‹ Introduction à l'atlas ethnographique du globeChapitre 47 sur 84 · VIII. Langues de la rkgion jmissouri-colombienne · texte numérisé non relu

VIII. Langues de la rkgion jmissouri-colombienne

Nous avons nommé ainsi cette vaste région , du nom des deux principaux fleuves qui la traversent; la Colombia, qui est le plus grand de tous ceux du Nouveau-Monde qui se jettent dans le Grand-Océan, et le Missouri, qu'on regarde à tort comme un affluent du Mississipi, étant incontestablement le courant principal du système hydrographique, auquel les géographes ont imposé le nom de ce dernier.

Ce n'est qu'après avoir lu avec la plus grande attention, et

3o6 INTRODUCTION , CHAPITRE VII.

compare soigneusement entre eux tous les passages de l'iinportante relation du voyage de MM. Lewis et Clarke , qui regardent les langues et la classification ethnographique des nom-' Lreuses peuplades qui demeurent dans le bassin de la Golombia et dans l'extrcmitc supérieure de celui du Missouri, que nous nous sommes cru autorise à former la grande famille que nous proposons de nommer colombienne. Nous n'avons rien omis pour rendre cette classification la plu5 exacte possible : mais tous nos efforts ne sont que des coups d'essai , grâce à l'impardonnable faute de l'éditeur de Londres, qui n'a pas publié l'Appendice , le regardant comme peu important pour les lecteurs anglais. Cependant , nous croyons que c'est justement dans cet Appendice, oii se trouvent les nombreux vocabulaires rassemblés par MM. Lewis et Clarke pendant leur mémorable expédition; vocabulaires qui nous auraient servi à classer les différens peuples plus facilement et d'une manière plus sdre que nous ne l'avons fait en étudiant le texte de la relation. Quoique nous ayons remarqué dans cet ouvrage quelques contradictions à l'égard de la langue'que parlent les 6'/6i//oo/s (765) et les Eneeshurs{jÇ)k), cela n'a pas diminué la cotifiance que devaient nous inspirer les immenses recherches auxquelles MM. Lewis et Clarke se sont livrés sur ce sujet, d'autant plus que presque toutes leurs classifications paraissent être appuyées sur la comparaison des vocabulaires.

Nous avons regardé le shahala comme une langue sœur de la colombienne inférieure, parce que MM. Lewis et Clarke à la page 5 16, disent, qu'ayant comparé le vocabulaire wahclellahs avec le chinnook, ils ont trouvé que les noms de nombres étaient précisément les mêmes, quoique les autres mots difïérassent essentiellement. De mé.iie , nous avons considéré le snake ou serpent comme un idiome appartenant à çetle famille, parce que MM. Lewis et Clarke, après avoir dit à la page 38(), que les Skilloots (766) parlent une langue peu différenle de celle des Echeloots ij^ô) et des Ghilluckittecjaaws

ODSERV. SUR LES LANG. AMERICAINES. Zoy

(768), observent à la page Sij, que les To-vvanabiooks (7G8), qui appartiennent à la grande nation Snake , parlent la niciiic langue que les Cliillnckitteqnaws,

A l'égard du susscc (76'f)), nous avons suivi le savant conlinualcur du Mithridates, en signalant toutefois l'opinion <îiffcrcnte de M. Gallatin , qui regarde cet idiome comme un dialecte de la langue qu'il appelle athapescow, mais que nous avons nommée cheppcvvyan propre (821), eu suivant l'opinion de M. Watcr.

Nous avons indiqué les limites dans lesquelles est pr.rlé l'idiome atnali (7/3), d'après l'important mémoire encore manuscrit de M. Gallatin. Nous croyons cependant que, lorsqu'on possédera des vocabulaires des différentes tribus de cette nation, on pourra former de cet idiome une famille à laquelle viendront peut-être se réunir quelques-unes des langues parlées dans le groupe que nous nommons de la Côie Occidentale.

Ce n'est, comme nous l'avons céji observé (voy. page 3c3), que sur les traces de M. Du Ponceau, que nous avons formé la grande famille Sioux-Osages , à laquelle noi;s avons réuni les Corneille, les Missouris, les Arkansas, les Mandaiîes et les Minctares, qui paraissent devoir en faire partie, quoiqu'on n'ait pas de vocabulaires pour démontrer dune manière positive leur aflinité. Nous y avons classé ces derniers surl'autonlô du savant pl.ilologue M. Gallatin ; et c'est dans son mémoife encore manuscrit, que nous avoi.s pris la classification quo nous donnons des tiibus qui parlent cette langue. Nous devons cependant observer que le petit vocabulaire àcs Indiens- (iascadeou Fall-Inlians (780), donné par Umfrevillc, ne nous a oïïert aucune afTHiilé avec les idiomes de cette famille.

Relativement aux qu;itre autres langues, nous observerons que ce qui n'est encore qu'une simj.îe conjecture à l'égard (ko,^ Arkansas et des Mandanes, est presque un f^'.it certain à l'égardt des Missouris {'Jjj), puisqu'on sait par le

3o8 INTRODI'OTfOX, CHAPITRE TH.

têmoignngc de MM. Lewis cl Claïkc, et par ccîui de M. Croofcy agent de INI. Astor , qui a vécu long-temps avec les iMissomis , \

que Vidiouic de ceux-ci se rapproche de celui àcs Osages. Ce" ,

qui nous a engage à ckjsscr dans cette famiîîe les Mandanes et |

îcs Corneille, c'est lassertiou de M. Le^vis, que la langue de '

ec dernier peuple (781), et que celle des yihn(iheiu^ci\s j qui sout une branche des Corneille, s'appiochc de Tidiome minnctare , puisque les Ahnaha^vays le comprennent en partie. Cependant nous avons eu soin de marquer notre doute dans le tableau, à l'égard de ces trois langues, en mettant un peint d'interrogation après leurs noms.

La grande confusion qu'il y a dans l'orthographe et la classification des difiorentes tribus américaines, et surtout dans celle de la nation «S/ oz/x, branche principale <lela famille siouxosage, et le rôle important que jouent actuellement les Dacotas (774) parmi les indigènes indépendans de l'Amérique du Nord, nous ont engagé à profiler de l'ospacc que nous laissait le manque de reuseignemens relatifs aux langues des peuples classés dans le tableau xxxiii* , pour eirtrer dans quelques délais sur cette nation.

Page 1