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IV. Langues ce l'inde

Avant la publication de l'intéressant mémoire des missionnaires Baptistes, dont nous avons déjà parlé à la page 47, on peut dire que l'Inde était une région à-peu-près inconnue sous le rapport ethnographique. On savait bien qu'on y parlait huit ou neuf idiomes dérivés du sanskrit, mais l'on pensait que le tamoule, le karnata , le telinga, le guzurate , l'orissa, le bengali, le maharatte, lepenjabi et Vhindoustani, étaient les seuls que l'on pouvait regarder comme des langues, tous les autres idiomes parlés dans cette vaste région n'étant considérés que comme des variétés de l'hindoustani, dont quelques-unes même n'étaient regardées que comme des jargons incapables de rendre les idées. C'est à ce mémoire que nous devons la connaissance de plusieurs langues dont on ignorait jusqu'aux noms , quoique depuis la plus haute antiquité on les considère comme telles dans l'Inde , où même on en écrit plusieurs avec des alphabets particuliers. Cet important travail a donc été notre guide principal dans la rédaction de notre tableau des langues de l'Inde ; mais nous avons aussi consulté les savantes Asiatic Researches y l'ouvrage classique de Hamilton, le MltJiridales et autres qu'il serait trop long de citer, pour suppléer ce qu'il laisse désirer. D'ailleurs , ce mémoire ne donne abso lumeut que le nom des différentes langues , et n'indique que

d'une manière vague les pays où on les parle. Il nous a fallu nous livrer à de pénibles et longues recherches pour compléter cet ouvrage et faire disparaître ses omissions. Après avoir longuement étudié ce sujet difficile , et avoir médité sur les renseignemens précieux qui nous ont été fournis sur les langues du Decan par le savant missionnaire M. l'abbé Dubois , nous avons cru pouvoir nous arrêter aux résultats suivans.

Nous avons considéré toutes les langues de cette région comme divisées en deux branches principales dont la première forme la nombreuse famille sanskrite, et la seconde comprend tous ces idiomes encore très peu connus, mais que l'on sait être tout-à-fait différens du sanskrit et des langues qu'on en iait dériver. Sans entrer dans aucun des détails relatifs h la qualification de langues que nous donnons aux nombreux idiomes qui forment notre famille sanskrite , parce qu'ils appartiennent au chapitre P' et particulièrement à ce que nous avons dit aux pages 47 et 48, nous croyons indispensable do donner ici quelques éclaircissemens , pour mériter la confiance de nos lecteurs, et pour avoir occasion de fournir quelques rcnseignemens nécessaires à l'intelligence des choses indiquées dans le tableau.

C'est sur les traces des raisonncmens faits par M. Abel Rein usât dans ses savantes Recherches sur les Langues Tar tares y que nous avons dit dans l'introduction, que les Turks , guidés par Timour ou Tamerlan, envahirent l'Inde, et que ces mêmes peuples, et non les prétendus Mongols ou Mogols commandés par Baber ou Babour, ont fait la conquête de l'Indoustau en 1526, et ont donné naissance à la dynastie qu'on a si improprement nommée dynastie des Grands-Mogols. C'est toujours en suivant cet ouvrage que nous avons fait la distinction entre les véritables Mongols, que nous avons décrits, avec les Kalmuks leurs frères et les prétendus Mongols qui habitent dans l'Inde et qui ne sont que des Turks originaires de 1.» Grande- Boukharie ou des Afghans originaires de la Perse

Orient:i)e. M. Abel Remiisat dit positivement, qu'on ne peut «louter que Timour et ses sujets naturels n'aient été Tnrks. Depuis bien des siècles, la Transoxane est peuplée de t'ibus ((ui appartiennent aux familles turque et persane ; et si des familles mongoles y ont suivi les princes de la race de Tcliinggis ou Gengiskan , elles avaient eu, pendant près de deux cents ans, le temps de se fondre avec la population du pays. On ne hasarderait donc rien en avançant avec ce savant philologue qu'il ne devait se trouver aucun Mongol dans l'armée de Babour. Relativement à l'origine persane des Boukhares , voyez ce que nous en avons dit à la page 1 14.

Nous avons dit, en parlant du pab , que l'on pourrait appeler sa littérature la Littérature Bouddhique , et nous avons ajouté qu'elle est la source de laquelle dérivent en partie les littératures des Birmans, des Peguains, des Anamites, des tSiamois ^ des Japonais , des Cingalais et des Tibétains. Le savant M. AbelRemusat, qui a répandu tant de lumière sur tout ce qui regarda Thistoire de l'Asie Orientale et Centrale , dit, en parlant de la langue fan, que tous les peuples qui profess'ent le bouddhisme n'ont qu'une seule littérature , qu'on pourrait nommer BouddJiique , car elle n'appartient à aucune nation en particulier. C'est la théologie de Bouddhah qui en est la base. De vastes traités de morale, de métaphysique et de cosmologie, apportés, ou de la partie centrale de l'Hindoustan, où cette religion prit naissance , ou de l'île de Ccylau, dans laquelle on prétend qu'il y eut une nouvelle révélation, traités attribués à Bouddali lui-même ; des romans historiques ou mythologiques, où sont racontées les aventures fabuleuses des dieux, des plus illustres pénitens, des bienfaiteurs de la religion, des rituels, des prières, de longues formules pour les invocations, les e'xorcismes : voilà, ditM. Remusat , quel est le fonds, que chaque peuple a ensuite brodé, en ajoutant ses traditions parliculièrcs, seslégendes nationales, la vie des héros et des saints les plus célèbres de chaque contrée. On voit par \\ en quoi

doivent se ressembler et en quoi peuvent différer les matières qui constituent la littérature chez les peu'des de l'Indo-Ghine, de la Mongolie , de la Mantchourie et du Tibet. La même littérature est commune aux bouddhistes de la Chine, de la Corée et du Japon. Les diflerentes parties des connaissances humaines n'ont p.^s parmi ces nations, comme chez nous, un champ Lien distinct et circonscrit; elles se confondent dans un même but, qui est, pour le commun des hommes, l'étude de la doctrine populaire , laquelle comprend la morale , les pratiques du culte, les fables cosmographiques et cosmogoniques, l'astrologie et les connaissances accessoires, c'est-à-dire le peu d'astronomie et de mathématiques qui est indispensable pour ses opérations ; et pour les initiés, l'étude de la doctrine secrète, qui enseigne la clé des allégories et des mystères, la métaphysique, les méditations qui anéantissent les sens (nirwana) en exaltant l'imagination, la théorie de l'émanation, de l'illusion, et pour tout dire enfin le nihilisme le plus absolu.

Convaincus par les savans raiyonnemens faits par M. Remusat sur l'affinité de la langue fin avec le sanskrit, nous n'avons pas hésité un instant à adopter l'explication ingénieuse donnée par ce savant philologue, en classant le fan parmi les principaux dialectes du pâli. Nous ajouterons seulement que le fan a 12 voyelles, 5o consonnes et cinq sortes d'articulations, les dentales , celles des dents du devant, les linguales, les gutturales et les labiales. Cette multiplicité de sons et Talphabet particulier avec lequel cet idiome est écrit, démontrent sans réphque la nature de cette langue toute différente de celle des langues que parlent les peuples divers pour lesquels le fan est l'idiome lithurgique.

Nous avons été très embarrassés sur la classification du kawi, ne sachant pas si nous devions le classer parmi les dialectes du sanskrit ou parmi ceux du bali, ou bien si nousdevions en faire une langue sœur de ces deux idiomes. Tout ce qu'on a publié sur le kawi est si vsguc et si incomplet , que

OBSERVAIIO.NS SIJK LES LANG. ASIATIQUES. 12^

l'ethnographe ne saurait prononcer aucun jugement. Commeiilse décider entre deux sa vans oLservateursquise trouvent en même temps sur les lieux, et qui portent deux jugemens diamétralement opposés sur la nature de cette langue? M. Raffles ne regarde le kawi que comme un dialecte du sanskrit, en ajoutant que neuf-dixièmes de ses mots sont dérivés de cette langue, et s'y sont conservés moins corrompus que dans le pâli. M. Crawfurd au contraire penche à croire que cet idiome n'est pas une langue étrangère , introduite dans l'île de Java avec un culte étranger, mais que c'estla langue écrite par les prêtres, auxquels seuls, selon lui, était anciennement borné l'usage de récriture. En attendant que l'on recueille et publie assez de faits positifs pour pouvoir décider ce point douteux de Fethnographie , nous avons cru que le meilleur parti à prendre était de placer provisoirement le kawi parmi les dialectes du pâli, quoique nous inclinions à croire qu'il faudrait en faire une langue sœur, par son importance littéraire, par le grand nombre de mots javanais qu'il contient, et par les raisons que nous avons exposées dans le chapitre premier.

Au moment de livrer cette feuille à l'impression, nous avons eu connaissance des résultats importans des recherches faites sur le pâli par MM. Lassen et Burnouf fils. Ayant l'honneur d'être en relation avec ce dernier, nous avons obtenu de sa bienveillance des observations et des notes qui nous mettent en état de reproduire ici, avec des modifications importantes, nos articles sanskrit et pâli ( 4o; 4i ), imprimés depuis un an et demi. Ces modifications rectifieront ce que ces deux articles offrent d'inexact, quoique rédigés d'après les conseils des célèbres orientalistes MM. de Chesy et Abel Remusat; inexactitudes (jui d'ailleurs étaient la conséquence de l'état encore si imparfait de la linguistique pour tout ce qui regarde les langues fan , pâli et kawi , que l'on nous avait conseillé de classer comme trois dialectes du pâli.

Il faut ajouter ce qui suit à la fin de l'article sanskrit , que nous avons rédigé dans l'xVtlas .

4o. -j- Sanskrit. On connaît à la Chine une langue indienne particulièrement airectée aux Bouddhistes, sous le nom de Fan. Il paraît prouvé que c'est le sanskrit. Fan est pour les Chinois la traduction de Brahmd; conséquemment , la langue fan est la langue de Brahmâ ou le sanskrit. On ne sait pas encore si ce nom ue doit pas aussi s'appliquer au pâli , qui doit être connu à la Chine depuis le cinquième siècle de notre ère. Mais les monumens jusqu'ici connus , prouvent qu'il faut entendre par ce mot le sanskrit pur , et tel qu'il est conservé dans les livres bouddhiques des Tibétains.

« La partie du vocabulaire bouddhique^ dit M. Burnouf fils dans une savante note que M. Abel Remusat a insérée dans le premier volume de ses Mélanges Asiatiques , la partie du vocabulaire bouddhique que les Chinois appellent langue fan, offre, avec le samskrit , des traits si frappans de ressemblance , ([u'il est impossible , au premier coup-d'œil, de ne pas croire que les mots et les formules qui la composent ne soient entièrement originaires de l'Inde. Cependant un examen plus attentif révèle quelques différences assez sensibles, et alors s'élève la question de savoir si ces différences doivent être considérées comme caractéristiques, soit d'un dialecte de secte, soit d'un idiome qui reproduit le samskrit d'une époque dont nous n'avons pas de monumens, ou bien s'il faut seulement les attribuer aux méprises d'une transcription faite par une main étrangère. L'examen que j'ai fait de ce curieux ouvrage , me j)crmet d'avancer avec quelque confiance que la langue en est du samskrit pur, parce que les différences qu'on y remarque sont purement accidentelles , et ne laissent apercevoir nulle part une intention systématique. Déplus, la langue du vocabulaire n'offre pas de traces de ces altérations si reconnaissablcs ([ue subit une langue , lorsque , transplantée du lieu de son origine dans ime terre étrangère, elle y a vécu et s'y est développée sOus des ijifluences nouvelles. Ces altérations , au contraire , s'expliquent par les causes les plus simples comme les plus communes : elles viennent de ce que l'original sams-

OnSERVATIOXS SUR T,ES LANG. ASIATIQUES. I > J

kiit d'aprcvs lequel a été composé le vocabulaire , a été , ou inexactement écrit par l'auteur indien, ou inexactement lu par l'imprimeur chinois. J'inclinerais à croire que les erreurs viennent de ces deux sources à-la-fois , mais plus particulièrement de la première, parce que les différences, ou plutôt les fautes qu'une connaissance peu avancée du samslcrit permet de relever, sont précisément celles qu'on rencontre à tout instant dans la lecture des manuscrits indiens. »

Voici l'article pâli tel que nous l'avons modifie avec l'assistance de M. Burnouf fils :

4i. -f- BALi OU PALI , dit aussi MAGADHA ou MAGADHi. Cette langue , que l'on doit considérer comme fille du sanskrit , était parlée anciennement dans le Magadba ou Magudlia (partie du Bahar au sud du Gange), regardé par plusieurs saA'ans indieïis comme le pays natal de Bouddha. Après avoir été très répandue dans l'Inde avant la naissance de Jésus-Christ , elle s'est éteinte lorsque la secte qui la parlait fut expulsée de l''Inde. Le pali, de même que le sanskrit, n'est plus parlé nulle part depuis très long-temps , quoiqu'il soit resté la langue litliurgique et littéraire de l'île de Ceylan , ainsi que de la plus grande partie de l'Indo-Chine, ou les gens instruits apprennent cette langue, comme dans l'Inde et en Europe on apprend le sanskrit et le latin. Le pali étant une langue morte depuis tant de siècles, n'a aucun dialecte. Cette langue a la force, la richesse et l'harmonie du sanskrit , dont elle est la fille , et dont elle diffère moins que l'italien du latin. Elle possède le même nombre de déclinaisons, le même système de conjugaisons , moins peut-être la voix moyenne 5 les seules différences qui la distinguent du sanskrit viennent d'un adoucissement des terminaisons grammaticales , quelquefois difficiles à prononcer. De plus, elle admet dans la conjugaison quelques verbes auxiliaires, ce qui prouve encore qu'elle est pi u.s moderne que le sanskrit i qui n'en fait qu'un usage très borné. Ce qu'on connaît jusqu'ici de sa littératiu-e est fait pour inspirer un grand intérêt. Elle possède des récits historico-my thologiques appelés tcheritas j et un très grand nombre de livres philosophiques contenant la doctrine de Bouddha. On

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trouve même, dit-on, à Ceylaii la collection complète dos ouvrages attribués à Bouddha lui-mcme. Ce sont des traités de métaphysique , des systèmes cosmogouiques et mythologiques , et des vies fabuleuses ou réelles des divers patriarches qui ont succédé au fondateur de la secte. Les alphabets qui servent à écrire le pâli , diffèrent suivant les diverses contrées qui l'ont adopté. On en reconnaît trois : l'un usité chez les Birmans , et les deux autres chez les Siamois ; mais , au fond , tous ces alphabets rentrent l'un dans l'autre , et ne sont que des altérations de l'ancien alphabet dévanagari. Ils offrent de plus une très grande analogie avec Y alphabet de Bouddha ^ qu'on trouvé sur les anciens monumens de l'ile de Java.

Voici l'article kawi, que, d'après les conseils du savant M. Burnouf fils et les principes exposés dans le chapitre I*"", nous nous sommes détermines à classer dans le tableau comme une langue sœur du pâli au lieu d'en faire un de ses dialectes :

4i bis. -|- KAWI, dérivé du sanskrit. Cet idiome, dont les neuf-dixièmes des mo„s sont sanskrits, et l'autre dixième javanais (322), • était jadis la langue de la littérature et de la religion d'une grande partie de l'île de Java et de celle de Madoura, avant qu'on y eût introduit l'islamisme 5 maintenant elle n'y est plus que la langue de la poésie et des mythes les plus anciennes. Le kawi cependant est encore la langue de la religion et des lois dans l'île de Bali , près de celle de Java. Les principales compositions de cette langue sont des abrégés du Mahaharat et du Ramajana , traduits du sanskrit en vers blancs, ce qui est une cliose remarquable, toutes les compositions en javanais, en bali (320) et autres langues malaise; étant en vers rimes. Le kawi, plus que tout autre idiome , entre dans la forraatiou du basa-krama (323). C'est sur sa littérature que se sont formées les littératux-es du javanais, du bali, et d'autres idiomes malais. La plupart des anciennes inscriptions, en pierre et en cuivre , trouvées dans l'île de Java , sont écrites en cette langue , dont elles forment les mnnumens les plus anciens , parmi lesquels il paraît qu'on pourrait classer lo fameux monument que possède le chef de Telaga. On y trouve représenté un grand nombre de divinités, ainsi que les signes du zodiaque , et d'autres sujets astra-

OBSEUVATIOS SUR LES LAXG. ASIATIQUES. !'>.']

noniiqiies, ou plutôt astrologiques ; il est écrit sur papier javanais, et ployé comme les manuscrits d'Ava. Le kawi a im alphabet particulier, dont plusiems lettres sont presque identiques aux l<îttres correspondantes du pâli carré j on l'écrit de gauche à droite, comme les autres alphabets dérivés du dewanagari.

Nous avons été long-temps indécis si nous devions rejeter ou retenir dans notre tableau la distinction entre Yhindi ou hindous tani propre, et le maure, hlndoustani- maure on m^ongolo- hlndoustani. Notre embarras était d'autant plus grand que nous trouvions cette distinction suivie dans le Mithridates-, et sanctionnée parle grand philologue M. Vater , dans l'Appendice à cet ouvrage, où il dit (pag. 482) que les langues générales y ont été bien classées; et que nous voyions le savant orientaliste Colebrookc confirmer cette distinction , dans sa dissertation sur les langues parlées dans Tlnde, dans laquelle il dit positivement que X hindi , par un mélange de mots persans et arabes, devint Y hlndoustani ou moors. Notre embarras était encore augmenté par différens passages d'un autre mémoire des Missionnaires , publié à Londres l'année précédente en i8i5, sous le titre de BrleJ pleu^ of the Baptlst Missions and translations , etc., etc., où l'on voit toujours Xhlndee et X hindostan considérés comme deux idiomes différens, dans lesquels les Baptistes ont même traduit et publié la Bible. Nous savions d'ailleurs que cette distinction avait toujours été faite par tous les philologues et par tous les voyageurs qui ont parlé des langues de cette partie de l'Asie. Nous ne pouvions concevoir comment tant de savans, dont plusieurs avaient été sur les lieux , pouvaient s'accorder à faire deux langues différentes d'un seul et même idiome, ni comment ils s'étaient tous accordés à soutenir et à répandre la même erreur. Cependant les grandes recherches auxquelles les Baptistes se sont livrés dernièrement pour faire traduire la Biblo dans les principales langues de l'Inde, les renseigncmens au-

thentic^ucs el les faits positifs qu'ils sont parvenus ù se procurer sur les nombreux idiomes de cette contrée, et le profond silence qu'ils gardent dans leur second mémoire sur celte distinction , tandis qu'ils mettent tant de soin à y distinguer l'une de l'autre tant de langues différentes jusqu'à présent inconnues aux savans de l'Europe, ne nous permettaient pas de reproduire dans notre tableau une distinction, qu'ils paraissaient ne vouloir pas admettre. Nous y avons en conséquence renoncé, et nous avons parlé de l'hindoustani comme si c'était la même langue que le mongolo-hindoustani, et en considérant ce dernier tout au plus comme un dialecte du premier. Ayant tracé sur une carte de l'Inde les limites dana lesquelles , d'après le mémoire susmentionné, chaque langue est parlée, nous n'avons pas été peu surpris de trouver un vide immense entre les territoires des langues bengali, magudah , mithili, nord-kocliala, dogoura, penjabi, bikanir , huyapoura , brouj, harouti et bundclkliund. Devant assigner une langue quelconque aux nombreux Labitans de cet espace immense, qui comprend une grande partie des vastes provinces de Delîîi, d'Agra, d'Oude et d'Allababad, et les Missionnaires n'en indiquant aucune, nous avons cru que cette langue ne pouvait être autre cliose que le mongolo-hindoustani ou l'hindi, ou bien la langue que, dans leur mémoire précédent [Brief view of tlie Baptist, etc., etc.,) ils appellent hrij-hhassa. C'est pour cela que, dans le tableau, nous avons dit, dans l'article hindi ou hindotjstani, que cette langue est parlée , « à ce qu'il paraît, dans une grande partie « des provinces d'AUahabad, d'Agra, de Delhi et d'Oude, » quoique les missionnaires disent positivement que le bas peuple parle partout sa langue particulière, et que l'hindi n'est plus compris nulle part du peuple à la distance de 20 milles anglais des grandes villes- L'existence de ce vide considérable, qu'il faut cependant remplir d'une manière quelconque j puisqu il embrasse une des parties les plus peuplées de l'Inde; la contradiction manifeste qu'on trouve en comparant ensemble bs

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