‹ Introduction à l'atlas ethnographique du globeChapitre 41 sur 84 · MÉRIDIONALE · texte numérisé non relu

MÉRIDIONALE

Nous croyons inutile de rcpctcr ici les raisons que le savant continuateur du Mklliridalcs allègue en faveur de l'ordre suivi dans la classification des langues du Nouveau-Monde. Partageant son avis, nous avons nous aussi commencé les tableaux ethnographiques par les langues pailces dans l'exlrcmitc de l'Amérique Méridionale.

La position des contrées comprises dans ce groupe, relativement à celle des autres régions de l'Amérique, expliqua par elle-même la dénomination que nous lui avons imposée.

Quoique dans la famille que nous avons appelée c/iilienne , nous n'ayons des vocabulaires que dans le bel idiome arauccui pu cliilien propre ^ nous avons cru qu'il fallait regarder le vuta huillic/ie et le veliché ou hispano- chilien comme deux langues sœurs, au lieu d'eu faire deux dialectes du premier. En effet, on ne saurait regarder comme tel Tidiome parlé dans l'archipel de Chiloé , que le Viujero Univeisal considère comme une langue particulière nommée véliché, et qui paraît être identique à celle dont Hervas remarque, qu'une grande partie des mots sont espagnols a\ec des terminaisons et des fojmes araucanes. Le grand nombre de tribus qui parlent \c vuta-liuilUche y et les grandes distances qui les séparent les unes des autres, sont de fortes raisons de croire que l'idiomç qu'elles parlent est une langue sœur , et non pas un dialecte de l'ara u eau.

Nous avons classe les Leuvuche parmi les Chechehet j, parce que M. Yater lui-même observe que ce peuple, qui lui paraît être un mélange de Trhuelhet et de Chechehely parle la langue de ces derniers, quoique mêlée d'un petit nombre de mots Ichuclhets.

Nous avons ajouté la langue patagone , quoique le savant M. Valer n en fasse pas mention j parce que le peu de mots recueillis par Pigafelta démontrent l'originalité de cet idiome. Nous aurions pu ajouter plusieurs autres langues, mais nous ii*avons pas ose le faire, n'ayant absolument aucun vocabulaire à citer à l'appui de notre opinion. Cependant nous n'hésitons pas à le dire ; il est très probable, pour ne pas dire certain, qu'on parle au moins six langues différentes dans Tcspace de la Patagonie qui s'étend au sud du Mendoza ou Colorado. A ces langues, il faudrait au moins en ajouter deux autres pour l'archipel de la Terre de Feu qui, d'après la comparaisou des relations anciennes avec les modernes, nous paraît être habité par deux nations très différentes sous le rapport physique, ce qui est une grande présomption pour les supposer aussi sous le rapport ethnographique. Ou peut dire en général, qu'il règne encore la plus grande obscurité et la plus grande confusion sur les différens idiomes parlés dans les contrées comprises dans ce groupe; contrées qui offriraient, nous n'en doutons pas, une riche moisson aux voyageurs instruits, qui voudraient les examiner sous le rapport ethnographique.

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