‹ Introduction a l'Ancien TestamentChapitre 73 sur 115 · La version syriaque · texte numérisé non relu

La version syriaque

I 499. La version syriaque est connue sous le nom de Peschitto. Ce mot signifier simple >, mais on n'est pas au clair sur les motifs qui ont fait adopter celte désignation. II paraît malaisé d'admettre qu'on ait qualifié cette version de simple pour dire qu'elle était fidèle, exacte, ou encore qu'elle était littérale, par opposition aux traductions paraphrastiques. Il est plus probable que le terme est employé pour indiquer que c'est la version courante, usuelle, connue de tous, et qu'il y a là par conséquent un cas parallèle à celui de la Vulgate. Mais peut-être aussi cette expression a-t-elle pris naissance en opposition à celle d'hexaplaire, c'est-à-dire sextuple, dont il a été question plus haut. L'emploi du mot Peschitto se

* Il existe une singulière analogie entre les noms d'Aquilas et d'Onkélos, ce dernier n*étant que la transcription sémitique du premier ; il j a tout lieu de penser que le Targoum n*a été attribué à Onkélos que par suite d*une confusion avec le traducteur grec Aquilas. Quant à Jonathan, il est curieux de faire observer qu'au point de vue de la signification ce mot est l'équivalent exact de Théodotion.

rencontre pour la première fois dans les écrits de Moïse Bar-CéphaSy écrivain syrien mort en 913.

La Peschitto est une version chrétienne. Tandis que Taraméen était la langue des juifs, le syriaque était parlé en Mésopotamie par les Egalises chrétiennes dont Edesse était la métropole. La version syriaque du N. T. semble avoir été composée en même temps que celle de TA. T. D'après Jacques d'Edesse (f708), elle remonterait jusqu'à Âddaï, l'apôtre des Syriens, et au roi Abgar, par conséquent à la fin du !•' siècle de l'ère chrétienne ; mais il est impossible qu'elle soit aussi ancienne. Bien qu'elle soit l'œuvre de chrétiens, elle est faite d'après les principes herméneutiques des rabbins, sous l'influence desquels l'Eglise syrienne est demeurée.

La version syriaque présente un caractère assez homogène, et ne paraît pas avoir été faite à des époques différentes. Néanmoins, il est manifeste que plusieurs traducteurs y ont collaboré. Le Pentateuque est très littéral et tout à fait conforme au texte hébreu. Les Prophètes par contre, surtout Esaîe et les Douze, présentent de fréquentes analogies avec les Septante ; Ruth est paraphrasé. Les Chroniques ne sont pas traduites directement de l'hébreu, mais d'après un Targoum. En général, le texte présupposé par la Peschitto ressemble à celui de la Bible hébraïque ; pourtant les Psaumes portent certaines suscriptions à part. Quant aux points de contact et aux ressemblances avec les Septante, il se peut qu'on doive les expliquer, en tout ou en partie, par des corrections faites après coup, et empruntées peut-être à la syrohexaplaire. Le texte de la Peschitto a été tout aussi défiguré par les copistes et par l'usage ecclésiastique que celui des Septante et de la Vulgate. II y a eu des revisions entreprises au sein de l'Eglise syrienne, et qui cherchaient à combiner la Peschitto avec la syro-hexaplaire. Les Nestoriens se servent de cette dernière comme de la version officielle de leur Eglise. Il existe des versions arabes « filles > de la Peschitto.

Page 1