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OBSERVA TIO?;S SUR TES LANG. ASIATIQUES. I2Q

deux mémoires en question à l'égard de ces deux idiomes; et l'assertion positive que nous trouvons dans le second, où nous lisons à la page 25 , <c que le brij-bhassa est parlé dans les (c hautes provinces de l'Indoustan, et que la version de la Bible (( dans cet idiome sera probablement plus agréable au peuple (( du Douab, qu'une autre en hindi ou en hindoustani, » nous parurent des motifs assez forts pour réserver pour ce chapitre la description de ces trois langues que nous avions faite long-temps auparavant. Nous avons pris d'autant plus volontiers ce parti, que nous Tavions vu approuvé par le savant orientaliste feu M. Langlès, qui avait revu tout notre travail sur les langues indiennes, qu'il avait mérité aussi l'approbation de M. le chevalier Chezy , si profond dans la littérature et la langue des Brahmanes, et que nos observations acquièrent un nouveau poids par un passage des Transact. of Asiatic Society, vol. i, p. 262, où l'on dit que cclcs hvres d'une secte moderne formée dans la province de Delhi, appelée Saud, sont écrits en hindi propre , c'est-à-dire sans mélange de persan et d'arabe ». D'ailleurs, c'était le seul moyen que nous avions de compléter, autant que possible , notre travail sur cette famille, sans nous exposer au risque de commettre de graves erreurs, ou d'omettre des langues importantes. C'est aux savans missionnaires de Serampore à éclaircir nos doutes, et à faire voir, par l'indication précise des limites, où l'on parle le bruj et le brij-hhassay si c'est la même langue ou si ce sont deux langues différentes; c'est à eux de nommer les langues qui sont parlées dans le vaste espace vide que nous venons de signaler, et dont une partie seulement serait remplie par le brij-bhassa dans la supposition que ce dernier idiome fiit diffcrent du brouj. Voici les trois articles du hrij-bhassa , de Y hindi et du mongalo'hindoustani^ tels que nous les avions travaillés avant d'avoir eu connaissance du second mémoire eu question, qui. nous a engagé à faire les modiOcations suivies dans l'Atlas.

l3o INTRODUCTION, CHAPITRE III.

Brij-bhassa, parlée dans une grande partie de la province d'Agra , nommée aussi Douab , et qui dépend presque entièrement des Anglais. On prétend que cette langue contient un plus grand nombre de mots sanskrits que les autres idiomes de cette famille.

Hindi ou hindoustani propre , parlée dans les villes principales de l'Inde, et dans une grande partie des vastes provinces d'AUahabad, d'Agra , de Delhi et d'Oude , dont la partie la plus importante appartient aux Anglais , et le reste à des princes lem's vassaux. Parmi ces derniers, le rajah d'Oude est le plus puissant; il réside à Lucknow , grande ville sur les bords du Goumty. Dans les possessions immédiates des Anglais, on trouve Agra et Delhi, jadis si florissantes et si peuplées, lorsqu'elles étaient le siège des Grands-Mogols; Allahabad, qui, aux yeux des Hindous, est la reine des cités saintes, et dans laquelle quelques géographes voient à tort la fameuse Palibothra des auteurs grecs, qu'il faut chercher beaucoup plus loin dans le Bengale ; enfin Benares , qui est l'Athènes de l'Inde , où se trouve le plus célèbre observatoire de cette contrée , et le fameux temple de Vissvisha, dans lequel on entretient toujours un taureau vivant , comme jadis en Egypte dans celui du dieu Apis. Les Canyacubias , dont la capitale était la grande ville de Canoge, dans la province d'Agra, parlaient anciennement l'hindi, appelé quelquefois /imc?OM*'z. Cette langue , polie et perfectionnée par les littératteurs indiens , est commune à presque tous le» gens instruits de l'Inde , et est la langue employée non-seulement dans les usages de la vie commune, mais même dans la composition d'un grand nombre d'ouvrages littéraires et scientifiques ; aussi sa littérature est-elle la plus riche de toutes celles de l'Inde, après la sanskrite , la telinga et la tamoule. Quoique près des trois quarts des mots de l'hindi soient sanskrits, sa grammaire n'en diffère pas moins pour cela ; il n'a que 6 cas; sa conjugaison est moins régulière et moins riche que celle du sansVrit, et il manque de comparatif et de superlatif faits par flexion. Cette langue a adopté l'al- ])habet dewanagari. Parmi ses nombreux dialectes, les suivans se distinguent par leur importance : le W^radscha , qui était parlé anciennement dans les environs d'Agra , et qui forme la base de l'hindi littérfil actuel; \ Ourdou , parléjadis entre eux par tous les Hindous A la cour du Grand-Mogol ; c'est encore le dialecte le plus commun aux savans de l'Inde ; ceux parlés dans les environs de Benares et de Baharqui s'approchent beaucoup du wradscha.

Maure-hindoustani, dit aussi ordouzeban ou mongolo-hin-

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DOUSTANi. Cette dernière dénoinination est l'on nepeut plus impropre, parce que ce n'est pas le mongol mais le persan et ensuite l'arabe , qui, réunis à l'hindi, forment cette langue, dans laquelle ce n'est que par hasard que l'on rencontre quelques mots mongols et turks. Le maure-hindoustani est pai-lé dans les grandes villes de l'Inde, et plus ou moins compris par tous les nombreux mahomctans qui sont répandus d'un bout à l'autre de cette vaste contrée, et parmi lesquels se trouve ce peuple très mélangé, le plus nombreux après les Hindous, connu sous le nom impropre de Mongols, qui était la nation dominante du vaste empire qui embrassait presque toute l'Inde. Le maure-hindoustani est la langue que parlaient le Grand-Mogol et ses nombreux courtisans : c'est la langue que l'on parle encore dans les cours des princes mahométans et dans leurs camps. Le maure-hindoustani est beaucoup moins riche et beaucoup moins harmonieux que le sansjirit, et sa grammaire en diffère encore plus que celle de l'hindi ; il a 2 genres , 2 nombres et 6 cas , dont trois seuls sont formés par flexion : les verbes n'ont que 3 temps , et le passif est formé par des auxiliaires. Sa construction , aussi bizarre qu'inaltérable, est presque identique à celle du tamoule. Il emploie tantôt l'alphabet dewanagari , et tantôt l'alphabet persan , augmenté de quelques points particuliers , pour rendre des sons qui lui sont propres. Ses principaux dialectes sont le Maure, ou celui de Bombay, qui se distingue par l'adoption de plusieurs mots portugais et anglais; le Touloiiki ^ ou Toulougi, qu'il ne faut pas confondre avec la langue telinga (66), appelée quelquefois telugich ou warugich ; et celui du Dekan.

Nous aurions cru laisser incomplet notre tableau des langues indiennes, si nous n'y avions pas ajoute le moultani, le caboul, le cingalais, le maldivien, le zingan ou bohémien, le rouinga, le rossawn et le banga. Voici les motifs qui nous ont engagé à le faire. Nous avons ajouté le premier de ces idiomes, parce que les Baptisles eux-mêmes en font mention à la page 5 de leur mémoire, où ils l'appellent mooltanec , et parce que dans le Vocabul. Petropolitanum on trouve un vocabulaire de 9.62 mots de cette langue , rédigé par Pallas. Nous avons ajouté le caboul, parce qu'il nous semble extrêmement probable , que la langue qu'on parle en différcns dialectes dans la

province de Caboul et autres voisines, et qu'on sait être différente du mouUani, du kacliemirien , du penjaLi, de l'afghan et du persan , est une langue indienne appartenant à cette nombreuse famille. La simple inspection des vocabulaires cingalais , maldivien et zingan , qui font partie de nos tableaux polyglottes, démontre jusqu'à l'évidence la grande affinité de ces trois idiomes avec les autres langues de la famille sanskrite.

La seule comparaison des vocabulaires bohémiens (5/) de la Groze et de Grellemann avec ceux des autres idiomes de cette famille, fait voir aussi à nos lecteurs combien les savans se seraient épargné de peines inutiles'si, au lieu d'entasser des citations et des passages d'auteurs anciens et modernes , pour éclaircir l'origine obscure de ce peuple vagabond, ils avaient eu recours au seul moyen de résoudre de semblables questions, celui d'examiner sa langue et de la comparer aux autres lan-

gues connues.

C'est sur l'autorité du savant doct. Buchanan , et d'après les petits vocabulaires qu'il en donne , ainsi que d'après l'opinion émise par le savant M. Gilchrist, si versé*^dans plusieurs langues de l'Inde, que nous avons ajouté à celte famille les trois idiomes appelés rouvinga ou roovinga, rossawn et banga, parlés dans rinde-Ultérieure. Ceux qui parlent les deux premiers habitent pour la plupart dans le royaume d'Arakan , et les indigènes de. ce dernier parlant le ruk'heng, qui est un dialecte du ruk'hengbarma (91), nous nous trouvons absolument avoir fait la même classification qu'on a reprochée comme une faute grossière au savant philologue M. Adelung de Pétersbourg. Cependant, lorsqu'on veut classer les langues d'après leur affinité, il est incontestable qu'il arrive très souvent d'avoir à placer la même contrée dans deux ou trois groupes différens , selon le nombre de langues différentes qu'on y parle. Nous avens cru indispensable d'entrer dans ces détails , pour attirer sur ce point l'attention de nos lecteurs , et pour éviter des reproches que pourraient nous faire quelques littérateurs qui examinent \es

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livres, plus pour y trouver quelque chose à critiquer, que pour y chercher des connaissances nouvelles ou des faits qu'ils

Ignorent encore.

Il nous reste à dire un mot sur les langues canara etgurirauckhinagary qu'on nous reprochera pcut-clre de n'avoir pas classées dans le taLleau , ainsi que sur les idiomes de quelques tribus dont nous n'avons pas fait mention. Dans les précieux renseignemens que nous tenons de l'obligeance du savant missionnaire Dubois, qui a été tant d'années dans l'Inde, et qui connaît si bien tout ce qui regarde la partie méridionale de cette contrée , nous trouvons la remarque <c que l'on ne connait dans rinde aucun pays, ni aucune langue, désignés sous le nom de Canara. y) Ce savant religieux nous assure positivement que ce nom est inconnu aux Indiens, et que les géographes ont été induits en erreur lorsqu'ils ont appliqué ce nom de Canara a quelques-uns des peuples , des pays ou des idiomes de la côte de Malabar. Le pays et le peuple appelés Canara par les géographes d'Europe , sont , selon lui , à proprement parler , le pays et le peuple Touloupa, dont nous avons fait mention dans l'article de la langue maleyalam ou malabare (61), à laquelle ils appartiennent. Nous avons gardé le silence sur le gurimuckhinagary , qui est la langue religieuse des Sikhs , parce que, ne la connaissant que de nom , nous ne savions où la classer. Il nous paraît probable que c'est du sanskrit. Nous n'avons pas non plus parlé ni des Jaïns répandus dans tout le Guzurate , ni des Jautes ou Djates qui appartiennent à la caste des Soudra, ni des Rajepoutes qui appartiennent à celle des Tchetrisj ni de tant d'autres tribus semblables, parce que ce ne sont pas des nations différentes , mais des corporations politiques ou des sectes religieuses.

Nous n'avons également pas fait mention des féroces Pindiurles y qui depuis 1761 jusqu'en 1817 ont joué un rôle si grand dans l'iiistoire de l'Indostan , dont ils ont été le fléau par leurs cruautés et leurs brigandages. C'était une tribu indienne

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originaire du Malwah , à laquelle s'étaient associés tous les mauvais sujets des différentes sectes indiennes et mahomélanes de rindc. Les Anglais viennent de les détruire entièremenl , et ils n'existent plus nulle part comme corps de nation.

C'est par la même raison que nous avons passé sous silence les Kallis, qui ne sont, à proprement parler, que des petites tribus indépendantes , qui , gouvernées par des princes nommés polygars , vivent dans l'extrémité méridionale de la péninsule, où elles exercent leurs brigandages à main armée. C'est aussi ce que signifient les différentes dénominations de Kallis , Koulery's ou Coulys, sous lesquelles on les connaît, et qui dans plusieurs langues de l'Inde signifient voleurs.

Nous ne finirions jamais, si nous voulions faire toutes les réflexions qu'offre à notre esprit ce sujet difficile; nous nous bornerons à émettre nos doutes sur les idiomes que parlent les Grassias , qui habitent depuis un temps immémorial dans le Malwah, et les sauvages Bheels , qui demeurent dans les montagnes de cette province, et vont presque nus ; sur la langue parlée dans la partie montueuse du territoire des Sikhs comprise entre le Jhyhum et l'Indus, par les Guckers, si souvent mentionnés dans les guerres entre les Afghans et le Grand- Mogol : ainsi que sur celle que parlent les Siah-P usches dans le Kafîcristan , que le savant M. Frédéric Adelung classe parmi les dialectes de l'Afghan. Ce pays forme l'extrémité sud-ouest de la contrée improprement appelée Petit-Tibet par nos géo graphes ; contrée dont la plus grande partie , sous le rapport ethnographique et politique, n'appartient pas du tout au Grand- Tibet , qui nous paraît n'en pouvoir réclamer tout au plus que la partie orientale, c'est-à dire la principauté de Ladak; encore dans celle-ci plusieurs habitans paraissent être des Boukhares , et non des Tibétains.

Nous croyons indispensable d'observer que la Bible a été, soit toute, soit en partie, traduite dans la plupart des nombreux idiomes de cette famille, et même dans quelques-uns de

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leurs dialectes, par les missionnaires Baptistes. Quelques-unes seulement de ces traductions, mais en très petit nombre , avaient été faites antérieurement par d'autres missionnaires. Voici les principaux idiomes qui possèdent ces traductions : le sanskrit, l'hindi, l'hindoustani, le brouj ,1e harouti,le juya-poura, roudouya-poura,lamaraouar,le bikanir, lepenjabi, le dogoura, le cachemire, l'outch, le sindi, le koutch, le guzerate, le kounkouna, le malabare,le maldivien, le cingalais , le carnatara , le tamoule , le telinga, l'orissa, le bengali, l'assam, le nepal, le mithili,le magudha, le maharatte et le bundelkhund. Nous ajouterons, à cette occasion, pour ne pas nous répéter, que de semblables traductions ont été faites aussi dans le syriaque, l'arabe littéral et l'arabe vulgaire , le gheez ancien , le gheez moderne et l'amharique , idiomes compris dans la famille sémitique; dans le persan, l'afghanistan et le belloutche, appartenant à la famille persane, ainsi que dans les prétendus dialectes birman et ruk'heng de la langue ruk'heng-barma (gi) en moitay ou khassee (92), en siamois (9^), en chinois (110), et autres idiomes de la région Transgangétique.

Nous finirons cet article en invitant les voyageurs anglais , qui explorent avec tant de soin et d'assiduité les vastes contrées soumises à leur empire , et les régions limitrophes, à recueillir de petits vocabulaires contenant des mots bien choisis dans les idiomes des Dohash , qui demeurent dans le district de Malari dans le Gurwal, des habitans de Kalunga dans le district de Serinagur dans la même province , et dont le langage est connu sous le nom de phari-zaban , enfin de plusieurs tribus des Purhutties ou montagnards du Népal, parmi les- «juels on compte les Gurungs , qui habitent les plus hauts vallons de ce royaume , et réunissent aux superstitions du bouddhisme le culte affreux des sacrifices humains, et les Lapc/ias , dont une partie se trouve aussi dans les montagnes de la principauté de Sikkim, tributaire des Anglais. Toutes ces dernières peuplades nous paraissent être un mélange de Tibe-

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tains, d'Indiens et de Mongols, peut-être aussi de Bukhares et de Turks dans les parties les plus occidentales.

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