VI. Langues du Plateau d'Anahuac ou du Mexique
Ce que nous avons dit en parlant des divisions générales de l'Amérique nous dispense de justifier la dénomination que nous avons donnée à ce groupe.
Par les raisons que nous avons exposées à la page 3oo, en parlant du populuca , nous avons cru devoir signaler nos doutes dans le tableau des langues du plateau du Mexique en mettant un point interrogatif après l'idiome popoluca (692), qui nous semble être un dialecte , ou tout au plus une langue sœur du populuca (655) de Guatemala.
La grande ressemblance qu'on observe enti^ le mexicain et le eora , ressemblance qui ne se borne pas seulement aux mots , mais qui s'étend même aux formes grammaticales des noms et des verbes , ainsi qu'à la manière de compter , nous .1 engagé à réunir dans une même famille ces deux langues y que
le savant M. Vater place dans deux groupes difFérens , le troisième et le quatrième de son Amérique Moyenne. Nous y avons ensuite ajoute , d'après les renseignemens donnés par l'ouvrage de M. Juarros , l'idiome pipil, qui est un mexicain très corrompu et mêlé à beaucoup de mots étrangers.
Nous avons suivi l'opinion généralement adoptée à l'égard des principaux dialectes du mexicain , que nous sommes Lien loin de partager. Nous sommes au contraire d'avis que ces prétendus dialectes diffèrent tellement les uns des autfes, que l'ethnographe devrait en faire autant de langues sœurs , plutôt que de les regarder comme de simples dialectes du mexicain. Nous remarquerons aussi qu'on pourrait classer dans la famille mexicaine les langues qui forment la famille tarahumara. Quoique leur affinité avec le mexicain soit beaucoup plus petite que celle qu'offrent les idiomes cora et pipil , elle nous paraît cependant assez grande pour autoriser l'ethnographe à les classer dans cette famille , surtout lorsque l'on pense à la moindre affinité qu'offrent entr'eux les idiomes de nos familles américaines. (Voyez page 3i) Nous n'avons cependant pas osé le faire, faute de moyens suffisans et de loisir pour pousspr plus loin nos recherches.
Nous croyons nécessaire d'observer qu'à l'égard des langues de ce groupe , nous nous sommes entièrement tenu aux classifications données par le célèbre baron de Humboldt , par le savant M. Vater, par Hervas, et, en ce qui concerne la famille mexicaine , par M. Juarros. Nous avons seulement ajouté dans l'article relatif aux monumens aztèques, qui est le résultat de l'étude que nous avons faite des Vues des Cordillères de M. de Humboldt , quelques faits importans que M. Beulloch vient de publier à Londres.