanité et poursuite de vent! (7-ii).