‹ Introduction a l'Ancien TestamentChapitre 40 sur 115 · B8DRAS-NÉHÉMIE · texte numérisé non relu

B8DRAS-NÉHÉMIE

du livre d'Esdras, s'étend de 4 7-6 18. La langue araméenne se retrouve encore un peu plus loin (7 ii-as) dans un extrait des Mémoires d'Esdras. Le livre d'Esdras et celui de Daniel sont donc les deux seuls ouvrages bibliques qui soient bilin» gués. L'emploi de deux langues différentes ne soulève pas ici un problème aussi difficile à résoudre que dans Daniel. On peut même trouver assez naturel qu'écrivant à une époque où l'araméen rivalisait avec l'hébreu et tendait à le supplanter, le Chroniste ait inséré telles quelles les citations que lui fournissaient ses sources, quel que fût leur idiome. Mais nous aurons l'occasion de voir que le passage d'une langue à l'autre ne laisse pas de susciter certaines difficultés dans la structure du livre d'Esdras : les changements de langue ne coïncident pas avec les changements de sujet traité.

4® Quelques critiques modernes n'admettent pas qu'en dehors des Mémoires et de la Source araméenne, le Chroniste ait possédé d'autres documents. A les en croire, tout ce qui ne procéderait pas de là ne serait dû qu'à l'imagination de l'écrivain ou à des propos sans portée ayant cours dans le cercle des prêtres et des lévites. Cette hypothèse nous paraît devoir être écartée. L'imagination du Chroniste et de ses confrères n'est pas aussi inventive qu'on voudrait nous le faire admettre ici, alors qu'en mainte autre occasion, dans le livre des Chroniques, on peut constater le contraire. Il nous semble fort probable que le Chroniste a pu se servir, pour la partie postexilique de son ouvrage, de matériaux semblables à ceux que les archives du sacerdoce lui ont fournis pour les temps antérieurs. 11 est à coup sûr permis de supposer que les ta<bleaux généalogiques et statistiques, incorporés en abondance dans son livre et relatifs à l'époque de la restauration,, se sont trouvés entre ses mains par le fait de sa qualité de lévite. Il importe à ce point de vue de relever la mention qu'il fait (Néh. 12 23) d'un « livre des Chroniques >, dans lequel « les fils de Lévi, chefs de familles, furent inscrits jusqu'au temps de Jochanan, fils d'Eliaschib ».

I 425. Une erreur très répandue consiste à croire que les livres d'Esdras et de Néhémie rapportent exclusivement l'histoire des événements contemporains des deux hommes par

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les noms desquels on les désigne. Ils racontent bien cette histoire, mais ils la font précéder d'une autre, celle des faits •qui se sont passés, encore au vi^ siècle, sous les règnes de •Cyrus et de Darius !•', près d'une centaine d'années avant <Iu'Esdras et Néhémie entrassent en scène.

L'erreur à laquelle il rient d'être fait allusion en entraîne «une autre: on est souvent porté à croire qu'Esdras et Néhémie ont surgi immédiatement après la prise de Babylone par les Perses, et à avancer ainsi d'un siècle ou peu s'en faut 4'époque de leur activité.

Pour éviter ces conceptions erronées, il faut clairement •établir que les livres d'Esdras et de Néhémie contiennent deux parties distinctes. La première (Esdr. 1-6) traite des années 538^16 av. J.-C., et décrit, en fait d'événements marquants, l'édit de Cyrus et la reconstruction du temple. La seconde (Esdr. 7-Néh. 13) est consacrée à une période postérieure, 458-432, qui est celle d'Esdras et de Néhémie ; 4es faits principaux en sont le retour d'Esdras à Jérusalem, l'arrivée de Néhémie comme gouverneur, le relèvement des murailles de la ville et la promulgation de la loi.

Cet aperçu montre suffisamment que, si l'on tenait à partager en deux le livre primitif, il eût été plus normal et plus tivantageux d'effectuer la séparation entre Esdr. 6 et Esdr. 7. On aurait obtenu ainsi deux livres, parfaitement distincts à «tous égards *, relatifs l'un au vi* siècle, l'autre au v*.

Il est non moins évident qu'on ne saurait définir les livres "d'Esdras et de Néhémie comme un écrit racontant l'histoire des Juifs de 538 à 432. Il est vrai que ces deux dates mar- •quent le commencement et la fin de la narration ; mais il ne faut pas perdre de vue qu'entre 516 (Esdr. 6) et 458 (Esdr. *?), il y a un saut de plus d'un demi-siècle. On verra d'ailleurs que même à l'intérieur des deux périodes traitées par

^ Il est bien permis de déplorer que Segond, après avoir introduit de grandes divisions, parfaitement justifiées, dans le texte des livres historiques (voir par exemple I Sam. 13, I Rois 12, II Rois 18, I Chron. 10, II Chron. 10), et avoir ainsi assuré à sa version une supériorité réelle, ait commis rineoncevable oubli de ne marquer en aucune façon la division capitale «entre Esdr. 6 et Esdr. 7.

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le livre^ le récit omet totalement certains intervalles de plusieurs années. On peut donc conclure qu'au point de vue de renchatnement historique, le livre dit d'Esdras-Néhémie présente un caractère essentiellement frag^mentaire.

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