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CHAPITRE II Les Pseudépigraphes

I 457. Le mot pseudépi^raphe se prend dans deux sens différents. Nous avons eu plus haut Toccasion de l'employer dans son sens général, pour parler d'un ouvrage fictivement placé dans la bouche ou sous la plume de quelque grand personnage derrière lequel se cache la personnalité de l'auteur anonyme. Dans ce sens-là, l'Ecclésiaste, la Sapience, le livre de Baruc, la Prière de Manassé sont des pseudépigraphes, et l'on peut appliquer la même désignation à des œuvres appartenant à la littérature classique et à la littérature moderne. D'autre part, on a pris l'habitude de réunir, sous le nom générique de Pseudépigraphes, un ensemble d'écrits juifs (ou judéo-chrétiens), qui appartiennent au même groupe que les livres dits apocryphes, mais qui sont demeurés plus complètement en dehors des recueils canoniques. Ces livres se présentent en général sous le nom d'un homme célèbre des temps passés. On peut donc marquer la distinction entre les deux sens du mot, le sens général et le sens restreint, en employant alternativement la majuscule et la minuscule, et l'on dira que tous les Pseudépigraphes sont pseudépigraphes, mais que tous les pseudépigraphes ne sont pas Pseudépigraphes. Cette terminologie est déplorable, mais malheureusement consacrée par l'usage ; nous sommes forcés de la subir et devons tâcher de dissiper les confusions qu'elle entraîne.

Nous nous bornerons ici à énumérer les titres des Pseudé-

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