‹ Introduction a l'Ancien TestamentChapitre 54 sur 115 · BARUC · texte numérisé non relu

BARUC

à Jérusalem pour y porter ce message, ainsi que de l'argent collecté parmi les exilés. Le récit y ajoute encore des détails concernant des vases d'argent destinés au temple et exécutés sur Tordre de Sédécias ; Baruc aurait été chargé de les rapporter au pays de Juda. Ces données sont extrêmement confuses, et c'est sans doute, comme lé dit Reuss, < un tissu de fictions ». Ajoutons encore que l'argent dont Baruc est porteur doit être employé à des sacrifices, et que les Juifs de Babylonie convient leurs concitoyens de Jérusalem à « prier pour la vie de Nabuchodonosor, roi de Babylone, et pour la vie de son fils Balthasar ». Quant à la lettre écrite par Baruc et emportée par lui dans son voyage, elle doit faire l'objet d'une « lecture solennelle dans la maison du Seigneur aux jours de fête ». Ce morceau, comme on le voit, fourmille d'invraisemblances. Il serait, au surplus, fort possible qu'il eût été fabriqué après coup pour servir d'introduction à l'exhortation qui le suit. Celle-ci, qui commence avec 1 15, pouvait très bien n'avoir pas d'autre suscription que les V. i-2. Au reste, d'après ces deux versets, comme d'après les V. 3-14, on serait conduit à admettre que Baruc a été dé* porté en Babylonie, au moins d'une façon temporaire, ce qui ne s'accorde point avec les données du livre canonique de Jérémie ; en effet, d'après celui-ci, Baruc a été entraîné •en Egypte avec Jérémie lui-même, lors de la fuite précipitée de Jochanan et de ses compagnons (Jér. 43 6).

Le message aux habitants de Jérusalem (1 15-3 s) ne laisse pas d'être animé d'un souffle religieux et d'un sentiment de repentance et de piété réelles et sincères. Il rappelle à beaucoup d'égards la prière analogue insérée dans Dan. 9 et pa* ratt s'en être inspiré au point d'en être une sorte de pastiche. Le fait que Balthasar (Beischatsar) est nommé dans le préambule (1 11, 12) indique également un rapport avec le livre de Daniel qui, comme on le sait, met en scène ce personnage {5 1, 7 1, 8 i) et en fait à tort un fils de Nébucadnetsar.

Cette première partie du livre de Baruc est écrite dans un grec fortement entaché de sémitismes ; la plupart des critiques en concluent que c'est la traduction d'un original hébreu ; ils allèguent même comme preuves certaines tournures nm, k. T. n. 27

et certains malentendus qui, disent-ils, ne s'expliqueraient pas s'il ne s'agissait pas d'une version. D'autres savants en revanche, tout en concédant que le style du livre de Baruc laisse beaucoup à désirer, estiment pourtant qu'il faut écarter l'hypothèse d'un texte hébreu original ; selon eux, les particularités de langage et d'expression résulteraient d'emprunts faits aux traductions grecques de Daniel et de Jérémie*.

La seconde partie du livre de Baruc (8 »-5 9) diffère profondément de la première. D'abord, au point de vue de la forme, elle est écrite dans un grec très pur, non dépourvu d'élégance ; personne ne songe à y voir la version d'un original hébreu. Quant au fond, c'est un discours adressé à Israël, en vue de le consoler de ses malheurs et de l'exhorter à l'espérance. Ceux auxquels cet appel est destiné vivent depuis longtemps sur la terre étrangère; l'écrivain les entretient du passé et leur rappelle les privilèges d'Israël. Il les presse de reprendre courage et leur promet une glorieuse restauration. L'auteur de cette composition a beaucoup étudié les écrits des prophètes et y a puisé les matériaux de soa œuvre. On peut partager ce morceau en deux subdivisions^ Dans la première (3 9-4 4) la note qui prévaut, c'est l'exhortation à la sagesse ; dans la seconde (4 $-5 9), c'est la consolation et l'encouragement qui dominent. Il ne semble pourtant pas nécessaire d'admettre deux auteurs différents pour ces deux subdivisions, qui peuvent fort bien provenir du même écrivain.

La première partie du livre de Baruc est en tout cas d'une date plus récente que le livre de Daniel ; si la prière de Dan. 9 est elle-même, comme nous l'avons admis, une adjonction plus tardive, Baruc 1 i-3 s est encore plus récent. Mais c'est en vain que l'on cherche au temps des Maccabées

1 Les adversaires d'un original hébreu de Bar. 1 1-8 S invoquent l'opinion énoncée par Jérôme et Epiphane ; leurs contradicteurs écartent volontiers ce double témoignage comme dénué d'une autorité suffisante. Pour nous, il nous semble que les deux écrivains susmentionnés n'ont point la prétention d'affirmer qu'il n'y a jamais eu un texte hébreu de Baruc ; ils se bornent à dire que ce texte leur est inconnu et que les juifs n'admettent pas Baruc dans le recueil de leurs livres saints.

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ei des rois hasmonéens une situation historique qui Vadapte à la rédaction d'un semblable écrit, dans lequel la ruine de Jérusalem est en quelque sorte traitée comme une actualité. Aussi plusieurs critiques n'hésitent-ils pas à penser que c'est la destruction de Jérusalem en 70 apr. J.-C. qui se trouve à Tarrière-plan de cette composition. La seconde partie (3 9-5 9) paraît é^Iement devoir être assignée à la même époque et expliquée par les mêmes circonstances. Ainsi le livre de Baruc dans son ensemble ne proviendrait pas d'un temps antérieur à la fin du i^' siècle de l'ère chrétienne. Cette hypothèse est encore confirmée par le fait que le ch. 5 a manifestement subi l'influence du 11* des Psaumes dits de Salomon, ou» yrage pseudépigraphe dont nous parlerons plus loin et qui date vraisemblablement du milieu du i*' siècle av. J.-C. Enfin^ il importe de noter que le livre de Baruc n'est jamais mentionné ni cité par aucun écrivain avant les dernières années, du n* siècle apr. J.-C. A cette date-là il apparaît pour la première fois dans les œuvres d'irénée et d'Athénagore. Les Pères de l'Eglise citent avec prédilection le passage 3 3S, où il est dit que « la sagesse est apparue sur la terre et a conversé avec les hommes )► ; ils y voyaient une prédiction de la venue du Christ. Certains auteurs modernes envisagent ce passage comme une interpolation chrétienne; cette supposition nous semble insuffisamment motivée, les données de l'A. T. suffisant à justifier la présence de cette phrase dans un écrit juif.

IL Livres narratifs.

§ 489. Après avoir étudié ceux des livres dits apocryphes qui se rattachent plus ou moins étroitement à telle ou telle œuvre canonique, nous abordons les autres écrits rangés dans la même catégorie, mais qui doivent être considérés comme des ouvrages à part et qui ont par eux-mêmes une importance plus grande. Ils appartiennent à deux genres littéraires, qui sont la narration et la poésie gnomique. Dans la première classe il faut ranger / MaccabéeSy œuvre vraiment historique, à côté de laquelle figurent en moins bon rang ses

homonymes, // et /// Maccabées^ compositions légendaires qui forment la transition aux récits purement fictifs, représentés par les livres de Judith et de Tobit. L'autre classe, celle des écrits didactiques, comprend deux livres d'une haute valeur, Y Ecclésiastique et la Sapience.

i. I Maccabées.

Cet ouvrage est, nous l'avons déjà dit, un livre historique : on peut le définir ainsi au sens propre de ce terme. Il est écrit d'une façon méthodique et en suivant strictement l'ordre chronologique des faits. Il a pour but de raconter l'histoire des Juifs à partir de l'avènement d'Antiochus Epiphane (176 av. J.-C.) et il la poursuit jusqu'à la mort de Simon Maccabée en 135 av. J.-C. Il commence par un court préambule (1 1-7) qui relate brièvement les exploits d'Alexandre-le- Grand. Puis, après quelques lignes seulement consacrées, en termes très généraux et vagues, aux rois successeurs du grand conquérant, il passe immédiatement à Antiochus Epiphane. Il signale la fâcheuse tendance qu'avaient alors bon nombre de Juifs de s'accommoder au régime païen et de lui faire des avances. Il parle ensuite des démêlés d'Antiochus avec l'Egypte et de sa victoire en 170 sur le roi Ptolémée VI Philométor. Puis il décrit la venue d'Antiochus à Jérusalem et le commencement des persécutions exercées par lui contre les Juifs. Deux ans plus tard (168), après qu'Antiochus a été contrarié dans ses projets sur l'Egypte par l'ambassade romaine de Popilius Lénas, la persécution se renouvelle, le temple est souillé, le culte juif cesse. Antiochus vise à faire de tous ses sujets une nation unique et homogène, ayant mêmes institutions et même religion. Beaucoup de Juifs se laissent entraîner à l'apostasie; un autel païen, consacré à Jupiter, est dressé sur le grand autel des holocaustes. Les Juifs fidèles périssent en grand nombre.

Le ch. 2 présente au lecteur le prêtre Mattathias et ses cinq fils, Jean, Simon, Juda, Eléazar et Jonathan. Ayant dû quitter Jérusalem, ils habitent à Modeïn. Les officiers royaux, en tournée dans le pays pour contraindre les Israélites à sa-

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crifier aax idoles, arrivent à Modeïn et invitent Mattathias à obéir aux ordres du roi. Mattathias résiste à cet appel ainsi qu'aux belles promesses qui raccompagnaient. Bien plus, un de ses compatriotes se montrant plus traitable et se préparant à sacrifier aux faux dieux, Mattathias indigné frappe mortellement le renégat ainsi que le fonctionnaire royal, et se retire dans le désert avec ses fils et beaucoup d'autres compagnons. Les troupes royales se mettent en campagne. Un millier de fugitifs, attaqués le jour du sabbat, se laissent immoler sans se défendre. Mattathias et ses compagnons, en présence de cette catastrophe, décident que dorénavant, dans un cas pareil, ils lutteront sans scrupule. Le nombre de leurs adhérents grossit ; ils deviennent redoutables. Le narrateur rapporte ensuite la mort de Mattathias, et place dans la bouche du chef expirant un discours adressé à ses fils.

Juda prend la place de son père (3 i), du moins comme chef militaire, tandis que son frère Simon lui sert de conseiller. Il se couvre de gloire et triomphe successivement de plusieurs généraux syriens; il remporte en particulier sur Séron la victoire de Beth-Horon, et sur Gorgias celle d'Emmaûs. Lysias, le principal ministre d'Antiochus et l'homme d'Etat le plus éminent de l'époque, se décide à prendre luimême la direction de la campagne (4 26) ; il est vaincu à Beth-Sour. Juda et les siens font leur entrée à Jérusalem, restaurent le temple, relèvent l'autel, réorganisent le culte et le sacerdoce : le sacrifice quotidien reprend en décembre 165, trois ans et dix jours après la suspension décrétée par Antiochus.

Les hostilités se poursuivent entre Juda et les Juifs d'un côté et, de l'autre, diverses nations sujettes du roi de Syrie: Edomites, Ammonites, Galaadites, etc. Les Juifs fidèles de Galilée, fortement menacés, sont délivrés par Simon. Pendant ce temps, Juda et Jonathan font une expédition au delà du Jourdain, puis du côté d'Hébron et du pays des Philistins, et triomphent partout de leurs adversaires.

Le roi Antiochus se trouvait alors en Perse (6 i) ; il y apprit les défaites de ses armées, tomba malade et mourut (fin 164); l'écrivain place dans sa bouche quelques paroles

décourag^ées qu'il aurait prononcées avant d'expirer. Son jeune fils, Antiochus V, â^é de neuf ans, lui succéda. Vers la même époque Juda, mattre de la ville de Jérusalem, entreprit de chasser la garnison syrienne qui s'était maintenue dans la citadelle. Une puissante armée royale vint à la rescousse, et une bataille s'engagea à Beth-Zacharie. Eléazar, frère de Juda, périt glorieusement sur le champ de bataille, et les Juifs durent battre eu retraite ; ils furent assiégés dans Jérusalem. Une paix fut conclue entre le roi et les assiégés.

Peu après, en 162, le petit roi Antiochus V et son protecteur Lysias périrent, et le trône de Syrie fut occupé par Démétrius, fils de Séleucus IV et neveu d'Antiochus IV Epiphane (7 i). Les Juifs renégats et paganisants, conduits par un nommé Alcime qui aspirait au souverain sacerdoce, intriguèrent auprès du nouveau souverain contre Juda et ses partisans. Une armée syrienne vint en Judée sous le commandement de Bacchidès : les persécutions et les luttes reprirent de plus belle. Un autre général, Nicanor, fut envoyé à son tour contre Juda, se fit battre par lui une première fois, puis une seconde, et périt enfin le 13 Adar; le souvenir de cette journée fut commémoré par une fête annuelle (voir plus haut, II, p. 243, à propos du livre d'Esther).

§ 440. Juda se décida alors (8 i) à entrer en rapports avec les Romains ; il envoya à Rome deux députés, qui rapportèrent à Jérusalem une réponse favorable du Sénat, accordant sa protection aux Juifs.

Le roi Démétrius de son côté (9 i) envoya de nouveau Bacchidès en Judée pour venger le désastre de Nicanor. Il y eut une bataille sanglante à Eléasa (161), où le vaillant Juda périt avec beaucoup d'autres. Il fut enterré à Modeîn, comme autrefois son père. Les Juifs, momentanément désorganisés par la perte de leur héros et tyrannisés par Bacchidès, se trouvèrent dans une situation des plus difficiles. Mais Jonathan prit à son tour le commandement des insurgés et remporta certains succès. Le grand prêtre Alcime, l'un des soutiens les plus effectifs du pouvoir syrien, mourut à cette époque (159), et il y eut une sorte de trêve qui dura deux ans. Après cela, Bacchidès ayant recommencé les hos-

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tilités, Jonathan le battit et une paix fut conclue entre les Juifs et Tautorité royale (i57). « C'est ainsi, ajoute le récit, que la guerre finit pour les Israélites. Jonathan s'établit à Micmasch, en qualité de chef du peuple, et il fit disparaître les apostats >^.

L'apparition d'un prétendant au trône de Syrie dans la personne d'Alexandre Balas (10 l), qui se disait fils d'Antiochus Epiphane, vint bientôt (153) fortifier la position de Jonathan. En effet, dans la lutte qui s'engagea entre le roi Démétrius et ce nouvel antagoniste, les deux rivaux cherchèrent à Tenvi à mettre de leur côté les Juifs et leurs chefs. Jonathan sut profiter habilement de cette circonstance favorable ; il s'établit à Jérusalem qu'il entreprit de restaurer. Alexandre et Démétrius lui firent tous deux des promesses ; ce fut au premier que Jonathan donna la préférence, le passé lui ayant appris à se défier du second. Dans une bataille décisive, Démétrius fut vaincu et perdit la vie. Alexandre Balas conclut un traité d'alliance avec Ptolémée VI Philométor qui lui donna sa fille Cléopâtre en mariage (151). La noce royale eut lieu à Ptolémaïs, où Jonathan fut invité à se rendre. Le roi Alexandre le combla d'honneurs et lui conféra officiellement le gouvernement militaire et civil de son pays. Jonathan y joignait encore la qualité de grand prêtre, que le roi lui avait reconnue antérieurement (153).

En 148, la fils de Démétrius I«% Démétrius II, entreprit de revendiquer, les armes à la main, le trône de son père. Il rassembla une armée, commandée par Apollonius, et celui-ci adressa à Jonathan un message menaçant. Jonathan le vainquit près d'Asdod et s'attira ainsi la reconnaissance d'Alexandre. Celui-ci vil bientôt surgir contre lui un nouvel ennemi (11 l) dans la personne de son propre beau-père, Ptolémée VI, qui envahit l'Asie, rompit avec son gendre, lui reprit sa fille, la donna à son rival Démétrius II, fit son entrée à Antioche et se proclama lui-même roi de Syrie. Peu après Alexandre fut tué, Ptolémée mourut aussi, et Démétrius II régna sans opposition (146). A cette même époque Jonathan entreprit le siège de la citadelle de Jérusalem toujours occupée par une garnison royale. A ce propos, ses ennemis ten-

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tèrent de le desservir auprès du nouveau roi. Mais Jonalhan réussit à s'assurer la faveur de Démétrius qui le confirma dans toutes ses fonctions, exempta d'impôts la Judée et pro» mit de retirer la garnison de Jérusalem. En retour, les Juifs envoyèrent à Démétrius des troupes de renfort qui lui furent très utiles. Toutefois le roi ne tint pas toutes ses promesses. Sur ces entrefaites, un partisan d'Alexandre Balas, nommé Tryphon, alla chercher le fils de son ancien maître et le proclama roi sous le nom d'Ântiochus VI. Jonathan prit parti pour lui et remporta une victoire sur les troupes de Démétrius près du lac de Génésareth.

Jonathan renoua (12 i) l'alliance avec les Romains par le moyen d'une ambassade. Il entra aussi en rapports avec les Spartiates, auxquels il envoya des députés et une lettre, dont le texte est donné tout au long. Les hostilités se renouvelèrent entre Jonathan et les troupes de Démétrius. Celui-ci et son rival, Antiochus VI, se maintenaient chacun de son côté. Tryphon voulut alors supplanter son propre maître ; il agit traîtreusement à l'égard de Jonathan, s'empara de sa personne et marcha avec son armée contre la Judée (13 i). Simon prit résolument la place de son frère et organisa la résistance. Au cours de la campagne Tryphon fit mettre à mort son prisonnier Jonathan ; puis il battit en retraite. Le corps de Jonathan fut enterré à Modeîn^ où Simon dressa un monument sur la tombe de son père et de ses frères.

Simon s'appliqua à continuer et à développer l'œuvre de ses frères. Tandis que Tryphon faisait périr le jeune Antiochus VI et se faisait proclamer roi à sa place, Simon entra en pourparlers avec Démétrius II et obtint de lui (143) l'émancipation officielle et définitive de la Judée. Cette date a toujours été considérée par les Juifs comme étant un des moments les plus importants de leur histoire. Ce ne fut toutefois que l'année suivante (142) que la citadelle de Jérusalem tomba enfin aux mains des Juifs et que la garnison syrienne fut expulsée. Sous le gouvernement de Simon, la Judée prospéra beaucoup*. Les bonnes relations avec Rome et avec

< Plusieurs critiques moderoes estiment que le livre se terminait original-

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Sparte se perpétuèrent. Le peuple, reconnaissant envers Simon, lui attribua par un décret solennel, à lui et à sa postérité après lui, la triple qualité de prince, de général et de grand prêtre.

Le roi Démétrius II étant prisonnier des Parthes, son frère,.- Antiochus VII, chercha à s'emparer du trône en opposition à Tryphon (15 i). Celui-ci fut bloqué dans la ville de Dora et ne réussit qu'avec peine à s'échapper. Quant à Antiochus,. il commença par flatter les Juifs ; mais ensuite il se tourna contre eux et envoya ses troupes pour les attaquer sous la conduite de Cendébéus. Simon confia le commandement de son armée (16 i) à ses fils, Jean et Juda, qui vainquirent les> Syriens. Peu après, en 135, Simon fut traîtreusement assassiné à Jéricho, avec deux de ses fils, par son propre gendre Ptolémée. Le fils aîné de Simon, Jean, connu dans l'histoire sous le nom de Jean Hyrcan, fut également menacé, mais il échappa au danger et devint le successeur de son père. Le livre des Maccabées s'arrête avec son avènement et n'entreprend pas de raconter sa carrière qui fut mouvementée et très brillante.

I 441. Ce livre a été écrit en hébreu. Il porte tous les caractères d'une traduction, et les témoignages d'Origène et de: Jérôme confirment ce fait. Malheureusement le texte original est perdu. D'après Origène, il portait en hébreu un titre dont le sens n'a pas encore été élucidé d'une façon satisfaisante : Sarbeth Sabanaïel. Quant au nom que nous lui donnons, à la suite de la Bible grecque, il est emprunté au surnom que portait Juda, fils de Mattathias. Chacun des fils de ce dernier portait un surnom ; l'origine et le sens de ces désignations demeurent énigmatiques. Il en est ainsi en particulier du terme Makkabij qu'on a cherché à interpréter de diverse» manières. Les uns l'ont rattaché à un mot hébreu signifiant marteau, d'autres à la racine éteindre, d'autres encore à la notion de chef, prince ; on a également voulu y voir la combinaison des initiales de quatre mots formant une devise, ua cri de guerre. Aucune de ces hypothèses ne paraît suffisam-

rement avec 14 15 et qu'il faut considérer 14 16-16 24 comme un complément rajouté plus tard.

ment appuyée, et l'on reste dans Tincertitude. Mais il importe de remarquer que Maccabée est le surnom spécial de Juda et que nulle part dans le texte ses frères et leurs descendants ne portent cette qualification. C'est donc par extension qu'elle leur a été appliquée dans le titre que l'ouvrage porte dans les Septante, puis ultérieurement dans l'usage courant. La dynastie issue de Jean Hyrcan est en général désignée comme étant celle des rois basmonéens ; ce nom s'explique par le fait que, selon Flavius Josèpbe, le bisaïeul de Mattathias s'appelait Hasmon.

La façon dont les deux derniers versets du livre (16 23-24) parlent de Jean Hyrcan, en renvoyant le lecteur à un livre d'annales relatant ses actes, paraît indiquer que le livre des Maccabées n'a été rédigé qu'après sa mort survenue en 105, Cependant quelques critiques sont disposés à admettre que la composition pourrait être antérieure à la mort d'Hyrcan. Il n'y a en tout cas aucune raison pour la placer sensiblement plus tard que cet événement, et la manière bienveillante dont il est parlé des Romains d'un bout à l'autre de l'ouvrage prouve certainement qu'il a été écrit avant l'an 63, époque où les relations entre Rome et les Juifs devinrent très tendues. Nous fixerons donc la date de la rédaction du livre aux 'environs immédiats de l'an 100 av. J.-C.

L'auteur est totalement inconnu ; c'était sans doute un Juif palestinien et un ardent patriote. On a discuté, sans résultats positifs, la question de savoir s'il appartenait au parti pharisien ou sadducéen, ou bien peut-être ni à l'un ni à l'autre. La tradition orale, les récits encore très vivants con- •cernant la période qui s'achevait, voilà quelle a été sans doute la source principale des données recueillies par notre écrivain. Il n'est pas certain qu'il ait utilisé des sources écrites^ mais la chose est pourtant probable. Le passage 9 22 a été interprété par les commentateurs tantôt comme attestant l'emploi de sources écrites, tantôt comme prouvant le contraire. Ce texte est en effet ambigu. On pourrait assez légitimement supposer que l'auteur a arrêté sa narration à l'avènement de Jean Hyrcan parce que, à partir de cette date, il «existait des annales circonstanciées ; il aurait au contraire

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pris à tâche de raconter en détail les événements des qua^ rante années précédentes parce que les documents faisaient défaut sur cette période. Toutefois cette hypothèse n'em-i pèche pas d'admettre que, çà et là, sur certains points particuliers, récrivain ait eu à sa disposition quelques renseignements manuscrits. Il y a, tout an moins, une catégorie de passages qui ne sauraient s'expliquer autrement: ce sont les pièces officielles qui se trouvent insérées dans la narration. Elles sont au nombre de dix : ce sont les correspondances des Juifs avec les rois de Syrie (10 18-20, 25-4K, 11 30-37, 13 36-40, 15 2-9), avec les Romains (8 23-32, 15 I6-21) et les Spartiates (12 5-23, 14 20-24), et un décret en l'honneur de Simon promulgué par ses compatriotes (14 27-45). L'authenticité de ces documents est naturellement sujette à caution. Il n'est toutefois pas possible de porter à cet égard un jugement in globo; il se peut que certaines pièces offrent plus de garanties que d'autres. Ainsi la correspondance des rois de Syrie avec les chefs juifs Jonathan et Simon ne pré-f sente pas un caractère d'invraisemblance ; il est naturel que des lettres aient été échangées dans de semblables conditions €t l'auteur du livre des Maccabées peut en avoir eu connaissance. Quant à la façon dont il les a reproduites, rien ne prouve qu'il n'ait pas usé d'une grande liberté. Ces remarques s'appliquent également, et à plus forte raison, aux messages venus de Rome et de Sparte à Jérusalem et vice-versa. Quant au décret du ch. 14 27-45, il se présente dans d'assez bonnes conditions au point de vue de son authenticité. Seul d'ailleurs ce décret doit avoir été rédigé originairement en hébreu et peut avoir passé tel quel dans le texte du livre des Maccabées. Toutes les autres pièces énumérées ci-dessus supposent un original grec. Il faudrait donc admettre qu'elles ont été traduites en hébreu par l'auteur du livre, puis retraduites en grec pour figurer dans la version que seule nous possédons. Cette double opération n'a pu s'eflFectuer sans déformer notablement les textes primitifs.

Il convient de rendre pleine justice à l'auteur de I Maccabées. Cet écrivain mérite la confiance par le soin scrupuleux avec lequel il a composé son ouvrage. On sent qu'il est vrai-

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ment préoccupé de donner à son récit un cachet historique. Son patriotisme, très sincère et très fervent, ne Fentratne pourtant point à des exagérations et à des partis pris. Son livre est fait pour rendre les plus grands services, en fournissant des données sûres et circonstanciées sur une période particulièrement intéressante dans l'histoire du judaïsme, et en mettant en relief les figures si remarquables de Juda Maccabée et de ses deux frères Jonathan et Simon. Il est extrêmement regrettable que le texte hébreu se soit perdu ; peut-être, s'il eût été conservé, I Maccabées eût-il trouvé place dans le recueil canonique de TA. T. ; au jugement de Luther, il eût été digne d'y figurer.

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