‹ Introduction a l'Ancien TestamentChapitre 63 sur 115 · HÉNOC · texte numérisé non relu

HÉNOC

pigraphes parvenus jusqu'à dous. Quant à ceux qui sont perdus, nous pouvons nous abstenir d'en parler.

Les Pseudépigraphes ayant un caractère soi-disant historique sont: le Martyre (TEsaïe (appelé aussi Vision d'Esaîe ou Ascension d^Esaïê)^ le livre des Jubilés (ou Petite Genèse) et la Lettre d'Aristée. Au genre apocalyptique appartiennent le livre d^Hénoc^ les Testaments des Douze patriarches^ V Assomption de Moïse j IV Esdras, les deux Apocalypses de BaruCj les livres Sibyllins^ la Vie d'Adam et d'Eve. Il faut encore mentionner un livre poétique, le Psautier de Salo^ moHy et un ouvrage philosophique, IV Maccabées.

Chacun de ces livres mériterait d'être analysé et caractérisé séparément ; si nous résistons au désir de le faire,* c'est afin de ne pas allonger outre mesure. Nous nous bornons donc à donner quelques détails sur ceux de ces livres qui, pour une raison ou pour une autre, nous paraissent avoir de l'importance et de l'intérêt pour nos lecteurs.

i. Le livre d'Hénoc.

§ 458. Ce Pseudépigraphe est sans doute le mieux connu, si ce n'est le seul connu, des lecteurs de la Bible. Il se trouve en effet cité dans l'un des écrits du N. T., l'Epître de Jude (v. i4 et 18). Ce passage rappelle une prophétie « d'Hénoc, le septième à partir d'Adam », et en reproduit quelques lignes, relatives au châtiment qui attend les impies et les blasphémateurs (comp. Hén. 1 9). Cet ouvrage jouissait déjà d'une grande considération aux temps apostoliques, et les Pères de l'Eglise l'ont fréquemment mentionné et hautement apprécié. Il a exercé une influence incontestable, en certains points, sur le développement de la théologie ecclésiastique. A partir du ix* siècle ce livre, jusqu'alors souvent consulté et cité, paraissait être perdu. On n'en possédait que quelques fragments détachés, lorsque, vers la fin du xyiu* siècle, on l'a retrouvé en entier dans une traduction éthiopienne. Dès lors on a recommencé à l'étudier et à utiliser les matériaux abondants qui y sont renfermés. Tout récemment, les 32 premiers chapitres ont été retrouvés en grec.

472 PSEUDÉPIGRAPHES

Le livre d'Hénoc est plus volumineux que tous les autres Apocryphes ou Pseudépigraphes. Après une introduction (1- 5), il raconte la chute des anges et le voyage d'Hénoc au ciel et dans l'enfer (6-36). Au début du ch. 37 se trouve un titre ainsi conçu : « Seconde vision de sagesse contemplée par Hénoc »; cette partie comprend les ch. 37-71, et se subdivise en 3 discours eschalologiques, traitant du séjour des bienheureux, du jugement final par le Fils de l'homme, enfin du salut et de la damnation. Les ch. 72-82 constituent « le livre sur la marche des luminaires célestes ». Dans les ch. 83-90 sont rapportés deux songes d'Hénoc, l'un relatif au déluge, l'autre racontant sous forme d'images toute l'histoire d'Israël. Deux discours parénétiques d'Hénoc forment la fin du livre (91-105), auxquels s'ajoutent encore deux petits appendices (106-108).

Cette masse considérable et passablement disparate n'a pas été élaborée d'un seul jet. Il faut y discerner trois couches successives. C'est, en premier lieu, ce qu'on peut appeler le livre primitif d'Hénoc, composé des ch. 1-36 et 72- 105 et rédigé sous le règne de Jean Hyrcan (135-105). Puis viennent les ch. 37-71, que certains critiques croient être de provenance chrétienne, tandis que d'autres leur attribuent une origine juive, antérieure à notre ère. Enfin certains morceaux intercalés çà et là, ainsi que les appendices, doivent être de date plus récente et procéder de sources diflFérentes. Les Pères de l'Eglise, qui parlent, non pas du livre d'Hénoc, mais des livres d'Hénoc, paraissent avoir conservé comme un vague souvenir de la diversité des éléments contenus dans cet ouvrage.

Plus ancienne encore que la citation d'Hénoc dans Jude est la mention qu'on en trouve dans le livre des Jubilés, composé probablement tout au début de l'ère chrétienne. Quant au lieu de composition, il faut, selon toute apparence, le chercher en Palestine, et quant à la langue originale des diverses parties, il est probable que c'est uniformément l'hébreu.

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