OEUF. A
Quant à leur composition intérieure, et à la marche que suit l'embryon dans son enveloppe, elle est à peine connue, el nous n'en pouvons juger que par analogie avec ce qui se passe dans les œufs des araignées, qui ont été l’objet d'observations très-curieuses de la part de MM. Tréviranus et Carus. Sous la première enveloppe , dont nous venons de parler, on observe une pellicule très-fine, que quelques anatomistes ont regardée comme analogue au chorion et à l’amnios du fœtus des mammifères, tandis que d’autres considèrent l'enveloppe extérieure de l'œuf comme correspondant au chorion , et les dépouilles successives de la larve à l'amnios. La membrane en Rue recouvre un fluide blanchâtre, dont la nature n’a pas encore été mais qui sans aucun doute est destinée à développer les organes de l'embryon. Quand l’œuf vient d’être pondu, on n'y distingue que ce fluide, sans aucune trace de parties quelconques. Le premier changement qui s’opère chez les Coléoptères en particulier est l’apparition de deux points, qui, suivant Swammerdam, sont les rudimens des mandibules, et des stigmates. La forme générale del’embryon et ses membres deviennent ensuite successivement visibles. Il est ordinairement plié eu deux, de manière à ce que sa tête et l'extrémité postérieure de son corps se touchent. Sepp assure qu’on distingue souvent la tête et les anneaux de la larve à travers l'enveloppe de l'œuf, ce qui est d'autant plus croyable que Swammerdam a vules pulsations du grand vaisseau dorsal dans celle delOryctes nasicornis. Enfin, quand toutes les parties de l'embryon sont consolidées et devenues capables de locomotion, il brise l'enveloppe de l'œuf en gonflant son corps, dégage
ses membres les uns après les autres, et commence une nouvelle vie.
Cette opération laborieuse s'exécute de différentes manicres; en général, lorsque la coquille de l'œuf est d’une certaine dureté, la larve s'ouvre un passage en rongeant avec ses mandibules la partie la plus voisine de sa tête, ce qui lui coûte quelques heures de travail lorsque cette coquille est très dure, comme dans l'œuf du Bombyx neustria. Dans beaucoup de cas néanmoins la nature a épargné cette peine à la larve, en munissant l’œuf d’une espèce de trappe ou de calotte, qu’elle n’a qu'à soulever pour sortir. Ce mécanisme existe dans les œufs d’un grand nombre de Lépidoptères diurnes et nocturnes , du Pou commun, etc. L'un des plus remarquables, et dont nous donnons la figure d’après MM. Kirby et Spence, est celui que présente l'œuf d'un Hémiptère , du genre Pentatome, qui , outre une calotte hémisphérique, est pourvu d'un appareil très-singulier, qui paraît destiné à faire sauter cette dernière. Cet appareil, d’une substance cornée, a la forme d’une arbalète, dont la corde serait fixée au couvercle de l'œuf et la partie opposée aux côtés de ce dernier, qui lui servent de point d'appui.
L'époque de l’éclosion dépend du moment où a lieu l'absorption complète du fluide contenu dans l'œuf par l'embryon; mais cette absorption dépend à son tour du plus ou moins de chaleur de l'atmosphère à l’action de laquelle ce dernier est soumis. Il est cependant certains cas où la chaleur, nécessaire au développement dela larve , provient d’une autre source. Ainsi les œufs des OEstres sont échauffés par la chaleur du