VI. Enfui le mauvais choix des incts
Ce que nous avons dit aux ]X°* I et III nous dispense de développer les conséquences de ce principe. Si l'on a tant de difficulté à former un vocabulaire exact lorsqu'on demande aux urelsles noms de choses qu'on peut leur indiquer par des gestes, telles que Yœil, la maiti , le pied ^\c iiezjle soleil, la lii/ie 3 etc., etc., que n'en aura-t-on pas pour obtenir d'eux des mots exprimant des idées abstraites ou des choses qui peuvent avoir plusieurs significations? Nous prions nos lecteurs de revoir ce que nous aA'ons dit en parlant des mots choisis pour la rédaction de nos tableaux polyglottes.
Malgré ces différentes îources d'erreurs qui, tout à-la-fcis ou séparément, contribuent plus ou moins à rendre inexacts les vocabulaires recueillis par les voyageurs, quelque soin qu'ils y mettent, quelque instruits qu'ils soient, ces collections de mots n'en sont pas moins utiles, et l'ethnographe qui en serait entièrement privé se verrait privé du meilleur, même du seul moyen de distinguer un peuple d'un autre, et de déterminer la famille à laquelle deux ou plusieurs nations appartiennent.
Faute d'avoir les moyens ou de se donner la peine de com-^ parer entre eux les vocabulaires dos idiomes connus, afin de connaître si une langue est entièrement différente, ou bien si elle a de l'affinité avec telle ou telle autre , plusieurs voyageurs et même quelques savans philologues sont tombés dans les méprises les plus singulières. Nous avons vu, à la page 268, Parkinsori nous donner un vocabulaire chinois (1 10) pour celui de la langue des naturels de l'île Java, et un autre mala]>ar€
CVllj DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
(Gi) pour le malais le plas pur. Le diligent, l'infatigaLle Hervas nous a donné, dans son Vocaholarlo Poliglotto , 67 mots par albanais recueillis chez les descendans des réfugiés alba nais dans la Sicile, sous la qualification de grec-sicilien ! Cette erreur grossière, dont tous nos lecteurs peuvent se convaiucre en jetant un coup-d'œil sur notre tableau polyglotte des langues européennes, a été fidèlement co[)ice et répétée par maint et maint géographe , et qui plus est par maint et maint savant qui se piquent d'être versés en philologie. Pallas même, dont les vastes connaissances lui méritèrent l'honneur d'être choisi par la grande Catherine pour rédiger le Vocabulaire comparatif des langues du Globe ( voyez à la page 64 ) , commencé par elle-même, le savant Pallas nous a donne les noms de nombres chinois pour ceux d'un prétendu dialecte mandchou. Cette erreur, nous observe M. Abel Remusat dans une note qu'il a eu la bonté de nous communiquer, cette erreur provient de ce que Pallas a donné sous le nom de second dialecte mandchou les nombres en chinois, tels qu'il les avait donnés lui-même comme appartenant a cette dernière langue, mais en y ajoutant la particule go {^o) , qni se joint aux noms de nombres quand on compte les personnes et les choses. Ainsi il donne - rgo (un), eulgo (deux), saiigo (trois), ssego (quatre), OM^'-o (cinq), lougo (six), tsigo (sept) , jo«o-o (huit), klou^o (neuf), chigo (dix), etc.
Cc5 exemples, et quelques autres que nous pourrions ajouter , en même temps qu'ils font sentir à nos lecteurs l'importance de la linguistique comparée, servent aussi à leur démontrer le grand parti que peuvent tirer de notre Atlas tous les voyageurs et tous ceux qui s'occupent des recherches historiques et philologiques. Par la manière avec laquelle se trouvent disposés dans nos tableaux polyglottes les vingt-six mots que nous avons choisis et que nous donnons en plus de 5oo langues différentes, chaque voyageur, chaque philologue, géographe ou bltcraîcur qui, ayant recueilli un nouveau vo~
Î3fISC0URS PRELIl^IINÀIRE. CiH
eaLiildirc, voudra lui assigner la [)l;icc (jui lui couviciit^ li'aura (Iju'à parcourir rapidcriicut pour cbafjuc mol la colonne vciticale qui lui correspond dans les cinq tableaux polyglottes, et dans quelques minutes, il sera en état de déterminer si son Yocahulairc a ou non de l'affinité avec lès autres langues connues. Nous-méme en avons fait rcxpérieucc, lorsque, au moment de livrer à la presse nos observations sur les langues de l'Afrique Australe , nous avons pu dans un clin d'œil prendre un parti sur la nature des langues masanja , tzchoambo et raatibani, dont nous venions de recevoir les vocabulaires. Voy. à la page 226.
Apres ce que nous venons de dire à l'égard de la rédaction des vocabulaires et après tout ce que nous avons dit en parlant de l'orthographe, nous croyons que perscmne ne pourra nous blâmer d'avoir conservé scrupuleusement l'orthographe originale de chaque vocabulaire. Ce n'est pas une innovation de notre part; nous n'avons fait que suivre en cela l'exemple d'un savant philologue, de M. Vater. Nous avons cru seulement devoir indiquer dans une colonne parliculièie l'orthographe qui nous paraissait avoir été suivie par l'auteur de chaque vocabulaire.
Fidèle à ce plan, nous nous sommes fait un scrupule de rien changer dans les vocabulaires, quand même nous avions toutes les raisons de croire qu'une faute s'y était glissée. Nous nous bornerons à eu signaler une dans le vocabulaire kolouche (85i) de M. Lisiansky (édition de Londres), où le mot l-ac/u veut dire langue et nez, ce qui nous paraît bien improbable. Néanmoins, nous avons copié fidèlement l'original, ne sachaîit lequel des deux mots devait être corrigé comme inexact.
Par les raisons exposées à la ])age xcv, nous nous sommes cru aussi obligé de transcrire d'après l'orthographe allemande les nombreux vocabulaires que nous avons empruntés à VA^ùi PolyglotUv de M. Klaproth. Dans celle transcrij)t!on nous avons conservé ses aspirations marquées par des apostrophes mis après l'A^ le h , le t, etc., etc.; nous avons exprimé par
ex DISCOURS PRELIMINAIRE.
un j le jivèle des Russes , par tsch leur tclierv j par $chtsch leur chtcha ; et nous avons rendu par ds et par dj les deux autres caractères particuliers imaginés par M. Klaproth pour exprimer le ds des Allemands égal au z des Italiens , et le djm des Arabes. Dans ces mêmes yocabulaires Xn italique exprime le son nasal des Français.
Nous avons aussi engagé le jeune littérateur, auquel nous devons l'intéressant Coup-d'œil sur la littérature ru^se , à réduire à l'orthographe française tous les vocabulaires slaves qu'il a bien voulu tirer pour nous du grand dictionnaire de M. Linde, où ils sont tous écrits aA'^ec les caractères adoptés dans les difFérens pays où l'on parle ces idiomes. Dans cette transcription M. N. N. a tâché de rendre le son de chaque mot aussi exactement que la nature de l'alphabet français le permettait. Pour en exprimer quelques-uns qui n'existent pas dans la langue française il a du attacher aux difFérens signes et lettres des significations qu'ils n'ont pas dans l'alphabet français. Ainsi il faut donner aux tz le son du z allemand. L'accent grave sur une voyelle suivie d'une n ou d'une m veut dire, qu'on ne doit pas leur donner le son nasal, mais au contraire celui que ces lettres ont dans la bouche des Italiens. Le même accent sur une voyelle suivie d'autres consonnes signifie qu'en prononçant le mot il faut faire sonner ces consqnnes. Les tch doivent être prononcés comme les Italiens prononcent leur c ^levant les voyelhs e t\ i^ ou bien les Allemands leurs tsch. Les hJi doivent être prononcés comme les ch allemands. Enfin Xj doit avoir le son d'un i oc gosier, qui est particulier aux langues slaves.
Les noms de nombres de plusieurs nations de l'Amérique au-dessus de 5 et quelquefois même au-dessus de 3 et 4, sont des mots composés et d'ime longueur extraordinaire. Comme nous nous réservons de traiter ce sujet en détail dans un autre ouvrage, et que cette espèce de mots , que nous aurions pu donner dans une vingtaine de vocabulaires de peuplades barbares,
DISCOURS PRELIMINAIRE. CXJ
ne nous paraissaient pas assez importans pour nOds obliger à rétrécir toutes les colonnes destinées à la classification des autres mots, nous avons pensé qu'il valait mieux les omettre. D'ailleurs un grand nombre de nations de l'Amérique Méridionale ne comptent pas au-delà de 3p comme nous l'avons remarqué dans plusieurs vocabulaires, et entr'autres dans les 20 vocabulaires que nous devons à l'obligeauce de MM. Spix et Marti II s.
Quelquefois nous avons tâché de compléter le vocabulaire d'un voyageur par celui d'un autre. Dans ce cas, nous avons eu l'attention de mettre toujours entre parenthèse les mots que nous empruntions à une autre source. Nos lecteurs peuvent eu voir beaucoup d'exemples dans tous nos tableaux polyglottes. Le rôle important que joue le sanskrit dans la famille à laquelle il donne le nom, nous a engagé à donner tous les véritables synonymes sanskrits des 26 mots de nos vocabulaires. Nous disons les véritables , parce que M. Burnouf fils, qui a bien voulu nous les fournir, nous observe dans une note, que tous les autres donnés comme tels par les dictionnaires indiens, sont plutôt des adjectifs et des espèces de mots qualificatifs des objets que de vrais synonymes. C'est ainsi que dansées dictionnaires le soleil est nommé \q père du Jour , V auteur de la lumière , le chef des astres ^ le resplendissant, etc., etc., etc. Cette remarque judicieuse peut élro ap-r^ pliquée à plusieurs autres langues, dont les nombreux synor-, nymcs disparaîtraient sans doute, si nous les connaissions aussi bien que M. Burnouf connaît le sanskrit.
Nous avons ajouté les synonymes des vocabulaires coréen (1 1 6) et nouveau calédunicn-rosscl (435) pour faire voir l'existence de plusieurs langues, pour le moins sœurs, dans la Corée et dans la Nouvelle-Calédonie, où l'on suppose généralement qu'il n'en existe qu'une seule.
Nous avons donné deux vocabulaires du tchinkitane (852) , afin d'ofïrir à nos lecteurs un exemple frappant des anoina-
%xij DISCOURS PRÉLIMINAIRE..
lies que }3rcseïile rorthographc de deux français , MM. Cbawal et RoLlet, écrivant tous les deux les mêmes mets recueillis simultanément chez la même tribu.
Nous avons mis avec les vocabulaires de Tallefiiand celui du. prétendu dialecte rotJiwelsclie (169) pour faire voir par une preuve de fait combien il est absurde de regarder^ dV.prè3 i'opinion de Ch. Adelung et d'autres philologues allemands , ce jargon comme un simple dialecte de la langue des Schiller, des Goete, des Wieland. Dans l'Atlas et dans l'Introduction (p. 4i) nous avons laissé entrevoir combien nous étions contraires à cette classification.
Nos lecteurs seront peut-être surpris de voir écrits d'après l'orthographe française des vocabulaires qui ont été recueillis par des Allemands , ou d'après l'orthographe allemande des vocabulaires écrits piimitivcmcnt en anglais. Mais leur éfonnemcnt cessera lorsqu'ils sauront que les vocabulaires maconi (5o3), patacho (5o4), camacan (5o5), menieng (5o6) et malali (5o8) recueillis par M. le prince de Neuwied, ont été tirés de la traduction française, n'ayant pas pu nous procurer l'ouvrage original. Nous avons transcrit nous-mêmes selon l'orthographe allemande les vocabulaires des Sioux(774), des Wincbago (775), des Ottoes (77C) et autres, parce que les savans vovageurs qui les ont recueillis ont eu le soin de représenter la prononciation de chaque syllabe d'après la méthode de Walkcr , ce qui nous a mis en état de la traduire assez exactement en allemand. Sans cela nous n'aurions jamais osé le faire, pour ne pas ajouter nos méprises à celles qui sont inséparables de la rédaction de semblables collections.
Nous aurions voulu distinguer dans les mots dent ci œil , le singulier du pluriel , parce que les voyageurs donnent dans leurs vocabulaires ces deux mots, tantôt au singulier, tantôt au pluriel. Mais nous avons été obligé d'y renoncer, vu le peu de cas où les voyageurs ont eu soin d'indiquer cette distinction. Elle est cependant de la plus haute importance , puisque daws une
mSCOURS PRELIMINAIRE. Cxii)
toUle de langues , le pluriel de ces deux mots dilïere beau-' coup du singulier. Dans nos vocabulaires nous avons donné la préicrence au singulier, toutes les fois qUe nous l'avons pu.
Nous croyons inutile d'ohserver que nous avons mis le plus grand soin dans le choix des vocabulaires que nous offrons dans nos tableaux polyglottes. Il y a tel vocabulaire qui nous a coûté plusieurs heures de recherches, et ce n'est qu'avec bien de la peine que nous avons pii compléter tel autre. Ne voulant admettre dans nos tableaux que des vocabulaires possiblement exacts, nous les avons puisés dans les ouvrages originaux quand nous l'avons pu ; ce n'est que lorsque nous ne pouvions faire autrement, que nous avons eu recours aux immenses collections de Ilervas, de Pal las et de Jankiewilsch , parce que les fautes, soit typographiques , soit de rédaction, dont ces collections fourmillent , nous inspiraient la plus grande méfiance contre elles. Pour n'en citer qu'un seul exemple, nous dirons que sur lesvingt-^six mots frisons que M. Klaproth a eu la bonté de tirer pour nous du vocabulaire Petropolitanum , trois seuls ont été trouvés exacts par M. le docteur Hermès, dont nous avons parlé à la page 177. Nous pourrions dire la mcme chose du vocabulaire hindoustani , qu'on nous avait donné, comparé à celui que nous devons à l'obligeance de M. Garcin de Tassy , qui s'occupe particubèrcment de l'étude de cette langue. Quand nous avons trouvé plusieurs vocabulaires de la même langue, nous avons donné la préférence à celui qui était le plus complet et qui nous paraissait être le moins inexact.
Toutes les fois que nous avons pu nous procurer les vocal)ulaires directement des personnes qui s'occupent particulièrement de telle ou telle langue , ou qui appartiennent au pays où on la parle, nous n'avons pas manqué d'avoir recours à leur obligeance. C'est ainsi que nous devons à M. Saint-Martin les vocabulaires hébraïque, chaldéen, syriaque, arménien,
CXIV DISCOURS PRELIMINAIRE
arabe, persan, kurde d'Amadia, zendet pchlvi; à M. de Chezy> le sanskrit; à M. Burnoiif fils, les véritables synonymes du sanskrit, et le vocabulaire pâli; à M. Garcia de Tassy , le vocabulaire hindoustani ; à M. l'abbé Dubois, les vocabulaires îamoul, cannada et telinga ; à M. Remusat;, le kouan-hoa et l'annamitique ; à M. l'abbé Langlois , Tanamite ; à M. Mac Kay (Voy. à la pag. i64), les vocabulaires celtique et welsL; à M. Hase, les vocabulaires hellénique etronieïka;à M. Bïinas, ex-professeur de pliilosopîiie et de rhétorique en Macédoine; ceux des dialectes dorien et éolique , à M. Hugot(i) , le valaque; à M. l'abbé Gley, l'allemanique ; à M. Hermès, le frison, l'islandais et le meso-golhique; à M. Malte-Brun, le danois et le vieux lithuanien; à M. Rezius, le suédois; à M. Larenaudière , l'anglo-saxon ; à M,, Gerits , le hongrois ; à M. Champollion jeune, l'égyptien moderne ; à M. Reinaud^ le berber ou atlantique propre, tiré du manuscrit de Venture; à M. Joniard, les vocabulaires de syouah, le mandingo de bambara et le wolof ; à M. le capitaine Louis de Freyciueî , le malais de Timor et le mariannais ou charaorre.'Nous devons aussi observer que M. le baron Guillaume de Humboldt, qui préparc depuis long-temps un travail classique sur les langues du Nouveau-Monde, et qui possède la plus riche collection linguistique qui ait encore été faite de ces idiomes, a bien voulu nous communiquer quelques vocabulaires , et entr'autres la double numération de larawaque , tirée d'une grammaire de cet idiome encore manuscrite.
Nous remarquerons même , au sujet des vocabulaires de nos
(i) M. Hugot , consul de France à Pmkharest , s'occupe depuis quelques années de la rédaction d'une grammaire et d'un dictionnaire valaques , qu'il se propose de publier. C 3S deux ouvrages, travaillés avec le plus grand soin et avec les connaissances philologiques nécessaires , jetteront le plus grand jour sur une langue encoie trop peu connue , malgré l'intérêt qu'elle doit inspirer à tous ceux qui s'occupent de recherches linguistiques et ethnographiques.
DISCOURS PRElIMINAIRE. CXV
tal)leaiix polyglottes, que presque tous ceux des dialectes européens offrent la singularité remarquable d'avoir été fournis par des personnes qui jouissent justement d'une grande célébrité littéraire, ou qui occupent des places éminentcs dans la société. Nous nous bornerons à nommer parmi les personnes auxquelles nous devons des vocabulaires allemands , le célèbre géographe Ritter, le prélat Sclimid de Ulm, M. Hermès, rédacteur de la Britannia j M. Jàek, bibliothécaire à Barnberg, M. Kopitar, bibliothécaire à Vienne; M. Golbéry, conseiller à Colmar; M. Rezius, médecin de S. M. le roi de Suède; M. Lipowsky, archiviste de la ch;imbre des députés du royaume de Bavière et conseiller intime du roi , etc. ; parmi les personnes auxquelles nous devons des vocabulaires italiens nous nommerons Son Eminence le cardinal Zurla ; M. de Suleau , préfet de la Corse; M. Joseph Acerbi, rédacteur de la Biblioteca italiana) les botanistes Tenore et Mauri; les physiologues Fodera et Rolando et le prédicateur Mariotti ; parmi les personnes qui nous ont donné des vocabulaires français, MM. Champollion Fîgeac, Barbier du Bocage (père) et Bottin ; pour les langues slaves, nous citerons les comtes Sorgo et Carli ; et pour le basque, M. Garât.
Nos nombreuses relations nous ont mis en état de rassembler les 26 mots de nos vocabulaires et le temps présent et le passé défini du verbe être dans un bien plus grand nombre de dialectes et de patois, que ceux que nous donnons dans notre tableau polyglotte de l'Europe. Mais, a3^ant trouvé qu'ils ne différaient pas beaucoup entre eux, nous avons cru bien faire de ne pas les classer dans le tableau. C'est pour cette raison que nos lecteurs n'y trouveront ni le romain, ni le florentin, ni le maltais, parce que dans ces trois dialectes nos 26 mots n'offrent presque aucune différence avec les mots correspondàns de l'italien littéral. De même la comparaison que nous avons faite du vocabulaire cilabrais\le San Niccolo , fourni par M. Basti,avec le vocabulaire sicilien, donné par
CXVJ DISCOURS PRÉLIMINAIRE^
M. Fodcra, nous a oLligé à réunir le calabrais et le siciKcBy pour ne pas répeter les mêmes mots.
Les nombreux auteurs, que nous avons eu occasion de citcF dans l'Introduction, et surtout dans les cinq chapitres qui traitent de la classification suivie dans l'Atlas, étant, avec quelques autres, ceux auxquels nous avons emprunté tous nos vocabu-» laires des langues asiatiques, africaines, océaniennes et américaines , nous croyons inutile de répéter ici leurs noms. Nous observerons seulement que la rapidité avec laquelle procédait nraprcssion des dernières feuilles de notre Atlas, ne nous a pas laissé le loisir nécessaire pour remplir quelques lacunes qu'offrent nos tableaux polyglottes, vu que le mot langue n'entrait pas dans le premier choix que nous en avions fait pour leur rédaction, et que nous avions négligé de copier quelques vocabulaires, lorsque nous travaillions aux articles correspondans des tableaux ethnographiques. Heureusement, nous pouvons assurer que ces lacunes sont peu nombreuses et d'une médiocre importance.
Passons maintenant à exposer les motifs qui nous ont engagé à entreprendre la rédaction de notre Atlas , et traçons rapidement la marche que nous avons suivie , et le plan d'après lequel nous l'avons rédigé.
Convaincu de l'importance et de l'utilité, pour ne pas dire de la nécessité de joindre les utiles résultats des recherches des philologues ethnographes à tout travail relatif à l'histoire et a la géographie, nous avons cru faire une utile innovation ea introduisant pour la première fois dans un abrégé de géographie (i), un tableau des principales langues connues subdivisé en cinq sections correspondantes aux cinq grandes divisions du Globe. A cette époque, presque étranger aux éludes philologi-
(i) Compendio di geografia conforme aile ultime politiche transazioui et più icccnti scopcite, conedato di cinque tavole sistematiche délie pi incipali lingue, c di altiettanle dissertazioni sulla popolazione attuale dcllc ciuque parti de! mondo. Venezia 1817.
DISCOURS PRELIMINAIRE. CXVlj
qucs, nous n'avions d'autres matériaux pour rédiger ce taLlcau, que ceux renfermés dans l'ouvrage le plus savant qui avait paru jusqu'alors , le Mlthridates de MM. Adclung et Vater. L'accueil favorable accordé par le public à notre abrégé nous ayant engagé à en faire une seconde édition, nous avons été frappé, en revoyant nos tableaux ethnographiques, de plusieurs imperfections que nous n'avons pu faire disparaître entièrement , n'ayant alors ni les moyens, ni le loisir sufnsans. C'est en nous occupant de ces changcmcns, que nous avons conçu le projet de publier un Tahleau Polyglotte du Glohe (voy. pag. 220), ouvrage que nous avons entrepris aussitôt que la seconde édition de notre géographie a été terminée. Nous étions déjà très avancé dans ce travail, lorsque des circonstances imprévues nous ayant offert l'opportunité de rédiger la statistique d'un pays, qui n'en avait encore aucune , nous avons été obligé de le suspendre pendant deux ans pour nous occuper exclusivement de deux ouvrages purement géographiques (i). Immédiatement après leur publication nous avons repris notre Tableau Polyglotte, auquel depuis ce temps nous avons consacré toutes nos veilles.
Les principaux journaux littéraires de l'Europe et nos précédens travaux sur la géographie nous avaient signalé les importantes acquisitions que cette science venait de faire, et celles non moins importantes dont la linguistique s'était enrichie , grâce à la noble ardeur et au zèle infatigable de tant de voyageurs Anglais, Français, Allemands et Anglo -Américains. L'absurdité de la division des langues en monosyllabiques et polysyllabiques, si victorieusement démontrée par M. Abel
(1) Variétés Politico-Statistiques sur la Monarchie Portugaise. 1 vol. in-8". Paris, chez Rcy et Gravier, 1822.
Essai Stiitistique sur le royaume de Portugal et d'Algave , compar*aux autres Etats de l'Europe , et suivi d'un coup-d'œil sur l'état actuel des sciences , des lettres et des beaux arts parmi les Portugais des deux hémisphères. 2 vol. iu-8°. Paris, chez Rcy et Gravier, 182a.
CXVllj DISCOURS PRELIMINAIRE.
Hcnuisat dans les Mines de l'Orient et dans ses savantes Reclierclies sur les langues tartares; toutes les nombreuses langues de rOcéanie , presque entièrement omises dans le Mitliridates, et qui, par conséquent étaient encore à classer; celles de l'Asie et de l'Afrique , pour lesquelles des découvertes récentes et les progrès de la science , nécessitaient une nouvelle classilîcation ; celles de l'Amérique qui devaient être groupées différemment, et auxquelles il fallait ajouter tous les idiomes que les voyageurs venaient de faire connaître ; enfin , celles même de l'Europe , qui demandaient d'importantes modifications dans leur classification : tout cela , en nous montrant ce qu'il y avait à ajouter à l'immense travail des savans auteurs du Mithridates , nous indiquait la vaste carrière qui s'ouvrait devant nous , et toutes les difficultés qui nous attendaient en la parcourant.
D'ailleurs, nous ne nous dissimulions pas que la classification etlvnograpliique de tous les peuples connus était un ouvrage nu-dessus des forces d'un seul individu ; que nous n'avions pas les moyens de faire faire , dans les régions éloignées , les rccliercLes nécessaires pour éclaircir lestlcJutes , pour remplir les lacunes, ou pour aplanir les difficultés que nous devions y rencontrer. Ignorant les langues orientales, nous savions qu'il nous serait impossible de prendre parnous-même un parti convenable, lorsque les opinions des savans orientalistes ne seraient point uniformes. Nous savions enfin qu'un semblable travail ne pouvait être convenablement exécuté dans toutes ses parties, que par une société nombreuse de savans, choisis au sein des grands corps littéraires de l'Europe, tels que l'Institut îloyal de France , l'Académie des Sciences de Londres, celles de Berlin , de Pétcrsbourg et autres, ainsi que parmi les professeurs des écoles spéciales des langues orientales de Vienne, de Paris et de Pétersbourg , et dirigée par un ou deux savans philologues chargés d'en réunir les travaux spéciaux, (i)
(i) Ua des savans, qui appartient aa petit nombre de ccu\ dij^es
DISCOURS PRELI^IINAIRE. CXIX
Nous n'ignorions pas non plus rpie les matériaux nécessaires pour faire un travail général géograpliico-ethnographiqiic tel que nous l'avions conçu , n'avaient pas encore été rassemblés en quantité suffisante pour suivre toujours le mémo plan. Nous prévoyions que les lacunes de la géographie et celles encore plus nombreuses de l'etlinographie nous arrêteraient Lien souvent au milieu de notre marche , déterminé que nous étions à renoncer aux systèmes et aux conjectures pour nous borner à la simple exposition méthodique des faits positifs. Ces difficultés , qui naissaient de l'état encore imparfait oii se trouvent ces deux sciences, étaient encore augmentées par celles que faisait naître le plan d'après lequel nous avions conçu notre ouvrage.
Devant resserrer dans des tableaux tout ce qui est relatif aux langues et à leur classification , l'espace devait nous manquer bien souvent, pour entrer dans les détails soit géographiques , indispensables pour indiquer les lieux différens où une langue est parlée, soit historiques, pour en faire sentir oute l'importance, soit linguistiques, pour exposer les traits les plus remarquables de sa grammaire. Cependant toutes ces difficultés ne nous ont pas découragé, parce que nous n'avions pas la prétention ridicule de donner à notre ouvrage une perfection que rendaient impossible les moyens bornés d'un seul individu , et l'état actuel de la géographie et de la linguistique. Nous bornant à présenter, en peu de pages et en quelques tableaux, la classification méthodique des principaux faits positifs que l'ethnographie avait déjà rassemblés , coordonnés aux principales divisions géographiques et à quelqucs-
d'étrc mis à la tête d'une si vaste entreprise, serait , il nons semble , M. le baron Guillaume de Humboldt, le seul de tous les hellénistes qui, à de profondes connaibsances sur latliccrie du langage et sur tout ce qui regarde les hautes questions de la linguistique , réunit la connaissance approfondie du sanskrit , des langages sémitiques et de presque tous les idiomes de l'Europe, sans en exclure le basque, le fcelto et le hongrois.
CXX DISCOURS PRÉLIMINAIRE
unes des piiucipales époques de l'histoire, nous ne désespérions pas d'atteindre notre triple Lut , assisté comme nous l'étions par plusieurs savans très distingués, et qui s'offraient généreusement , non-seulement à nous fournir des documcns précieux , mais encore à revoir les parties de notre travail , qui étaient de leur domaine respectif. Nous étions aussi encouragé par l'avantage dont nous jouissions de pouvoir puiser aux trésors littéraires publics et particuliers renfermés dans les superbes établissemens d'une ville immense, devenue depuis long-temps le point de réunion de tous les savans du monde civilisé.
Malgré tous ces secours et toute l'ardeur que nous mettions à rexécution de notre ouvrage, les difficultés imprévues que nous avons rencontrées pour ainsi dire'^à chaque pas , nous ont obligé tantôt à modifier notre plan, tantôt à consumer un temps considérable pour les surmonter. Lamortd'un savant distingué, M. Langlès, qui nous aidait de ses conseils, et qui , avec cette bienveillance qui formait le plus bel ornement de son excellent caractère, mettait à notre disposition le plus riche dépôt qui eût encore été fait des trésors littéraires de l'Orient, fut pour nous une entrave de plus. Plus d'une fois, désespérant d'arriver au but, nous avons été sur le point d'abandonner notre entreprise, et nous y aurions entièrement renoncé sans l'assistance généreuse de MM. Ghampollion Figcac, Férussac, Malte- Brun, Abeî Remusat , Saint-Martin, ainsi qu'un autre, que son excessive modestie nous défend de nommer. Ces savans nous aidèrent de leurs conseils , nous procurèrent les livres nécessaires pour continuer nos recherches, nous fournirent des notes précieuses , nous mirent en relation avec d'autres sa* vans distingués, nous remirent sur le bon chemin, lorsque nous étions près d'en sortir et ranimèrent plus d'une fois notre courage prêt à nous abandonner. Après plusieurs essais plus ou moins infructueux et pénibles , essais qui retardèrent la publicalion de notre ouvrage annoncée depuis si long-temps,
DISCOURS PRÉLIMINAIRE. CXXJ
ïious lions sommes enfin arrête an plan que nous avons inaltcniLlcment suivi. Quel qu'il soit, il nous a paru le plus propre î\ faille marcher ensemble Tetlinographie avec la géographie et l'histoire, et à mériter à notre travail la confiance du lecteur, qui y trouvera toujours exposés les motifs qui nous ont guidé dans notre marche.
Mais , avant de parler du plan de l'Atlas , nous devons payer le tribut de notre reconnaissance aux savans distingués à la bienveillance généreuse desquels nous devons tout ce que notre ouvrage contient de meilleur, et sans Tassistance desquels nous n'aurions jamais pu terminer une entreprise aussi difficile. Comme dans les différens chapitres de l'Introduction et dans le corps de Touvrage, nous indiquons en détail tout ce que nous leur devons, nous nous bornerons ici à donner la liste alphabétique de leurs noms. Nous avons marqué d'une étoile ceux qui nous ont le plus aidé, soit par leurs conseils, soit par les renseignemens précieux qu'ils ont bien voulu nous fournir. Nous ne devons aux autres que des vocabulaires.
Joseph Acerbi. * Fodera.
Agoub. Friedlander (de Koiùgsberg).
AuRERT DE ViTRY. , * FuETCiNiiT ( Ic Capitaine).
* Barbier du Bocage (le fils aîné). Carat. Barbier du Bocage (!e père). Garcin de Tassy.
ÏÎASTi. * Garnot.
Jules de Bi,ossevili.e. * GAnviARD.
* BucnoN. Gley (l'abbé).
* BURNOUF fils. Goi.BERY.
* BUTET. * GUIELEMIW.
^•ïf^zY. * Gaixatin (voyez à la page 279).
Champolliow figeac. * Gerits.
Champollion jeune. * Hase.
* COSTANCIO. * HÉREAU.
CoTTARD. * Hermès.
Carli (lecoi»t«), * * Heibkrg.
Depping. Guiel. de Humboldt ( le baron ).
* Ferdinand Dewis. * Alex, de Humboldt (le baron ).
* Desmoulins. Jaek.
* Dubois (l'abbé). * Jomard.
DupERREY (le capitaine). * Jaubert.
Fenech (de MaJte). * Jamieson (voyez à la page iC5).
* FÉRUS8AC (le baron). * Jui,es KtArBOTH.
CXXIJ
DISCOURS PRELIMINAIRE
KOPITAR.
Kruse (d'Elberfeîd).
* Larôquette.
Ltpowsky.
* Adolphe i>e Lindeneerg.
* Langloxs (l'abbé).
* Langlès.
* Larenaudière.
* Lampredi.
* P. Lesson.
■* Malte-Bruit.
* Mauri.
Meyer (de Gîiickstadl).
Pacho (le voyageur).
* Joseph Passa lacqua.
Petracco (de Fivime).
RiTTER ( le célèljre ijéograplie ).
* PiEZIUS.
KOLAKDO.
Rtjgendas.
Manuel Restrepo (toy. pag. 998).
* Abel Remusat.
* Saint-Martin, Auguste de Saint-Hilaire.
ScHMiD ( de Uîm ).
Charles Siebold (de Darmstadt).
Mac-Kay (voyez à la page i65). Steficu (de Cherso).
Martius.
-MiNOÏDE Mynas.
MoLLiEN (le voyageur).
MoLLiTOR (de Fribourg).
Mariotti ( le prédicateur).
* Isidore Nacuet.
* IXeuenkirchen (de Riga).
* Pedra-Branca (le baron).
* PiiraEiRo Ferreira (voy. p. 1 3 ).
SoRGO (le comte).
Spix.
Tilati (d'Udine).
Tenore.
* Verdier.
* WuciiERER (voy. page 17 1).
* Wardkn.
WiLKENs (de Brème).
* Zurla (îo cardinal).
En examinant cette longue liste de personnes qne nous avons presque toutes connues à Paris, une pensée se présente naturellement à notre esprit : celle des avantages immenses qu'offre cette ville à tous ceux qui veulent entreprendre un travail dans le genre du nôtre. En effet, par sa position centrale et par les charmes infinis offerts aux étrangers, Paris est comme le rendez-vous naturel de tous ceux que les affiûres ou le plaisir engagent à sortir de cliez eux. Celui donc qui voudra écrire sur les langues en général , se trouvera facilement en contact avec des personnes de toutes les nations civilisées du monde, et pourra sans peine rectifier les Jugemens inexacts qu'il aurait pu avoir portés, ou bien ajouter d'importantes observations à celles qu'il auitiit déjà faites sur telle DU telle lauGfue, sur telle ou telle littérature. Les nombreux et magnifiques établissemens littéraires qui forment le plus bel ornement de cette ville superbe, la rendent le séjour habituel d'un grand nombre de sa vans distingués dans toutes les branches des connaissances humaines ; et la renommée de sus aca-
DISCOURS PRELIMINAIRE. CXXlij
dcmiciens et de ses professeurs y attire annuellement une foule d'étudians, d'amateurs et de sayans de toutes les parties du Globe où la civilisation européenne a déjà porté son flambeau. Nouvelle chance favorable pour l'ethnograf-he, de se trouver en contact avec un grand nombre de personnes instruites aj)})artenant ù dififérentes nations, de rectifier ses idées, et d'obtenir des conseils et des renseignemcns de la part de tant de savans nationaux et étrangers. C'est aussi dans celte capitale que la richesse s'empresse de s'associer au zèle des savans pour toutes les entreprises utiles à l'avancement des connaissances, et que ce même zèle a fondé, avec une persévérance à toute épreuve, quelques-uns de ces établissemcns littéraires qui sont un centre animé de relations réciproques entre tous les points du monde savant. Tel est le Bulletin universel des Sciences j fondé et dirigé par M. le baron de Férussac, institution qir. semblait d'abord supérieure aux forces d'un seul homme, et que l'esprit d'ordre et une organisation aujourd'hui justifiée par l'expérience, ont pleinement affermie, à l'avantage général des hommes instruits de tous les pays , qui trouvent pour la première fois à leur portée tous les journaux scientifiques et littéraires connus , les ouvrages les plus importans publiés dans tous les pays, et, dans des réunions périodiques favorisées par le plus bienveillant accueil, les moyens de se voir, de s'entendre, et de se livrer à cet échange d'idées et d'opinions, qui n'est pas le mode le moins propice à la propagation des découvertes et des vérités nouvelles. Enfin, la manière dont ces mêmes ttablissemens littéraires sont dirigés , la complaisance et le vaste savoir des personnes aux soins desquelles ils sont confiés , en les délivrant d'un côté de cette espèce d'impôt que certaines villes prélèvent à leur porte, et de l'autre, en facilitant de mille manières les recherches de celui qui les fréquente, font que ces institutions , atteignant , peut-être ici plus qu'ailleurs, le but philanthropique de leur création , offrent de nouveaux avantages à l'ethnographe qui
CXXIV DISCOURS PRELIMINAIRE
veut en profiter. Et nous n'omettrons pas d'ajouter, la rceonnaissance nous en fait un devoir, que tant d'avantages réunis ont leur véritable source dans cette aménité de caractère, dans cette exquise politesse sociale qui , dans tous les temps et dans tous les pays, ont si justement recommandé le nom franpis.
Voici les traits principaux du plan de notre Atlas, dont nous ne donnons pas ici les détails, parce qu'ils sont indiqués dans la table des matières , qui, par la forme particulière que nous lui avons donnée, peut être considérée comme un tableau synoptique de tout l'ouvrage, et fournit aux lecteurs un iroyen facile de retrouver sur-le-champ les difFérens sujets dont ils pourraient s'occuper, ou qui pourraient piquer le plus leur curiosité.
Tout l'ouvrage est divisé en trois parties, que nous avons nommées Introduction, Atlas ethnographique du globe et Tableau physique, moral et politique des cinq parties du MONDE. La première et la troisième forment deux volumes in-8°, la seconde un volume in-folio.^
L'Introduction est partagée en huit chapitres dont les deux premiers sont destinés à exposer ce qui se rapporte à la classification générale des langues et à celle des moyens graphiques connus ; les cinq suivans servent d'introduction aux sections correspondantes de l'Atlas Ethnographique du Globe; le dernier ne doit être regarde, à cause du sujet spécial qui y est traité, que comme un appendice de l'introduction.
Dans le premier chapitre on traite de la classification générale des langues, en traçant leur marche progressive; on indique les moyens de reconnaître les souches d'où dérivent les différens peuples de la Terre par l'examen de leurs langues; on signale le vague , les incertitudes et les lacunes de la linguistique et de l'ethnographie ; on donne d'après un savant philologue les définitions de règne oX famille ethnographiques ^ de langue, dicilectç , sous-dialecte, variété et Ja?gon ; on démontre
ÈléCOtRS PRÉLIMINIIJRÉ. CXXV
TimpossiLilité de suivre inaltérablcment le même principe dans la classification des langues, et la nécessité d'en admettre plusieurs , selon les citxonstances particulières aux divers idiomes et selon l'état encore si imparfait de la linguistique; on montre par de nombreux exemples en quoi consiste la dillérence qu'offrent entre elles plusieurs langues sœurs, et en quoi diffèrent quelques langues dérivées de celles que l'histoire de l'ethnographie nous signale comme leurs souches; on justifie certaines distinctions admises dans la classification des langues, et certaines expressions employées dans cet ouvrage , surtout dans l'Atlas. Tous ces détails nous ont paru indispensables poui* motiver les classifications adoptées dans les tableaux ethnographiques, et pour pouvoir aborder convenablement l'importante question relative au nombre des langues connues, sur laquelle nous offrons nos conjectures. On est revenu en plusieurs endroits de l'Introduction, sur ce même stijet, à cause de son importance, de sa nouveauté, et pour combattre par* des faits l'opinion, d'après laquelle on ne parlerait qu'un petit nombre de langues sur le Globe; opinion qui est généralement admise, quoique sans aucun fondement, vu l'état encore si imparfait de la linguistique et de la géographie. Un essai de la bibliographie des langues termine ce chapitre. Nous avons le regret de n'avoir pas eu assez de loisir pour nous livrer aux longues recherches nécessaires pour traiter convenablement ce sujet important.
Dans le deuxième chapitre, nous réduisons à sept classes différentes tous les moyens graphiques connus employés par les hommes pour exprimer les objets et la pensée , depuis la peinture simple, la composée et la symbolique, jusqu'aux caractères chinois , aux syllabaires et aux véritables alphabets. C'est dans ce travail, qui a été entièrement revu et enrichi de plusieurs notes par les savans philologues MM. Champollion Figeac, Dcpping , Abel Rcrausat et Saint-Martin, que nos lecteurs trouveront d'autres renseigncmens aussi curieux
CXXVJ DISCOURS PRiLIMINAIRR.
qu'irnportans , que nos longues recherches sur les langues nous" ont fourni roccaslon de mettre ensemLle. ;
Dans les chapitres III, IV, V, VI et VII, nous exposons les motifs qui nous ont guidé dans la rédaction de nos tableaux ethnographiques, et nous indiquons les sources auxquelles nous avons puisé. C'est aussi dans chacun de ces derniers chapitres, que nos lecteurs trouveront une foule de choses curieuses et importantes que le cadre resserré des tableaux ne nous perraettc^it pas d'y insérer, et qui auraient été déplacées dans le Tahleau physique , moral et politique des cinq pai'ties du monde. Par cette disposition , nous avons pu rompre en partie la monotonie et l'aridité inséparables du sujet ti^aité dans ces chapitres.
L'honneur^ que feu S. M. l'empereur Alexandre a daigné nous accorder, de lui dédier notre ouvrage, nous parut nous imposer le devoir d'entrer dans quelques détails sur la langue et sur la littérature de la nation puissante qu'il gouvernait avec tant de sagesse et de gloire. Dans nos diiférens travaux géographiques, nous avions eu occasion de rassembler une foule de renseigncmens curieux sur la marche de la civilisation et de la littérature en Russie; nos relations avec M. Amédée Butet , attaché au ministère des affaires étrangères, et possédant parfaitement la langue et la littérature de cette nation, nous avaient procuré l'occasion de les augmenter etd'cu rectifier quelques-uns. Cependant nous n'avons pas hésité à laisser de côté tout ce qui nous avait coûté tant de peine à rassembler, convaincu que nous étions de la préférence que devait mériter l'Aperçu qu'un jeune Pousse , aussi savant qu'impartial , nous offrait généreusement de tracer pour notre ouvrage. Ces détails ne pouvant et ne devant pas entrer ni dans l'Atlas, ni dans le Tableau physique, moral et politique, nous avons cru convenable d'en l^airc le sujet du huitième chapitre, qui est le dernier de notre Introduction, Nous avons cru d'autant plus nccessaiic d'entrer dans ces détails, que nous voyions les opi-
DISCOURS PRELIMINAIRE. CXXVIJ
liions les plus erronées reproduites dans plusieurs livres, sous d'autres rapports Lien recomrnandaLIes, sur l'état moral et littéraire de la nation russe, et que nous le croyions le seul moyen convenable pour justifier ce que nous avions dit dans notre tableau des langues slaves, et surtout dans sou introduction. Au reste, nous espérons que nos lecteurs nous pardonneront cet écart, si on veut bien le prendre comme tel, par l'importance du sujet et par la foule de choses généralement ignorées ou connues seulement d'un petit nombre de personnes, que ce chapitre contient (Voyez à la page 32i.)Il ne nous reste qu'un seul regret , c'est d'avoir connu trop tard M. Héreau. Si nous avionspului accorder le temps convenable, nous aurions obtenu sans doute de son extrême obligeance des renseignemens précieux, qui auraient ajouté à l'intérêt que ne peut manquer d'inspirer le beau travail de noire savant anonyme.
L'Atlas ETHNOcjiArrnQUE du globe , qui fornie la principale partie de l'ouvrage? est composé de 4i tableaux divisés en deux classes distinctes : les tableaux etlmograpliiques et les tableaux polyglottes ou de comparaison.
Trente-six tableaux ethnographiques , dont six généraux et trente particuliers, offrent toutes les langues connues anciennes et modernes , classées d'après le degré de parenté plus ou moins grand qu'on y a observé ou qti'ou croit y apercevoir.
Le premier tableau général offre les noms des principales langues et de toutes les familles etimographiqucs mentionnées daus l'Atlas, classées d'après les cinq parties du monde. Ce tableau étant pour l'ethnographie ce qu'est une mappemonde pour la géographie , nous l'avons appelé Mappemonde Ethnographique. Nous y avons exposé dans une petite introduction les principes généraux qui nous ont guidé dans la classification générale des langues. Abandonnant entièrement leur chimérique division en langues monosyllabiques et en langues polysyllabiques j nous indiquons, d'apiès une grande a«to^
CXXviij DfSdÔÙRS PÉEtlMlN^ÀIRÈ.
rite, les trois classes principales dans lesquelles il nous setnLle plus raisonnable de partager toutes les langues connues.
Les cinq autres tableaux généraux, sous leur double titre de Dlpision ethnographique de l'Asie, de V Europe , de VAfri-' que y de V Océanie et de V Amérique , et de Tableau général des langues asiatiques , européennes ^ africaines j océanien" nés et américaines , signalent les difïércnces existantes entre les limites physiques de chaque partie du monde adoptées pai* le géographe et celles que lui assigne Vethnographe; celui-là, d'aprcs les grands traits tracés par la nature; celui-ci , d'après l'examen des différentes langues qu'on y parle. Ces cinq tableaux offient la classification généalogique générale de Xoûi les idiomes connus, considérés comme appartenant à chacune des cinq parties du monde, et sont pour l'ethnographie ce que sont les cartes générales pour la géographie. Les nombres progressifs qui suivent chaque nom aident à retrouver les différentes langues dans les tableaux particuliers; de petites croix précèdent ceux qui se rapportent à des langues qui ont cessé d'être parlées ; et un point d'interrogation suit toujours le nom de celles dont l'affinité est très contestée ou même douteuse. Quelquefois le point d'interrogation suit la croix, pour signaler nos doutes sur l'existence actuelle du peuple qui parle l'idiome auquel ce signe se rapporte.
Les 3o tableaux particuliers sont tous précédés d'une courte introduction (i) où l'on trace les limites dans lesquelles sont
(i) Nous en devons cinq à l'amitié dont nous honorent MM. Aubert de Vitiy , Chanipollion Figcac , Ferdinand Denis et Isidore Nachet. Nos lecteurs rcconnaîti'ont dans l'introduction aux familles ibcrienne et celtique , et à celle des langues greco-latincs , la vaste érudition et le style brillant de MM. Aubert dt Vitry et Chanipollion Figeac ; dans celle des idiomes de la région Guarani-Brésilienne , l'éloquente sensibilité de l'auteur des Scènes de la nature sous les tropi(j[ues , et de leur influence sur la poésie ; et dans les tableaux intéressans, tracés par M. Nachet , des régions de la Nigritic Maritime et de l'Afrique Aus-
biSCOURS PRÉLIMINAIRE, CXXÎX
Iptirlces les langues qui forment le sujet de chaque taLlcau, et où l'on jette uu coup-d'œil rapide sur les particularités physiques, morales et historiques, qui forment pour ainsi dire la [)hysionomie particulière des grandes régions du Globe auxiquelles chacun d'eux correspond. Cest ainsi que, par exemple, 'on rappelle dans le tableau des langues sémitiques la splendeur des Babyloniens, des Juifs, des Phéniciens, des Carthaginois ei des Arabes; et la puissance des Perses, des Persans et des Afghans dans celui des langues persanes; on trace les traits principaux de la civilisation toute particulière des Chinois , des Japonais, des Tibétains, des Siamois et des Birmans dans le tableau des langues traHsgangctiques , et, dans celui des langues de l'Inde, on vante les richesses inépuisables <ie cette région , on décrit les mœurs de ses habitans amollis et les cruelles absurdités de la religion de Brahma. Dans l'introduction au groupe des langues tartares, passant en revue les principaux chefs des grandes nations nomades de la Haute-Asie, on signale ces hommes malheureusement trop célèbixîs qui^ sous le litre de conquérans, ont tant de fois ravagé la Terre et fondé 'iStir des débris les plus vastes empires du monde. Dans le tal)leau des langues de la région du Nil, on rappelle la sagesse et la puissance de ces Egyptiens qui ont étonné la Terre par leurs prodigieux monumens, et qui ont pour ainsi dire élevé le monde à leur école. Dans celui des langues gréco-latines, on rappelle la gloire et la puissance des beaux temps de la Grèce et de Rome, et celles non moins grandes des nations modernes qui ont hérité de leurs titres à l'admiration des hommes. Dans le tableau des langues germaniques, on signale l'essor extraordinaire que prit dans les derniers temps l'esprit humain parmi les nombreux peuples de cette famille, dont l'industrie et la puissance tiennent sous leur domination une si grande partie
traie , la plume cUdgante d'un jeune jurisconsulte, qui a retrace les souffrances des noirs et dont le travail a obtenu une médaille d'or à Ib Soci(?t(5 de U morale chrt^'tienno.
CXXX DISCOURS PRELIMINAIRE
du Globe. Profitant du vide laissé par rethnogrnphie dans le tableau des langues atlantiques et dans celui des idiomes des J^ègrcs Océaniens, on offre au lecteur: là, le contraste de l'ancienne civilisation et de l'ancienne prospérité de l'Afrique septentrionale avec sa misère et son ignorance actuelles; ici, on peint l'abrutissement de la race la plus dégradée de l'espèce humaine, et les prodiges dus à la sagesse des institutions d'un gouvernement libéral, transformant des hommes ignorans et vicieux en citoyens instruits et vertueux. Dans l'introduction à la famille des langues malaises, on mentionne les empires de rOcéanie jusqu'à présent ignorés, les plus grands hommes produits par cette race active, et la foule d'alphabets difîérens en usage dans cette partie du monde. Dans celle de la région Alleghanique et des Lacs, on trace l'imposant tableau offert par la civilisation, l'industrie, le commerce et la population des Anglo-Américains, croissant sur les bords de l'Hudson , du Delaware et de l'Ohio, et le long des côtes de l'Atlantique , dans des proportions encore inconnues dans les annales des peuples. Les introductions finissent soilvent par l'indication des rapports les plus marquans, et des différences principales offertes par les idiomes divers compris dans la famille ou dans le groupe qui forment le sujet du tableau.
Les 3o tableaux particuliers , qui sont à l'ethnographie ce que sont les cartes particulières à la géographie, sont tous tracés d'après un même plan, etcontiennentla description des différentes langues connues, en indiquant pour chacune les noms des principaux peuples qui îa parlent, les lieux qu'ils habitent, les particularités les plus remarquables de sa grammaire et de sa prononciation , les principaux dialectes qu'elle comprend , et lorsqu'elle est écrite, l'alphabet dont elle se sert, et les traits principaux de sa littérature lorsqu'elle en possède une qui soit connue.
Nous observerons que par ce mot de littérature nous entendons toujours l'ensemble des connaissances d'une nation de-
DISCOURS PRELIMINAIRE. CXXXJ
puis r<?rt d'écrire jusqu'à la poésie, depuis les premiers élémcns des sciences les plus vulgaires jusqu'à la métaphysique et à la théologie. Cet article, dont Li rédaction pour chaque langue nous a coûté beaucoup de recherches, est une des parties les plus curieuses de notre ouvrage, offrant en peu de lignes le moyeu de comparer sous ce point de vue tous les peuples anciens et modernes. Non content d'en avoir puisé les matériaux aux meilleures sources, nous l'avons toujours assujettie au jugement des personnes qui pouvaient en être regardés comme juges compétens. Nos lecteurs doivent donc être assurés qfils n'y trouveront ni les exagérations d'un amour national exalté, ni les inexactitudes, ni les omissions irapardonnaLles que l'on reproche avec raison à des ouvrages très renommés qui ont traité ce sujet. C'est aussi dans ces différons articles des tableaux particuliers , que nous faisons de temps en temps quelque re-^ marque importante relative à l'histoire ou aux mœurs, afin d'attacher davantage l'attention du lecteur sur les nations qui inspirent le plus d'intérêt, sous le double rapport historique et ethnographique.
Les 5 tableaux polyglottes offrent en environ 700 lignes horizontales partagées eu 28 colonnes verticales, autant de vocabulaires dans environ 700 langues et dialectes. Tous ces vocabulaires sont classés et numérotés d'après la classification et la numération adoptées dans les tableaux ethnographiques , afin que les lecteurs puissent d'un coup-d'œil trouver l'article ethnographique correspondant au vocabulaire, et vic6 versa.
Dans tous ces tableaux ainsi que dans les tableaux ethnographiques, des caractères toujours décroissans sont employés pour exprimer les noms correspondans aux familles, aux langues, aux dialectes et aux variétés. Par ce moyen, l'œil du lecteur saisit facilement toutes les subdivisions non-seulement de chaque tableau, mais même celle de chaque article.
La première des 28 colonnes verticales des tableaux poly-
CXXxij DISCOURS PllÉLIMINAIRri
glottes, beaucoup plus large que les autres, est destinée à of-> frir les noms (îes familles et ceux des langues et des dialecteâ dans lesquels elles sont subdivisées, précédés toujours du numéro qui leur a été assigné dans les tableaux eîhst>graphiques généraux et particuliers , et auquel se rapportent toutes les citations qu*on a eu souvent occasion de faire dans le texte ainsi que dans l'Atlas. La seconde colonne indique Fortliogra-* pbe d'après laquelle chaque vocabulaire a été écrît. Chacune des a6 autres contieni un des mots suivans dans toutes Tes langues et leurs principaux dialectes dans lesquels il nous a été possible de nous les procurer : savoir soleil, lune , JoiiTj terre , eau , feu , père , mère , œil, tête j nez j bouche , dent , main , pied , un, deux, trois, quatre, cinq, six, sep&j huit J neuf et dix.
On nous objectera peut-être que ces 26 mots sont en trop petit nombre pour pouvoir juger, d'après leur analogie ou leur différence, de la parenté ou de la différence des idiomes entre eux ; peut-être même leur choix ne sera-t-il pas exempt de critique.
Quant à la première difficulté, nous observerons que ces 26 mots, plus que suffîsans pour connaître la famille à laquelle une langue appartient, ne le sont plus, il est vrai, lorsqu'il s'agit de classer systématiquement les dialectes de chaque langue , ou même lorsqu'on veut déterminer la ligne de démarcation qui sépare l'une de l'autre deux langues très ressemblantes, telles, par exemple, que l'espagnole et la portugaise, la suédoise et la danoise, presque toutes celles qui forment la famille slave , et la plupart de celles comprises dans la nombreuse famille malaise. Mais cet inconvénient va disparaître à l'égard des classifications suivies dans notre Atlas, lorsque nos lecteurs sauront que ces 26 mots ne nous ont servi de règle que pour les langues sur lesquelles on n'avait pas d'autres docuracns; et qu'à l'égard de celles qui étaient écrites, et dont des savans s'étaient occupés , nous avons toujours suivi dans
DISCOURS PRÉLIMINAIRE. CiXXllj
leur classification l'avis des auteurs qui nous paraissaient mériter le plus de confiance.
A l'égard du choix des vingt-six mots, nous convenons que quelques-uns n'atteignent pas toujours le but qu'on s'en promettait, surtout ceux de JoWj terre ^ père , mère et les noms de nombre ; le mot /owj parce qu'il est difficile d'en obtenir l'expression équivalente de la bouche d'un sauvage, pour qui, le mot qui exprime cette partie du jour astronomique, est presque tx)njoui's synonyme de lumière et plusieurs fois de soleil; le mot terrej, parce que tantôt il est pris dans le sens de la terre que laous foulons , et tantôt dans celui de pays et même du monde ; les mots père, mère, parce qu'ils se rencontrent presque identiques dans un grand nombre de langues essentiellement difterentes et parlées dans des régions séparées par de prodigieuses distances; enfin, les noms de nombre , parce qu'ils ont tous l'inconvénient d'offrir des différences peu sensibles depuis le Gange jusqu'en Islande, et quelques-uns même, comme le 2 , le 3 et le 7 , de faire presque le tour du globe. Mais tout en sentant ces inconvéniens , nous n'avons pas pu faire un meilleur choix , par la raison que ce sont précisément ces vingt-six mots que les voyageurs ont recueillis dans un plus grand nombre de langues. C'étaient donc ceux que nous devions préférer , pour en former nos tableaux polyglottes ; tout autre choix que nous eussions fait, aurait laissé dans ces tableaux de plus grandes lacunes et en plus grand nombre. D'ailleurs ces mêmes noms de nombre et les mots de père et de mère , lorsqu'ils nous offraient des différences sensibles dans les langues que nous comparions, servaient à nous démontrer plus que tout autre mot, la différence essentielle existante cntr'elles, puisqu'elle se trouvait même dans des mots qui se ressemblent tant dans des langues qui , sur tout autre point , sont entièrement différentes.
Nous n'avons rien à dire ici à l'égard de nos classifications ethnographiques , qui forment la partie essentielle de cet ou-
CXXXIV DISCOURS PRELIMINAIRE
Yrage , parce que nous avc.iS traité en détail ce sujet impor-» tant dans les chapitres m, iv, v, vi et yii cïe l'IntroductioD, Les divisions et les subdivisions que nous offrons dans nos tableaux cthnograpliiques , étant bien souvent différentes dç celles suivies par les savans auteurs du MitJtridates , nousavons eu un soin particulier d'exposer, dans le chapitre correspondant de l'Introduction , les motifs qui nous avaient guidé» Nous avons cru indispensable d'entrer dans ces détails, pour nous garantir du reproche de témérité qu'on aurait pu nous faire en nous voyant changer presque entièrement l'ordre suivi dans cet ouvrage, si généralement estimé, et regardé à juste titre comme un de ceux qui honorent le plus le siècle où nous vivons.
lYous aurions pu ajouter beaucoup de choses curieuses à différens articles de notre Atlas; nous aurions pu même ajouter plusieurs autres peuples anciens et modernes à ceux que nous avons nommés, et augmenter de beaucoup le nombre des langues que nous avons classées dans les tableaux. Mais nous avons aimé mieux laisser des lacunes ou ne rien dire, que de nous exposer à induire en erreur ceux qui liraient notre ouvrage, en leur offrant les résultats d'opinions aussi vagues que dénuées d'aucun fondement. Il est plus sage de s'arrcler quand les matériaux manquent, que d'élever un édifice chimérique établi sur les rêveries de son auteur. Nous dirons avec un éloquent écrivain : « Partout où l'on a vu du doute, on a osé douter; et lorsqu'on a reconnu la folle prétention de donner à eliaque peuple une origine certaine, quoique seulement fondée sur la persuasion de son auteur , on a souri en se taisant. »
Quelquefois il nous a fallu nommer une nation, et entrer ïïicme dass certains défeils à son égard, quoiqu'elle ne lut que très peu nombreuse, parce qu'on ne pouvait se dispenser de parler d'un peuple qui avait beaucoup brillé par sqs exploits militaires , qtii avait joué un rôle important parmi ses sauvages
Discours préliminaire. cxxxv
Voisins , ou qui avait mérité de la part de quelque savant riioniicur d'être le sujet d'une histoire.
D'autres fois, nous avons du mettre à côté du nom véritable d'un peuple, d'une langue ou d'un dialecte, un nom que nous savions cire inexact, mais que nous ne pouvions j>as passer sous silence , étant précisément celui sous lequel ce peuple , celte langue ou ce dialecte étaient généralement connus. IN'ous en avons cependant averti toujours nos lecteurs.
Le temps considérable exigé pour la rédaction et pour l'impression de notre ouvrage a ôté le mérite de la nouveauté à plusieurs morceaux qui nous avaient été communiqués par plusieurs savans très distingués avant de les avoir livrés au public, soit dans leurs ouvrages respectifs, soit dans les recueils périodiques dont ils dirigent la rédaction. De ce nombre sont plusieurs communications que nous devons à M. le baron Alexandre de Huraboldt et à M. Malte-Brun.
Nous n'avons donné aucun renseignement sur la force et le nombre des nations qui parlent les difiéreutes langues classées dans l'Atlas, parce que, ne trouvant aucun travail général qui nous ait paru même médiocrement exact sur ce point , nous ne voulions pas ajouter au vague inévitable offert par plusieurs points de notre ouvrage, les erreurs qui résulteraient des calculs qui, étant puisés à différentes sources sans avoir été épurés par la critique, ne peuvent mériter aucune confiance dans un tableau général. Nous nous réservons de donner ces évaluations toujours approximatives, parce qu'il est impossible d'eu donner d'autres, dans un tableau que nous publierons à la suite de celui que nous allons publier sous le titre de Tableau de VèiatpolUique actuel du Globe , ou Essai sur la géographie statistique générale des cinq parties du monde , travail pour lequel nous aurons eu l'occasion et le loisir de compulser différens ouvrages , et de réunir les notes nombreuses que nous possédons dans nos cahiers, mais que jusqu'à présent le man-
CXXXVJ DISCOURS PRELIMINAIRE.
que de loisir nous a empêché de mettre ensemble, et d'y faire les travaux nécessaires pour les épurer.
Le grand nombre de langues et de peuples classés dans les tableaux spéciaux de l'Atlas rendait nécessaire une table alphabétique de tous les idiomes et de leurs principaux dialectes, afin de pouvoir retrouver facilement la langue ou le peuple, dont on voudrait connaître Torigine, la littérature, la position géographique et autres particularités. Les longues recherches que nous devions faire pour compléter notre ouvrage, et le temps considérable qu'exigeait la révision de chaque feuille , ne nous permettant pas de rédiger nous-même cette table alphabétique, sans laquelle cependant notre Atlas aurait été d'un usage très difficile, nous avons été obligé de chercher une personne qui voulut se charger d'un travail si pénible. Nous avons trouvé dans un de nos collaborateurs les plus distingués, dans celui, dont les conseils nous ont été fort utiles et dont les encouragemens ont ranimé souvent notre courage presque entièrement abattu par les difficultés toujours nouvelles que nous offrait la classification des langues, un homme as5ez généreux pour se changer de ce fastidieux travail. Nous sommes facile que l'excessive modestie de notre savant collaborateur et celle de M, M. Q. , nous empêchent de satisfaire en partie au devoir que nous impose la reconnaissance en indiquant ici leurs noms.
Le Tatîleau physique moral et politique des ciisq parties DU monde , qui forme la troisième partie de notre ouvrage est partagé en neuf chapitres.
Dans le premier nous offrons la division géographique du Globe; nous signalons l'utilité respective de ses divisions par Mondes et par parties du Monde , et nous traçons un tableau statistique général de la Terre d'après cette double division.
Dans le second un naturaliste aussi savant dans la botanique et la zoologie qu'écrivain éloquent, M. P. Lesson, s'est chargé àiî donner un aperçu sur l'ensemble des êtres organisés et sur
DISCOURS PRELIMINAIRE. CXXXTlj
\c\iY dlstrlLullon géographique sur le Globe. Ce chapitre doit être regardé -comme l'introduction à notre Tableau physique, moral et politique des cinq parties du monde et le sommaire rapide des grandes considérations que présente l'histoire naturelle du Globe,
Dans le troisième, ce même naturaliste offre des considérations générales, analytiques et historiques sur les divers systèmes présentés depuis Linné et Blumenbach jusqu'à nos jouî'5 sur les races humaines. Les travaux importans qui ont été faits depuis ces deux célèbres naturalistes nous imposaient ro})ligation de donner un aperçu , à l'aide duquel nos lecteurs pourront se ranger du parti qu'ils croiront le plus convenable dans cette question , qui partage encore les naturalistes et les pliysiologues.
Dans les tv° , v , vi, vu® et viii** chapitres nous donnons , d'après un plan entièrement nouveau^ la géographie physique, morale et politique de l'Asie, de l'Europe, de l'Afrique, de rOcéanie et de l'Amérique. C'est dans chacun de ces chapitres qu'empruntant à la géographie générale et particulière et à l'histoire de l'homme ce qu'elles offrent de plus curieux et déplus important, nous avons tâché de faire des rapprochcmcns entre les mœurs, les usages, les religions, les lois , la civilisation, la manière de se nourrir et de s'habiller des peuples d'une partie de la Terre avec ceux des autres. Par la manière dont nous avons traité ce sujet, et par les détails auxquels nous sommes descendus dans le tableau de la dlpision polltlqu'i j nous osons nous flatter d'offrir en peu de pages uu traité complet de géographie générale. En présentant cette science sous un jour tout-à-fait nouveau, nous n'avons jamais perdu de vue son état actuel physique et politique, et nous avons taché d'insérer dans notre tableau tout ce que les nouvelles découvertes et les conventions politiques les plus récentes offraient de plus important, évitant avec le plus grand soin de répéter les méprises ou de laisser subsister encore les lacu-
CXXXviij DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
nés que l'on reproclie avec plus ou moins de raison h. tous les auteurs dc5 géogiapliies clcmeutaircs. Comme à la du du second volume nous dounonsle tahleau synoptique détaillé de tous les articles contenus dans le tableau physique, moral et politique des cinq parties du monde, nous nous bornerons ici à en indiquer seulement les principaux. Ces articles, à quelques exceptions près , étant les mêmes pour chaque partie du monde , nous donnerons celui de l'Asie qui précède les autres ; il offrira à nos lecteurs une idée des différens sujets traités dans cette partie de notre ouvrage.
Traits principaux de la géographie de l'Asie.
Progrès successifs de la géographie de l'Asie ; cet article est revu par M. Klaproth ; l'article correspondant pour l'Europe est rédigé par M. Laroquette ; celui pour l'Afrique par M. Larenaudièrc; M. Jules de Biosseville, s'est chargé de la rédaction de ceux de l'Océanie et de l'Amérique. Les noms des rédacteurs de ces articles suffisent pour en signaler l'exactitude et l'importance.
Position. Dimensions. Confins. Mers. Détroits. Caps. Montagnes. Volcans. Plateaux» Fleuves. Lacs. Déserts et solitudes. Géographie des minéraux.
Géographie des végétaux; cet article, pour chaque partie du monde, est rédigé par M. Guillemin, botaniste très dis-
tingue.
Géographie des animaux ; cet article, pour chaque partie du monde, est rédigé par M. Desmoulins, zoologue et physiologue
très aistingue.
Les autres articles principaux sont : Surface. Population absolue et population relative. Variété des habitans. Division ethnographique et politique. Parallèle entre la civilisation asiatique et la civilisation européenne. Nations agricoles. Nations nomades. Peuples chasseurs. Peuples pécheurs. Habitations. Nourriture et boissons. Habillemens, ornemens bizarres, tatouages, peintures, idée sur la beauté, etc. Traitement des
DISCOURS PRÉLIMINAIRE. CXXX134
femmes, mariages, polyaiidiic, polygiiiie ou polygamie, monogamie. Mœurs et usages; bizarreries, atrocités, aiubropophagie, etc. Industrie. Commerce. Navigatiou. Religions, superstitions, mutilations, sacrifices humains, etc. GouYcrncmeusj punitions, lois barbares, etc.
Dans le ix" chapitre nous exposons les motifs qui nous ont guidé dans la rédaction des articles de noire Tableau physique, moral et politique, qui forment les clcmens de la géographie proprement dite; nous justifions quelques dénominations nouvelles que nous ayons cru convenable d'adopter; nous discutons sur la population et sur la surface que nous avons assignées à quelque ])artic du monde ; nous insérons des notes précieuses que nous devons à la bienveillance dont nous honorent des sa vans célèbres, et nous donnons d'autres détails très importans qui auraient été déplacés dans le tableau.
Quelque soin que nous ayons apporté à la rédaction de notre Atlas , nous ne prétendons pas pour cela , qu'il ne nous soit échappé aucune inexactitude. La mauvaise foi de quelques écrivains, la négligence de quelques autres, la manière douteuse dont quelques autres s'expriment, l'infîdélilc même de notre mémoire, exposée à se tromper dans la multitude de tant de sujets différens, sont antantde causes des inexactitudes qui peuvent se rencontrer dans un travail si complique. INous les signalons nous-mcme à nos lecteurs, afin qu'ils excusent les erreurs invoU^nîaircs dans lesquelles ces causes peuvent nous avoir entraîné. Notre amour sincère pour les progrès de la science, dont nous nous flattons d'avoir donné une preuve éclatante dans celte défiance de nous-mêmes, qui nous a engagé à implorer Tassistancc de tant de personnes dans la rédaction de notre ouvrage, nous fait déclarer solennellement ici, que nous recevrons comme une véritable faveur toutes les observations raisonnces qu'on voudrait nous adresser soit directement, soit par la voie des journaux, qui nous mettiaient à même de rempbr les lacunes et de faire disparaître les imper-
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fections de notre Atlas. Mais nous déclarons, en même temps, que nous avons aussi assez d'estime de nous-mêrae, pour traiter avec le mépris qu'elles mériteraient toutes les censures malignes et personnelles qui pourraient nous être adressées soit par des hommes honteux de signer leur nom , soit par d'autres qui, n'osant pas se mesurer avec les savans célèbres qui ont bien voulu corriger, modifier ou revoir les différentes partiesdc notre ouvrage, mettraient en avant un nom emprunté pour s'en faire une égide dans leurs injustes attaques contre nous. Le silence, le plus profond silence serait la seule réponse que ces aristarques anonymes ou pseudonymes auraient à attendre de notre part.
Nous réclamons aussi toute l'indulgence de nos lecteurs pour 'le style dans lequel notre ouvrage est rédige. Etranger aux mystères de l'art d'écrire, nous n'avions pas les moyens de nous élever avec les digérons sujets que nous avions à traiter, soit dans les introductions aux tableaux ethnographiques , soit dans le Tableau physique, moral et politiqi^e des cinq parties du monde. Il n'est pas donné à tous ceux qui s'occupent particulièrement des sciences exactes et naturelles de posséder comme MM. Cuvicr, Dupin, Fourier, Humboldt, Malte-Brun, Abel Remusat et tant d'autres savaris , l'avantage inappréciable de réunir le savoir à l'éloquence. Visant à l'exactitude et au rapprochement des faits les plus importans et les plus curieux, nous n'avons pas même tenté d'imiter d'aussi beaux modèle?. Nous nous sommes borné à être clair.
Nous nous proposions de publier à la suite des vocabulaires polyglottes les deux premiers temps du verbe être en 80 langues différentes et en plus de i5o dialectes, les pronoms personnels en presque 3oo idiomes différons et l'oraison dominicale en plus de 100 langues diverses, ainsi que d'ajouter à l'Introduction un long chapitre sur la comparaison des formes grammaticales les plus remarquables des principales langues connues , mais nous avons été Ciigagé par quelques-uns de
DiscouM Préliminaire. cxîj
nos amis à réserver ces matériaux pour un appendice, o»! même pour un ouvrage séparé, afin de ne pas retarder davantage la publication de notre Atlas. Nous nôUs sortîmes d'autant plus cmpressié dé suivre leurs' aVis, que nous nous voyions a la veille de perdre le fruit de tant de reclierches par la publication d^autres ouvrage^ cthtiograplnqucs auxquds nouJ savons qu'on travaille en All(fraagne , saris parler du nouveau Mithridates que M. Frédéric Adclung se propose de publier en allemand à Pétcrsbourg. Ce grand ouvrage , produit dcS" moyens immenses dont dispose ce philologue célèbie y et ré-' digé d'après un plan et dans un but enlicrement différens di^ nôtre, sera sans doute, sous le rapport purement linguistique^ supérieur à l'Atlas Ethnographique du Globe, dont le triple but et la forme ne nous permettent pas de traiter chaque langue en détail ; mais par cela même , cet ouvrage , entrant dans le domaine exclusif de la linguistique, laisse au nôtre l'avantage d'être à la portée de tout le monde, sans cesser pour cela de renfermer des renseignemens importans pour les philologues mêmes qui voudront le consulter , et de servir tout à-la-fois de ressouvenir a ceux qui savent et de guide à ceux qui veulent apprendre ces trois branches essentielles de toute instruction élémentaire. C'est même dans l'espoir de pouvoir rendre par la suite notre travail moins imparfait dans sa partie ethnographique, que nous faisons des vœux pour la prompte publication de ce grand ouvrage, qui ne peut manquer d'ajouter des faits précieux à la linguistique et d'accroître la gloire littéraire de son savant auteur.
Par l'exposition du plan de notre ouvrage que nous venons de faire, par l'indication des sources principales auxquelles nous avons puisé et des secours généreux que nous avons reçus de la part de tant de savans distingués , nos lecteurs peuvent facilement saisir le triple but dans lequel nous l'avons traité, l'utilité (i) qui peut en résulter et le degré de confiance qu'il
(i) Pendant l'impression de notre Atlas deux ouvrages aussi impor-
Cxlij DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
peut leur inspirer. Si la prédilection que chaque auteur a pour son ouvrage ne nous abuse pas, nous croyons pouyoir nous flatter d'avoir rempli une grande lacune qu'offraient les sciences historiques et géographiques en essayant de leur fournir
tans que nouveaux, dont l'un a paru en partie, et l'autre va être livré incessamment à la presse , sont venus ajouter à l'intérêt que nous espérons pouvoir exciter avec le notre. Nous voulons parler de V Atlas historique des littératures , des sciences et des beaux-arts , sur le plan de V Atlas historique de A. LeSage , par M. A.-J. de Mancy , professeur d'histoire de l'Académie de Paris , et de V Histoire de V Eloquence , et de la Poésie chez les peuples sauuages et les peuples demiciuilisés , par M. Ferdinand Denis.
Comme notre ouvrage présente la classification des peuples anciens et modernes d'après leurs langues, et assigne à chacun la place qu'il occupe sous le rapport littéraire , dans le court aperçu que chaque article offre de leur littérature respective , l'Atlas de M. de Mancy , et l'ouvrage de M. Denis , peuvent être regardés comme le développejnentde ces mêmes articles ; le premier, de ceux, relatifs aux peuples qui possèdent l'écriture ; le second , de ceux qui ignorent encore cet art admirable. Nos lecteurs auront donc dans notre Atlas le cadre général dans lequel viennent se classer naturellement les travaux spéciaux de ces deux savans littérateurs , tandis que rexcellcot Atlas de M. de Mancv et l'ouvrage de M. Denis leur offriront les détails que le plan de notre Atlas ne nous permettait pas de donner.
Nous devons même ajouter, que la langue étant le caractère principal, on peut dire même essentiel, qui distingue une nation d'une iiutre, notre Atlas doit être aussi regardé comme le cadre général auquel doivent se rapporter les peuples anciens et modernes , dont la position et les hauts faits sont exposés dans tous les Atlas géographiques et historiques publiés jusqu'à présent , et particulièrement dans ceux de M. Lesage en France, en Italie et en Angleterre, et de ■ M. Kruse en Allemagne. Tout lecteur qui nous aura suivi dans les divers raisonnemens que nous présentons dans ce discours préliminaire , surtout dans ceux que nous faisons aux pages xvi , xvii et suivantes, et qui aura réfléchi sur les dift'ércns sujets traités dans notre Tableau moral, physique et politique des cinq parties du monde, Conviendra sans difficulté avec noui, que V Atlas ethnographique du Iglobe est en même temps l'introduction naturelle et indispensable à
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dans l'Atlas ElliiiograpLique du Globe, l'anneau qui doit les réunir. Ayant exclu rigoureusement dans nos recherches tout ce qui était hypothétique ou systématique, nous OiTrons à nos lecteurs dans un cadre bien resserré la masse des faits positifs de V ethnographie classés d'après ses principales divisions et subdivisions j coordonnées avec les divisions et subdivisions correspondantes des faits positifs de la géographie , et nous joignons les uns et les autres aux principales époques de l'histoire par ses points culininans. C'est aux littérateurs distingués, qui marchent d'un pas libre dans ces trois branches du savoir, à décider jusqu'à quel point nous avons atteint le triple but que nous nous sommes proposé. Quel que soit au reste le jugement qu'ils porteront sur le plan et l'exécution de notre travail, nous osons espérer, que nos veilles seront toujours de quelque utiUté à la science, ne fut-ce que par la réunion des faits positifs que cet Atlas présente, parles curieux rapprochemens qu'il ciFre, et par le moyen facile qu'il fournit à tous ceux qui cullivcut \(is sciences historiques et géographiques, de classer facilement les faits nouveaux que les voyageurs et les philologues découvriront. Des savans, plus instruits que nous et munis des matériaux qui manquent encore, pourront sans doute perfectionner et étendre même notre travail, eu corriger les erreurs, en remplir les lacunes, et présenter en un mot un Atlas Ethnographique du Globe , tel que nous avons lâché de le faire , mais que l'état actuel de la linguis^ tique et de la géographie ne nous a pas permis d'exécuter.
toute géographie et à toute histoire générale , et tout à-la-fois leur complément , surtout des deux ouvrages généraux que nous tenons de nommer, ainsi que de l'excellent ^i/a5 des Deux-Amérique3 , par M. Buchon et des savans Tableaux Historiques de V Asie , par M. KlaprotU.