CHAPITRE Ill
Au sortir de l'œuf, les Insectes se présentent , ainsi que nous l'avons dit en parlant de la métamorphose, sous trois formes diflérentes.
Les uns , qui constituent les deux premiers ordres, les Thysanoures et les Parasites, sont, à la grosseur près , tels qu'ils resteront toute leur vie.
Les autres tels qu'ils resteront également, sauf les ailes et quelques autres variations légères dans certains appendices.
Enfin, les derniers n’ont aucune ressemblance avec ce qu'ils seront par la suite, après avoir acquis tout leur développement.
Envisagés de cette manière générale, les Insectes n'offrent au sortir de l'œuf qu'un caractère commun,
(4) Voyez les Planches 2, 3 4, et l'explication qui y est jointe,
celui d'êtreinaptes à propager leur espèce. Il s'ensuit également que le mot de larve ne peut s'appliquer qu'à ceux qui sont dans le second et le troisième cas, qui correspondent à la métamorphose partielle et à la métamorphose complète.
Ces trois grandes divisions frappent aussitôt l’esprit, lorsqu'on examine les larves sous un point de vue général; mais lorsqu'on veut aller plus loin, et les classer comme on l’a fait pour les Insectes parfaits, on est arrêté par des difficultés invincibles dans l’état actuel de l’entomologie. Si l’on considère, en effet, que parmi les espèces de nos pays nous ne connaissons bien que les larves des Lépidoptères, et qu’à part quelques-unes du même ordre, nous avons à peine quelques légères notions sur celles qui sont exotiques , on voit que, toute désirable qu'est cette classification, elle est à peu près impossible pour le moment. Aussi, très-peu d’entomolosistes l'ont-ils tentée sur les larves considérées isolément, c’est-à-dire sans avoir égard à l'Insecte parfait. M. Mac-Leay est le premier qui lait essayée en les divisant en groupes auxquels il a donné des noms tirés des analogies de forme qu’elles présentent avec d’autres animaux articulés (1); mais il n’a fait l'application de ce système qu'aux larves des Coléoptères, comme autrefois Réaumur et Degéer s’étaient essayés sur celles des Lépidoptères et des 7enthrédines. MM. Kirby et Spence, s’'emparant de l'idée de M. Mac-Leay, l'ont étendue aux larves de tous les
(1) Horæ Entomologicæ. — M. Mac-Leay nomme, par exemple, Chilognatiformes les larves qui ont une analogie de formes avec les Scolopendres ; Chilopodiformes , celles qui en ontune avec les Jules, T'hisanouriformes , celles qui ressemblent à des Lépismes, etc
LARVE. 59 ordres (1); et depuis, Horsfield en a fait l'application à quelques chenilles de Java.
Si nous n’adoptons pas cette classification, c'est que pour le moment elle nous paraît prématurée, et fondée sur un trop petit nombre d'observations. D'ailleurs, en étudiant les larves et les métamorphoses en général , on s'aperçoit promptement qu'elles ne correspondent pas exactement aux ordres tels qu'ils sont établis maintenant, erdres qui sont certainement naturels, considérés dans leur ensemble. Il est certains d’entre eux, tels que ceux des Névroptères et des Hémiptères, où l’on observe les deux espèces de métamorphoses à la fois, ainsi que les nuances par lesquelles elles se lient l’une à l’autre; de sorte qu'on a deux tableaux distincts où les mêmes animaux sont classés dans un ordre absolument différent, suivant qu'on s'attache à l’une ou à l’autre des diverses périodes de leurexistence. Parmi les larves elles-mêmes , soit qu'on prenne pour base‘de leur classification la nature de la tête, soit l'absence ou la présence des pieds, ou enfin celles des divers appendices dont elles sont pourvues, on arrive à une confusion analogue , en séparant celles qui appartiennent aux Insectes d’un même ordre, ou en rapprochant celles d'ordres différens. Cela suffit pour prouver queles métamorphoses ne sont pas le point de départ pour les divisions primaires, et qu’elles peuvent tout au plus servir à l'établissement de groupes de second ordre, ainsi que les auteurs du Catalogue systématique des Lépidoptères des environs de Vienne en ont fait les premiers l’heureuse appli-
(à) Zutroduction to Entomology , t. IL, p 162 et suivantes.
cation aux Lépidopières. Dans cet étal de choses, au lieu de chercher à classer les larves elles-mêmes, nous croyons préférable de les partager simplement en deux grandes divisions dont nous avons parlé plus haut. | Nous commencerons par celle qui correspond à la métamorphose partielle ; elle comprend les larves des Dermaptères des Hémiptères (1) , des Orthoptères et d’un certain nombre de Névroptères, tels que les Raphidies, les Termites , les Psoques, etc. Toutes, quoique variant sous un grand nombre d’autres rapports, se ressemblent en ce que leur forme diffère peu de celle de l’Insecte parfait; comme lui, elles ont une peau solide, des yeux, des antennes, etc. Si dans ce dernier les organes de la manducation sont destinés à broyer les alimens ou à les pomper , ilen sera de même dans la larve; d’où suit que le genre de nourriture varie peu dans tout le cours de l'existence de l’animal. Les ailes seules manquent à ces larves ; mais, à chaque mue, on les voit croître, et, comme le dernier degré de leur développement, qui annonce l’arrivée de l’Insecte à sa perfection, est peu marqué, il est souvent diflicile de reconnaître le moment où ces larves entrent dans l’état denymphe. Quelques auteurs les ont appelées, pour ces raisons, demi-larves , attendu qu'elles n'ont rien de l'apparence vermiformede la plupart de celles des autres ordres ; mais , ainsi que Lamarck , nous ne voyons aucun motif pour changer
dans ce cas-ci le nom de /arve, qui s'applique à tous les Insectes dans leur second état,
(D, Moins les genres Coccus et Aleyrades,
Quoique la ressemblance générale entre ces larves et l’insecte parfait ne soit jamais altérée, il existe cependant quelquefois des différences dans les proportions et la forme de certaines parties. Ainsi , les larves de la Forficule commune n'ont d’abord que huit articles aux antennes, puis neuf, tandis que l'Insecte parfait en a quatorze. Les branches de la pince située à la partie postérieure du corps , au lieu d’être courbées, sont presque droites. Dans quelques Punaises , les articles des antennes ont de même une forme autre que celle qu'ils acquerront plus tard. Chez les Mèpes, le tube aérien anal, qui est très-long dans l'Insecte parfait, est à peine visible dans la larve. Dans la tribu des Cicadaires, celle-cine possède pas cet appareil que présente la nymphe, et qui lui a sans doute été donné pour se creuser dans la terre la retraite où elle attend le moment de sa dernière transformation , appareil qui consiste en une dilatation énorme des cuisses, lesquelles sont armées de fortes dents en dessous, et en un crochet recourbé dont sont munies les jambes à leur extrémité. Enfin, selon Réaumur , la larve du Chermés du figuier a des espèces d’étuis dans lesquels sont renfermées les ailes. Ges différences , et d’autres moins saillantes que nous pourrions citer, n'influent en rien sur le caractère général des larves de cette division , et nous trouverons d’autres exceptions analogues dans celle qui va suivre.
Celle-ci, qui correspond à la métamorphose complète, se compose des larves des Siphonaptères (Puce), Goléoptères, Hyménoptères , Lépidoptères, Diptères, de la majorité des Névroptères et d’un petit nombre d'Hémiptères. (Les genres Coccus et Aleyrodes, )
Tandis que dans la première division il est facile de reconnaître la forme du Grillon , de la Blatte, de la Punaise , etc., sous celle de la larve, dans celle-ci l'observateur le plus habile ne pourrait jamais deviner quel sera l’Insecte parfait, s'il n’en était instruit à priori par l'expérience. Les seules exceptions que l'on puisse citer à cet égard se présentent chez quelques espèces { certains Lampyres , les Driles , les Lépidoptères des genres Psyche et Okceticus, etc.), dont les femelles conservent dans leur dernier état à peu près la même forme qu'elles avaient sous celui de larve. Les Staphylins, qui appartiennent à l’ordre des Coléoptères, offrent la même anomalie dans la plupart de leurs espèces, chez qui l’Insecte partait est déjà reconnaissable dans la larve.
Dans le langage ordinaire, les larves des Coléopières, de la majeure partie des Hyménoptères et des Diptères, ont recu le nom de fers, tiré de la ressemblance qu’elles ont avec les animaux de cette classe ; celles des Lépidoptères sont désignées sous celui de Chenilles, etquelques rapports avec ces dernières ont fait donner à celles des Hyménoptères de la famille des Tenthrédines le nom de fausses Chenilles.
Nous allons maintenant jeter un coup d’œil général sur les larves, en examinant tour à tour la substance de leur corps, ses diverses parties, sa forme, son vêtement, sa couleur ; leur nourriture, leur mue, leur accroissement, la durée de leur existence sous cette forme , et les divers procédés qu’elles emploient pour se préparer à passer à l’état de nymphe. Leur organisation intérieure sera traitée en même temps que celle de l’Insecte parfait.
I. Supsraxce. A l'exception de la tête et des six pieds antérieurs qui sont souvent de consistance cornée, le corps des larves est en général d'une nature perte plus molle que celui des Insectes parfaits, Dans quelques Coléoptères cependant, tels queles Staphylins les trois premiers segmens qui représentent le tronc de l’Insecte parfait sont solides et cornés. Chez les larves des Dytiques, les neuf premiers anneaux sont couverts en dessus de plaques écailleuses qui s'étendent jusque sur les côtés dans la première moitié de leur circonférence , etc. Dans d’autres, la peau entière est coriace comme chez la chenille de la grande tortue ( F’anessa polychlolos) et chez quelques larves de Coléoptères (certains Ælater), la totalité de la sur face du corps est très-dure. On observe la même chose dans quelques larves exotiques, qui, vivant sous les écorces , doivent avoir souvent une pression assez forte à subir, et auxquelles la nature a sans doute donné cette solidité de parties comme moyen de défense. Cette disposition est en général très-rare chez les larves. Leur corps long et étroit , destiné à exécuter des mouvemens onduleux , se serait mal accommodé de tégumens rigides qui auraient sans cesse gêné ses mouvemens. Quand une chenille prend sa nourriture, elle est souvent obligée d'appliquer son corps à toutes les inégalités de la feuille qu’elle ronge, et, si elle marche, il faut qu'elle puisse se courber dans tous les sens , afin d'éviter les obstacles qu'elle rencontre sur sa route. Dans les larves qui se nourrissent de substances plus ou moins résistantes, la tête devait, au contraire, être solide, afin de prêter un point d'appui aux muscles qui mettent les mandibules et les mâchoires en mouvement : aussi remarque-t-on que
chez la plupart des Diptères qui ne prennent qu'une nourriture fluide, cette partie est membraneuse, ou que, si elle offre quelques organes analogues aux mandibules, ces derniers ne sont pas destinés à broyer, mais simplement à saisir la proie, et exigeaient par conséquent des muscles moins vigoureux.
En général, le corps des larves est opaque , et l’on ne peut distinguer dans le plus grand nombre que le vaisseau dorsal à son mouvement de systole et de diastole. 11 en est cependant quelques-unes, telles que celles des Æourmis et de certains Lépidoptères, qui sont diaphanes. Celle même d’une espèce de Tipule (7°. crystallina, Degéer ) est transparente au point de ressembler à un morceau de crystal, et d'être à peine visible dans l’eau où elle fait sa demeure.
IT. Forme. Toutes les larves ont une ressemblance générale, en ce que leur corps est divisé par des incisions transversales en un certain nombre de segmens ou d'anneaux. Dans un grand nombre néanmoins , surtout parmi les Coléoptères et les Diptères, les replis de la peau empêchent que l’on ne distingue facilement le nombre de ces segmens , qui est ordinairement de douze, non compris la tête. Quelquefois ils varient beaucoup sous le rapport de la longueur. Dans la larve d’une Tinéide commune dans les maisons ( Æglossa pinguinalis ), et qui vit de matières grasses, chaque segment est divisé en deux parties, qui, au moyen de deux replis profonds situés en dessous, peuvent se séparer ou se réunir jusqu'à un certain point, suivant les circonstances. La falure à pourvu par là à ce que les stigmates de cette
LARVES. 61 larve ne fussent jamais bouchés par les matières grasses dans lesquelles elle habite.
Quant à la forme générale du corps, elle varie ex- . trêémement dans les larves. Le plus grand nombre sont cylindriques ou peu s'en faut, comme la plupart de celles des Lépidoptères et des Hyménoptères de la tribu des 7enthrédines, dites fausses Chenilles. La forme la plus commune après celle-ci est celle oblongue ou ovale et légèrement conique. Telles sont les larves des Longicornes, des Curculionites, etc., parmi les Coléoptères, des Abeilles et des autres Hyménoptères (à l'exception des Tenthrèdes ) , et d’une grande quantité de Diptères. Dans d’autres, telles que celles des Hydrocanthares ( Dytiques , etc.) , qui sont larges à la partie antérieure et dont la partie opposée se termine en pointe, la forme est presque sub-ovale. Celles des Staphylins et d'autres Brachélytres sont linéaires. On en voit qui sont convexes ou gibbeuses en dessus et plates en dessous; celles des Sylphes, des Chrysomèles et d’autres Coléoptères sont dans ce cas. Il en est parmi les exotiques qui sont déprimées en dessus et en dessous, et qui ont quelque ressemblance avec une feuille. Sous le rapport de la longueur, quelques-unes sont très-alongées, comme la plupart de celles des Lépidoptères ; d’autres très-courtes , telles que celles du Fourmilion , etc. I] serait facile d’énumérer une foule d’autres particularités du même genre, mais cet aride détail fatiguerait inutilement le lecteur ; c’est à l’aide de bonnes figures et en les étudiant sur la nature vivante qu'il faut chercher à connaître les innombrables variétés qu’elles présentent à cet égard.
NL. Parris, Le corps de toutes les larves se com-
pose de la tête et des segmens dont les trois premiers, qui portent les six pates antérieures , peuvent être regardées comme le tronc, et les autres comme formant l’abdomen. Celui-ci est pourvu, dans certaines espèces, d’un plus ou moins grand nombre de pates différentes des premières, en ce qu’elles sont membraneuses, et de divers appendices fixés à sa partie postérieure ou sur les côtés, appendices qui quelquefois servent à la respiration. Chacune de ces principales divisions , ainsi que les organes qui en dépendent , vont être examinés en détail.
I. Téte. Ainsi que nous l'avons dit plus haut , cette partie dans beaucoup de larves est d’une substance cornée, ou du moins plus dure que le reste du corps , et, quoique n’en étant pas séparée par un cou, s'en distingue facilement au premier coup d’æil. Les seules chez qui l’on apercoive un cou distinct, sont celles de quelques Staphylins, Dytiques , et d’un petit nombre d'autres Goléoptères, ce qui prouve l'erreur où sont quelques entomologistes allemands, qui considèrent le thorax comme l’analogue du cou des autres animaux. Chez quelques larves de Lépidoptères également, telle que celle de la Püeris brassicæ , on aperçoit une sorte de cou lorsque l’animal allonge sa tête pour atteindre quelque objet.
Chez un grand nombre de larves de Diptères, cette partie est couverte d’une peau membraneuse comme le reste du corps et peut à peine s’en distinguer. Elle ne diflère alors des autres seomens qu’en ce qu'elle porte les organes de la imduddtion. Elle est, en outre, susceptible de se dilater, de se contracter , et de prendre toutes les formes que désire
LARVE. 63 l'animal, caractère qui ne se retrouve dans aucune autre classe.
Dans les larves de quelques Goléoptères , Lépidoptères et Diptères, elle peut également se retirer, soit en partie, soit en entier , sous le premier anneau. Celle du Lampyre ordinaire en offre un exemple; et, dans celle d’une espèce de cousin ( Limnobia replicata), elle se retire si complétement, que le bord antérieur du premier segment la recouvre en entier, de sorte que l’Insecte paraît privé de tête.
La tête d’une jeune larve, qui sort de l'œuf, est ordinairement la partie la plus saillante de son corps, mais ne garde pas long-temps cette proportion. Cependant, chez les Cicindèles, elle reste toujours beaucoup plus forte que les segmens qui suivent , ce qui, joint aux mandibules longues et aiguës dont elle est munie, donne à l'animal un aspect formidable, Quelques chenilles présentent une disposition analogue : chez d’autres , la tête est du mème diamètre que le reste du corps ; mais, en général, on peut dire que l'inverse a lieu chez la majeure partie des larves.
La forme de cette partie varie peu; elle est en général triangulaire ou orbiculaire, et son contour est le plus souvent entier. Les chenilles des Lépidoptères offrent seules une exception à cet égard ; chez elles , la tête est très-souvent profondément échancrée à sa partie supérieure, et divisée en deux lobes qui renferment dans l'angle formé par leur écartement antérieur l’épistome, le labre et les autres parties de la bouche.
Dans les chenilles de nos pays, si l’on en excepte celle de la Nymphale iris où Grand-Mars changeant, chez qui les deux lobes en question se terminent en
pointe assez saillante, la tête est unie et ne présente aucune proéminence. Mais dans celles des régions inter-tropicales, elle est souvent armée d’épines, de piquans, et d’autres appendices bizarres. L'ouvrage de Mie. Mérian , sur les Insectes de Surinam , en offre un grand nombre d'exemples, sans parler des autres qui existent sur les chenilles exotiques. Ainsi , chez celle du Morpho menelaus , Yun des plus magnifiques Lépidoptères connus , les 1obes prennent la forme de poires, et se terminent chacun par une corne. Dans celle du Brassolis cassiæ , la tête est munie de trois épines robustes situées à sa partie supérieure. Celle de la chenille de la Peridromia amphinome porte une couronne de huit épines aiguës, dont les intermédiaires sont plus longues que les autres. 1l en existe une semblable chez celle du Aforpho teucer, mais elle n’a que sept épines, ou plutôt sept rayons, car leur grosseur leur donne cette forme.
Quant à la couleur, lorsque la tête diffère sous ce rapport du reste du corps, elle est ordinairement d’un brun rougeâtre plus ou moins obscur, ou couleur de poix. Les larves des Coléoptères sont particulièrement dans ce cas, mais dans un grand nombre la tête et le corps sont de la même nuance.
Les organes dont la tête est le siége sont les yeux, les antennes et la bouche, qui se compose d’un plus ou moins grand nombre de pièces.
À. Yeux. — Les larves d’un grand nombre d'Insectes sont dépourvues de ces organes. Parmi les Coléoptères, celles des Lamellicornes , des Longicornes, etc.; et, chez les Diptères, toutes celles qui ont une tête membraneuse et de forme variable sont
LARVE. 65 dans ce cas. Dans le premier de ces ordres , les yeux existent chez les larves des tribus carnassières, herbivores et granivores ; et, dans le second, chez celles des Cousins et autres Tipulaires. Les larves des autres ordres, à l'exception peut-être de celles de quelques Hyménoptères et Lépidoptères, présentent également ces organes.
Dans celles des Zibellules et d'autres Névroptères, les yeux sont composés d’un grand nombre de facettes comme dans lInsecte parfait, et n’en diffèrent guères qu'en ce qu'ils sont plus petits. Mais, à part ces exceptions, ces organes sont simples , et ressemblent aux ocelles ou stemmates des Arachnides, avec lesquels ils ont une analogie évidente. Ils consistent en globules qui ne sont souvent visibles qu’à l’aide des loupes les plus fortes. Quelques entomologistes, Latreille entre autres, ont douté s'ils remplissent l'office de véritables yeux; mais leur situation , leur analooie avec les stemmates des Arachnides, que l’on a prouvé servir à la vision, ne permettent guères de douter qu'ils ne soient destinés au même usage.
Le nombre des yeux est très-variable : on n’en distingue qu'un chez les larves des Téléphores et des Tenthrèdes ; trois chez celles des Cassides ; quatre chez celles des Cincidèles, Staphylins, ete. Dans les premières, Îles deux postérieurs sont plus grands que les autres, et offrent une pupille rouge, entourée d'un iris plus pâle, qui ajoute encore à laspect féroce de l'animal (1) ; cinq chez les larves des Chrysomèles
(1) Kirby et Spence , Zutroduction to Entomolosy, vol. TITI, p. 117< Suivant M. Westwood , les yeux de cette larve seraient au nombre INTR, A L'ENTOMOLOGIE, TOME [I 5
du genre Z'ümarcha ; six chez celles des Carabes et de la plupart des Lépidoptères. Nous n’en connaissons point qui dépassent ce dernier nombre.
La disposition des yeux varie, de même que leur nombre. Mais le plus souvent ils sont rangés en cercle. Dans certaines espèces, telle que la larve de lÆglia tau , ils ne sont visibles que dans le jeune âge, et disparaissent après les premières mues.
B. Æntennes.— Ces organes, l’un des caractères les plus saillans des Insectes parfaits , existent également chez un grand nombre de larves, et sont ordinairement situés près de la base des mandibules. Dans la majorité des larves des Névroptères, ils sont absolument semblables à ceux de lInsecte parfait; mais dans tous les autres ordres ils s’en éloignent considérablement. Les larves des Diptères (excepté celles des Z'ipulaires), celles de certains Coléoptères et Hyménoptères ( Curculionites , Longicornes , Abeilles, Guépes , etc.), passent généralement pour n'avoir pas d'antennes ; cependant M. Mac-Leay assure en avoir découvert chez celles de tous les Diptères, et probablement une inspection plus attentive en ferait trouver dans un grand nombre d’autres qui passent pour n’en point avoir.
C’est une règle générale que les antennes des larves sont plus courtes que celles de l’Insecte parfait. La tribu des Éphémérides est la seule connue jusqu’à ce
de six, et les postérieurs ne présenteraient ni pupille ni iris. — M. Stephens dit en avoir reconnu deux de plus, mais beaucoup plus petits que les autres , et visibles seulement à la loupe. Voyez Arnales des Sciences naturelles, tome XXIL, page 306, note,
LARVES. 63 jour pour offrir la disposition contraire. Quant à la forme, ces organes varient moins que dans le dernier état. Chez beaucoup de larves de Coléoptéres les antennes sont filiformes ou sétacées, et se composent de quatre ou cinq articles égaux en longueur. Chez d’autres du même ordre ( Coccinelles, Chrysomèles, etc.), et de celui des Lépidoptères, elles sont très- courtes, composées de deux ou trois articles, dont le dernier est beaucoup plus grêle que les autres, et terminé par un ou deux cils plus ou moins longs. Celles de la larve du Cousin ordinaire sont très-longues, recourbées, garnies de poils à quelque distance de leur extrémité , et n’ont qu'un seul article distinct. Les larves en général ont la faculté d’alonger ou de raccourcir leurs antennes, ce qui ne se voit chez aucun Insecte parfait. Suivant Lyonnet , la chenille du saule ( Cossus lisniperda ) peut faire rentrer les articles des siennes les uns dans les autres, de manière à ce qu'ils disparaissent presque complétement dans le premier.
C. Bouche. Toutes les larves ont une bouche située à la partie antérieure de Ja tête, et munie d’instrumens propres à la mastication ou à la succion. Dans tous les ordres, excepté les Lépidoptères, quelques Névroptères et Diptères, ces instrumens ont, quant au nombre de leurs parties et à la forme , une ressemblance générale avec les mêmes organes dans l’Insecte parfait. Chez ceux où cette ressemblance n'existe pas, et chez qui la tête est écailleuse et solide, ils se composent ordinairement des parties désignées ci-après , et disposées de la manière suivante en allant du haut en bas :
Un labre ou lèvre supérieure ;
(ex
Deux mandibules ;
Deux mâchoires ;
Une lèvre inférieure.
Les mandibules et les mâchoires sont en outre munies d'organes particuliers nommés palpes.
a. Labre (labrum). Cette partie qui, dans les larves, ne difière en rien d’essentiel de ce qu’elle est chez les Insectes parfaits, sera décrite lorsqu'il sera question de l’anatomie extérieure de ces derniers. Elle consiste ordinairement en une pièce déprimée , transversale, mobile d'avant en arrière, et attachée à la partie antérieure de l’épistome. Elle recouvre plus ou moins les mandibules, et son usage est de retenir les alimens pendant la mastication. Elle manque dansles larves des Diptères à tête variable et rétractile.
b. Mandibules (mandibulæ). Dans les larves à tête écailleuse , ces organes ne servent qu'a un usage, la mastication , et sont le plus ordinairement d’une consistance cornée et très-solide. Ils s’articuient par leur base avec la tête au moyen de muscles vigoureux, et se meuvent horizontalement comme dans l'Insecte parfait. Leur forme est ordinairement oblongue ou triangulaire, et concave intérieurement. Ils sont souvent épais à leur base, opposés à leur extrémité, comme les branches d’une pince, et offrent une ou plusieurs dentelures qui facilitent la division des alimens. T'elles sont les mandibules de toutes les chenilles et d’un grand nombre de larves des autres ordres.
Souvent cependant, quoique leur situation reste la même , leur forme diffère bexicoup de celle qui vient
LARVE. 69 d'être décrite. Ainsi, chez les larves qui rongent les substances lisgneuses, telles que celles des LZongicornes , elles ont chacune la forme d’un demi-cône, et en frottant l’une contre l’autre, par leurs côtés intérieurs , deviennent deux espèces de meules capables de réduire en poudre le boisle plus dur. Cuvier a remarqué que cells des larves de Lucanes ont près de leur base une éminence striée, de sorte qu’elles sont propres à la fois à couper et à broyer. On retrouve une disposition analogue dans les mandibules d’un grand nombre deZamellicornes à l'état parfait. Dans les larves des Dytiques, des Fourmilions , des Hémérobes , etc., elles sont longues et recourbées , et ressemblent assez bien aux pinces des Forficules ; mais, ce qui est plus remarquable encore; elles sont creuses et perforées à leur extrémité, de sorte qu'elles servent de conduits aux sucs nutritifs. Les larves des Staphylins et d’une assez grande quantité de Coléoptères ont également les leurs faites en pinces, mais elles ne sont ni creuses ni perforées à leur sommet.
Chez leslarves des Diptères à tête de forme variable, ces organes servent non-seulement à préparer les alimens, mais encore à la locomotion : leur forme, par conséquent , diffère beaucoup de celles dont nous venons de parler. Si l’on observe avec attention la bouche d’une larve de la Mouche de la viande, par exemple, on n’apercoit que deux points noirâtres à peine visibles lorsqu'elle retire sa tête sous le premier segment du corps. Ces deux points sont deux épines ou crochets recourbés, subulés, réunis à leur base et susceptibles de se porter en avant ou de se contracter sous la peau. Ces maudibules sont paratléles et destinées non à broyer,
mais à détacher des fragmens de la substance dont se nourrit la larve et à en diviser les fibres : elles sont probablement aidées dans cette opération par une espèce de pointe triangulaire très-aiguë en forme de dard, placée sur leur face interne près de la base, pointe qui existe dans quelques espèces et qui manque chez d’autres.
Quelques autres larves de Diptères ont deux mandibules semblables; mais, au lieu d’être parallèles et opposées, elles sont placées l’une sur l’autre. Les larves de la Houche ordinaire et de quelques espèces voisines n'ont qu'un crochet unique ; et, dans un assez grand nombre d’autres, il n’en existe de traces d’aucune sorte. Selon Réaumur, les mandibules des larves de Tipules, qui sont opposées et unguiformes, n'agissent pas l’une contre l’autre, mais contre d’autres pièces immobiles, concaves à l'extérieur, convexes extérieurement et dentées.
Dans la plupart des larves ci-dessus, les mandibules servent à la locomotion et jouent même le premier rôle dans cet acte. Quand ces larves veulent changer de place, elles exécutent la manœuvre suivante : fixant leur partie postérieure au plan de position, elles donnent à leur corpsla plus grande tension possible, comme si elles mesuraient la longueur du pas qu’elles veulent faire ; elles saisissent ensuite un point d'appui avec leurs mandibules, dégagent leurs pates postérieures et cessent de tendre leur corps, de sorte que celui-ci se rapproche du point où est placée la tête. L'animal continue d'avancer ainsi, même sur les matières les plus lisses, tel que le verre. La nature, qui sait toujours approprier les moyens à la fin, a donné ou refusé ces moyens de locomotion à certaines larves , suivant le
LARVE. 71 séjour qu'elles habitent. Aïnsi, parmi les OEstres, celles de leurs larves qui vivent sous la peau des animaux au milieu de la sanie et qui y nagent en liberté, n'ont point recu de mandibules; tandis que celles qui habitent dans les sinus frontaux ou les inteslins , et qui en sortent pour se transformer en nymphes, sont pourvues de ces organes.
ce. Mächoires (maxillæ ). Sous les mandibules se trouve une couple d'organes d’une consistance moins solide, et qui, étant disposés de manière à n'avoir pas d'action l’un contre l’autre, ont probablement plutôt pour fonction de soumettre les alimens à l’action des premières que de les diviser elles-mêmes. Ces organes sont les mâchoires. Dans les larves des Lépidoptères, où du moins dans celle du Cossus ligniperda, si admirablement anatomisée par Lyonnet, elles paraissent être coniques ou cylindriques, et n'avoir que deux articles qui sont peut-être analogues aux deux portions inférieure et supérieure dont sont ordinairement composées les mâchoires des Insectes parfaits. Le dernier de ces articles est surmonté de deux appendices plus petits, articulés et palpiformes, Si quelques parties des mâchoires peuvent agir l’une sur l’autre, ce sont ces appendices ; mais il est évident qu'ils sontimpropres à la mastication, bien qu'ils puissent aider à retenir la substance destinée à être divisée. Dans une figure donnée par Réaumur, du dessous de la tête d’une autre Chenille (//erminia pomonella) , tes mâchoires n’ont qu'un article et paraissent surmontées de palpes en forme de pince, disposition qui est également reconnaissable dans la larve d’une espèce commune de ZLucane { L. parallelipipedus ),
celle d’un Charançon aquatique ( Lixus paraplecticus}), et d’autres Insectes.
En général, les mâchoires des larves sont dépourvues du lobe ou des lobes qui existent chez celles de beaucoup d’Insectes parfaits, ces parties étant ordinairement représentées dans les premières par une sorte d’appendice palpiforme, exactement analogue au palpe maxillaire interne des Coléoptères carnassiers. Cependant, dans beaucoup de larves de Coléoptères lamellicornes, le lobe existe sous sa forme ordinaire , et il est armé d’épines ou de crochets : on le découvre également dans celle d’une espèce de Longicorne , du genre Galfidie (C. violaceum) , mais il est sans armure et arrondi. Dans Îa larve de la Cicindela campestris , la base de la mâchoire se dirige dans une direction transverse de celle du menton auquel elle est attachée ; mais comme de coutume le lobe se dirige en faisant un angle droit avec cette mâchoire, et porte à sa partie extérieure les palpes, dont l'intérieur se termine par un article en forme d’onglet garni à son extrémité de deux ou trois soies raides.
La bouche des larves de quelques Coléoptères aquatiques (Æydrophiles, etc.), offre une structure différente. Êlle paraît dépourvue de mâchoires ; mais, en réalité, ces organes sont représentés par le premier article de ce que Guvier appelle les palpes : sur ce prenier article sont situés les vrais palpes dont l’intéricur est très-court et ne présente qu'un article. Réaumur et d’autres entomolosistes ont regardé ces mâchoires comme faisant partie de la lèvre inférieure de chaque côté de laquelle elles sont situées; elles sont, en eflct, rapprochées comme dans les Insectes parfaits, de Ja base du menton qui appartient à la lèvre
LARVE. 73 à laquelle il sert de support ; mais elles sont évidemment analogues aux mâchoires de ces derniers. On n’en trouve aucune trace dans un grand nombre de larves de Diptères.
Dans celles de quelques Névroptères (les Libellules , etc.), elles sont d’une substance cornée et solide, comme les mandibules auxquelles elles ressemblent de tous points.
d. Lèvre (labium). Entre les deux mâchoires de la majeure partie des larves, il existe une pièce nommée par Réaumur la division moyenne de la lèvre inférieure , mais qui, dans la réalité, est l’analogue de la totalité de cet organe dans l'Insecte parfait. Cette pièce, qui varie pour la forme, est tantôt quadrangulaire, tantôt conique, etc. Souvent elle est unie intérieurement à une protubérance plus charnue, appelée langue par Réaumur, et qui correspond à la languette (ligula) de l'Insecte parfait. À son extrémité, la lèvre porte deux palpes déliés et trèspetits; et, entre ceux-ci, on voit chez les chenilles et les larves de quelques autres ordres un autre organe filiforme, au moyen duquel la larve extrait les fils soyeux qu'elle emploie à fabriquer son cocon, quand elle est sur le point de se changer en nymphe, ou à d’autres usages.
Cet organe, qui est la filière , ne se trouve que chez les larves qui ont recu la faculté de produire de la soie, c’est-à-dire chez celles de tous les Lépidoptères, d’un assez grand nombre d'Hyménoptères, de quelques Névroptères, et même d'une espèce de Diptère ( Tipula agariei seticornis, Degéer }. Ge tube, ainsi que Lyonnet le pense avec raison, est composé de
ri SECOND ÉTAT.
fibres longitudinales, alternativement cornées et membraneuses, qui permettent à l’Insecte de contracter son diamètre et de produire un fil plus ou moins délié : il ne possède qu'un seul orifice, taillé obliquement en bec de flûte, situé à sa partie inférieure et susceptible de s'appliquer exactement aux corps sur lesquels la larve est placée. Réaumur avait cru y découvrir deux orifices, mais Lyonnet a démontré que les deux tubes se réunissaient en un seul un peu avant leur extrémité, De la nature contractile de cet organe, et de la forme de son orifice combinée avec la faculté que possède l'Insecte dele mouvoir dans toutes les directions, résultent les grandes différences que l’on observe dans le diamètre et la forme des fils, quelques-uns étant sept ou huit fois plus épais que d'autres, ceux-ci cylindriques, ceux-là aplatis, certains cannelés, d’autres d’épaisseurs différentes sur divers points de leur longueur, etc.
Dans les larves de quelques Diptères la lèvre est simplement un petit tubercule que l’on peut faire sortir à volonté de la bouche de l'animal en la pressant entre les doigts. Chez celles de quelques Névroptères de la tribu des Libellulines , elle prend une forme tellement insolite, et une grandeur si démesurée , qu'on chercherait en vain une anomalie pareille dans tous les autres ordres. Dans l'immense majorité des larves, cet organe, réduit à de petites dimensions et à demi invisible, sert uniquement à retenir les alimens ei à faciliter leur déglutition ; mais ici il devient la partie la plus volumineuse de la bouche, qu'il ferme entièrement au repos, et sert non-seuiement à retenir, mais encore à saisir la proie de l’animal au moyen des branches dont il est muni, Il est assez difficile de
LARVE, no donner par une simple description une idée nette de ce singulier appareil, qui se compose d'abord d’une pièce triangulaire, tantôt voñtée, tantôt plane, qui recouvre entièrement le menton, avec lequel elle s'articule au moyen d’une espèce de manche ou de pédicule cartilagineux. En dessus, cette pièce remonte et recouvre presque entièrement la face comme un masque. On y distingue deux sutures : l’une transversale qui la divise en deux parties, dont la supéricure qui peut être regardée comme le front, et l'inférieure comme la mentonnière ; l’autre longitudinale, qui divise le front en deux parties égales jusqu’à la suture transversale. Les bords de ces deux pièces, que Réaumur a nommés volets, sont munis de dentelures, au moyen desquelles elles s’enerènent l’une dans l’autre et se ferment exactement. Ces deux sutures permettent à la larve d'ouvrir à volonté ou les deux pièces supérieures seulement, ou d'abaisser le masque tout entier, et de mettre à découvert ses mandibules et ses mâchoires, qui sont toutes de consistance également solide. Gette pièce, d'un mécanisme si admirable, était d'autant plus nécessaire à ces larves, qui sont très-carnassières , que leurs mouvemens sont lents, et qu'elles ne peuvent poursuivre leur proie avec agilité. Quand elles l’aperçoivent, elles se dirigent sur elle à pas comptés comme un chat qui veut surprendre un oiseau, et, en arrivant à portée, elles la saisissent soudain au moyen de leur masque, qui s'entr'ouvre et se referme à l'instant en mettant l'animal hors d'état d'échapper. Réaumur en surprit une, un jour, dévorant ainsi un tétard d’assez grande taille; ce qui sufñit pour démontrer l'erreur de Swammerdam, qui pensait que ces larves,
armées d’une manière si redoutable, se nourrissaient uniquement de terre.
Ce masque existe dans la plupart des espèces de la tribu des Zibellulines, mais il varie beaucoup de forme suivant les genres et les espèces, Dans les Libellules proprement dites { L. depressa, etc.) , il est tel que nous venons de le décrire; chez la larve de l'OEshna grandis, et d’autres du même genre, il est déprimé au lieu d’être convexe, et , quoique couvrant toujours la face, ressemble moins à un masque. Dans d'autres larves de genres différens on observe des différences analogues ; mais on parvient facilement à ramener toutes ces variations au type primitif.
e. Palpes (palpi). Comme ceux des Insectes parfaits, les palpes des larves sont de petits filamens articulés attachés aux mächoires et à la lèvre, et divisés en conséquence en palpes maxillaires et palpes labiaux.
Les premiers sont tantôt au nombre de deux, tantôt à celui de quatre. Parmi les Insectes parfaits, les Carabiques de l’ordre des Coléoptères sont seuls dans ce dernier cas; mais on l’observe chez un beaucoup plus grand nombre de larves, car dans les chenilles le lobe intérieur de la mâchoire qui représente un palpe, est articulé, ce qui a précisément lieu chez les Coléoptères en question. Cuvier a observé le même fait dans la larve du Lucanus cervus , et il existe également parmi celles d’un grand nombre de Coléoptères qui n’ont qu'une paire de palpes maxillaires dans leur dernier état.
Les palpes labiaux sont toujours au nombre de deux, et situés de chaque côté de la larve à son sommet,
La forme des palpes varie moins chez les larves que chezles Insectes parfaits. Ceux des chenilles sont presque coniques. Dans les larves des autres ordres, ils sont tantôt sétacés et tantôt filiformes. Leur extrémité est ordinairement simple, mais quelquefois le dernier article est plus ou moins profondément divisé. Ils sont en général très-courts, surtout Îles labiaux. Ceux-ci se composent de trois articles, et les maxillaires de quatre. Tous varient de ce nombre à un. Les articles, quoiqu’en général simples, sont quelquefois branchus, et, dans ce dernier cas, c'est presque toujours le second qui envoie près de son sommet un rameau intérieur. Dans la larve du Cossus ligniperda, les articles, suivant Lyonnet, sont rétractiles comme les antennes, et peuvent disparaître entièrement dans l’intérieur de la bouche.
Dans les ordres des Diptères et des Hyménoptères il existe beaucoup de larves où ces organes n’ont pas encore été découverts d’une manière positive; cependant Réaumur a trouvé chez celle de la Aouche commune quatre tubercules rétractiles qui paraissent les représenter, et Latreille dit avoir vu dans celles des Æourmis quatre points très-pelits, deux de chaque côté situés au-dessous des mandibules. Dans les autres larves, leur existence est démontrée, et souvent on peut les apercevoir à l'œil nu.
IT. Tronc et ubdomen. — Ces deux parties, que nous réunissons comme elles le sont dans la nature, se composent, ainsi que nous l'avons dit, de plusieurs segmens ou anneaux dont le nombre ordinaire, y compris le dernier ou le sement anal, est de douze; quelquefois on en compte treize, très-rarement qua-
torze , et jamais davantage, du moins dans les larves connues.
La forme des segmens, étudiée sur leur plan vertical, varie beaucoup : dans beaucoup de Chenilles et de larves des autres ordres, elle est presque circulaire; chez d’autres, elle approche d'un segment de cercle plus ou moins grand , et dans quelques-unes elle paraît composée de deux segmens pareils joints ensemble. Leur surface inférieure est en général plane. Les trois premiers, auxquels sont attachées les six pates antérieures, représentent le tronc de l’Insecte parfait, ainsi qu'il a été dit précédemment. Ils différent, en général, des autres segmens , en ce qu'ils sont plus courts, et, dans beaucoup de cas, moins fortement caractérisés; cependant , dans les larves des Névroptères, des Dytiques et d’autres Coléoptères, ils sont plus longs que les segmens qui suivent, et ressemblent beaucoup au thorax de l’animal dans son dernier état.
Relativement les uns aux autres, les segmens varient peu , à l’exception du dernier, qui, dans beaucoup de larves, est obtus ou arrondi; chez d’autres, acuminé, ou tronqué, ou bien échancré , avec d’autres modifications de formes intermédiaires, sur lesquelles il serait trop long de s'étendre. Quelquefois aussi il est simple et dépourvu d'appendices; tandis qu'ailleurs il est muni de cornes, d’épines, de rayons, de tubercules , etc., dont il sera question plus loin.
Le tronc et l'abdomen portent divers organes dont nous allons traiter maintenant , et qui sont :
Les pates ;
Les stigmates ;
Divers appendices.
1. Pates (pedes). En considérant ces organes relativement à leur existence , on peut dire qu'en général les larves des Coléoptères , des Lépidoptères et des Névroptères en sont pourvues, et qu'ils manquent chez celles des Hyménoptères et des Diptères ; ceci cependant souffre quelques exceptions. Ainsi, les larves des Curculionites, parmi les Coléoptères , n’ont point de pates, à moins qu'on ne donne ce nom à certains tubercules charnus enduits d’une liqueur glutineuse qui facilitent leur locomotion, tandis que celles des Hyménoptères de la tribu des Zenthrédines et des Syrex en possèdent. Jusqu'à présent également on ne connaît aucune larve de Diptères qui soit pourvue de véritables pates ; elles ont bien certains tentacules qui peuvent leur en tenir lieu, mais qui ont une forme tout-à-fait différente de celle de ces organes dans les autres larves. Jusqu'ici, au contraire, on n’en a découvert aucune dans l’ordre des Névroptères qui fût apode.
Les pates des larves sont de deux natures différentes; les unes, cornées et composées de plusieurs parties articulées, ont recu les noms de vraies pates, pates écailleuses (Pedes veri); les autres, membraneuses ou charnues et sans articulations , celui de fausses pates, pates membraneuses ( Pedes spurii, propedes ). Pour plus de brièveté, nous désignerons les premières simplement sous le nom de pates, et les secondes sous celui de fausses pates.
a. Pates. Ces organes sont toujours au nombre de six et attachés par paires aux trois premiers segmens du corps qui représentent le tronc : ils contiennent chez la larve les six pates que doit un jour avoir l’In-
secte parfait; leur substance est cornée, solide, et ils se composent des mêmes parties que dans ce dernier, c'est-à-dire de la hanche, du trochanter, de la cuisse, de la jambe et des tarses , attachées les unes aux autres par des ligamens membraneux.
Ces diverses pièces ne sont pas toujours également visibles dans les larves de tous les ordres. Chez celles des Lépidoptères ou de certains Coléoptères, d'un Longicorne, par exemple, on ne distingue au premier coup d'œil que deux ou trois pièces outre les crochets ; mais une inspection plus attentive en fait reconnaître deux autres à l’état rudimentaire qui sont le trochanter et la hanche, représentés par le tubercule charnu qui sert de base à la pate entière. Dans les larves des Coléoptères carnassiers, ces deux pièces sont presque aussi visibles que dans l'Insecte parfait, et les tarses, qui ne consistent que dans un seul article, sont armés de deux crochets. Chez celles des Névroptères où l'on distingue facilement toutes les pièces, les tarses sont composés de plusieurs articles et munis également de deux crochets. Les pates des larves sont ordinairement beaucoup plus courtes que celles de l'Insecte parfait, et diflèrent à peine entre elles : leur grandeur décroît seulement graduellement en allant des premières aux dernières. Telle est leur conformation la plus habituelle dans les larves des Lépidoptères, des Hyménoptères et de quelques Coléoptères, chez qui elles sont si courtes, qu'elles font à peine saillie hors du corps. Dans celles des Névroptères, cependant , et de quelques Coléoptères (Dytiques, Staphylins , Coccinelles , etc.) , elles s’alloncent davantage et se rapprochent à cet égard de celles de l'Insecte parfait.
La grandeur relative des pates souffre aussi quelques exceptions, surtout, parmi les chenilles. Chez celle d’un Lépidoptère nocturne assez rare, Harpya Jagi, la première paire est de taille ordinaire; mais les deux autres sont très-longues et en méme temps si grèles et si faibles, qu'elles sont incapables de supporter le corps. Réaumur en a décrit une autre de petite taille chez qui celles de la troisième paire, charnues en apparence, vont en grossissant à l’extrémité en forme de poire. Cette conformation est adaptée à quelque but particulier dans les habitudes de l’animal , car ce sont les pates dont il se sert principalement pour arranger les fils de son cocon. Dans la chenille d’une Géomètre ( G. lunaria), cette troisième paire est aussi remarquablement plus longue que les autres.
Les pates sont les principaux organes de la locomotion dans les larves ; la solidité de leur substance, ct les crochets dont elles sont armées, leur permettent à la fois de supporter le poids du corps et de se fixer au plan de position pour l’attirer en avant, tandis que les fausses pates, ainsi que nous le verrons plus loin, ne servent qu'a maintenir le corps en équilibre: c’est au moyen des premières que les larves exécutent les mouvemens variés que nous leur connaissons ; les unes les ayant très-lents, d’autres modérés, et quelques-unes extrémement rapides. Il en est même qui peuvent exécuter des sauts assez considérables , telles que celles de la Lithosia quadra, et de l Herminia rostralis , observées par Deséer et Roesel. Dans la marche, les larves commencent par porter en avant les pates antérieures et postérieures d’un côté, et les intermédiaires de l’autre; puis elles exécutent l’opé-
ration inverse et continuent ainsi alternativemen. La plus grande partie des larves des Coléoptères, quelques-unes de celles des Hyménoptèéres et des Névroptères, n'ont que des pates écailleuses; le seul ordre où elles manquent toujours est celui des Diptères, dont les larves sont presque toutes apodes, n'ayant pas même les fausses pates dont il va être
question.
b. Fausses pates. Ges organes se présentent sous la forme de protubérances charnues, ordinairement coniques ou cylindriques , quelquefois rétractiles , attachées aux côtés inférieurs de cette partie de la larve qui représente l'abdomen de l’Insecte futur. Ils varient sous le rapport du nombre depuis un jusqu'à dixhuit.
Relativement à leur conformation , les fausses pates peuvent se partager en deux sections principales : celles qui sont armées en dessous de crochets, et celles qui en sont dépourvues ; chacune de ces sections est ensuite susceptible de se partager en plusieurs autres, d'après la forme générale des fausses pates ou l’arrangement et le nombre des crochets.
Ces derniers sont rangés circulairement à la partie inférieure des fausses pates qu'ils entourent comme une espèce de palissade. Ils sont alternativement longs et courts, recourbés en hamecon à leurs deux extrémités , et attachés à la fausse pate par leur partie dorsale, au moyen d’une membrane qui recouvre environ les deux tiers de leur longueur et laisse à découvert jeurs deux bouts, dont l’un est très-aigu et l’autre é moussé. La partie de la fausse pate comprise entre ces crochets, etqu'on pourrait appeler la plante , est
susceptible de dilatation et de contraction. Quand la larve marche, elle est fermée afin que les crochets ne génent pas ses mouvemens , et ces derniers sont alors à plat avec la pointe en dedans: lorsqu'elle veut au contraire se fixer quelque part , la plante s'ouvre, ou pour mieux dire s’épanouit ; son diamètre augmente, et les crochets se redressent avec la pointe dirigée en dehors. Au moyen de ce mécanisme admirable, l’animal demeure fixé sur le plan de position. Les fausses pates , garnies de ces crochets, peuvent se diviser en quatre classes distinctes.
Dans la première, composée des larves d’un grand nombre de Lépidoptères diurnes et nocturnes, elles ont la forme d'un cône tronqué , dont le sommet présente une dilatation demi-circulaire ou triangulaire sur la demi-circonférence intérieure de laquelle sont placés les crochets. Ces sortes de fausses pates constituent, par l'expansion considérable qu’elles sont susceptibles de recevoir, un instrument parfaitement adapté à sa fin, et quelques auteurs les ont comparées aux pieds de l'éléphant avec lesquelselles ont eflectivement quelque ressemblance.
Les chenilles d’un grand nombrede petites Tinéides, et d’autres espèces plus grandes, telles que celles du Cossus ligniperda, constituent la seconde classe. Ici les fausses pates ont encore la forme d'un cône tronqué, mais elles sont plus courtes et sans expansion terminale ; leur sommet est en outre entièrement garni de crochets qui, joints à une sorte de bouton charnu central capable de s’alonger et de se raccourcir jusqu'à un certain point, tiennent lieu de l'expansion flexible qui existe chez les précédentes.
La troisième classe se compose de quelques che-
nilles dont les fausses pates, très-épaisses et coniques à leur base, se rétrécissent subitement et s’allongent en cylindre, de manière à imiter assez bien une jambe de bois. Leur extrémité est plane avec une expansion de la peau, comme dans la première classe; mais cette expansion est arrondie, et le cercle des crochets est entier avec un bouton central comme dans la seconde. La chenille d’un Cossus américain (C. robiniæ) offre un exemple de cette disposition.
La quatrième et dernière sorte de fausses pates unguifères se présente chez les larves de quelques Diptères qui n’ont point de vraies pates et qui diffèrent des précédentes , soit par la forme, soit par l’arrangement de leurs crochets. Une de ces larves singulières, que leur long tube respiratoire anal a fait nommer par Réaumur vers à queue de rat, celle de l’Æeliophilus pendulus , a quatorze de ces fausses pates attachées par paires aux segmens abdominaux : les douze postérieures sont sub-coniques et tronquées à leur sommet, qui est garni d'un double cercle de très-petits crochets, ceux de l’intérieur beaucoup plus nombreux et plus courts que les autres, tandis que les deux antérieures se terminent par une expansion aplatie, et ressemblent presque entièrement, pour la forme, aux pieds antérieurs de la taupe. Les fausses pates de la larve d'une espèce de Cousin, nommée par Degéer Tipula amphibia, et de celle de la Volucella plumata, ont à peu près la même structure ; mais, chez ces dernières, elles n'ont que trois crochets. Les fausses pates anales des larves des friganes et de quelques autres ne sont armées que d’un crochet unique. En étudiant avec attention ces organes, on y trouve à cet éeard une foule de différences qu'il serait
LARVE. 8 trop long de rapporter ici, mais qui toutes rentrent en général dans les quatre classes que nous venons d’indiquer.
Les fausses pates dépourvues de crochets se rencontrent dans les larves des Hyménoptères de la tribu des T'enthrédines, de quelques Lépidoptères ( /1epialus, etc.), et d’un petit nombre de Coléoptères et de Diptères. Celles des premières ont la forme d’un cône tronqué, et ressemblent à cet égard aux fausses pates de la seconde classe mentionnée plus haut. Dans les autres , elles ne forment plus qu’une protubérance si petite qu'elle échappe presque à l'œil nu. Elles contribuent dans toutes à la locomotion, mais seulement en fixant le corps sur le plan de position, et non en faisant de véritables pas. Dans ce but elles sécrètent souvent une substance glutineuse qui tient lieu des crochets.
Quelques larves ont la faculté de dilater à volonté certaines parties des côtés inférieurs de leur corps, et de leur donner presque l'apparence de fausses pates, dont elles remplissent sans doute alors les fonctions. D’autres ont recu, dans le même but, des appendices variés, dont nous parlerons quand il sera question de ces derniers organes.
Il nous reste maintenant à parler du nombre et de la situation des fausses pates ; mais les grandes variations qui existent à cet égard nous obligent, pour plus de clarté, à examiner ces deux points dans chaque ordre à part.
Les larves des Coléoptères sont encore si imparfaitement connues qu'il est diflicile de rien dire de général pour ce qui les concerne. Le plus souvent elles sont dépourvues de fausses pates sur les sesmens in-
termédiaires du corps, et n’en ont qu'une paire attachée au sesment anal. Parmi les exceptions qu'offre cette règle, nous citerons celle d’un Curculionite (Lixus paraplecticus ) qui en a trois paires, lesquelles, par une singulière anomalie, sont placées sous les trois premiers seomens qui représentent le tronc, et occupent ainsi la place des vraies pates. Suivant MM. Kirby et Spence, celle d’un Longicorne qui vit dans l’intérieur des arbres ( #hagium fasciatum) porte, sous les dix segmens intermédiaires, une double série d’élévations, qui chacune sont composées de deux rangées de tubercules oblongs placés obliquement.
Ces deux exceptions sont les seules que nous connaissions : les autres larves de cet ordre n'ont, comme nous venons de le dire, qu’une paire de fausses pates anales, qui, dans beaucoup de cas, ne paraît être que le dernier segment de l'abdomen un peu prolongé en dessous , et formant un angle obtus avec le reste du corps , de manière à l'empêcher de se traîner pendant la marche. Quelquefois, comme dans la larve de la Chrysomèle du peuplier (C. populi), il sécrète une humeur visqueuse analogue à celle citée plas haut. Dans les larves des Staphylins et autres Brachélytres, cette fausse pate est très-alongée et cylindrique. Chez celles des Cicindèles, elle est plus courte et ressemble un peu à un cône tronqué, légèrement comprimé. Dans les larves des Ælater on ne voit plus qu’un petit tubercule rétractile placé dans un espace demi-circulaire que renferme le segment précédent. Cet espace est en réalité le segment anal réduit à un état rudimentaire. Dans la larve du T'enebrio molitor on apercoit en dessous , à la jonction des deux derniers segmens, une proéminence charnue, visible seulement lorsque l'ani-
LARVE. 87 mal marche, et de laquelle sortent deux appendices pédifornies mobiles, et de consistance assez solide, qui lui tiennent lieu de fausses pates. Celle de la Trogosita mauritanica a les siennes fixées au seoment anal, etc.
Les chenilles étant mieux connues que les larves précédentes nous permettent de poser des règles générales à l’éscard du nombre et de la situation de leurs fausses pates.
Le nombre de ces organes sert à les distinguer des larves des Tenthrédines, qui ont avec elles la plus grande ressemblance. Une chenille n'a jamais moins de huit pates, ni plus de seize, y compris les écailleuses et celles qui nous occupent en ce moment; d'où suit que les premières étant toujours au nombre de six, celui des dernières varie de deux a dir:
On divise ordinairement celles-ci en deux espèces, les postérieures et les intermédiaires.
Les postérieures sont celles que jusqu'à présent nous avons nommées fausses pates anales ; leur nombre est toujours de deux.
Les intermédiaires, ainsi appelées parce qu'elles sont situées entre les vraies pates et les fausses pates anales, manquent quelquefois tout-à-fait, et ne sont jamais au delà de huit. Quand elles existent, elles sont placées sur les sixième , septième , huitième et neuvième anneaux , où sur l’un d’entre eux. Jamais il n'y en a sur les quatrième , cinquième, dixième et onzième anneaux.
Il en résulte que dans la chenille même, qui à ses pates au grand complet, c’est-à-dire au nombre de seize, il existe deux espaces vides où son corps n'a
point de supports : l’un entre les vraies pates et les fausses pates, formé par le quatrième et lecinquième anneau ; l’autre entre les fausses pates intermédiaires et les anales, formé par le dixième et le onzième. — Quand toutes les parties intermédiaires manquent, le corps tout entier, moins les trois premiers anneaux et le dernier , se trouve dans le même cas.
Les variations que les chenilles éprouvent quant au nombre et à la situation des fausses pates peuvent être exprimées par les règles suivantes :
1°. Quand elles ont dix fausses pates, ce qui a lieu chez le plus grand nombre d’entre elles, le segment anal en porte constamment une paire, et les quatre autres sont situées sur les quatre seomens intermédiaires mentionnés plus haut.
2°. Dans celles qui n'ont que huit fausses pates, ces dernières peuvent être placées de trois manières différentes : lorsqu'il y a une paire anale, les trois autres sont situées sur les sixième, septième, huitième, ou sur les septième , huitième et neuvième anneaux. Si la paire anale manque, les quatre paires existantes sont portées par les sixième, septième, huitième et neuvième anneaux. Les chenilles de beaucoup de Bombrycites , des Pyrales, etc., offrent l'exemple des deux premiers cas; celles de la Dicranura vinula et de quelques autres sont dans le dernier.
3°. S'iln’existe que six fausses pates, comme chezles Demi-Arpenteuses ( Plusia gamma , etc.) , une paire est située sur le segment anal, et les deux autres sur les huitième et neuvième segmens.
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