‹ Introduction a l'Ancien TestamentChapitre 43 sur 115 · ESDRAS-NÉHÉMIE · texte numérisé non relu

ESDRAS-NÉHÉMIE

lions du Chroniste. Au point de vue de la topographie de Jérusalem, et en particulier de la question des portes de la ville, ce morceau est des plus précieux. L'emploi du pronom je (31, 38, 40) dénote l'emprunt fait aux Mémoires; mais il semble indubitable que le Chroniste ne s'est pas fait faute de compléter les données que lui fournissait sa source. Son style aisément reconnaissable se révèle en maints passages. II n'y a pas lieu de supposer que son enthousiasme pour les chantres ait été ressenti au même degré par Néhémie. La péricope terminale (44-47) paraît avoir été spécialement retouchée par le Chroniste; la mention du « temps de Zoro* babel et de Néhémie » (47) confirme cette impression.

Le ch. 13 commence par un passage (i-3) faisant allusion à une défense du Deutéronome (23 3-5). L'actualité de cette citation est soulignée aux versets suivants (4-5) par la mention des procédés bienveillants du grand prêtre Eliaschib à l'égard de l'Ammonite Tobija*. A ce propos, Néhémie nous apprend que, s'étant absenté de Jérusalem dans la 32^ année d'Artaxerxès, il venait seulement d'y revenir (432). Il raconte les mesures qu'il prit à l'égard de Tobija, puis au sujet du paiement des dtmes, de l'observation du sabbat et des mariages avec les étrangères. Ce chapitre est tiré tout entier des Mémoires de Néhémie, sans modification appréciable. Il renferme à quatre reprises (14, 22, 29, 3i) de courtes prières, comme Néhémie semble avoir eu l'habitude d'en insérer dans ses écrits (comp. 4 4, 5 19, 6 9, 14). D'après l'hypothèse que nous avons indiquée concernant le ch. 10, celui-ci viendrait se placer à la suite du ch. 13 et le compléterait très heureusement. Rappelons aussi, à ce propos, que plusieurs passages du livre de Malachie présentent des rapports avec le contenu de Néh. 13 (voir plus haut, I, p. 664).

I 433. L'examen du livre dit d'Esdras- Néhémie confirme pleinement la caractéristique que nous avons tirée du livre des Chroniques relativement à leur commun auteur. Les mêmes préoccupations dominantes se rencontrent dans la se-

^ Si la qualification de Horonite, donnée à Sanballat, signifie qu'il était non de Beth-Horon, mais de Horonaïm en Moab (Es. 15 5, Jér. 48 3, 5^ 34) la sentence de Deut. 23 trouverait ici une double application.

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<;onde partie de son ouvrage. Naturellement son royalisme trouve moins d'occasions de se manifester. Mais son intérêt pour Jérusalem, pour le temple et le culte, pour les prêtres, les lévites, les chantres et les portiers s'atteste presque à <;haque page, à l'exception de celles qu'il a empruntées telles quelles à l'une ou l'autre de ses sources. Le fait que le Ghroniste nous a conservé, au moins fragmentairement, les Mémoires de Néhémie et d'Esdras lui crée un droit à notre reconnaissance; celle-ci serait plus grande encore si nous possédions en entier ces précieux documents. En outre le dhroniste est le seul écrivain qui nous fournisse une histoire des temps postexiliques, histoire incomplète, il est vrai, restreinte à certaines années et à certaines personnalités, mais pourtant des plus utiles puisque, à son défaut, nous demeurerions dans une ignorance à peu près totale. Si, tout bien compté, l'examen du livre des Chroniques ne donne pas un résultat bien favorable à son auteur, celui-ci se relève à nos yeux quand nous l'envisageons comme ayant aussi composé le livre d'Esdras-Néhémie*.

< La Bible alexandrine renferme un livre auquel on donne le nom de ill Esdras et qui est en étroite relation avec son homonyme canonique. On j trouve également un ouvrage apocalyptique qu'on nomme IV Esdras. Il sera parlé plus loin de ces deux écrits, à propos des Apocryphes et des Pseudépigraphes .

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