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corps de l'animal, auquel ils ont été confiés par la feme:le. Le tan en fermentation, la fiente, les végétaux décomposés , dans lesquels lOryctes nasicornis, les Æteuchus et d’autres Insectes déposent leurs œufs, p'oduisent sans doute aussi une chaleur artificielle f: vorable à ceux-ci; enfin les œufs, ou plutôt les nymphes de la Nyctéribie de l'hirondelle, déposés par la femelle dans le nid de cette dernière, sont couvés par elle en même temps que les siens propres.
L'incubation des œufs a même lieu chez les Insectes, quoique Fabricius ait posé en principe le fait contraire. La forficule femelle couve les siens, suivant une observation de Degéer, sur laquelle nous reviendrons ailleurs, et tout porte à croire qu'il en est de même pour la Pentatoma grisea , qui, selon le même naturaliste, conduit ses petits comme la poule ses poussins.
La chaleur atmosphérique n’est pas toutefois la seule cause qui détermine l’époque de l’éclosion. Le plus ou moins de dureté de Ja coquille, et peut-être quelques différences dans la nature du fluide qu’elle contient, font que parmi des œufs exposés à la même température, les uns éclosent beaucoup plus tôt que les autres. Ainsi, ceux de la A/ouche de la viande, qui sont couverts d’une légère membrane, éclosent dans les vingtquatre heures , et, selon quelques auteurs , dans deux ou trois heures ; ceux des Æbeilles et d’autres Insectes dans trois jours; ceux de la Coccinella bi-punctata dans cinq ou six jours; ceux des Grillons dans un mois : les œufs des Bombyx neustria et castrensis, qui sont au contraire recouverts d'une enveloppe très-dure, n'éclosent qu'au bout de neuf mois; et même ceux d'un autre Lépidoptère ( Liparis dispar), quoique pon-
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bo PREMIER ÉTAT.
dus au mois d'août, n’éclosent qu'au mois d'avril de l’année suivante. Nous pouvons, dans certaines circonstances , deviner la cause qui hâte ou retarde l’éclosion. Ainsi, parmi les Lépidoptères qui font plusieurs pontes par an, telle que la Vanesse del'ortie(Fanessa urticæ ) , celles qui ont lieu en été produisent promptement les chenilles, tandis que celles de l’automne ne donnent les leurs qu'au printemps de l’année suivante. Il est clair que la différence dans la chaleur atmosphérique de l'été et de l'automne est le moyen dont se sert la nature pour hâter l’éclosion des premiers et retarder celle des seconds ; mais la cause première est que les chenilles nées en automne périraient faute de nourriture, tandis que celles de l’été en ont une abondante et assurée.
L'homme peut à cet égard modifier jusqu’à un certain point le plan de la nature, en accélérant ou retardant l’éclosion par des moyens artificiels. Dans certaines contrées de l'Orient où l’on élève des vers-àsoie qui n’éclosent naturellement qu’au bout de six semaines , les femmes, en les portant dans leur sein, avancent de beaucoup ce terme. Le retard est plus difcile à obtenir, et dans certain cas impossible. Quand la chaleur atmosphérique a atteint un certain point, on placerait vainement les œufs en question dans un lieu frais; et, suivant Faujas, cité par Brahm , ils éclosent même dans une glacière au mois de juin.
À l'état d'œuf, les Insectes peuvent supporter sans périr une élévation ou un abaissement extraordinaire de température , mais dont les limites ne sont pas encore exactement connues. Certaines larves revenant à la vie après avoir été gelées et converties par le
ŒUF. 5 froid en une masse solide, on peut en conclure qu'il en est de même pour beaucoup d'œufs. Quant à la chaleur, on peut tirer une conclusion analogue des lieux où certains insectes déposent les leurs. Les Hélasomes , par exemple, qui habitent principalement les contrées les plus arides et les plus brülantes des deux continens, les placent à une plus ou moins grande profondeur dans des sables où le thermomètre R. étant plongé, s'élève au-dessus de 70° pendant la grande chaleur du jour. Nous avons plusieurs fois, en Amérique, trouvé ceux de quelque espèce de Nyctelia dans des endroits semblables où il était impossible de tenir la main pendant quelques secondes. On sait, d'ailleurs, à quelle température extrême il faut soumettre les collections infestées d’Insectes destructeurs, lorsqu'on veut non-seulementdétruire les individusparfaits, mais encore les œufs qu'ils ont pondus.
L'absence d'air est plus fatale aux œufs des Insectes que le froid ou la chaleur. Spallanzani en à fait avorter en les plaçant sous le récipient de la machine pneumatique et faisant le vide, quoique toutes les conditions nécessaires à leur développement existassent d’ailleurs. L'importance de l’oxigénation pour le germe existe chez les insectes comme chez les animaux supérieurs ; Swammerdam a découvert dansles œufs des abeilles , avant leur sortie de l'ovaire , un lacis formé d'innombrables vaisseaux aériens ramifiés à leur surface, et il est probable qu'il continue d'exister lorsque les œufs sont pondus , quoique devenu invisible. La nature d’ailleurs y pourvoit par d’autres moyens. Les œufs des insectes étant poreux, souvent attachés à la surface des plantes, où enfoncés dans l'intérieur
des tiges et des feuilles, sont dans une situation très- VA
favorable pour l'absorption de l’oxigène : il est même probable que la substance gélatineuse qui enveloppe les œufs aquatiques dont nous avons parlé sert à quelque usage de ce genre, ainsi que ces singulières épines dont sont armés ceux des Vèpes. Quelques expériences de Rumford tendent également à faire croire que le cocon qui enveloppe ceux des {lydrophiles remplit des fonctions analogues.
Les Insectes ont leurs ennemis à l’état d'œuf comme dans les trois autres; un petit /chneumon,nommé pour cette raison Ichneumon des œufs (7. ovulum) par Linné, en détruit un grand nombre, et il est probable qu’il n'est pas le seul de sa tribu qui soit dans le même cas ; mais on sent que des Insectes, assez exigus pour se développer dans un espace si étroit, doivent facilement échapper à nos regards. Vallisnieri paraît êtrele premier qui ait découvert que les /chneumons en général attaquent les œufs des Insectes : il en vit plusieurs individus d’une espèce sortir de ceux du petit paon de nuit (Saturnia carpini), et observant que chacun de ces œufs présentait deux ouvertures, l’une plus petite que l’autre, il en conclut que la première avait servi à l'entrée, et l’autre à la sortie de l’Ichneumon. D’autres espèces percent un œuf avec leur tarière et y introduisent le leur. Suivant une autre observation de Vallisnieri, confirmée par Réaumur, un seul œuf quelquefois ne suffit pas au développement de la larve étrangère qu'il recèle ; et, dans ce cas, celle-ci passe à un autre qui subit le même sort; c’est du moins ce qu'il faut conclure d’une observation de Geoffroy sur la larve d’un Zchneumon du genre Cryptus, qui dévore les œufs des araignées, et qui, étant &'assez grande taille, ne peut se contenter d’un seul.
SECOND ÉTAT. — LARVE. 53 La quantité d'œufs détruits de cette manière est immense, car Degéer rapporte que de soixante qu'il élevait dans une occasion , pas un seul ne fut épargné par les /chneumons. Si l'on ajoute à cela qu'ils ont des ennemis dans les larves de leur propre espèce, qui, en venant d'éclore, se jettent souvent sur ceux qui ne sont pas éclos et les dévorent, on aura une idée des dangers qui attendent les Insectes dans leur premier état, et qui ne font que s’accroître dans le second dont nous avons maintenant à parler.