Cruslacea
Lépisme , Podures , Termites, Pou, Ricin.
Araignées et Crabes.
Jsopodes , Amphipodes , Myriapodes .
11 suffit d'un coup d'œil pour voir combien ce système est inférieur à celui de Linné. Plusieurs des ordres du naturaliste suédois sont partagés en plusieurs autres , qui se trouvent séparés par de grands in ter-
Ci) Mémoires pour seri>ir à l'histoire naturelle des Insectes, 7 vol. in-4. Stockholm, 1752-78, avec 238 planches.
(2) Car. lib. Bar. de Geer gcnera et species Insectorum , etc., in-8. Lipsiœ, 1783.
HISTOIRE DE LENTOMOLOGIE. 645
valles. Il en est, comme les deux derniers, qui renferment les êtres les plus disparates. Mais on y voit effectué l'isolement des Orthoptères , que Linné avait mal à propos confondus avec les Hémiptères. Degéer les nommait , comme on voit , Hémiptères. Leur nom actuel , proposé quelque temps après par Olivier , a prévalu avec raison. Ce système présente encore cela de remarquable, que pour la première fois les parties de la bouche y sont prises en considération ; il est ainsi jusqu'à un certain point intermédiaire entre ceux de Linné et de Fabricius. Degéer a été induit en erreur , principalement pour avoir tenu un compte trop exact des modifications qu'éprouvent les ailes dans leurs formes et leur substance.
Revenant sur nos pas , le milieu de la période actuelle nous présente l'un des plus admirables ouvrages qui ait jamais paru sur l'anatomie d'aucune classe d'animaux, le Traité anatomique de la Chenille du saule , par Lyonnet (1) , qui a valu à son auteur une réputation immortelle. C'était un de ces hommes doués d'une capacité universelle , tels qu'il en apparaît à d assez rares intervalles. Né à Maëstricht en 1707, la même année que Linné, il vécut jusqu'en 1789; il était secrétaire des états généraux de Hollande lorsqu'il publia l'ouvrage en question. Il savait douze langues , et avait appris à graver presque en se jouant. Son coup d'essai en ce genre fut les planches qui accompagnent le célèbre ouvrage de Trembley , sur les Polypes d'eau douce , et qu'il grava quelques jours
(i)In-4- ^^ Haye, 1760. Il en a paru dans la même ville, en 1762, une seconde édition augmentée de la description des outils dont s'était servi l'auteur.
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après avoir commencé à manier le burin. Le traité que nous venons de nommer , est à la fois un cliefd'œuvre d'anatomie et de gravure. Swammerdam sous le premier de ces rapports n'avait pas été anssi loin. S'il fallait désigner la partie la plus saillante de ce beau travail , peut-être faudrait-il indiquer la myologie , qui était alors entièrement à faire.
Lyonnet avait laissé en manuscrit, à sa mort, un grand nombre de planches et de notes sur les métamorphoses des Insectes en général ; M. W. De Haan , conservateur du musée de Leyde , en a fait jouir le public, il y a un petit nombre d'années (1). Longtemps avant son grand ouvrage anatomique, Lyonnet s'était fait connaître comme entomologiste en éditant la Théologie des Insectes , de Lesser (2) , à laquelle il avait ajouté de savantes notes.
Jusque-là la France n'avait encore rien fait pour l'entomologie systématique. Geoffroy , célèbre médecin de Paris , lui ouvrit en 1762 cette carrière , qu'elle a parcourue depuis avec tant d'éclat : sou Histoire abrogée des Insectes des erwirons de Paris (3) est une des premières faunes entomologiques locales qui aient été publiées; mais le système qui y est exposé semble emprunté par le petit nombre de ses ordres à la première ébauche de Linné. Il ne contient en effet que six ordres , qui sont caractérisés de la manière suivante :
(l) Rechcrclns sur l' Aiiatonne et les Alèlainorpliosrs fie différentes espèces d' Insectes , ou^Tage posthume dj Pierre Lyonnet , iu-4. Paris,
(3) 2 vol in-i2. î eyde, I745'
(3) 2 vol. i(i-4- Paris, l'jfii. Autre édition de 176'f; une troisième a paru eu 1799- augmentée des espèces écrites par Fourcroy dans Son Catalogus Tnsectorum qu(P ru ogro parisiensi r0periunfur. 2 v*l. in-12. 1185.
I. Çolépptercs. Ailes cpuvertes d'étuis ou de fouiTeaji^; bouche armée de mâchoires dures.
II, Hémiptères. Ailes supérieures presque semblables à (les étuis j )jouche armée d'une trompe aiguë repliée en dessous le Jougçjia ppj-p^. J|I. Tclrapteres à ailes farinejxses. Qi^atre aijps chargées de poussière épailleuse.
IV. Tétrapteres à ailes mies. Quatre ailes membraneuses nues et sans poussière.
V. Diptères. Deux ailes : un pelit balancier sous l'origine de chaque aile.