‹ Introduction a l'Ancien TestamentChapitre 30 sur 115 · Première partie: Narrations · texte numérisé non relu

Première partie: Narrations

\^* subdivision : 1.

I 384. Nébucadnetsar ayant, dans la troisième année de Jéhojakim, pris Jérusalem, déporté le roi, et déposé à Baby-

lone les vases sacrés du temple de Yahvé, fit choix de quelques jeunes gens, bien doués au double point de vue physique et intellectuel, et appartenant soit à la maison royale, soit à la noblesse, pour leur faire donner, pendant trois ans, une éducation soignée. Parmi eux figuraient Daniel^ Hanania, Mischaël et Âzaria, auxquels le chef des eunuques donna d'autres noms, à savoir Beltschatsar, Schadrac, Méschac et Abed-Négo. Ces quatre jeunes gens résolurent de refuser le vin et les viandes dont on voulait les nourrir et qui provenaient de la table royale; ils se contentèrent d'eau et de légumes, et ne s'en portèrent que mieux. Ils firent aussi des progrès exceptionnels dans leurs études, dépassant leurs condisciples, et se montrant supérieurs < à tous les magiciens et astrologues du royaume ». Le texte relève expressément (17) que < Daniel expliquait toutes les visions et tous les songes », et ajoute en terminant (21): < Et Daniel fut (c'est-à-dire vécut ou conserva cette position) jusqu'à la première année du roi Cyrus ».

2a* subdivision : 2.

Dans la seconde année de son règne, Nébucadnetsar a un songe, et convoque tous ses sages, non seulement pour leur en demander l'explication, mais encore pour en obtenir la reconstitution, lui-même l'ayant oublié. Impuissants à satisfaire de pareilles exigences, « tous les sages de Babylone » sont condamnés à mort. Daniel et ses amis sont compris dans cette sentence. Grâce au capitaine des gardes, Arioc, Daniel obtient une audience du roi et lui raconte son songe: Nébucadnetsar a vu une statue colossale, dont la tète était d'or, la poitrine et les bras d'argent, le ventre et les cuisses d'airain, les jambes de fer, les pieds de fer et d'argile. Une pierre vient la frapper et la mettre en pièces, puis cette pierre grandit et remplit la terre. Les quatre parties de la statue représentent quatre royaumes, Nébucadnetsar luimême étant la têle d'or. La pierre figure un nouveau royaume, qui anéantira tous les autres et durera éternellement. A l'ouïe de cette interprétation, Nébucadnetsar comble Daniel d'honneurs, le prépose à la province de Babylone et

en fait le chef suprême de tous les sag^es. Les trois amis de Daniel ont leur part de ces faveurs.

3">* subdivision: 3.

Dans ce récit, il n'est pas question de Daniel, mais uniquement de ses trois comparons qui désobéissent à un ordre formel du roi Nébucadnetsar, imposant à tous ses sujets l'obligation d'adorer une statue d'or qu'il a dressée. Ils s'exposent ainsi au châtiment stipulé à l'avance contre tout récalcitrant: on les jette dans une fournaise ardente. Mais ils échappent au feu; le roi, qui les a vus au milieu des flammes en compagnie d'un quatrième homme, « dont la figure ressemblait à celle d'un fils des dieux », les rappelle à lui et rend hommage à leur Dieu.

4"* subdivision: 4.

Tandis que les trois chapitres précédents revêtent la forme de récits, celui-ci * se présente comme une proclamation de Nébucadnetsar, faisant connaître ce qui lui est arrivé. Il a fait un songe, dans lequel il a aperçu un arbre énorme et superbe; puis il l'a vu abattu et humilié, privé de < son cœur d'homme », en échange duquel il reçoit « un cœur de bête », et € sept temps passeront sur lui ». Daniel a interprété ce songe comme figurant la propre destinée du roi, qui doit perdre la raison temporairement, et être privé de sa royauté. Cette prédiction s'est accomplie : en punition de son orgueil, le roi a été banni et a vécu dans la démence. Guéri maintenant et restauré sur son trône, il a < béni le Très- Haut », dont il a éprouvé la puissance.

5<»« subdivision: 5.

Du règne de Nébucadnetsar nous passons à celui du « roi Belschatsar ». Celui-ci, dans un grand festin, fait apporter « les vases d'or et d'argent que son père Nébucadnetsar avait

^ Dans la Bible hébraïque, les trois versets qui forment le début du ch. 4 de nos versions sont encore rattachés au eh. 3, et le ch. 4 ne commence qu'avec ces mots : € Moi, Nébucadnetsar, je vivais tranquille.... ». La division adoptée dans les traductions est infiniment préférable.

enlevés du temple de Jérusalem ». Pendant que le roi et ses commensaux boivent, en célébrant leurs faux dieux, une main mystérieuse écrit des mots sur la muraille. Aucun des sages ne peut lire Técriture et en donner Texplication. La reine, étant survenue, signale Texistence de Daniel et propose de le faire appeler. Il est introduit, et après avoir rappelé les faits rapportés au ch. 4, il donne l'explication des mots énigmatiques, prédisant au roi la fin de son règne et la division de son royaume, donné aux Mèdes et aux Perses. Belschatsar confère à Daniel les honneurs et la haute charge promis à quiconque interpréterait l'inscription. « Cette même nuit, Beischatsar, roi des Chaldéens, fut tué. Et Darius le Mède s'empara du royaume, étant âgé de soixante-deux ans ».

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