‹ Introduction à l'entomologie (volume 3)Chapitre 12 sur 32 · Ghez les Arpenteuses ou Géomèlres, qu · texte numérisé non relu

Ghez les Arpenteuses ou Géomèlres, qu

n'ont que quatre pates, une paire est située sur le dernier anneau, et l’autre sur le neuvième.

5°. S'il n’y a que deux fausses pates, ainsi que cela se voit chez les chenilles des Tinéides , elles sont toujours placées sur le segment anal.

Quoique nous ayons dit plus haut que les chenilles n'ont jamais moins de deux fausses pates , il existe une exception remarquable dans celles du genre Limacodes, où elles sont remplacées par deux rangées longitudinales de protubérances semblables à des pustules qui servent à la locomotion, et laissent sur leurs traces une matière visqueuse différente de la soie que beaucoup de chenilles déposent sur les leurs. Cellesci sont en outre reconnaissables à leurs mouvemens lents et à leur apparence informe qui les font ressembler à des larves d’autres ordres.

Des fausses pates aussi variées quant à la forme , au nombre et à la situation , doivent nécessairement produire de grandes différences dans la locomotion ; aussi dans nul autre ordre n’en observe-t-on de plus nombreuses que dans celui qui nous occupe. Les chenilles pourvues de dix ou de huit pates membraneuses ont en marchant des mouvemens onduleux peu prononcés ; leur corps s’écarte peu du plan sur lequel il fait sa progression et demeure presque parallèle avec lui : quoique marchant souvent fort vite, elles font de petits pas promptement répétés. Chez les autres, au contraire , à mesure que le nombre des fausses pates diminue et que les vides où le corps reste sans soutiens s’augmentent, la marche devient plus bizarre. Celles-ci marchent pour ainsi dire à grands pas: quand une de ces chenilles, qui était au repos et:le corps alonse, se détermine à marcher, elle commence

par relever en arc la partie de son corps dépourvue de pates ; puis elle augmente cette courbure jusqu'à ce qu'elle ait rapproché ses premières pates membraneuses des écailleuses ; alors elle cramponne les premières au plan de position, détend et allonge la partie antérieure de son corps jusqu’à ce qu'elle soit droite , l’abaisse et le fixe au moyen des vraies pates et recommence la même manœuvre. Elles vont ainsi aussi vite et même plus vite que les chenilles ordinaires. Gette sorte d’allure, pendant laquelle elles semblent mesurer l’espace qu’elles parcourent , leur a fait donner le nom de Géomètres où d’ÆArpenteuses ; elle existe au plus haut degré chez celles qui n’ont d’autres fausses pates que la paire anale et une autre sur le neuvième anneau. La plupart de celles-ci ne gonflent, ne contractent, n’allongent ni ne raccourcissent leurs anneaux ; elles ressemblent presque à un morceau de bois sec : leur corps alongé, raide, de couleur debois ou d’écorce dans quelques espèces, les fait souvent prendre pour un petit bâton et leur a valu le nom d’#rpenteuses en bâton. Les attitudes bizarres qu'elles affectent, et qui supposent une force prodigieuse dans leurs muscles, servent encore à faciliter l'illusion. On en voit qui saisissent une petite branche d'arbre, ou le pétiole d’une feuille avec leurs fausses pates , élèvent leurs corps verticalement et demeurent ainsi raides et immobiles pendant des heures entières. D’autres se soutiennent pendant aussi long-temps dans une infinité d’autres attitudes qui demandent encore plus de force, car on en voit qui ont le corps en l'air dans toutes les positions , soit courbés en zig-zag , soit le ventre en haut, en bas, etc. Les muscles qui les ontsoutenus dans ces attitudes singulières, les y main-

tiennent souvent après leur mort. Gette espèce de marche n’est pas, du reste, entièrement propre aux véritables Arpenteuses. Quelques larves, qui ont dix fausses pates, mais chez qui les quatre antérieures sont plus courtes que les autres, se meuvent de la même manicre : On en rencontre même qui, ayant ces organes de longueur égale, sont dans le même cas.

Dans l’ordre des Hyménopières, les larves de la tribu des Tenthrédines sont presque les seules qui possèdent de fausses pates et qui puissent être confondues avec de véritables chenilles ; elles s’en distinguent par le nombre de ces organes qui varie de seize à point, et par l'absence constante des crochets. Sous le premier rapport, on peut les diviser en quatre classes :

1°. Seize fausses pates. — Le plus grand nombre est dans ce cas: Cimbex, Pteronus, etc. Tenthredo tricincta, ovata, etc.

2°, Quatorze fausses pates.— T'enthredo cerasi, etc.

3°. Douze fausses pates. — Hylotoma rosæ , et un petit nombre d’autres espèces.

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