‹ Introduction a l'Ancien TestamentChapitre 31 sur 115 · subdivision · texte numérisé non relu

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Darius a préposé 120 satrapes aux provinces de son royaume; au-dessus d'eux se trouvent trois fonctionnaires suprêmes dont est Daniel. Celui-ci éclipse si complètement tous les autres dignitaires que < le roi pensait à l'établir sur tout le royaume ». Jaloux, ses collègues et ses subordonnés, quoique obligés de rendre témoignage à son intégrité, cherchent à le perdre dans l'esprit du roi. Darius, à leur instigation, ordonne que, durant trente jours, ses sujets ne devront adresser qu'à lui seul leur adoration et leurs prières. Naturellement Daniel ne cesse pas pour cela d'invoquer son Dieu à genoux, trois fois par jour, les fenêtres ouvertes du côté de Jérusalem. Il est dénoncé, condamné et jeté dans la fosse aux lions. Darius, qui n'a pris ces mesures rigoureuses qu'à contre-cœur, se rend à la fosse dès le lendemain matin, et y trouve Daniel vivant. Le roi l'en fait aussitôt retirer et y fait jeter à sa place ses accusateurs avec leurs familles; les lions les dévorent à l'instant. Puis Darius publie un édit prescrivant, dans tout son royaume, de révérer le Dieu de Daniel. < Daniel, ajoute le dernier verset, prospéra sous le règne de Darius et sous le règne de Cyrus le Perse. »

Seconde partie: Visions f7-i2>.

1'* subdivision: 7.

I 385. Un bref préambule (l-2a) présente (à la troisième personne) Daniel comme ayant eu un songe dans la première année de Belschatsar, et Tayant rédigé par écrit de la façon suivante. Avec 2b la narration passe à la première personne. Daniel a vu quatre grands animaux sortant de la mer, un lion, un ours, un léopard et un quatrième, différent des autres et exceptionnellement efiFrayant. Ce dernier a dix cornes; puis il lui en naît une onzième, qui a « des yeux comme des yeux d'homme et une bouche parlant avec arrogance». Daniel voit encore un vieillard* sur son trône, entouré d'innombrables serviteurs et présidant un tribunal. Le quatrième animal est tué et brûlé; les trois autres animaux sont simplement privés de leur puissance. Alors apparaît sur les nuées « quelqu'un de semblable à un fils d'homme », il se présente devant le vieillard et reçoit la domination universelle et éternelle. Daniel, troublé et effrayé, s'approche < de l'un de ceux qui étaient là », et obtient de lui l'interprétation de la vision. Les quatre animaux sont quatre rois ; après eux, < les saints du Très-Haut recevront le royaume ». A une demande ultérieure d'informations plus précises sur le quatrième animal et sur ses cornes, il est donné une réponse détaillée, spécialement à propos de la onzième corne, un roi qui € opprimera les saints du Très-Haut »; ceux-ci seront « livrés entre ses mains pendant un temps, des temps et la moitié d'un temps » (25). Puis sa domination lui sera ôtée, et un règne éternel commencera pour « le peuple des saints du Très-Haut ».

* Littéralement « un aDcien de jours » ou « un ancien en jours », c'est-àdire tout simplement un vieillard (sans l'article défini). Quand il en est parlé de nouveau aux v. 13 et 22, il y a naturellement le vieillard, parce qu'il en a déjà été question. Nos traductions ordinaires (la Bible annotée fait exception) ont rendu cette expression, aussi bien au v. 9 qu'aux v. 13 et 22, par les mots « l'ancien des jours », et cette formule, à laquelle on trouve quelque chose de solennel et de mystérieux, a acquis droit de cité dans un certain langage théologico-mystique.

2">* subdivision : 8.

Le récit de cette seconde vision est placé tout entier dans la bouche de Daniel, sans préambule à la troisième personne. Il raconte que, dans la troisième année du règne du roi Beischatsar, il se trouva transporté en esprit à Suse. Là, il vit le combat acharné qui se livra entre un bélier et un bouc; ce dernier remporta la victoire. Ensuite la grande corne dont il était armé se brisa et fut remplacée par quatre autres. De Tune de celles-ci sortit une petite corne qui bientôt grandit, et dont le rôle historique est décrit avec des détails nombreux et précis (9-14) ; c'est le pendant du passage similaire dans la vision précédente. Il est parlé dans ce tableau du sacrifice perpétuel et du sanctuaire. « La corne, est-il dit, jette la vérité par terre », et la durée de la période pendant laquelle l'oppression s'exerce est fixée à < 2300 soirs et matins >. Daniel étant préoccupé et désireux de comprendre celte vision, « Gabriel » la lui interprète. Le bélier représente « les rois des Mèdes et des Perses » ; quant au bouc, c'est < le roi de Javan ». La première grande corne, c'est « le premier roi »; les quatre suivantes sont « quatre royaumes», succédant à ce premier souverain, mais doués d'une force moindre. Enfin la petite corne figure un roi, sensiblement plus tardif, qui sera puissant, prospère et arrogant, combattra « le peuple des saints », et sera finalement brisé.

3"* subdivision : 9.

Ce chapitre ne décrit pas à proprement parler une vision, ou du moins celle-ci se réduit à une apparition de Gabriel, qui s'approche de Daniel pour dissiper ses incertitudes. Celles-ci ont été exposées dès le début du chapitre, sans préambule à la troisième personne. Daniel a raconté son embarras en présence du fait, constaté par lui d'après « les livres », que Jérusalem devait demeurer en ruines 70 ans, selon la parole de Jérémie. Le trouble de Daniel doit avoir été causé, quoique le texte ne le dise pas explicitement, par le retard apporté dans l'accomplissement des promesses de restauration, et il faut en conclure que pour le narrateur

l'échéance des 70 ans était atteinte ou même dépassée dans « la première année de Darius, fils d'Assuérus, de la race des Mèdes, lequel était devenu roi du royaume des Chaldéens » (9 l). Gabriel donne la solution du problème en expliquant que les 70 ans sont en réalité 70 semaines d'années. Celles-ci doivent se diviser comme suit : 7 semaines jusqu'à l'apparition d'un « oint-chef », puis 62 semaines jusqu'à ce qu'un oint soit retranché, enfin une semaine terminale, au milieu de laquelle le sacrifice et l'oblation seront suspendus. Telle est la donnée de ce chapitre^ si du moins nous nous en tenons à ses éléments originaux, à savoir aux v. 1-3 et î*-si7. Dans sa partie médiane (4-so) a été inséré un morceau, primitivement, semble-t-il, étranger au texte et contenant une belle prière d'humiliation et de repentance, placée dans la bouche de Daniel.

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