I) PI
(T) Léon Dufour, Recherches sur les Hémiptères, fig. i38 et i3q.
(3) n. 23. fig. 5.
(4) Strauss, Considérations générales, PI. 6, fig. i, e, e, f.
(5) Léon Dufour, lococit. fig. i36.
(6) Léon Dufour, loco cit. fig. 137, A.
3l8 DES FONCTIONS DE REPRODUCTION.
D'autres Insectes , outre un de ces organes de chaque côté , en ont un troisième impair ; telle est la Naucoris aptera (i); tous trois sont des vaisseaux tubuleux , médiocrement longs et entortillés ensemble. Les deux qui sont pairs se terminent dans deux poches presque sphériques, d'où naît le canal éjaculateur , et le troisième est inséré sur ce canal.
On rencontre chez d'autres espèces une paire d'annexés de chaque côté. Chez les Staphjlins (2) , qui sont du nombre, un de ces organes est lubuleux, et l'autre forme une vésicule de forme variable. Chez le Lixis angustatus (3) , tous deux sont filiformes et s'insèrent, l'un au point de réunion des pédicelles des testicules, l'autre plus bas, sur la vésicule séminale, qui dans cette espèce est située au milieu du trajel des canaux déférens. Une foule d'espèces appartiennent à cette caté;:îorie.
La Cetoiïia aurata et Y Hydrophilus piceus (4) constituent, avec quelques autres espèces, une quatrième section caractérisée par la présence de trois paires d'annexés. Dans la première de ces espèces ils p'ofïrent rien de bien remarquable. La principale paire ressemble beaucoup à celle des Carabiques, et donne de même naissance au conduit éjaculateur. La seconde est très-longue, grêle , flexueuse , et vient s'insérer sur la précédente avec la troisième, qui consiste eu deux petits vaisseaux borgnes peu alongés. Cette simplicité d'organisation ne se retrouve plus chez \ Ifjdrophilus
(1) Léon Du four, loco cit. fig. i4i.
(2) Léon Dufour, Annales des sciences naturelles, tomeYl, PI. 5, %. 5,6, 8.
(3) Léon Dufoui', loco cit. PI. 9, fig. 2. t (4) Pi. 23, fig. 5 et 6.
i>l;S FONCTIONS DE REPRODUCTION. Big
piceus. Deux de ces vaisseaux forme encore le conduit éjaculateur; ils sont très-grands, contournés en corne de bélier, et leurs parois sont épaisses et résistantes ; à leur sommet se trouve un organe singulier propre à cette espèce, et qui consiste en un réservoir assez large , déprimé , recourbé sur lui-même , et couvert de vésicules disposées régulièrement en rangées sur ses bords , et à sa face externe : les premières sont ovales et les secondes arrondies et granuleuses; toutes paraissent s'ouvrir dans la cavité du réservoir. De cette poche part un conduit qui longe le côté externe du vaisseau qui la supporte , et qui paraît s'y ouvrir à quelque distance. Les deux autres paires d'annexés sont de simples vaisseaux d'un diamètre inégal de distance en distance , et qui après s'être réuni en un seul finissent par aboutir dans la paire précédente.
Enfin, il est des Insectes qui ont quatre paires de ces organes. Dans la Notonecta glauca (i), qui est du nombre, trois sont des boyaux filiformes, boursouflés irréffulièremeot de distance en distance, et deux fois de la longueur de l'abdomen ;, dans la cavité duquel ils flottent. La quatrième ])aire, beaucoup plus grêle , n^est pas boursouflée , et accompagne les canaux déférens dans une partie de leur trajet. Toutes quatre vont s'insérer isolément à l'origine du conduit éjaculateur. Gaede a signalé une organisation analogue chez le Bupvestis mariana (2), avec cette différence que deux des ])aires sont vésiculeuses , et les deux autres tubuleuses. Toutes s'insèrent également,
i) Léon Dufour, Recherches sur les Hémiptères, fig. i5o et l52' (2) Novancta pf>/s. med, nat, cur, vol. XI, p. 33i.
à peu de chose près , de la même manière que dans l'espèce précédente.
Ce n'est là qu'un petit nombre des formes qu'afïectent ces singuliers organes ; mais nous ne pouvons nous appesantir sur des détails de ce genre. Si l'on fait attention au nombre de ces annexes , qu'ils ne se trouvent que rarement sur le trajet des canaux déférens ; qu'ils aboutissent souvent dans ces derniers, au lieu de les recevoir, et forment fréquemment avec eux un angle très-aigu , on trouvera bien difficile à croire qu'ils puissent servir de réservoir pour le sperme ; dans beaucoup de cas il y a mémeim[)Ossibilité à ce qiiecelui-ci puisse y arriver. Nous pensons donc, malgré l'opinion contraire du savant entomotomiste M. Léon Dufour, que ce ne sont pas des vésicules séminales, mais des organes sécréteurs destinés à mêler quelque fluide prostatique au sperme.
4. Conduit éj acidateuv . — C'est un tube toujours unique, et qui sert à porter le sperme et les autres fluides sécrétés par les organes précédens jusqu'à la verge. Son tissu est plus solide , et les fibres musculaires y sont plus distinctes que dans les autres parties de l'appareil générateur. Souvent il est revêtu d'une gaine qui le fait paraître, plus gros qu'il ne l'est réellement, gaine qui, selon M. Strauss, serait formée par un repli intérieur de la membrane tégumentaire qui , de l'extrémité du dernier segment abdominal , se réfléchirait sur lui après en avoir fait autant sur la verge. Ce canal , comme on vient de le voir, est formé tantôt par les vaisseaux déférens, tantôt par les annexes qui les accompagnent.
Son diamèti'e est le plus ordinairement le même
X>£â FONCriONS D£ RKl'l;ODUCTlOW. i^ l
dans toute l'étendue de son trajet, mais les exceptions à celte règle sont assez nombreuses : ainsi, dans VHjdrophilits piceiis (i) , peu après sa naissance il se dil.ite et forme une vésicule considérable ; chez le Z«camisceivus (2) , il se rétrécit peu à peu , et a la forme d'une massue alongée , disposition qui est encore plus marquée dans la Pjrrochoris aptera (3) , et un assez grand nombre d'autres Hémiptères.
Quant h sa longueur, il est quelquefois court au point d'être à peine visible ( Pentatoma aparines ), le plus souvent de grandeur médiocre, et, d;ins quel- Cjues espèces (Xaca^rw ceivus, Lamia œdilis) , plus long c[ue les canaux déférens. Chez ce dernier Insecte il se courbe en avant, peu après sa naissance, remonte ainsi jusqu'au thorax , et de là se porte en lii^ne droite à l'extrémité de l'abdomen. Entre ces deux extrêmes de longueur, on observe tous les passages intermédiaires.
5. Vcvge. — Cet organe est assez compliqué, trèsvariable dans ses formes , et, à un petit nombre d'exceptions près, toujours situédans l'istirieur de l'abdomen; mais on le fait sortir sans peine en exerçant une compression graduée sur celte partie du corps. On voit alors qu'il est génér;ilement très-long , et se compose de deux parties bien distinctes : 1°. la verge proprement dile , tube tantôt mou, tantôt membraneux, grêle et rétractiîe, qui fait la continuation du conduit éjaculateur; 2°. une gaine ou étui corné qui
CD PI. 23. fig. C./.
(•2) Léon Dufoar, Annales des sciences nnt. tome Vî, PI. 'j, fîg. 3.
(3) n. 23, lig. 5, d.
INT."., A l'entOMoî^OCTB . TOME lî. 21
324 DtS FOMf, llOiNS Ut: REPKODtCriON.
revêt la verge, et qui est percé à son extrémité pour lui donner passage.
A ces deux parties essentielles s'ajoutent diverses pièces cornées en nombre variable , dont les unes servent de support à l'organe, et les autres, en forme de crocbets ou de pinces, sont destinées à favoriser l'accouplement en saisissant l'organe femelle. L'élui corné est en outre revêtu , soit en entier, soit partiellement, d'une membrane plus ou moins forte , qui est une continuation de celle du cloaque , et qui est attachée par sa base au dernier anneau abdominal. Cette membrane , quon pourrait comparer à un prépuce, a souvent la ibrme d'un sac, et elle revêt le pénis en se réfléchissant sur elle-même, comme un doigt de gant, à la manière des membranes séreuses des vertébrés. Elle a souvent aussi ses pièces cornées propres. . Des muscles particuliers maintiennent l'appareil en place et retirent le pénis dans l'abdomen , ou le portent au dehors. Leurs faisceaux sont en général concentrés à sa base.
Voilà à peu près tout ce qu'on peut dire de général sur cet organe ; quelques exemples pris dans les diiïérens ordres achèveront d'en donner une idée plus préf ise.
Parmi les Coléoptères et en particulier chez le Cara~ bus auratus (i), la membrane préputiale est fibro-membraneuse , tenace , et recouvre en entier le pénis lorsqu'il est retiré dans l'abdomen ; sa base est munie d'un <rros faisceau de rauscieset de diverses pièces cornées qui servent à ses mouvemens. L'étui corné du pénis est cvlindroïde, légèrement courbé; son extrémité, très-
'^i) PI. 23. fig. I, rt', e et/.
DES FONCTIONS DE RtPRODUCTION . 3»3
aiguë et recourbée en crochet, est Irontjuée obliquement, et la troncature est revêtue d'une membrane blanchâtre percée d'un orifice qui donne passage à la verge. Celle-ci est un corps filiforme, blanc, très-élastique, et qui égale en longueur le tiers de tout l'Insecte lorsqu'elle est étendue. Son extrémité présente, suivant M. Léon Dufour, deux petits mamelons, qui semblent tenir lieu de gland, et qui probablement se gonflent lors de la copulation.
Les autres Carabiques paraissent avoir une or^ fijanisation semblable à celle-ci, sauf quelques dificrcnccs ilans la grosseur el la forme de l étui corné du pénis. Chez certaines espèces, telles que le Séantes pyracmon ^ il renferme, outre la verge, une petite pièce cornée aplatie , qui paraît destinée à faciliter l'entrée de cette dernière dans le vagin delà femelle en écartant les bords de celui-ci.
Chez le Drilus flm-escens (r) la membrane prépuliale n'existe pas , et le pénis est reçu à sa base dans la rainure d'une sorte de cupule qui adhère à la face interne du dernier arceau ventral de l'abdomen. L'étui corné est un corps cylindroïde recourbé en arc, à face inférieure concave , tandis que la supérieure est convexe et creusée d'une eoultière profonde, dans laquelle est logée la verge , qui est molle comme de coutume. De chaque côté de la base de cet étui, et toujours dans le sillon de la cupule basilaire , se voit un corps cylindrique , corné , très-mobile , obtus à son sommet et velu : cette espèce de pince sert sans
(l) Audouia, Annales des sciencas naturelles , X.omQ W , p. 4^9» PI. i5, fig. 21, A, B, C.
doute à saisir la vulve de la feraelîe pendant l'accoupL meut.
L'orj^ane copulateur des Orliioplères diiière, par plusieurs ciraclètes esî^eritiel.*, de celui des Coléoptères. Dans la Forficula gigantea (i), l'étui du pénis est aloPi^é, déprimé, et loimé de deux pièces principales qui s'cngaînent l'une dans l'autre; son extrémité libre est fendue en deux lanières susceptibles de s'écarter. De l'angle qui les sépare sort la verge, qui est une soie acérée renfermée dans un fourreau cliarnu.
Les Ilj^mérioplères s'éloignent encore plus des Coléoplères que l'ordre précédent. Dans la Vespa ger~ ninnica l'orpane copulateur présente d'abord deux valves cornées, arrondies, unies à leur baf.e , et situées 1 une à droite, l'autre à gauche; leur côté interne est écliancré de manière à ce qu'il en résulte un écurtement assez cons^idérable enlre elles dans une assez grande portion de leur trajet , et leur sommet se termine I ar une j)ointe mousse et garnie de quelques poils. Cnire ces valves il en existe dfux autres ])lus petites en Ibrme de crocliets , et qui représentent l'étui corné des Coléoptères ; elles eml)rassenl e!!ecti\ cn)ent la verge, qui est un organe de la consistance (\i\ parfbemin, {Itxueux , et divisé à son sommet en deux Lrancbes qui s'inslinent en debors , et sont creusées en eu lière. En arrière de ces hranclies se trouve, de chaque côté, un court appendice tlirigé j)OSlérieurcment. Ce pénis est muni à sa partie supérieure iWxn caial piofond, par'où s écoule le lluide spermalique. L I verge des Âhcilles mâles ressemble à ceile-ci en
(i) Léon Diii'our, Annales des sciences nalnrelles , lonie JiUIt p. 207, PI. 21, fig. 7,
ce nn elle est cgiilcmcnl munie (Vappcriflices Inléraux nui i'enipfcliciil «ic sc tlc-i:;! cr lorMiiiMIe a pénôlré «h.ns l\)t-anc femelle, et font fine souvent clic s"y Lrise et y reste en ])arlie, ce qui cntraî.ie la mort de i'animal.
Dans l'ordre <lcs ïlémiptères une nouvelle ori^.in'sation se présente : clie7. la ]>lu|.art tle; espaces (i) les pièces accessoires de la ve-ge n'eni:aînent plus cette dernière, mais consistent en plaques plus ou moins visibles à l'extérieur; la verge estnueousim= plement renfermée dans un étui charnu ou membraneux. Ainsi, dans la Pyrrochoris optera ['x) , Tarmurc copulat:ice consiste en une pièce ;irrondie , noire, déprimée, garnie d'un court duvet dans son contour, enchâssée en grande partie dans le dernier anneau de l'abdomen , et articulée avec une autre pièce cjui paraît faire partie du dernier arceau ventral , mais ({ui est libre, et que la pièce précé.iente entraîne à sa suite lors du coït; cette dernière est convexe, iisse et i^labrc à sa face externe: laulre est au contraire plane, et dans son milieu sont deux petites pièces cornées, noirâtres, lancéolées et contiguës, avec leurs pointes diri-ées en avant. Ces pièces sont mobiles , et peuvent exéc^uler un mouvement de bascule sur leur base. Ua peu en avant de leurs j)oinles se trouve un petit orifice par leriuel sort la verge, qui est un tube grêle de la Grosseur d'un fd, et dépourvu de fourreau
propre.
L organe copulateur des Lépidoptères se rapproche
(1) royez Léon Dafour, Recherches sur les Iféiiiip'ères , passim. (■2) PI. 23. fig. g. L'armure copuiatrioe est représentée visible par sa face interne.
3a6 D£S FONCTIONS DE REPKODUCT7.0N.
à quelques égards de celui des Hyménoptères. Dans le Beiphela eupJiorbiœ (i) , il se compose de deux grandes valves cornées , fixées pnr leurs bases à un prolongement demi-circulaire, et également corné qui entoure en dessus l'appareil. Intérieurement il en existe deux autres beaucoup plus petites ;, membraneuses, et qui se terminent chacune par un crochet aigu, recourbé en dedans. Le pénis est placé entre ces deux dernières valves, et consiste en un tube membraneux, court , légèrement courbé, ouvert et échancré à son extrémité. Au-dessus se trouve une autre pièce recourbée en hameçon supérieurement, et opposée à la valve supérieure externe. Entre elles on observe un second tube membraneux dans lequel vient aboutir le canal digestif, et qui n'est qu'un prolongement de l'anus.
Dans tous les ordres qui précèdent, l'organe copulateur est caché d^ms la cavité abdominale. Chez les Diptères, au contraire, il arrive souvent qu'i! est plus ou moins visible à l'extérieur, ce qui a entraîné Tabsence de la membrane préputiale. Chez les Muscides, par exemple , il est cache au repos par le dernier arceau ventral, qui se prolonge en haut, et se recourbe un peu en crochet inférieurement. L ouverture anale est située en face du sommet de ce crochet , et sur ses côtés se trouvent deux valves mobiles, déforme variable , auxquelles , dans quelques espèces , s'ajoutent deux autres plus petites et triangulaires. Au-dessous de l'ouverture anale, vers le milieu du crochet, se trouve l'apjîareil sexuel , composé de deux 'obes plus ou moins longs et ordinairement recourbés , entre lesquels est lo^é le
(!; Biirmeister, ff^nrihuck der L'iUomolog'te , tome I. S l^"»-
UES FUNOllONS Ut: H£1'K0IJUCT10N'. 3'2^
pénis, qui est très-simple, plus ou moins ii,ros , et quelqueibis renilé en massue à son extrémité.
Cest ici le moment de parler de la prétendue exception que feraient les Libellules mâles à la loi générale, en ayant leurs organes sexuels à la base de l'abdomen. Personne n'ignore que lorsqu'un de ces Insectes veut s'accoupler avec sa femelle il la saisit par le cou , au moyeu de ses mandibules, et l'entraîne avec lui dans les airs ; puisque celle-ci , après un certain temjis, relève son abdomen, et vient en appliquer l'extrémité à la bas>e de celui du mâle, doit l'on avait conclu qu il y avait accouplement réel dans cet acte ; mais il n'en est rien , ainsi que l'a démontré M. Ratlike (i ). Les Libellules màies ne diilèreut des individus de leur sexe , chez les autres espèces , qu en ce qu'ils ont deux sortes d organes concourant à la copulation ; les uns qui sont des organes copulateurs ordinaires , et les autres des organes excitateurs.
Les premiers sont situés à la partie inférieure du neuvième segment abdominal, et sont d'une grande simplicité. Il existe dans cet arceau une petite ouverture fermée par deux valves, et dans l'intérieur de !a cavité qu'elles recouvrent un petit cylindre membraneux , dont le sommet est percé et entouré d'un anneau corné très-gréle ; ce cylindre est le pénis. Il n'existe point d'autres pièces accessoires.
Les organes excitateurs sont, au contraire, trèscompliqués, et sont placés dans les arceaux ventraux des deuxième et troisième segmens ; mais pendant l'état de rej)03 on ne les aperçoit qu'en soulevant les
(I) De Libelhn-um partibus ^enitalibus, in^^^"' Regiouionti, i83:e. — f^oyez aussi l^nrmei'-ter. H-nidlnirh rirr Entotvnlugie . t<«mp I, S i52.
328 I»ES FONClIOiNS ÛL h£PRUÛ(JC TION.
arceaux correspondans de la face dorsale qui les recouvrent en grande partie. Ils se composent de trois divisions, dont les deux premières occupent le second arceau venlral, et la dernière le troisième. La première de ces divisions est formée de six pièces cornées , dont deux antérieures plus petites que les autres , triangulaires, et surmontées chacune d'un crochet niohile recourbé en arrière , et deux postérieures plus grandes, également triangulaires, placées sur champ, et dilatées en une apophyse échancrée à leur bord inférieur : entre elles se trouve une cavité profonde inoccupée. La seconde division se compose de deux pièces: une postérieure carrée, munie à ses quatre angles d'une pointe qui l'unit aux pièces précédentes et à celles de la troisième division. Sa surface centrale est profondément excavée , et ses côtés seTelèvent et se prolongent en deux ])ointes obtuses dirigées en avant et ciliées; dans la gouttière centrale se trouve enchâssée la seconde pièce , qui consiste en un crochet robuste, articulé, mis en moa\'ement par des muscles qui le font saillir ou rentrer dans la gouttière. Enfin la troisième division se compose de trois pièces : une antérieure , en forme de crochet , supportée par deux pédicules grêles ; une moyenne , en forme de tambour, ouverte à sa partie antérieure , et recevant la première dans cette cavité, qui est occupée en grande partie par des muscles ; enfin une dernière lancéolée , qui part de l'extrémité postérieure de ce tambour, et constitue prescju'à elle seule le troisième arceau ventral. Pendant l'accouplement, lorsque la femelle, après une lonîTue résistance, se rend enfin aux désirs du mâle, elle commence par mettre l'extrémité de son abdomen en contact avec l'organe excitateur que nous
venons de décrire, puis elle le poitesuLitementà l'ouverture située sous !e neuvième serment ; mais, comme le pénis «îu mâle est Irès-court, il y a plutôt simple contact des deux organes, ainsi que chez la plupart des oiseaux, qu'inlromission réelle. Quand elle a reçu le fluide; fécondateur, l'acte est consommé et le mâle la rend à la liberté,
§ 2. Des organes femelles.
Ils répètent exactement les organes mâles quant à la situation , au nombre des parties essentielles, et peuvent de même se partager en parties internes et externes.
Les parties internes sont les owaires ^ les trompes j Voviducte et le i>agiti.
Les parties externes, la vul^'e et ses dépendances, qui sont ordinairement désignées sous les noms de fa* rière ^ oi^ùscapte et aiguillon.
Enfin , de même que ceux des mâles , les organes internes femelles ont aussi leurs annexes.
I . Ovaires. — Ils sont toujours au nombre de deux, comme les testicules auxquels ils correspondent, et occupent de même les partie s inférieures et latérales de l'abdomen inférieurement au canal digestif. Ce sont des organes vésiculeux ou tubuleux , très-rarement simples, mais presque toujours composés d'un amas de petites vésicules ou de tubes, réunis en grappes, dans lesquelles se forment les œufs, et où ils séjournent jusqu'au moment de la ponte. Avant celte épotpie, les ovaires sont ordinairement petits, comme atrophiés, e! n'occupent que peu de place dans la cavité abdomi-
330 UES FONCTIO?,'S DE KEPRODCCTION.
nale ; mais quand ils se développent , ils finissent dans beaucoup d'esj 'xes par enyahir la majeure partie de l'abdomen et le <îistendre au point qu'il accjuiert une grosseur double ou triple de celle quïl avait primitivement.
Ces organes s.nt maintenus en place par un lacis de trachées et de ti su adipeux qui les enveloppent plus ou moins, et pé^èîrent entre leurs parties. Ceux qui sont formés par lu réunion de plusieurs î^aînesalonf^ées ont, en outre , lia mode de fixité qui leur est propre. Le sommet de ^^haque gaîne est surmonté d un petit corps d'appareil .; charnue et compacte, auquel aboutit un licament irès-grêle et plus ou moins long. Ces ligamens conrer-ent vers un point commun et finissent par se réunir en un seul qui pénètre ordinairement jusque dans le thorax , où il se réunit à celui du côté opposé , en forn.ant une sorte d'anse qui embrasse le tube digestif ef va finalement s'attacher à la paroi supérieure du 'ergum ou du vaisseau dorsal. Ces ligamens sont ci ax , et c'est dans leur intérieur que se forment les cermes des œufs, ainsi qu'une matière granuleuse qui ^es accompagne et dont nous verrons l'usage plus loi î. Arrivés au sommet des gaines ovigères, qui sort formées d'une membrane unique, molle, non fib euse , et susceptible d'une grande distension, ils percent cette membrane et se continuent dans toute lu longueur de la gaîne jusqu'à sa base. Ils forment ainsi ^ dans l'intérieur de chaque gaîne, un tube distinct destiné à contenir les œuf;, et qui disparaît plus tare* avec eux lors de la ponte (i).
(i) J. Muller {Nova acta phys. mecl. nat. cur. , tome XII, pars îa , p. 555}- — i\î. Muller ajoute que ces lijramfiis s'ouvrent dans le Vitisseau ilorsal , île ^orte que le sani; «"onteuu dans 'V
DES FONCTIONS DE KJÎfRODUCTlON . 33 I
Quelle que soit leur forme, les poches ovigères aboutissent toutes sur les trompes , absolument comme les capsules spermatiques des testicules sur les canaux tléférens ; mais il y a de grandes dilliérences dans ce mode d'abouchement, suivant les familles et les genres. Quand les poches en question sont tubuleuses et aboutissent tontes au sommet de la trompe, il arrive souvent, comme dans les Garabiques , par exemple, qu'au-dessous du point de réunion il se trouve un renflement divisé en plusieurs grandes cellules . en nombre quelquefois égal à celui des gaines, et dans lesquelles les œufs séjournent quelque temps avant de passer dans l'oviducte. Cette partie de l'organe constitue ce que M. Léon Duioiir appelle les calices des owaires. Elle est générai- ment formée par la membrane externe des gaines-, l'interne ne s'élendant pas jusque-là.
Suivant que les poches ovigères contiennent un , deux, troisou plusieurs œufs, elles sont dites : uni ^ bi, tri^ ou multilocidaires . Il y a à cet égard une constance remarquable entre les individus d'une même espèce, inais qu'on ne retrouve plus entre les espèces, et à plus forte raison entre les genres et les familles. Chez les espèces à gaines muîtiloculaires , on trouve dans chacune de ces iraînes des œufs à divers dciirrés de (!éveloppement, ceux de la partie inférieure des gaînes étant déjà arrivés à leur maturité, que ceux du sommet sont encore confondus ensemble.
dernier passerait dans les ov. lires et concourrait immédiatement à la nutrition des ajermes. Outre que les ligamens ne vont que rarement aboutir au vaisseau dorsal , ainsi que le reconnaît M. J. JMul- 1er lui-même, ce mode de développement des œufs >erait ))ien extraordinaire, et demnndo par rorséquent de nouvelles observations avant détre admis.
332 t»ES FONCTIONS DE r.EPUODUCTION ,
Ln forme jrénér.ile cl la composition «les ovaires sont sujettes à de nombreuses vari;ilions . ruais uioitis cependajit que celles des testicide?. On peut les parlaj^er, comme ces derniers, en deux [irinci pales divisions, suivant qu'ils sont sitnples ou composés.
Les premiers sont aussi rares que les testicules simples. Tels sont ceux de VHippobosca cqiiina (i) , clicï qui chacun de ces ori^ancs consiste en un corps ovoïde, arrondi à son extrémité, lisse, et rempli d'une pulpe Lomoi^'^ène blanche enveloppée d'une inend^ranc propre, et où l'on ne distingue aucun germe. Ces Insectes sont, comme on sait, pupipares, et ne produisent qu'un petit nombre de petits. Cette pulpe contenue dans une membrane paraît être l'œuf tout enlier. A cette organisation sin;;ulière des ovaires correspond une modification non moins remarquable de i'oviducte, sur laquelle nous reviendrons plus loin.
Cette forme existe aussi chez les Ephémères et les Stratjomis. L'ovaire est un sac médiocrcmer;talongé, arrondi à ses deux extrémités, et formé par une membrane Irès-miiice. Les œufs qu'il contient sont nombreux , disposés en rangées assez régulières, et paraissent liés entre eux par des iilainens trèsgrêles (2).
Les ovaires composés, c'est-à-dire foi'més de plusieurs capsules ovigères^, peuvent également se diviser en deux sections, suivant que ces capsules sont des vésicules courtes, ou des tubes pins ou moins alongés.
La première présenteles formes les plus singulières,
(1) Léon Dufoiir, Annalas des sciences naturelles, tome Vï, p. 3iO, PI. i3, fig. 4> «! «•
(u) Swammerdarn , Bihlianaturce, PI 4^, {ig. i
OES FOr^CTIONb DE REPllODLiCTION. 566
et , ce qn'il y a de remarqu.ible, c'est que dans beaucoup de c;is elles r;i])])cllent exaclemenl celles de certains t(S[iculc'S, Les capsules ovii^èrcs sont situées soitsurîa partie tcriiiinale des Irompes, qui est renflée en une jioche plus ou moins considéraJ/!e, soit sur le trajet de ces mêmes organes. Parmi ces formes nous citerons les suivantes :
1°. Capsules ovii;ères Irès-rourtes , nombreuses, placées sur un seul lang au côté supérieur de la terminaison de la trompe, qui est légèrement renflée, Mantis{i).
2**. Capsules ovigères uniloculaires , terminées par un petit corps conoïde , au nombre d'une vingtaine environ, et insérées sans régularité sur le calice qui occupe une grande partie de la trompe. Ljcus ruji' pciniis (a).
3°. Capsules ovigères, uniloculaires, couvrant le calice, à l'exception d'ufie étroite bande en dessous, serrées, et se recouvrant comme les tuiles dun toit. JtcridLUin^ Phrjganca , Tipida , Si/ ex (3).
4". Capsules ovigères, conoïdes , très-courtes , bilocul. lires, très nond)ieuses , insérées très-près lune de laulre sur le calice, qui est reiillé en une vessie conoïde. L'ovaire entier a la forme de certaines fraises. Ljtta vcsicatoiia (j).
5°. Ovaire fourtliu , divisé en deu-c brandies à son cxlréinilé. Capsules ovigères, tubuleuses, très-tourtes.
(i; Buriucister, llnndbuch fier Eiitoinnlogic, tome !,§ i3G. ( •) Léon Uul'jur, Annales des saei.cjs iiaturailes, loiue Vi, l'J. iS, iîg. ,.
(3) !Uinnei.--ter, Haiulbuch der Enlontologie, tome I, 5 i36. (:j; Auiloulu , Annales des sciences naturdlvs, PI, 43, iig. n.
terminées par des ligamens suspenseurs très-grêles , qui convergent tous vers un point commun , et disséminées irrégulièrement sur les branches en question. Grjllotalpa ( i ) ,
6°. Capsules ovigères , subsphériques , uniloculaires formant trois rangées longitudinales disposées réûulièrement sur un calice alongé et grêle; celui-ci terminé par un ligament suspenseur qui se réunit à son correspondant. Forficala auricularia (2).
Les ovaires de la seconde section, c'est-à-dire à capsules ovigères lubuleuses , présentent un nombre à peu près aussi considérable de modifications que les précéilens ; mais leurs formes sont en général moins irrégulières. Les suivantes nous ont paru les plus diiines d'être citées :
1**. Ovaires raraeux : chaque branche portant de cinq à dix gaines ovigères médiocrement alongées et uniloculaires. Dans l'état naturel, ces rameaux sont réunis dans une membrane commune , de sorte que l'ovaire entier a une forme sohérique ; il est terminé par un lignnicnt suspenseur bifide à son sommet. Cicada orni (3).
2". Gnîneô ovigères peu alongées^ uniloculaires , placées au sommet de ia trompe 5 et irradiant dans tous les sens. Psjlla ficus (4).
Par la brièveté de leurs capsules ces deux sortes d'ovaires se rapprochent de ceux de la section précédente.
(1) Muller , Da gland secerii. stract. pen. p. 54-
(2) Léon Dufour, Jlnnales des sciences naturelles, tome XIII PI. 22, tig. 1.
(3) Léon Dafouv, Recherches sur Us Hémiptères, fig- l88 et 189.
(4) Léon Dufour, Recherches sur les Hémiptères, tig. 190.
DES FONCTIONS DE REPROBUCTION . 3i5
J". Une seule gaîne ovigère^ alongée , multilôculaire, et roulée en spirale depuis sa fcase jusqu'à son sommet. Cette forme est très-rare, < i n'a encore été observée que chez la Sarcopagha cainaria et quelques espèces voisines (i).
4°. Gaines ovigères , plus ou moins rlongées , généralement multiloculaires , aboutissant ^u sommet delà trompe et formant un faisceau presque toujours renfermé dans une mem])rane commune ; chaque gaine terminée par un filet susj)enseur qui , réuni à ses voisins, forme le ligament suspenseur commun. Les ovaires de cette forme sont plus nnjnbreux que tous les précédens réunis, et dominent dai tous les ordres. Les Coléoptères, et les Hémiptères surtout, n'en ont presque pas d'autres. Le nombre des gaines et des œufs qu'elles contiennent est réglé par le plus ou moins de féconriilé des espèces, et se compensent souvent l'un l'autre, c'est-à-dire qu'une rspèce dont les gaines seront ]ieu nombreuses, mais multiloculaires, pourra l'emporter sur une autre qui ei; lura davantage, mais chez qui elles contiendront m.^'ns d'œufs. Ce nombre varie du reste considérablement. Ainsi chaque ovaire a deux gaines chez le Lixus cngustatus ; trois chez le Staphjlinus olens , Y lljpophleus castaneus ; quatre dans la Pieris hrassicœ (2) .ît la plupart des Lépidoptères ; cinq chez la Rana -a linearis (3) -, six chez le Melolontha vulgaris (4) ; &ept chez la Sciitellera nigro-lineata (5); de dix à quinze chez les
Çi) Burrneister, Handhuch der Entomologie, omel, S ï30, f2) PI. 24, fig- 5.
(3) PI. 24, tiff. 2.
(4) PI. 24, fig, I.
(5) PI. 24, fis- 4.
336 fcES FONCTIONS DE REPRODL'CTIOW.
Carabiques et les Hydrocanllinres ; vingt chez le Buprcstis mariana ; trente chez le Blaps mortisaga : enlin , au delà de cent chez V Abeille domestique.
Le nombre des œufs conteniîs dans chaque gaine est plus difficile à déterminer ; car ceux que l'on distingue sont loin d'être toujours le nombre réel. Les Lépidoptères sont en général ceux chez qui il y en a le plus de distincts à la lois; ils sont à peu près au nombre de soixante, tandis qu'une reine d'abeilles , si féconde, n'en présente guère plus de dix-sept à vingt : mais le nombre immense de ses gaines ovigères lait compensation et au delà.
2. Trompes. — Ce sont deux tubes , un pour chaque ovaire, qui sont destinés au passage des œufs dans l'oviducte ; tantôt ils naissent , comme nous venons de le voir, du point de réunion des gaines ovigères, et tantôt celles-ci sont placées sur une portion plus ou moins considér&bîe de leur partie terminale , qui , dans ce cas , est presque toujours renflée. Ces tubes représentent les canaux déférens des o:gar.es génitaux mâles et éprouvent h s mêmes variations sous le r;ipport de la longueur, du diamètre , etc. En général ils sont plus alongés dans les espèces dont les ovaires ne produisent (ju'un petit nombre d œufs que chez celles qui sont très-fécondes.
Les trompes , à la différence des capsules ovigères, présenlcfit distinctement deux tuniques, dont Texterne prend une apparence musculaire ])rononcée, quand ces organes éprouvent une ddatalion sur une portion de leur trajet. L'interne ne dilfère en rien de la muqueuse du canal digestif. Il est possible que la
DES FONCTIONS DE UEPaODL CTIOX. 33r
membrane pjirlicuiière qui enveloppe les œufs dans les ovaires soit l'analogue de celle-ci.
Il est extrêmement rare que les trompes aient des annexes ou appendices ; on n'en connaît même guères qu'un exemple que nous rapporterons bientiM.
3. Owiducte. — L'oviducte est un canal toujours unique qui fait suite aux trompes , et qui dans toutes les espèces sans exception est formé par leur réunion , en quoi il difïère du canal éjaculateur, dont il est l'analogue, et qui est très-fréquemment formé par les appendices dont nous avons parlé plus haut. Son diamètre est pi us considérable que celui des trompes et son tissu assez épais et musculo-membraneux, L'oviducte assez souvent ofïre à sa partie moyenne une dilatation où les œufs peuvent s'accumuler et séjourner quelque temps. Sa longueur varie beaucoup , mais assez rarement elle surpasse celle des trompes. Le Melolontha widgaris en fournit un exemple.
Dans l'immense majorité des espèces , l'oviducte n'est ainsi qu'un simple tube où les œufs ne s'arrêtent que lorsqu'ils doivent être pondus tous à la fois ; mais chez les Diptères pupipares il devient un organe de la plus haute importance , un lieu de développement pour l'embryon , et remplit des fonctions analogues à celles de l'utérus des mammifères ; aussi quelques anatomistes n'ont-ils fait aucune diflicuUé de lui donner ce nom.
Chez Y Hippobosca e^z«/2a,dontnousavonsdéjàcité les singuliers ovaires , cet utérus n'est avant la fécondation , suivant M. Léon Dufour (i) , qu'un très-petit
■' (i) Annales des sciences naturelles, tome VI, p. SoQ, Pi. l3, ÏNTP.. A l'entomologie, TOME II. 32
338 DES FONCTIONS Î)T. REPP.ODVCTIOiV.
cor[)S musculo-membraneux , arrondi et confiné à la partie postérieure de l'abdomen où il se perd au milieu du tissu graisseux , et d'une prodigieuse quantité de trachées capillaires qui l'enveloppent et le pénètrent de toutes parts. Après l'accouplement, au contraire, il se dilate énormément, refoule tous les viscères , et finit par envahir toute la cavité abdominale à laquelle il donne une ampleur considérable. Dans cet état c'est une poche ovale obtuse , tendue, et entièrement remplie par un corps oviforme, qui est le jeune à l'état de nymphe. Antérieurement elle reçoit les trompes, et se termine du côté opposé par un vagin très-court.
4. Vagin. — Le vagin est un canal court, de même structure que l'oviducte , et qui n'en est que la continuation. Sa fonction est de recevoir le peois du mâle pendant l'accouplement, ou plutôt la j)ortion solide de ce pénis . car la verge proprement dite pénètre ordinairement plus avant. De même que la membrane préputiale du pénis il est muni de pièces cornées, qui sont destinées à solidifier ses parois pendant la distension qu'il subit lors de la sortie des œufs. Dans le Melolontha lailgaris il y en a deux , aplaties et triangulaires, qui occupent sa partie inférieure et postérieure ; mais, dans la plupart des autres espèces, elles sont au nombre de quatre : une supérieure^ l'autre inférieure, et deux latérales. Souvent elles font plus ou moins saillie dans le cloaque.
L'ouverture du vagin, ou la vulve , est située dans ce dernier immédiatement au-dessous de l'orifice anal , dont elle est séparée par un repli interne de la membrane du cloaque. Lorsqu'il existe un oviscapte, ede est placée également a sa base en dessous , et son
DES F0NCT10>fS DE REPRODUCTION. 33q
canal se continue directement avec celui de cet omane; si c'est un aiiiiiillon, celui-ci ne communique pas directement avec le vagin , mais avec la vésicule qui sécrète le venin.
A l'état (le repos, les Lords de la vulve sont fortement froncés , ce qui est dû à un muscle orbiculaire, un véritable sphincter qui l'entoure, et qui est ordinairement assez large et déprimé. L'oviducte a aussi ses muscles propres, qui lui font exécuter divers mouvemens. Datis le MeJolonlha vulgaris ^ M. Strauss en a reconnu c[uatre(0 , dont trois sont des rétracteurs, et le dernier une expansion du sphincter de la vulve , qui revêt comme une sorte de gaîne la partie postérieure de l'oviducte.
5. Annexes des organes génitaux femelles mternes — Il est fort rare que ces annexes manquent entière ment , et que l'organe femelle soit par conséquent réduit à ses parties propres. Toutes les espèces d'Aphidiens qu'on a disséquées jusqu'à ce jour, quelques Éphémères et Tipuîaires , sont à peu près les seuls Insectes qui soient dans ce cas. Tous les autres en sont pourvus , et on en observe depuis un jusqu'à cinq qui se présentent sous la forme de vaisseaux simples ou compliqués , de poches , de vessies , etc.
Sous le rapport de leurs fonctions , ces annexes sont de deux sortes : la vésicule spermatique ou poche copulatrice , toujours unique , et les vaisseaux ou glandes sébifiques^ dont le nombre est très-variable.
A quoi il faut ajouter la glande à venin , qui est propre aux Hyménoptères.
(l) Considérations générales, etc., p. 3oi,
'd^O LES FONCTIONS hV. hEPRuJjLCTJOiV.
A. Vésicule speiTiiatique. — Celle vésicule ne manque que cîiea un" très- oelil noial^re d'espèces. Presque partout elle consisle en une poche arrondie, ou conoïJe , ou rénilorme , ou ])yriioinie, soil simple, soit surmontée d'un vaisseau plus ou moins long , ou d'une seconde vésicule plus petile. Elle souvie ordinairement à la partie «lorsale de l'oviducle, près de sa terminaison, par un col très -court, et quelc[uefois assez alonp,é. Ses parois sont souvent assez épaisses , et avant la fécondation on la trouve ordinairement remplie en partie par une substance blanchâtre , fluide ou onctueuse , quelquefois même concrète, qui devient moins abondante, et disparaît même entièrement après la ponte.
Les fonctions de celte poche remarquable sont encore proidématiques à certains égards, et sans aucun doute multiples. Depuis Malpighi , qui le premier l'a découverte (i 1 et l'a reiiardée comme destinée à recevoir et tenir en dépôt le sperme du mâle, la plupart des anatomistes ont partagé cette opinion , que Hunier a prouvé d'ailleurs être fondée, en fécondant des œufs retirés du corps d'une femelle vierge avec le fluide contenu dans celte vésicule (?.). D'un autre côté, le fluide onctueux dont elle est plus ou moins remplie est évidemment sécrété par ses parois quand elle est simple, ou par le vaisseau qui la surmonte quand il en existe un. Quels peuvent être les usages de ce fluide? Quelques analomistes l'ont regardé comme destiné à lubréfler les parois de l'oviducte , ou à revêtir les œufs d'un vernis lors de leur passage dans ce
. (i) l>e Bomlyce, (2) Philcsopliicnl Transactions , année itqî!.
DtS FONCTIONS DJ; liEPliODUCTlON. 34 1
cniinl. Celle opinion est celle qu'a défendue M. Léon Dufour d;ins lous ses OLivrnges, et il donne en corîsé--» quence le nom de glandes sébacées ou sébifiques de Voviducte , non-seulement à la vésicule dont nous par- Ions en ce moment , m;iis à tous les autres anne:xes (ie l'orpane femelle (i). D'auîres auteurs ont pensé qu'il servait à délayer le sperme du mâle ])ourle répandre en petite quantité sur les œufs, et cette opinion paraît la plus probable.
Enfin , M. Audouin a découvert le premier une troisième fonction à la vésicule spermatique , celle de recevoir la verge du mâle pendant Taccouplement (2). Le fluide spermatique y serait ainsi versé directement, et aans certains cas même la verge se gonflerait après s'être engagée dans la vésicule, et y resterait, ce qui entraînerait nécessairement la mort du mâle. M. Audouin a vu la verge ainsi rompue et restée dans la vésicule après le coït chez le Melolontîia uulgarîs , la Lytia ut'sicatoriaei plusieurs Hyménoptères. Ildonne en conséquence à la vésicule en question le nom de poche copulatrice. On a objecté contre la généralité de ce fait que , chez beaucoup d'espèces , cette poche est séparée de Toviducte par un col trop long et tro>) étroit pour que l'organe mâle puisse arriver jusqu'à elle ; mais comme ce n'est pas toujours l'étui du pénis , mais la verge qu'il contient , et que nous avons vu être ordinairement très-grêle , très-longue et molle , qui s'engage ainsi , et qu'il n'y a pas nécessité qu'elle pénètre
Ci) Nous croyons savoir de bonne source que, depuis, M. Léon Dufour a niodiKé ses idées à cet éirard , et q'i'il admet aujourd'hui, du moins dans certains cas, le dépôt du sperme dans lu vésicule en question.
(3) Annales des sciences nniurelles, tome II , p, 281,
342 DJiS fONOlIOiNS D£ HEI'RODLCTIOK.
jusque dans la poche elle-même , cette objection nous paraît plus spécieuse que solide. Rien ne prouve ^ du reste, que les choses se passent ainsi chez toutes les espèces , et c'est pourquoi nous avons préiéré ie nom de vésicule spermatique qui indique une fonction beaucoup plus générale à celui de poche copulatrice. JVous reviendrons ailleurs sur les conséquences physiologistes de ce fait, et nous aurons à examiner jusqu'à quel point il lève les difficultés qui existent pour expliquer comment s'opère l'imprégnation des œufs chez certains Insectes.
La vésicule spermatique est ainsi à la fois un organe sécréteur, un réservoir du sperme , et diins certains cas un véritable organe copulateur; mais ce n'est, en définitive, qu'un simple vaisseau sébifique de la nature de ceux dont nous allons parler , à qui sont dévolues de nouvelles fonctions , et qui a été modifié en conséquence. Souvent cette modification a consisté en ce que ce vaisseau a été changé en une poche très-simple, dépourvue de tout appendice , et quelquefois en ce qu'une portion seulement de son trajet, soit l'inférieure, soit la médiane, soit la supérieure , est devenue vésiculeuse. Dans le premier cas, la vésicule paraît sessiie et surmontée d un vaisseau tubuleux; dans le second, elle ressemble à un vaisseau renflé dans son milieu: enfin, dans le dernier, c'est une poche s'ouvrant dans l'oviducte par un col plus ou ineins long.
11 peut , dans certains cas , y avoir difficulté à reconnaître la vé-icule spermatique, par exemple , lorsque l'organe femelle ne présente que deux annexes , et qu'ils sont pareils, comme chez les Muscides ; mais s'ils diffèrent, celui qui s'éloigne de la forme d'un
DES FO^'CTIONS DE REl'UOûUCTlON. 343
vaisseau tubuleux doit être considéré comme la poche en question. S'il y a trois ( GviîlotaJpa) (i), quatre [Pieris hrassicœ) (a), ou cinq (quelques JSoctuelles) annexes , la difficulté disparaît, car alors la vésicule se distingue toujours par quelque caractère déforme, de grandeur ou de situation. Elle est, en elïet, située généralement plus en arrière que les autres annexes, et à la face supérieure de l'oviducte.
Considérée sous le rapport de sa forme , la vésicule spermalique est simple ou composée. Nous Tappelons simple quand elle est dépourvue de tout appendice. Il est plus rare de la rencontrer ainsi que composée. Elle a quelquefois alors la forme d'un simple vaisseau aveugle et très-court , comme dans la Ranatra liiiearis (3) , ou les Naitcoiis aptera et cimicoides (4); mais le plus ordinairement celle d'une poche réniforme , ovoïde, ou celles de poire, de larme, de cornue, etc. Cette poche est tantôt presque sessile , tantôt insérée sur l'oviducte par un col plus ou moins long et gros , comme celle du Melolontha uidgaris (5).
Cet organe est composé quand il s'y ajoute un ou plusieurs appendices de forme quelconque ; ces appendices ne sont, comme nous venons de le dire, que des vaisseaux sébifiques, qui, au lieu de verser directement leur fluide dans l'oviducte, le déposent dans la vésicule. Ils consistent quelquefois en une poche ou vessie plus ou moins grande qui surmonte cette dernière , comme dans la Pieris
(1) PI. 24, fis. 1, c, d.
(2) PI. 24, fig. 5.
(3) PI. 24. fig. 2, e.
(4) Léon Dutour, Recherches tur les Hémiptères, fig. 179 et i83.
(5) PI. 24, fig. 1, d.
344 ^^^ FONCTIONS D£ HEPUODUC TION.
brassicœ (i). Chez les Carabus auratiis ^ Staplvyli- 7ies olens , .Djtiscus marginalis {'2)^ c'est un vaisseau flexueux, plus ou moins long, qui s'insère tantôt au sommet, tantôt sur les côtés de la vésicule spermatique. Ce vaisseau, très-alongé chez le Blaps gigas (6), en reçoit à sa naissance deux autres enraiement assez longs, qui le font paraître trifide. Dans une espèce voisine , le Blaps similis, où il est également triple, les deux branches accessoires sont surmontées d'une vésicule ovoïdo-conique. Chez le TJijmalus limbatus (4), l'appendice , au lieu d'être tubuleux , est remplacé par deux vésicules oblongues pédicellées, qui s'abouchent ensemble , et s'insèrent par un conduit unique dans la vésicule spermatique. Enfln, pour dernier exemple, nous citerons encore V Jfydrophilus piceus (5) , chez qui cet organe consiste en une grande poche oblongue, surmontée d'une petite vésicule sessile , bilobée, dans laquelle vient aboutir un vaisseau assez gros, court et renflé en massue à son extrémité.
B. Vaisseaux sébifiques. Ils ont les plus grands rapports avec la vésicule spermatique, et n'en diffèrent qu'en ce qu'ils ne paraissent pas servir de réservoir au fluide spermatique ni recevoir le pénis du mâle pendant l'accouplement. L'observation , du reste, n'a pas encore absolument décidé cette question, pour ce qui
(0 PI. 24, fig. 5, d
(2) Léon Dufour, yinnales des sciences naturelles , tome VI,P1. 17, lig. 1, 5 et 7.
(3) Léon Dufour, Annales des sciences naturelles, tome VI, PI l 9 %• I-
(4) Léon Dufour, même ouvrage , tome VI, PI. 19, Hg. i.
(5) Léon Dufour. loco cit- fig . 5.
DES FONCl'IONS ù£ l'.LI'RODUCl lOM. 34^
concerne la première de ces fonctions , et il serait trèspossible que le sperme pénétrât dans leur intérieur et y fût iïardé en dépôt pendant quelque temps. Ce qu'il y a de plus certain , c'est que pendant et avant la ponte, ces organes sécrètent un fluide blanchâtre, plus ou moins visqueux , qui a pour objet de lubrifier les parois de l'oviducte, de revêtir les œufs à leur passage, et de les agglutiner ensemble quand ils doivent être pondus en masse , ou de les rendre aptes à se coller aux corps extérieurs. Peut-être enfin ajoutent-ils à la coque des œufs, qui est encore molle , quoique épaisse, lorsqu'ils arrivent dans l'oviducte, quelque substance propre à la solidifier. Après la ponte , le fluide dont ils sont remplis disparaît ordinairement.
Ces organes manquent quelquefois , et ne sont jamais au delà de quatre, ainsi que nous l'avons dit plus haut. Une seule espèce, YHjdrophiliis piceus ^ semble faire exception à cet égard , en ayant huit, qui ont en outre cela de particulier, qu'ils s'abouchent avec les calices des ovaires, et non avec l'oviducte ; mais ces vaisseaux sont probablement d'un autre ordre que ceux dont nous parlons en ce moment , et chargés , ainsi que le conjecture M. Léon Dufour, de sécréter la matière avec laquelle cet Insecte construit le cocon dans lequel il renferme ses œufs. Ces vaisseaux , que nous n'avons fait qu'indiquer en parlant des sécrétions , sont assez gros , courts , fusiformes , et de chaque côté il y a en un de bifurqué à son extrémité.
Gomme tous les organes sécréteurs , les vaisseaux sébifîques varient considérablement dans leurs formes, et , quand il y en a plusieurs, ils ne se ressemblent pas toujours sous ce rapport. Le plus souvent ils sont simplement tubuleux ou vésiculeux , et tantôt sim-
346 DES FOXCTIONS DE REITIODUCTION.
pies, tantôt composes. Dans le Meloloiitha pulga- T'is (i), qui n'en a qu'un seul, il consiste en une vésicule alongée, terminée par un col assez long, et qui reçoit, à peu de distance de son insertion , une vésicule déforme semblable, mais beaucoup plus petite. Chez la Cassida uiridis {i), qui en a deux, chacun consiste en trois tubes renflés à leurs ext''émités, et qui se réunissent en un canal commun. La Pieris brassicœ (3) en a trois, dont un , médian, consiste en un vaisseau grêle, flexueux , renflé à sa base en une vésicule alongée ; tandis que les deux autres, beaucoup plus longs, et décrivant un grand nombre de circonvolutions , forment subitement , au moment de s insérer sur l'oviducte , une poche ovoïde assez considérable. Dans VHippobosca equina (4) , qui a quatre de ces organes sans vésicule spermatique, deux consistent en un tube alongé, t. ivisé à son sommet en plusieurs branches, subdivisées à leur tour en une multitude de rameaux, de manière à former un arbuscule élégant; les deux autres, qui viennent s'insérer au même point que les précédons , sont beaucoup plus courts , et envoient simplement de distance en distance quelques prolongemens non ramifiés et très-courts. Ces diverses modifications, et une foule d'autres qu'il est inutile d'énumérer, suffiraient pour démontrer la nature sécrétoire des vaisseaux dont nous parlons : elles peuvent aussi servir utilement ])0ur distinguer des espèces qui se ressemblent extérieurement.
(1) PI. 24, fig. I, e.
(2) Léon Dufour, Annales des sciences naturelles , t. VI, PI. 20, lig. 6.
(3) PI. 24, fie. 5.
(4) Léon Dufour, Annales des scienea naturelles , t. \'l , PI. i3, fig. 4.
DES fONCTlONS DE REI'HODtCïlON. 347
C. Organes sécréteurs du venin. Ces ori^anes n'appartiennent qu'aux Hyménoptères pourvus d'un aiguillon. Ils sont toujours uniques, situés tout-à-fait à l'extrémité de l'abdomen, au-dessous du canal digestif, et près de l'orifice des organes sexuels. Ils consistent en vaisseaux sécréteurs, médiocrement variables dans leurs formes, et en une vessie servant de réservoir, qui, dans toutes les espèces , est arrondie ou légèrement ovale , et s'ouvre par un conduit très-court à la base de l'aiguillon. Le venin que sécrète ces organes a déjà été mentionné ailleurs (i). Dans V Apis mellijica ^ les vaisseaux sécréteurs sont très-longs , entortillés , et s'unissent pour n'en former qu'un seul tout près du réservoir, qui est ovale. Chez la Fespa crabro , au contraire , ce dernier est sphérique ; les deux vaisseaux sécréteus sont munis chacun à leur naissance d'une petite vésicule oblongue , et se confondent à une grande dislance du réservoir. Les modifications qu^ont ofiertesces organes dans les autres espèces où ils ont été étudiés, n'ofirent pas plus d'importance que celles-ci , et ne méritent par conséquent pas qu'on s'y arrête.
VI. Organes femelles externes. — Ces organes , qui dans le sexe mâle servent uniquement à l'accouplement , et qui , si l'on en excepte le pénis que nous avons classé parmi eux, sont généralement petits et peu apparens , prennent plus d'importance et des formes plus compliquées dans l'autre sexe , ainsi qu'on pouvait le prévoir. En efict,tout n'est pas fini pour lui après l'accouplement. Il faut qu'il dépose les œufs dont il est chargé en un lieu convenable pour leur dé-
veloppement. D'autres fonctions ont ensuite nécessité de nouvelles formes, mais qui, pour la plupart du moins, paraissent n'être que des modifications les unes des autres, et qu'on peut rapporter assez aisément à un type commun.
Si l'on examine d'une manière générale ces organes ou leur découvre trois iormes correspondant à trois fonctions priiicipales , qui sont les suivantes :
Les uns, consistant en pièces plus ou moins nombreuses, ne paraissent avoir aucun rapport avec la ponte, et semblent destinés simplement à fermer l'orifice des parties sexuelles, et , dans certains cas, à favoriser le coït en retenant le pénis du mâle. Ils correspondent par conséquent aux crocbets , pinces, ou pointes, dont ce dernier est souvent armé. Nous ne voyons pas de meilleur nom à leur donner que celui de pièces vuluaùes , qui ne fait rien préjuger sur leurs fonctions , et qui a déjà été employé dans le même sens par M. Léon Dufour.
Les autres sont, au contraire, destinés au dépôt des œufs , et fréquemment propres à percer les substances animales ou végétales, dans lesquelles ceux-ci doivent être placés. Ils constituent ce qu'on appelle ovlscapte , o^ipositoire , pondoir et tarrière.
Enfin , les derniers sont convertis en un organe de défense , intimement en rapport avec les organes sécréteurs du venin , et ont reçu le nom ^aiguillon.
Outre ces annexes, il en existe souvent d autres à l'extrémité de l'abdomen , avec lesquels ils ne doivent pas être confondus. Ceux-ci sont, en général, propres aux deux sexes, et n'ont aucune relation avec les organes sexuels ni avec l'ouverture anale, et doivent être considérés comme de simples appendices,
LE5 FO.NCTfûNS DE HF.PRurai-.T10W. ^49
doiil il n est pas facile de préciser l'asaiçe. Tels sûut les deux crochets recourbés en forme de pince des Fori'icides ; les deux corps ovoïdes et velus des 67apliylins ; ceux plus alongés , lancéolés et articulés des Blnilcs ; les filets très-longs et sétiformcs des Kphêmcrcs ^ Lepismes ^ Acheta^ les deux siphons ou tubes creux que les Pucerons portent sur le pénultième arceau dorsal, et qui servent de conduits à la liqueur miellée que sécrètent ces Insectes, et qui est rechercliée si avidement par les Fourmis, etc. Crs np])ondices font toujours saillie h l'extrémité de laLdoiucn, tandis que ceux qui nous occupent en ce moment sont , au contraire, souvent intérieurs.
Pour se faire une idée juste Je la composition de ces annexes, il faut les étudier à leur plus grand état de simplicité , c'est-à-dire lorsqu'ils n'apparaissent pas au dehors. Tous les Insectes qui sont dans ce cas ont comme de coutume un cloaque ou s'ouvrent l'anus etlevauin, celui-ci inférieurcment, l'autre au-dessus. Deux sortes de pièces concourent souvent à la formation de ce cloaque ; d'abord deux plaques ou valves , dont la supérieure ou dorsale , est ordinairement beaucoup plus grande que l'inférieure ou la ventrale , et c|u'elle entoure même cjuelquefois en grande partie ; puis, de cliaque côté, une pièce de forme variable, qui est loiiée dans la membrane oui unit entre elles les deux
précédentes. Les premières ne sont évidemment autre chose que le dernier segment abdominal qui est resté intérieur, de sorte cjue celui auquel on donne communément ce nom est, en réalité, le pénultième; c[uelquefois , au lieu d'un seul segment ainsi rentré, il peut s'en trouver plusieurs, et l'abdomen en offrira autant de moins à l'extérieur. C'est ainsi seulement
35o DES FONCTIONS DE HEPRODUCTION.
qu'on peut expliquer les diftércDces qu'on observe fréquemment dans le nombre des segmens de celte partie du corps, entre îes larves et les Insectes parfaits. Les premières en ont généralement neuf, qui est le nombre normal , tandis qu'on n'en trouve que huit ou sept, ou même six, chez les seconds. Ces segmens, ainsi disparus, ont élé employés à former les annexes dont nous parlons.
Chacun des arceaux qui les composent, ainsi que les pièces latérales accessoires en s'alongeant, se fractionnant même, donne lieu à une infinité de combinaisons. Quelquefois les pièces latérales subsistent seules , et Wce s^ersâ. Enfin , il peut s'ajouter encore d'autres pièces qui amènent une plus grande complication.
L'oviscapte et l'aiguillon se laissent du reste ramener avec beaucoup moins de difficultés , à un type commun , que les pièces vulvaires , qui afiectent en général des formes plus anormales.
A. Pièces vulvaires. Elles se rapprochent plus de la forme que nous considérons comme normale, dans l'ordre des Coléoptères que dans les autres. Elles y constituent ces pièces qui enclosent le vagin, et dont nous avons déjà dit un mot en traitant de cet organe. Dans l'immense majorité des espèces, elles ne font aucune saillie à l'état de repos , et ne se mettent à découvert que pendant les préliminaires de l'acte copulatoire.
Celles de Y Harpalus ruficornis^ que nous avons citées, peuvent en donner une idée générale pour l'ordre presque entier. Partout ce sont deux pièces placées , l'une supérieurement, l'autre inférieurement, très-petites, et
doux pièces latérales. Celles-ci varient plus que les autr. s. Dans presque tous les Carabiques, elles constit'jentdeux crochels plus ou moins recourbés, quelquefois munis chacun, comme chez les Zahrus^ d'une soie ou épine terminale, et susceptibles de se rapprocher et de s'écarter. L'appareil des Cicindelèles fait cependant exception à cet épard dans celte Aimille. Il se compose, suivant IM. Léon Dufour ( i), de cinq ])ièces, dont trois supérieures oldongues , légèrement sp;itulées et ciliées en dehors , et deux inférieures , lonç^ues , acérées, crochues, et finement bifiiles à leur extrémité. Dans ^Hydrophilus piceus ^ ces pièces sont sétarées, uniarticulaires, ciliées, et accompagnées chacune à leur base d'un lobe tronqué obliquement et couronné de poils, qui le font ressembler à un peigne. Elles sont situées au-dessous de deux filières dont est pourvue cette espèce.
Les pièces vulvaires des Oyrùius , Elatei\ Mélasomes, ainsi que celles des Longicornes dépourvus d'oviscapte, sont construites sur le même modèle que celles de la généralité des Carabiques, ou du moins n'oflrent que des diltérences trop peu importantes pour être notées.
L'ordre des Hémiptères présente un appareil vulvaire qui lui est propre, composé d'un plus grand nombre de pièces que dans le précédent , et c[ui , sans faire saillie, est cependant visible extérieurement, étant placé à la face inférieure de l'abdomen. Il est formé aux dépens des deux derniers segmens de cette partie du corps, qui se sont fractionnés en plaques, de grandeur et de forme très-variées.
(l) Avnaies des sciences naturelles, tome VI, p. 434*
Dans la Scutellera nigro-lineata (i) il se compose de sept pièces, élroitement jointes ensemble, mais susceplibles d'un mouvement peu étendu. Les deux antérieures, plus grandes que les autres, triangulaires et iiccolées par leur base sur la ligne médiane du corps , peuvent s'écarter un peu plus que les suivantes , et ferment l'entrée du vagin. En arrière , de chaque côté, sont ]dacées deux autres pièces également triangulaires, surtout les postérieures ; au centre se trouve la septième pièce , qui est comme enchâssée entre les deux dont nous venons de parler, en forme de cône obtus, et qui paraît composée de deux articles. L'appareil vulvaire des autres espèces de ce genre et des Pentatonies est absolument semblable à celui-ci, quant au nombre des pièces, et n'en difïere que par le dévelopj)ement de quelques-unes d'entre elles. Les autres genres de cet ordre possèdent une organisation analogue, sauf quelques-uns sur lesquels nous reviendrons plus bns , qui sont pourvus d'un oviscapte. Le nombre des pièces est seulement moindre. Ainsi il n'y en a ([ue six dans la Pyrrochans optera , quatre dans le Coreus niarginatus ^ deux dans le Coreiis niigax ^ etc. On trouvera une multitude de ces formes décrites dans le beau travail de M. Léon Dufour sur cet ordre.
JNous rei^ardons encore comme des ori'^anes du même genre que les précédens un appareil fort bizarre, que nous avons observé chez quelques espèces à'TIeliconia ( H. Eva , Ceres , Pasinuntia , Cramer ) , et qui consiste en un faisceau de j)oils courts , raides, un peu aplatis et brillans , cjui sont disposés en
(i) Léon Dufour, fiecherches sur les Hémiptères , fig. IJ7.
DES FOXCTIONS DE ISEl'ROnUCTlON . 353
cercle, de manière à entourer à la fois l'ouverture anale et la vulve. Au repos , ce faisceau est entièrement caché dans l'abdomen; mais lorsqu'on presse celui-ci , il sort en entier , et les poils , qui étaient rapprocliés comme ceux d'un pinceau , s'étalent et forment une étoile très-régulière et parfaitement arrondie. Ces poils ont entièrement l'aspect de ceux qu'on observe à la marge supérieure des secondes ailes dans les mêmes espèces. Leur usage est sans doute d'embrasser le pénis du mâle pendant l'accouplement.
B, Oviscapfe. On réserve ce nom pour tous les annexes des organes femelles , faisant saillie hors de Tabdomen, ou cachés au repos dans son intérieur, qui sont disposés de manière à conduire les œufs dans le lieu choisi par la femelle. Ils diffèrent des pièces vulvaires par cette fonction, et de l'aiguillon en ce qu'ds ne servent de conduit à aucun fluide vénéneux.
On en distingue deux sortes principales : Vowiscapte tuhifojine et Youiscapte bwalue. L'oviscapte tubiforme, ainsi que son nom l'indique, est un simple tube, tantôt caché dans l'abdomen, d'où il ne sort qu'au besoin, tantôt plus ou moins visible à l'extérieur. Il peut être membraneux ou corné; mais presque toujours il est formé d'anneaux qui diminuent graduellement en diamètre , et qui rentrent les uns dans les autres comme les tubes d'un télescope, de sorte que le premier , qui est caché dans Fabdomen au repos, reçoit tous les autres. L'anus et le vagin s'ouvrent tous deux à sa base. Enfin ce tube est ordinairement accompagné de pièces cornées supérieures,
INTR. A t'ENTOM0I.0GTE , TOME U. ^3
354 ^^^ FONCTIONS DF. REPP.OUl.CTION.
inférieures cL latérales, qui sont les analogues de celles qui constituent l'appareil vulvaire dont il vient d'être question.
Cet oviscaptc n'est en eiïet que la continuation de l'abdomen ; ses anneaux ne sont autre chose que les segmens terminaux de cette partie du corps , et , lorsqu'on les compte chez les espèces où il existe, on retrouve le nombre normal de neuf segmens abdominaux, qui manquait auparavant.
Un c,rand nombre de Diptères, les Muscides en particulier, présentent cet organe à son maximum de simplicité. Il est membraneux , entièrement rétractile dans l'intérieur du corps, et son dernier anneau est muni en dessus d'une petite plaque cornée, à laquelle sont attachés deux crochets très-courts, uniarticulés et mobiles. Pendant l'accouplement, cet organe pénètre dans le cloaque du mâle ; et les crochets dont nous venons de parler servent à retenir le pénis de ce dernier.
Quelques Coléoptères, tels que le Trichius hemipterns et la plupart des Longicornes, ont aussi un oviscapte tubiforme , mais qui diffère du précédent en ce qu'il est corné et se prolonge plus ou moins en arrière de l'abdomen, dans un assez grand nombre d'espèces. Quelquefois même, comme dans la Lainia œdilis^ certains Callidiwn et Acanthocinus^ il égale en longueur plus de la moitié du corps. Celui (\eYHamaticherus héros , qui à l'état de repos fait à peine une légère saillie, est déprifné, garni à son extrémité postérieure de longues soies roussâtres, et renferme dans son intérieur un autre tube membraneux , muni à son extrémité de deux appendices en massue, uniarticulés et
DES FONCTIONS UE REHRODt'CTlON. 350
ciliés. Chez la Lamia textor (i), roviscapte est un tube déprimé, en carré alongé^ très-différent du précédent , en ce qu'il renferme dans son intérieur une soupape cornéo-membraneuse, bilobée et pouvant se lever et s'abaisser; ses lobes sont terminés par un petit corps globuleux surmonté d'une pointe sétacée , destinée probablement à accrocher le pénis du mâle. La soupape, placée horizontalement , sépare l'anus de l'entrée du vagin , le premier étant supérieur et le second inférieur comme de coutume. Une longue pièce cornée couchée intérieurement le long de la paroi ventrale et donnant attache à des muscles nombreux, qui , d'autre part , vont s'insérer sur l'étui , sert à mettre ce dernier en mouvement. Cette tige, selon M. Léon Dufour, existe dans presque tous les Longicornes.
Cette sorte d'oviscapte est en général peu répandue, et on ne l'observe guère hors des deux ordres en question. Dans les autres, elle est remplacée par l'oviscapte bivalve.
Celui-ci a pour caractère essentiel d'être composé de deux pièces de forme très -variable, appliquées l'une contre lautre à l'état de repos, mais susceptibles de s'écarter, et entre lesquelles viennent le plus souvent se placer d'autres pièces, subissant également de nombreuses modifications. Il peut aussi y en avoir d'autres à la base plus ou moins nombreuses. Presque toujours enfi,n il fait une saillie considérable à l'extrémité de l'abdomen, et surpasse quelquefois de beaucoup le corps en longueur.
(0 Léon Dufour, Annales des sciences naturelles., tome VI, PI. ao, %• 5.
Nul organe n'est plusremarquabledans sa structure ni plus sujet à se modifier ; on peut cependant le rapporter à trois formes principales, qui vont, en procédant du simple au composé.
Dans la première , qui n'existe que chez un trèspetit nombre d'espèces, les deux valves ne renferment aucune pièce entre elles, et ne font pas saillie hors de l'abdomen. Cette disposition na encore été observée que chez les Miris et les Capsus de l'ordre des Hémiptères (3). Deux longues valves triangulaires, opposées par leur côté le plus large, occupent le dessous de l'abdomen, depuis le septième segment exclusivement jusqu'à son extrémité, et laissent entre elles, sur la ligne médiane, une fente dans laquelle est logé l'oviscapte. Celui - ci consiste en deux longues lames semblables, réunies et articulées avec un bourrelet calleux situé à l'origine antérieure de la fente. Cet appareil est, comme on le voit , un composé de pièces vulvaires et de l'oviscapte, dont nous parlons en ce moment.
La seconde forme est propre aux Orthoptères et à quelques Diptères. Elle est caractérisée par la présence de deux pièces qui viennent se placer entre les valves principales ou au-dessous, à quoi s'ajoutent souvent h la base deux autres pièces, l'une supérieure, l'autre inférieure, qui engaînent plus ou moins 1 appareil et le rendent plus solide.
Cet oviscapte arrive à son maximum de développement chez \es Locusta^ où il forme, à l'extrémité de l'abdomen, une sorte de sabre tantôt droit, tantôt légèrement recourbé en haut. C\\ez\ii Locusta virmis-
I) Léon Dufour: Recherches sur les H^niiplères. fiçr. )(>
DES FONCTIONS Di; KEl'RODUcriON. 35„
sima^ où il présente cette dernière forme , chacune des valves est munie à sa lace externe d'une sorte de coûtlière qui, à la face opposée, fait une saillie correspondante ; à la base on aperçoit en dessus et en dessous deux plaques, dont l'inférieure est la plus forte et qui sont apjiliquées sur les deux valves ; puis sur les côtés deux courts appendices simples et spiniformes. Entre les deux valves principales, il y en a deux autres beaucoup plus courtes , minces , en triangle très-alongé et unies ordinairement à la saillie longitudinale interne des deux premières par une membrane délicate. C'est au moyen de cet instrument que les Locusta enfouissent leurs œufs à une faible profondeur dans le sein de la terre. Suivant MM. Kirby et Spence, les deux valves externes peuvent jouer l'une contre l'autre d'avant eu arrière comme elles le font chez les Cigales et les Tenthrédines.
L'oviscapte des Grillons est construit sur le même plan que celui des Locusta; mais il est plus loni^ que le corps , se termine par un renflement, et, au lieu de deux pièces entre les valves externes, il y en a quatre très-fines et roulées en spirale à leur sommet. Chezles ^cridiimi, ce long appareil est remplacé par quatre pièces courtes, robustes, dont les deux inférieures sont mobiles et articulées avec les supérieures^ qui sont fixées solidement au dernier arceau abdominal supérieur. De leur partie antérieure naissent deux tiges qui se prolongent dans la cavité abdominale et servent d'attache à des muscles qui font mouvoir les pièces inférieures. L'orifice du vagin est situé entre celles-ci et celui de l'anus au-dessus des autres. Les deux pièces inférieures mobiles paraissent représenter les valves internes des Locusta; quant aux supérieures qui les
supportent, l'analogie devient plus obscure; peut-être faut-il les considérer comme représentant les valves externes qui seraient devenues immobiles.
Parmi les Diptères, quelques Tipulaires sont pourvues d'un oviscapte de ce genre. Dans la Ctertophora atra{i), il se compose de quatre pièces, deux externes, longues, aiguës, recourbées en sabre, et naissant du dernier anneau dorsal, et deux internes, qui sont des prolongemens du dernier anneau ventral, plus courtes , plus larges et légèrement recourbées de dehors en dedans. Aurepos,ces deux dernières sont cachées entre les autres, et forment avec elles un appendice filiforme. L'anus s'ouvre entre les deux valves supérieures, et une pièce cornée triangulaire , enchâssée dans une masse musculaire, le sépare de l'orifice du vagin, qui est placé entre les deux valves inférieures. Ces dernières , suivant Réaumur , conduisent les œufs dans le trou que les supérieures ont creusé dans le sein de la terre.
Ces deux premières formes d'oviscapte servent simplement aux femelles qui les ont reçues en partage , à déposer leurs œufs dans des lieux en quelque sorte tout préparés pour les recevoir. Celui des Lûcusta , le plus robuste de tous, peut tout au plus percer le sein de la terre qui ne lui offre jamais qu'une médiocre résistance , et serait incapable de pénétrer dans le bois ou tout autre substance analogue. L'oviscapte qu'il nous reste à examiner est au contraire destiné à percer les substances solides végétales, les tissus animaux, et la nature l'a accordé presque exclusivement à des Insectes célèbres par leur instinct, les
(i) Burnieislfr, HandJuch (/frr Entomoloi^ie , tome 1, 5 i.j^
DES FONCTIONS DE REPRODUCTIOK. 35g
Hyménoptères. Hors de cet ordre , on ne le retrouve plus que chez les Cicadaires.
Cette faculté de pénétrer dans les corps durs existe du reste à un plus ou moins haut degré et presc[ue partout, elle est due à un perfectionnement des pièces internes que nous avons déjà observées chez les Locusta. De deux qu'elles étaient , elles ont été portées à trois, et c'est celle ainsi nouvellement introduite qui joue le rôle d'une véritable tarrière , étant à cet eifet aiguë, dentelée à son extrémité, et très-mobile d'avant en arrière. Les valves externes subsistent toujours et forment, en s'unissant par leurs bords, une traîne qui protège et maintient en place l'appareil interne (jui est entièrement caché par elles. Leur longueur égale la sienne, et elles ne le quittent jamais, soit qu'il rentre dans l'abdomen , soit qu'il fasse saillie au dehors. Elles s'articulent avec les deux derniers anneaux •ibdominaux qui les recouvrent ainsi à leur base en dessus et en dessous. Cette gaine n'offre point de modifications dignes d'être notées. Presque j)artout elle est plus ou moins rugueuse et pubescente à sa face supérieure, et ne varie que sous le rapport de sa longueur. Les pièces internes qui constituent, à propreraent parler, ce qu'on nomme communément la tarrière, et que nous appellerons désormais de ce nom, se modifient au contraire considérablement suivant les genres, et quelquefois les espèces; et, à leur inspection seule, on pourrait déterminer à priori la manière dont celles-ci déposent leurs œufs.
Chez les Tenthrédines, elles constituent une véritable scie avec laquelle ces Insectes entament la substance des feuilles ou des jeunes tiges, et introduisent leurs œufs un à un dans les eniailles qu'ils ont ainsi faites. C'est
36o 1>£S FONCTIONS UL RliPKODLCTlON.
du reste un icslrument encore imparfait par le faible développement de la troisième pièce interne dont nous parlions plus haut, et qui joue ailleurs un rôle si considérable. La tarrièrene consiste en efï'et qu'en deux lames de la même forme et longueur que les valves externes qui leur servent de gaîne, et renfermant entre elles à leur base un court appendice triangulaire qui est la troisième pièce encore rudimentaire. Le bord inférieur de chacune de ses lames est finement dentelé dans toute son étendue, et ces dents, qui sont dirigées en arrière, sont en même temps très-légèrement déjetées en dehors ; intérieurement la surface des lames est très-lisse ; mais la face opposée est divisée en deux parties inégales par une ligne longitudinale saillante qui est ellemême couverte de dents très-fines. La partie la moins large, qui est inférieure, est couverte de stries obliques très-serrées, et la supérieure de lignes élevées un peu courbes. Cet instrument remplit ainsi un double office , celui d'une scie par son bord inférieur , et celui d'une râpepar ses deux faces externes, cequifacilitesingulièrement son jeu. Sa forme varie du reste dans les diverses espèces de Tenthrédines. Chez les Cimbex, auxquels cette description est particulièrement empruntée, elle est à peu prés sigmoïdale, tandis que, dans la plupart des autres espèces de cette famille, chaque valve est cultriforme, c'est-à-dire droite à son bord supérieur et concave au bord opposé.
La plupart des Ichneumonides , notamment les E^ania, les Fœmis, les Pimpla ^ sont remarquables par la lonpueur démesurée de leur oviscapte , qui quelquefois surpasse plusieurs fois le corps en longueur. Les deux valves externes qui forment la gaîne divergent même assez fréquemment dans une partie
DES FONCTIONS DE P.Li'llODUCTlON. 36 1
de leur étendue, et laissent apercevoir une longue tij^e cylindrique et très-grêle, qui est la larrière. Cette tige, reirartiée comme simple et creusée intérieurement d'un canal par tous les auteurs , depuis Réaumur jusqu'à M. Gravenhorst (i),n'a encore élé bien décrite que par M.Burmeister qui amontréqu'elle était double (2); elle se compose en elïet d'une tige principale , arrondie, légèrement dilatée à son extrémité , et creusée eu dessous d'une gouttière dans toute son étendue. Dans cette gouttière est logée une seconde tige, qui ne la remplit pas tout entière, et qui , pour la forme, est absolument semblable à la précédente; elle est seulement un peu plus couverte de dents très-fines à son extrémité élargie. Il en résulte ainsi un canal , tel que les anciens auteurs l'ont dit, mais trop étroit pour que les œufs puissent y passer. Ils glissent le long de la tige supérieure et sont maintenus en place pendant leur trajet parles valves externes qui forment la gaine. Cet instrument , tout différent qu'il paraisse au premier abord de celui des Tentbrérlines, n'en est cependant qu'une simple modification. Il suffit en effet de se représenter la tige supérieure comme formée par la réunion des deux lames latérales qui existent dans cette famille, et l'inférieure par la pièce impaire qui s est considérablement développée.
L'oviscapte des Sirex diffère par un caractère assez important de celui que nous venons de décrire. Il est droit, filiforme, et longé en partie dans une coulisse profonde, que présente en dessous le dernier segment abdominal. Ses deux valves externes sont ruirueuses
(1) Jclmcuiiiologia Euiopœa, to'.ue I. p. 89. {:'.) ILindbuch der Enloniolo^ic, toine I, S i45-
et articulées à leur base avec le bord du dernier arceau ventral. Les valves internes forment, comme chez les Ichneumons , une tige creusée inférieurement d'une gouttière ; mois cette tige est fendue à son extrémité et dentelée dans cette portion de son étendue. Au lieu d'une soie unique, elle en renferme deux étroitement accolées l'une à l'autre et couvertes tout le long de leur bord externe, de dentelures, qui deviennent plus serrées , plus fines, et sont dirigées en arrière à leur extrémité. Elles ne remplissent pas entièrement la gouttière qui les reçoit , de sorte que celle-ci ofïre un canal dans toute sa longueur.
Dans ce genre et les deux familles dont il vient d'être question, loviscapte fait toujours saillie à 1 extrémité de l'abdomen. Chez les Cjnips^ au contraire, qui l'ont construit sur le même modèle que les Ichneumons , si ce n'est que les deux valves internes sont libres au lieu de former une gouttière d'une seule pièce, il rentre au repos dans la cavité abdominale, en se roulant sur lui-même, ou se recourbe sur le dos de l'animal.
Celui des Chrjsis présente une véritable anomalie dans cet ordre. Il réunit les caractères de Toviscapte tubiforme et de celui qui nous occupe. La gaîne externe est un tube semblable à celui des Muscides, mais qui rentre moins complètement dans l'abdomen et se recourbe en partie sous ce dernier. Sa partie supérieure est protégée par des plaques cornées qui se recouvrent comme les tuiles d'un toit. Dans l'intérieur de ce tube se trouve le véritable oviscapte,qui est construit comme dans le reste de Tordre (i).
L'oviscapte des Cigales dont il nous reste à parler,
(i) royez Degéer, tome II, p. 335, PI. i?>, lis 30. -ii.
varie suivant les espèces ; celui de la Cicada orni, qui paraît être celle chez qui Réaumur a décrit cet organe (i), est caché inféricurement dans une coulisse du dernier segment abdominal. Les deux valves externes n'offrent rien de particulier. Les deux internes sont libres, légèrement dilatées et dentelées sur leurs bords à leur extrémité ; elles sont convexes à leur bord externe, creusées en gouttière dans toute leur longueur au bord opposé, et cette gouttière embrasse la tige centrale qui n'est plus un instrument destiné à percer, mais à maintenir en place et consolider les deux valves en question pendant leur jeu alternatif d'avant en arrière, et réciproquement. Cet oviscapte se rapproche de celui des Tenthrédines plus que de tout autre.
Les genres voisins des Cigales sont pourvus également d'un instrument analogue, mais dont le détail nous mènerait trop loin. ISous citerons cependant encore celui de la Cercopis spumaria^ qui est fort court, et se compose de six pièces : deux valves externes et deux internes aplaties et semblables pour la forme à des lancettes qui renferment entre elles deux pièces dentelées comme une lime sur leurs bords.
C. Aiguillon. Des derniers oviscaptes que nous venons de décrire à l'aiguillon des Abeilles^ des Guêpes , des Pompiles, etc. , la transition est insensible et presque nulle. L'aiguillon n'est en efiét qu'un oviscapte à la base duquel se trouve un organe sécrétant un fluide vénéneux. C'est là le seul caractère essentiel qui le différencie des précédens , car celui d'être caché dans l'intérieur de l'abdomen n'en est pas un de quelque importance.
(i) Mémoires, etc., tome V , p- 171 et suivantes.
364 ^^^ FONClIOKs DE nlîPKODUCTIOX.
D'après la description qu'adonnée Réaumur de celui S.esy4beilles ( i ) , i 1 y a ura i t cependant encore un autre caraclère, l'absence des valves externes qui sont remplacées de chaque côlé par un corps inusculeiix, conique, creusé à sa partie interne d'une i;,oullière, et qni , embrassant l'instrument lorsqu'il est relire dans l'abdomen , l'empêche d'entrer en contact avec les parties voisines. Quand il sort , ces corps s'écartent sur les cotés et nel'accompagnentpas. 11 ne reste ainsi, pour constituer la gnîne, que les valves internes qui, de même que chez les Sirex, se sont réunies en une seule et forment une tige conique, creusée inférieurement d un sillon dans lequel sont logées deux soies qui constituent l'aiguillon proprement dit. Ces soies extrêmement grêles, et appliquées l'une contre l'autre par leur côté interne, sont barbelées à leur côté externe , mais à l'extrémité seulement, et peuvent se mouvoir indépendamment Tune de lautre d'avant en arrière. Chacune d elles est fixée à sa base sur trois pièces cornées , placées dans l'abdomen de chaque côté de l'instrument. Considérablement écartées, par conséquent, à leur origine, elles se rapprochent et finissent par s'accoler l'une à l'autre en entrant dans la gaîne décrite plus haut. Entre elles deux vient s'insérer le vaisseau déféient ou le col de la vessie qui contient le venin.
Dans une autre espèce d'Hyméno[)tère de Saint-Domi)igue , dont Réaumur a figuré également l'aiguillon (2) et qui est probablement une Polistes ou un Sphex, la structure de cet organe est la même, si ce n'est que la gaîne est barbelée des deux côLés à son
(i) Mémoires , tome V, p. 33c), PI. 2^. (a) LococK. PI. 29, fig. rj.
DES FONCTIONS ht REPRODUCTIOX . 365
extrémité, ;iussi bien que les soies qu'elle renferme.
Ces dentelures , si utiles aux espèces qui se servent simplement de leur oviscaptc pour percer les substances dans lesquelles elles doivent déposer leurs ceufs, sont souvent fatale aux Hyménoptères porte-aiguillons, qui emploient leur instrument comme arme offensive. Lorsqu'ils le retirent trop vite de la plaie qu'ils ont faite, l'aiguillon reste dans cette dernière, et les corps musculeux situés à sa base , ainsi que l'organe sécréteur du venin lui-même, y restent attachés; l'animal meurt alors inévitablement des suites de cette énorme lésion.
Nous compléterons cette description générale des organes générateurs par quelques mots sur leur développement dans les deux sexes, qui, du reste, n'a encore été suivi que chez les Lépidoptères (i), mais qui doit s'opérer de même dans toutes les espèces à métamorphose complète.
Ces ori:anes existent chez les chenilles , et deviennent facilement visibles quand elles ont acquis une certaine taille ; on peut même distinguer s'ils appartiennent au sexe mâle ou femelle. Lyonnet , qui les a découverts le premier et qui les nommait corps rénifornies {i) , n'avait fait que soupçonner leur nature : M. Herold a achevé de la faire connaître , en les suivant à travers toutes les phases de la métamorphose dans la Pieris brassicœ.
Chez les chenilles encore jeunes, les organes sexuels ne consistent qu'en un corps ovoïde ou arrondi , placé, suivant Lyonnet, au-dessus du vaisseau dorsal dans
(i) Voyez Heïold , Bnlwickeiuugesckichfe cler SckmeUeilingc, etc. (•i) JVai'ê nnatomiqiie de In chenille du saule , p. 4'^-9' P'- !'-•
366 DES FONCTIONS DE REI'RODUCTiOX .
le septième segment ; plus tard , suivant le même auteur, on en distingue deux placés de chaque côté de ce vaisseau , à la base des ailes musculeuses qui le supportent. M. Herold, au contraire, les a trouvés placé sous le corps graisseux au-dessus du canal digestif, un peu en arrière du ventricule chylique. Ces corps sont blancs , et sujets à varier de forme , suivant les individus dans lesquels on les examine. De leur partie postérieure naissent deux longs filamens , qui , après plusieurs circonvolutions, se réunissent en un seul près de l'anus et sous le rectum. Quelques signes extérieurs indiquent déjà à quel sexe ces corps appartiennent. Ceux mâles sont plus arrondis ; ceux femelles plus ovales , et divisés, de leur base à leur sommet , en quatre parties égales , par des étranglemens. A l'intérieur, les différences sont plus grandes. Les corps , qui appartiennent au sexe mâle , présentent , quand on les ouvre , quatre ou cinq loges, formées par des replis de leur membrane interne , et convergeant toutes vers le centre. Dans chacune se trouve un corps pyriforme qui la remplit en entier, et qui est une capsule spermatique. Les corps femelles ne contiennent rien de pareil.
Cet état de choses persiste jusqu'à ce que la chenille se transforme en chrysalide. Peu de temps après, les deux testicules commencent à se rapprocher; ils se touchent bientôt; leurs côtés , en pressant l'un contre l'autre, s'aplatissent, et peu à peu les deux corps s'unissent de manière à n'en former plus qu'un. On se rappelle que ce testicule unique est propre aux Lépidoptères. En même temps, les canaux déférens , qui sont doubles , se développent par degré , puis les vésicules séminales, et le canal éjaculateur; en dernier
lien se forme un vaisseau accessoire unique, simple, long et entortillé , qui est inséra; au point de jonction des deux canaux déférens. L'organe mâle interne se trouve alors complet.
Le développement des organes femelles commence par les ovaires , qui grossissent, s'allongent , montrent distinctement leurs gaines ovigères, qui , jusque-là, avaient été confondues ensemble ^ et finissent par se rouler en spirale à leur sommet. Les filamens, qui partaient de l'extrémité postérieure des corps primitifs existant chez la chenille, se raccourcissent pour former les trompes, qui ont très-peu de longueur ; celles-ci s'unissent à leur tour pour former l'oviducte. Leur point d'union se dilate et s'allonge en une poche alongée, qui est la vésicule spermatique ; un autre vaisseau, situé à la partie opposée , plus long , et qui est un vaisseau accessoire ou séhifique , apparaît presqu'en même temps : les deux derniers vaisseaux , de même nature , qui s'ouvrent à l'extrémité de l'oviducte et cjui se renflent immédiatement auparavant en une vessie oblongue, se forment les derniers (i).
Les organes sexuels n'ont pas encore été suivis dans leur développement chez les Insectes à métamorphose incomplète; mais, si l'on en juge par celui du canal digestif, ils doivent peu diflerer dans l'origine de ce qu'ils seront plus tard.
(i) Foyez Pi. aj, fig. 5, les organes génitaux femelles de la Pieris brassicœ,
368 DES FONCTIOXS DK REf.sODUCTlOX.
§ 3. Considérations générales sur lés fonctions de reproduction.
Des organes sexuels aussi distincts , aussi compliqués que ceux dont il vient d'être question , donnent aux Insectes une incontestable supériorité à l'éqard de la génération sur les autres animaux invertébrés, et notamment sur les mollusques , à la suite desquels on a coutume de les ])lacer. Les générations gemmipare et fissipare leur sont inconnues; l'hermapbrorlisme ne paraîlcbez eux qu'à titre de monstruosité ; enfin il n'y a pas d'exemple dans la classe de fécondation des œufs après leur sortie de l'organe femelle. Quelques espèces cependant échappent à la règle commune : les unes d'une manière normale et régulière, les autres accidentellement. Un assez grand nombre de naturalistes admettent également la génération spontanée pour certaines espèces.
Il se trouve aussi parmi les Insectes, mais uniquement chez ceux qui vivent en société, tels que les Fourmis^ les ylheilles et les Termites^ des individus qui ne sont d'aucun sexe , et que l'on nomme neutres. Mais l'observation montre que ce sont des femelles, dont les organes génitaux ne se sont pas développés. Ces neutres ne restent pas entièrement étrangers à la conservation de l'espèce. Ce sont ceux qui soignent et nourrissent la progéniture des deux autres sexes.
Ce sont autant de points que nous avons à examiner, après avoir préalablement parlé de l'accouplement et du développement des œui's. Kous terminerons par l'examen de ce qu'où entend par espèce, variété et
DES FONCTIONS DE REPRODUCTION, Cj6c)
monslruosité, question qui se rattache intimement à celle de la génération , et qui trouvera mieux sa place ici que partout ailleurs.
Ilyapourles Insectes, comme pour les vertébrés, un âge de puberté vers lequel les organes sexuels deviennent aptes à remplir leurs fonctions. Cette époque est cellequi suit l'élat de nymphe, pendant lequel ces organes, en retard sur tous les autres , prennent avec plus oumoins de rapidité leur forme définitive. On sent qu'avant ce temps il ne peut être question d'accouplement pour les espèces à métamorphose complète : quant à celles à métamorphose incomplète, on a vu des nymphes d'Orthoptères et d'Hémiptères s'accoupler; mais on ne cite aucun exemple de fécondité à la suite damions semblables. Rien ne s'oppose cependant à ce qu'elles soient productives , le développement des organes génitaux pouvant à la rigueur, dans ces ordres, précéder celui des ailes.
Les Insectes femelles ne s'accouplent jamais qu'une seule fois dans le cours de leur vie, quelle que soit la durée de celle-ci : du moins nous ne connaissons aucun exemple du contraire. Mais il est certain que cela n'est pas une règle constante pour le sexe opposé. Degéer a vu un Puceron mâle s'unir successivement à cinq femelles (i), et l'on connaît des faits analogues chez la Musca carnaria , la Chrjsomela populi , et quelques Bombyx (2). Cette faculté est probahleraent générale parmi les espèces dont l'acte copu-
(1) Mémoires, tome III, p. G2.
(2) Rirby et Spence , Introduction to Entomology, tome IV, p. 564
INTR. A I,'i;NT0M0I.0GIjE; , TOME II. 2/[
latoire n'épuise pas les forces et dont la vie est longue.
Il n'est guère possible de déterminer le rapport numérique qui existe entre les individus des deux sexes pour chaque espèce. On ne peut en juger par le plus ou moins de fréquence avec laquelle on rencontre les uns ou les autres. Les femelles, en effet, ayant à pourvoir à la conservation de leur postérité , dont elles sont spécialement chargées , se cachent souvent dans quelque retraite difficile à découvrir, et échappent ainsi aux recherches. Telle est , entre autres, celle du Cebrio gigcis , du midi de la France , qui a été si long-temps très-rare dans les collections , tandis que le mâle y était assez commun , jusqu'à ce qu'on eût découvert qu'il fallait la chercher dans le sein de la terre où elle s'enfonce , et qu'elle ne quitte presque jamais,, même pour s'accoupler. Les femelles étant fécondées par une seule copulation , il est probable que leur nombre ne surpasse jamais celui des mâles; ces derniers peuvent, au contraire , être infiniment plus nombreux ; c'est ainsi que , dans une ruche d^ Abeilles , il y en a ordinairement , selon les calculs de Réaumur et d'Huber, quinze cents à deux mille pour une seule femelle, et tous, moins un seul, doivent par conséquent mourir vierges.
La reproduction de l'espèce est la principale fin des Insectes sous leur dernière forme, et la nature ne leur a quelquefois accordé que quelques heures ou un petit nombre de jours pour y pourvoir. Aussi la plupart s'empressent-ils d'exécuter ce grand acte immédiatement après leur dernière métamorphose. Le mâle, uuidé, soit par l'odeur qu'exhale la femelle, soit par l'éclat phosphori que dont elle brille, soit parles
bruits qu'elle produit, se met à sa recherche, ou lui-même l'appelle par des moyens analogues. Mais l'heure, le lieu, le mode et la durée de l'accouplement présentent de nombreuses et intéressantes différences.
Très-souvent cet acte est précédé de préliminaires analogues à ceux qu'on observe chez les Mammifères et les Oiseaux. Le mâle, qui comme partout ailleurs est le plus ardent et l'agresseur, emploie des agaceries pour éveiller l'appétit vénérien chez la femelle, et la violence même pour la contraindre à céder à ses désirs. Celle-ci résiste d'autant plus long-temps , qu'elle est attaquée à une heure plus indue. On voit cela surtout chez un grand nombre de Lépidoptères nocturnes , notamment les Bombjx quercus et Liparis dispaT\ dont les mâles viennent même à l'ardeur du soleil voltiger autour de leurs femelles , qui sont alors collées, immobiles, contre un arbre ou un mur, dans un état de torpeur complet , dont elles ne sortent qu'à l'entrée de la nuit. Jusque-là elles sont sourdes à toutes les instances du mâle. M. Audouin a donné une description intéressante de ces préliminaires chez les deux sexes de la Ljtta uesicatoria (i). La scène se passait sur un lilas ; le mâle, placé sur le dos de la femelle, et accroché par ses pâtes postérieures à un rameau de l'arbre , tandis que ses j^ates antérieures étaient libres , caressait avec ses antennes la tête et les antennes de la femelle; il cherchait 'à saisir ces dernières au moyen d'une échancrure fermée par une épine mobile, dont sont pourvues ses pâtes antérieures, et finit par s'en emparer; quand il les eut
(l) Annales des sciences naturelles , tome IX, p. 55.
saisies , il les tirailla dans tous les sens ; il imprimait en mcme temps de violentes secousses à tout le corps de la femelle , en s'agiLant lui-même avec une vivacité toujours croissante. La femelle ne céda qu'après deux heures de ce manège ; elle releva lentement son abdomen, et l'accouplement eut lieu dans la forme ordinaire. Les Libellules femelles opposent à leurs mâles une résistance encore plus longue, et dont il n'est personne qui n'ait été témoin. Dans d'autres espèces , au contraire, telles que la Mouche de nos appartemens, la plupart des Lépidoptères diurnes et des Hyménoptères , ces préliminaires sont singulièrement abrégés, la femelle n'olïrant qu'une résistance trèscourte et même nulle aux désirs de l'autre sexe. Quelquefois même , comme chez les Bourdojis , elle fait en quelque sorte les avances , en se plaçant au soleil sur un tronc d'arbre, les ailes légèrement écartées, l'abdomen relevé, attendant dans cette position que quelque mâle l'aperçoive et vienne à elle.
L'union des deux sexes paraît avoir lieu pendant le jour pour le plus grand nombre des espèces. L'ardeur du soleil semble même nécessaire pour exciter leur ardeur. Les reines des Abeilles, qui se tiennent constamment dans l'intérieur de la rucbe, n'en sortent, pour se livrer aux mâles dans les airs, qu'aux heures les plus; brûlantes de la journée, et lorsque le soleil brille du plus vif éclat. Les Lépidoptères diurnes ne s'accouplent également que pendant le jour , et il en est de même d'une foule d'autres espèces de tous les ordres. Peut-être cependant en est-il un aussi grand nombre qui ne se livrent à l'amour qu'à l'entrée de la nuit , heure qui a une influence mystérieuse sur la plupart des êtres organisés. C'est pendant les soirées calmes et chaudes
(le la belle saison que les Fourmis , mâles et femelles , sortent en foule de leurs demeures, grimpent sur les tiges des plantes voisines , et de là s'élancent dans les airs où ils s'unissent, et exécutent des sortes de danses en montant et descendant alternativement ensemble. Une foule de Diptères, la plupart des Lépidoptères nocturnes et crépusculaires , les Phryganides, choisissent aussi ce moment. Beaucoup de Coléoptères en font autant ; cela est du moins certain pour les Melolontha ^ Qeotrupes , Luc anus , etc. Si l'on rencontre assez souvent des individus de ces genres accouplés pendant le jour, cela vient de ce que leur union dure fort long- temps et a eu lieu la veille. Il est d'autres espèces de cet ordre, telles que les Carabiques , qu'on ne surprend presque jamais pendant cet acte, ce qui porte à croire qu'il se passe pendant la nuit , et dure fort peu de temps.
Les lieux que les Insectes choisissent pour s'unir varient considérablement; les uns, tels que les Coléoptères , ne quittent pas le sol ou les plantes sur lesquelles a eu lieu la copulation ; d'autres , comme les Lépidoptères nocturnes , saisissent le moment où la femelle est posée , et après l'acte se laissent emporter par elle , mais généralement à de courtes distances. Un grand nombre de Diptères , les Abeilles , les Tej^mites, les Ephémères , commencent et consomment 1 acte entièrement dans les airs. Le plus ordinairement c'est le mâle qui est emporté au gré de la femelle , et obligé de la suivre dans tous ses raouvemens. Certaines femelles aptères d'Hyménoptères des genres 3Iethoca , 3Ijrmosa^ Blutilla ^ sont, au contraire, enlevées dans les airs par leurs mâles , qui , l'acte consommé , les laissent retomber ou les déposent à terre.
3j4 ^ES FONCTIONS DE REPRODUCTION.
Les espèces aquatiques, tels que [es Dytiques^ lesHj-
drophiles , les Notonectcs ^ les Nèpes , s'accouplent dans l'eau ou sur les tiges des plantes aquatiques. L'accouplement, sans contredit le plus singulier, est celui des Lépidoptères des genres Psjche (i) et OEceticus (2), dont les femelles sont aptères, et ne quittent pas le fourreau construit par la chenille, dans lequel elles se tiennent la tête en bas , présentant ainsi , du côté où est située l'ouverture , l'extrémité postérieure de leur corps. Elles reçoivent dans cette position les approches du mâle, dont l'abdomen est susceptible de s'alonger considérablement , afin de pouvoir pénétrer dans l'intérieur du fourreau et arriver jusqu'à elles.
Dans l'immense majorité des espèces, la position des deux sexes pendant le coït est la même que chez les Mammifères et les oiseaux. Le mâle monte sur le dos de la femelle , et la tient plus ou moins fortement embrassée, ou, comme chez les Chrysomélines^ il reste immobile et se laisse traîner par elle. Quelquefois la femelle est dessus et le mâle dessous ; la Guêpe vulgaire , les Scatophages , quelques Tipulaires , offrent des exemples de cette position. Dans certains cas , l'accouplement ainsi commencé se termine à la façon de celui des chiens , c'est-à-dire que , tout en restant unis , les deux sexes cessent d'être superposés , et se tiennent la tête dirigée en sens inverse : telles sont les Pentatomes .
Les Puces , quelques Zjgènes , Gulicides et Ciyp-
(i) Annales des sciences naturelles, tome XX, p. 473.
(2) Lansdown Guilding, Transactions of the Linnean Society,