IV Esdraa
Nous dirons quelques mots de cet ouvrage* parce que, sans avoir été proclamé canonique au concile de Trente, il a pénétré dans la Vulgate (sans avoir pourtant été traduit par Jérôme), et qu'il a parfois passé de là dans les Bibles protestantes renfermant les Apocryphes. 11 se rapproche à cet égard de III Esdras et de la Prière de Manassé. Nous ne le possédons pas en grec, quoiqu'il ait été originairement écrit dans cette langue, et que les Pères de l'Eglise d'Orient le citent ; en revanche, il en existe, outre la version latine, des traductions en éthiopien, en arménien, en syriaque et en arabe.
On a parfois appelé cet ouvrage Esdras le prophète ou V Apocalypse (TEsdra^. Ces désignations se justifient par le contenu. En effet, ce livre se compose d'une série de sept révélations, ayant trait aux destinées présentes et futures de Babylone et de Sion, et qu'Esdras aurait reçues de l'ange Uriel, à Babylone, trente ans après la ruine de Jérusalem. Cet écrit, dans lequel Babylone représente Rome, et où la ruine de Jérusalem sous Nébucadnetsar figure celle de l'an 70 apr. J.-C, est une œuvre juive composée sous le règne de Domitien (81-96). C'est du moins à cette date qu'il faut attribuer le noyau de l'ouvrage (3-14). Les ch. 1-2 d'une part et 15-16 d'autre part, qui font défaut dans les version» orientales, doivent être considérés comme des adjonctions ultérieures *.